Interview de Julien LOko

Propos recueillis par IdolesMag.com le 30/04/2013.
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Julien Loko - DR

Après avoir campé le rôle de Jonathan Harker plus de 260 fois sur scène dans la comédie musicale de Kamel Ouali « Dracula », Julien LOko revient en ce printemps avec un EP et un album, « Graffiti Cowboy », à l’automne. Alors qu’il est actuellement en plein enregistrement de son album, nous avons été à sa rencontre afin d’en savoir un peu plus sur ce projet qu’il nourrit depuis près de deux ans maintenant. Rencontre avec un artiste plein d’énergie qui aime la pop, la poésie et les zombies…

IdolesMag : Depuis quand travailles-tu sur cet Ep qui vient de sortir et l’album qui arrive à l’automne ?

Julien LOko : Ça va faire en tout et pour tout deux ans que je suis dessus, entre la création, l’écriture, la rencontre des personnes avec qui je voulais travailler, le studio, les musiciens… Deux ans pour tout mettre en place.

Justement, tu as réunis pas mal de beau monde sur cet opus, j’aimerais qu’on les évoque un par un si tu le veux bien. Il y a notamment Fabien Cahen.

Effectivement. Il a travaillé avec Zazie, il était dans Cox, un groupe de rock. Ma rencontre avec Fabien s’est faite par le biais de Dracula, la comédie musicale de Kamel Ouali. Fabien a composé la majorité des titres que je chantais dans le spectacle. Je me sentais assez proche de son écriture et j’étais assez à l’aise avec les chansons qu’il avait composées. Donc, assez naturellement, on s’est rencontrés et on a discuté. J’avais déjà une chanson en brouillon, on s’est mis dans son studio avec nos guitares et on a travaillé ensemble. Très vite, on s’est mis à composer ensemble pas mal de choses. Et de fil en aiguille, c’est la personne avec laquelle je me suis retrouvé sur ce projet peut-être le plus naturellement dans l’ordre des choses et avec qui ça s’est passé simplement. On apportait chacun des idées nouvelles. Quand je buttais sur une compo, lui avait une autre oreille et inversement. On était vraiment dans la même dynamique. Et c’est assez rare en terme de composition de trouver quelqu’un avec qui on est dans cette même énergie. C’était essentiel pour moi. C’est ce qui justifiait aussi le fait de travailler avec quelqu’un, alors que j’avais travaillé tout seul jusque-là. Je n’avais pas encore trouvé la personne avec laquelle je pourrais travailler comme je le voulais.

Comment as-tu abordé la co-composition avec Fabien ? La composition, c’est un exercice plutôt solitaire d’ordinaire.

Il faut savoir en tout cas que quand on est auteur-compositeur-interprète, la plupart du temps, c’est par manque de réseau et le fait de ne pas avoir trouvé les bonnes personnes avec qui travailler. On est souvent par défaut auteur-compositeur-interprète. Je connais mes points forts en écriture de musique et en composition. J’avais envie d’un album très fédérateur et très solaire. Pour être dans l’image de la musique que je voulais apporter, il fallait qu’elle vienne du partage et de la rencontre. Donc, c’est une nouvelle dimension pour moi d’apporter mes idées et de laisser également venir des personnes composer des chansons. Ça s’est passé encore une fois simplement parce qu’on était dans cette même énergie. Donc, je n’ai pas eu à me forcer. Ça n’a pas été une obligation, je ne me suis pas dit « tiens, je vais travailler avec quelqu’un parce que c’est plus facile ». Pas du tout, ça s’est imposé comme ça. On a fait un essai et puis une chanson est sortie en une journée de studio. On s’est dit « C’est cool, on se revoit la semaine prochaine » et de fil en aiguille, tout l’album s’est fait à peu près comme ça.

On retrouve Davide Esposito et François Welgryn sur l’album.

Davide était aussi compositeur sur Dracula. Par contre là, ce n’est pas une rencontre par le biais de Dracula, mais par le biais de François Welgryn qui est l’auteur qui a écrit la majorité des textes de l’album. François, c’est quelqu’un qui a fait les « Rencontres d’Astaffort » de Francis Cabrel. Donc, on s’est croisé, j’étais dans une session avant lui. On s’est retrouvés à un concert d’une amie, Lucie Bernardoni qui écrit aussi. On a pris un verre, on a discuté, on a échangé sur ce qu’on aimait, que ce soit en musique, dans le cinéma, etc… et puis, on s’est revus. Et en se revoyant et en travaillant, il y a des textes qui sont venus. Il avait vraiment la volonté de m’offrir des mots qui pouvaient être les miens, que j’aurais pu écrire, mais tout en apportant sa façon d’écrire et sa folie dans les mots. C’était sa volonté. Parmi les chansons qu’il a pu me proposer, il y en avait une dont la musique était faite, et cette musique était de Davide Esposito. On s’est rendu compte que le monde était assez petit ! (rires) J’ai écouté ce titre et j’ai été bouleversé. J’ai appelé Davide et on en a discuté. Ça s’est fait comme ça, aussi simplement.

Julien Loko - DR

Comment travailles-tu avec tes auteurs ?

Par exemple j’avais une vraie volonté de travailler avec Pierre-Yves Lebert qui écrit notamment pour Maurane, Daran, etc… J’ai fait la démarche de le rencontrer et de lui dire « voilà, j’ai envie de travailler avec vous. Vous avez un univers qui me plaît et je pense que ce que vous écrivez, je peux le chanter ». Donc, avec Pierre-Yves, ça a été plutôt dans ce sens-là. Il me proposait des thèmes, et je prenais ou pas. Avec François, c’était sensiblement différent. On s’est rencontrés, je lui ai un peu parlé de moi. On a discuté du personnage que je suis. Je lui ai dit ce que j’aimais… l’Irlande, la famille Adams, la pop, les zombies… on a tout mélangé. Et lui, il a pioché des thèmes et il a écrit des chansons à partir des conversations qu’on avait eues.  C’était vraiment basé sur un échange au départ, une simple discussion. On n’avait pas de feuille, pas de guitare, on était simplement en train de parler autour d’un verre. Et avec Marc Estève qui a fait un titre, on avait déjà fait quelques chansons ensemble. Ce sont des chansons qui ne sont jamais sorties, c’était plutôt des essais entre nous. Enfin, bref, elles n’ont pas vu le jour, mais on avait déjà travaillé ensemble. Quand je fais appel à une autre personne, c’est vraiment par rapport à sa fibre poétique. Quand j’écris une musique, je sens un peu les mots de qui il me faut dessus. Avec Marc, c’est assez simple parce que je sais très bien ce qu’il va me proposer. Quand on travaille depuis quelques temps avec quelqu’un, c’est plus facile parce qu’il sait l’image qu’on revoit et où on veut en venir. Écrire pour quelqu’un, c’est tout de même toujours un peu brutal parce qu’on lui propose son propre vocabulaire et ses mots et il faut qu’on colle à la personnalité de l’artiste qu’on a en face de soi. On est dans une démarche de collaboration. Et ça a été le cas sur tout l’album parce qu’il n’y a pas une chanson que j’ai acceptée qui était dans un fond de tiroir et dont l’auteur ne savait pas quoi en faire. Ça m’a touché à chaque fois.

As-tu écrit certains textes sur cet album ?

J’ai co-écrit certaines choses, mais c’est quand même en majorité le premier album dans lequel je n’aurais pas mis mes mots à moi. J’ai juste retouché des petits points de part et d’autre. Je ne parle pas des thèmes, mais de l’écriture à proprement parler. Il y avait des titres que j’avais écrits mais que je n’ai pas gardés dans l’album pour un problème de cohérence. Mais je ne voulais pas absolument que ce soit moi qui aie écrit les textes de l’album. J’avais vraiment envie de collaborations. Et quand je dis collaborations, c’est qu’à un moment donné quand on écrit une chanson, on ne sait plus si c’est tel ou tel autre qui a proposé tel mot. Donc, on est obligé de dissocier pour la Sacem, mais c’est avant tout un partage. Et donc, le trio majoritaire de l’album, François Welgryn, Fabien Cahen et moi, on a vraiment mêlé nos idées ensemble quand on écrivait les chansons.

EP de Julien LokoCe n’est donc pas du tout un regret de ne pas avoir placé plus de tes textes. Tu les revendiques tous. C’est un peu comme si c’était toi qui les avais écrits quelque part.

Tout à fait. Et puis, dans ce sens-là, quand je joue sur scène, François est toujours assez présent, du moins quand il le peut. C’est quelqu’un qui te pousse. On est toujours dans cette notion de partage. Donc, aucun regret. Au contraire, je pense que j’aurais eu des regrets si j’avais écrits des chansons dont je n’étais pas fier… des chansons trop sombres ou pas assez bien écrites. Pour être clair, je ne les ai pas écrits, mais ce sont vraiment mes mots que je chante.

Avant de parler de l’album qui arrive en octobre, j’aimerais qu’on survole le EP qui vient de sortir. Peux-tu me dire un petit mot sur chacune des quatre chansons qui le composent ? Alors, en première plage, on a « J’attends demain (blablabla) ».

On a fait la musique avec Fabien. Je suis arrivé, il avait un petit bout de refrain en yaourt. Je lui ai fredonné ça à la guitare et on l’a fait tourner en boucle pendant l’après-midi. On a fini par construire la chanson sans avoir vraiment de structure ni de texte. Et au milieu de toutes les notes qu’on cherchait, du bruit de la rue… il y avait une espèce de brouhaha et de magma de sons autour de nous… J’ai appelé François en lui disant que j’avais une chanson et que la seule chose que j’avais, c’était « blablabla ». Je voulais que blablabla figure dans cette chanson. Je voulais que ça parle de brouhaha et du fait qu’il y a plein de bruits qui nous entourent en continu, et qu’au milieu de tout ça il y ait une voix qui sorte et qui dise « ce serait bien qu’on s’écoute ». La différence entre écouter quelqu’un et l’entendre est fondamentale. C’est dans cette démarche-là qu’on a voulu cette chanson. Il y a mis plein de mots, plein d’expressions du commun des mortels. Je voulais que blablabla ressorte nettement dans la chanson. Quand je chantais le yaourt, on entendait ce blablabla tous les trois. Donc, la chanson est née comme ça. Pour le coup, c’est la musique qui a vraiment dicté la chanson.

Julien Loko - DR

Et pour le deuxième titre, « L’instant Sublime » ?

C’est une chanson que Fabien a composée intégralement. Je n’étais pas là au moment de la composition, je suis arrivé au studio et il me l’a faite écouter. Là, pareil, on a chanté en yaourt et François a posé le texte par-dessus. On a mis un peu de temps à trouver l’angle qu’on voulait. Il faut savoir que je fonctionne beaucoup à l’image. Et quand on cherchait des idées, je suis tombé sur la bande dessinée d’Yslaire qui est un dessinateur belge qui a écrit une série qui s’appelle « Sambre ». En voyant l’image de Sambre, je me suis dit que c’était ça « L’Instant Sublime ». Je voulais cette idée de révolution, quelque chose d’assez intemporel. On est partis sur cette image-là. Les chansons parlent beaucoup d’amour, mais toujours sous des angles un peu différents. Le thème général, c’est l’amour dans toutes les chansons, mais je m’efforce toujours de le prendre sous un aspect un peu surprenant. La chanson est née comme ça une semaine après.

Troisième chanson, « Tout ça n’est pas très grave ».

On a travaillé cette chanson avec ma guitare et François. On l’a écrite ensemble. Là, on avait le texte et c’est la musique qui est apparue après. Pareil, c’est une histoire d’amour avec cette constatation qui est que le temps n’efface pas les blessures mais nous permet de continuer à vivre même quand on a eu des épreuves difficiles. Souvent, ce sont des chagrins d’amour. D’ailleurs, on peut le dire, l’amour est toujours perdu d’avance, pour mille et une raisons en fait. Ça ne veut pas dire que ce n’est pas beau et qu’on n’a pas le droit d’aimer. Mais c’est une constatation assez objective et réaliste. Au milieu de tout ça, il y a une poésie qui fait qu’on doit toujours continuer à y croire, à s’aimer et à avancer ensemble. J’avais très envie sur cette chanson, en la jouant la première fois, de ne pas la chanter seul. J’ai donc dit à François que j’avais une amie chanteuse dans Dracula et que j’avais très envie qu’elle vienne chanter avec moi cette chanson parce qu’on a un rapport très particulier Anaïs Delva et moi. Très vite, on s’est entendus comme frère et sœur. Il y a un côté très fraternel dans notre relation. On s’est déjà pris de bec comme un frère et une sœur, on s’est déjà engueulés, mais c’est toujours dans une dimension fraternelle. Je l’ai donc appelée et on a enregistré la chanson ensemble la semaine suivante. On a tous été ultra convaincus et emballés par l’idée que la chanson dégageait. Tous les deux, on racontait le même texte avec notre histoire et notre cœur différent. C’était assez fort…

Anaïs Delva, tu ne la connaissais donc pas avant « Dracula ».

Non, pas du tout. Et c’est d’ailleurs une des plus belles rencontres que j’ai pu faire dans Dracula. C’est quelqu’un de formidable. Et je ne parle pas de la chanteuse qui est très très pro et qui a un souci du perfectionnisme très développé. Elle est très travailleuse. Je me suis reconnu aussi dans sa façon de travailler. Mais humainement, on s’est vraiment soutenus pendant ce spectacle-là. C’était une belle rencontre et une très forte amitié. Je suis très très fier en tout cas qu’elle ait accepté de venir enregistrer ce morceau avec moi. Et puis ça a du sens, parce que l’amour, ce n’est pas que les histoires d’amour, c’est aussi de l’amour dans une famille ou dans le cercle amical. Ça avait donc beaucoup de sens pour moi d’inviter des gens avec qui je travaillais dans Dracula et que j’aimais vraiment beaucoup.

La dernière chanson est une reprise du titre « Désert » d’Emilie Simon.

C’est une chanson que je joue depuis… sept ans. Je l’ai beaucoup jouée en live. Je suis un grand grand fan d’Emilie Simon. C’est à mon sens la plus grande chanson d’amour qui existe. Elle a un écho tout particulier en moi. La voix d’Emilie Simon est envoûtante. Enfin, bref, je suis fan absolu du travail d’Emilie Simon. Et donc, quand j’ai proposé d’inclure cette chanson sur le EP, elle s’est imposée tout naturellement. J’avais déjà toute l’orchestration de la chanson en tête, tout était prêt depuis longtemps. Et puis, il y avait un vécu dans cette reprise puisque l’idée, c’était de faire une reprise avec ma sensibilité et ma création dedans. J’avais réarrangé la musique, la mélodie et finalement, c’est devenu presque une chanson composée. Des choses ont été modifiées dessus et je me la suis tellement appropriée que je n’ai pas envie de dire que c’est une reprise, même si c’en est une ! (rires)

Le titre a été clippé.

Comme je te le disais, je fonctionne beaucoup au visuel. Et donc, pour chaque chanson, j’ai l’idée d’un clip complet et de dessins. Je dessine et je fais beaucoup de croquis. Pour « Désert », j’avais cette image de fantôme qui passe et qu’on ne peut pas toucher, avec cette dimension un peu « Alice au Pays des Merveilles ». Et donc voilà, on a cherché une idée, je l’ai trouvée. La musique était en place et on a tourné assez vite pour avoir de l’instantané à l’image. Après, il y a eu beaucoup de travail de réalisation derrière. Je réalise aussi. Donc, j’y ai mis beaucoup d’effets. Il y avait un côté magique dans cette église. Mais comme je voulais vraiment cette notion d’instantané à l’image, le tournage a été assez spontané, je voulais capter l’instant.

Cette reprise est très chouette et tu as un vrai vécu avec elle. Mais comment se fait-il que tu exploites cet EP avec une reprise alors que tu as un paquet de chansons originales et qu’elles tiennent plutôt très bien la route… Pourquoi ne pas avoir clippé un autre titre ?

Tout simplement pour des raisons pratiques. Je réalise tous mes clips. Je réalise aussi des courts-métrages et des vidéos. Pour « L’Instant Sublime », qui est le premier single, j’ai une idée très précise du clip. Je veux reprendre visuellement l’esthétique d’Yslaire et de Sambre. Pour mettre cette idée en place, ça a mis un peu de temps. On avait envie à la sortie du EP d’apparaître avec une vidéo sur le net. C’est-à-dire que ce n’est pas une vidéo qu’on va exploiter pour la télévision. On voulait d’abord exister sur le web avec cette reprise. Donc, on a fait ça et très vite après, j’ai mis en route le clip de « L’Instant Sublime ». En parallèle, on avait l’attaché de presse qui commençait à bosser en radio, ça me laissait un peu de temps pour mettre en place le tournage du clip de « L’Instant Sublime » qui aura lieu à la fin du mois. Et comme il y avait le studio en parallèle aussi… on a fait les choses dans cet ordre. On n’avait pas la volonté artistique d’exploiter une reprise en premier. J’assume toutes les chansons qui figurent sur cet EP et je les porte à bout de bras avec toute mon énergie, donc, je me suis dit que je ferais un clip pour chaque titre (rires). « Désert » est venu en premier. Et puis, n’étant pas en major, mais en indé, j’ai une totale indépendance, j’ai une volonté de faire différemment de ce qui se fait aujourd’hui. Je n’entends pas forcément révolutionner les façons de faire, ce n’est pas ma prétention, mais j’ai envie d’arriver avec une façon de faire un peu différente. J’avais envie de faire ce clip en premier parce que j’avais l’occasion aussi de faire cette vidéo à ce moment-là.  Mais le clip de « L’Instant Sublime » sera là pour l’été puisque le EP est une amorce à l’album. C’est une façon de dire « voilà une idée de ce que vous allez trouver sur l’album ! » C’était une façon de donner envie aux gens d’en entendre plus… Et puis, il y a encore une dernière raison, excuse-moi, je suis peut-être un peu long sur le coup dans ma réponse…

Pas du tout. C’est très intéressant tout ce cheminement qui accompagne la sortie d’un EP ou d’un album. Beaucoup de gens ne se rendent pas toujours compte du travail et des contraintes que cela implique.

C’est clair qu’il y a tout un cheminement avant d’allumer sa radio et d’entendre son titre à la radio… (rires) On a du mal à se figurer qu’il y a toute une équipe qui travaille derrière depuis de longs mois. Et donc, la dernière raison, c’est qu’après avoir fait écouter le EP à différents programmateurs radio et différentes personnes, on a eu beaucoup de retours très vite sur « Désert ». On s’est dit que c’était intéressant. Et puis, si je peux parler comme ça, le public m’a découvert avec ma reprise d’« Hallélujah » à la Nouvelle Star. Et pour beaucoup de gens, « Désert » était dans la continuité d’« Hallélujah ». Il y avait cette même dimension, pour reprendre le mot qu’on m’a dit, spirituelle dans les deux titres qui semble avoir un écho chez beaucoup de gens. Je me suis dit que c’était important de ne pas laisser passer ça. Et dans ma démarche depuis le début, je suis sur un site participatif pour financer le EP et l’album, j’implique beaucoup les gens qui me suivent, j’aime être attentif aux retours qu’on a. Et je pense que c’est aujourd’hui essentiel d’être en rapport avec des gens qui soutiennent un artiste. On avait fait un petit sondage pour savoir quel titre ils aimeraient entendre en radio. J’aime prendre l’avis du public qui me suit. Je veux leur montrer que dans cette démarche-là, ils sont impliqués, que ça influe aussi dans les décisions qui sont prises. C’est important.

Là, tu es en studio. L’album en est où concrètement aujourd’hui ?

Concrètement, je viens de terminer les guitares électriques puisque comme tu le dis je suis en studio. On est au milieu des bois, dans une grande bâtisse au milieu de la Dordogne. On est en train d’enregsitrer un album qui sera dans une veine pop décalée et en même temps très accessible. J’ai un côté un peu fou dans mon personnage, j’aime bien mettre un peu d’énergie. Et petit à petit, jour après jour, je vois ma pépite « Graffiti Cowboy » se définir de plus en plus. On arrive à quelque chose dont on est tous très fiers. On se dit Waow et on a les larmes aux yeux. Il y a des titres très pop et très groove qui font danser et on a aussi de vrais moments d’émotion. Et puis, on raconte quelque chose et c’est totalement cohérent avec mon envie artistique. Donc, il reste les voix à faire et quelques guitares acoustiques à enregistrer. Et puis, bien évidemment le mix et le master. On approche de la date de remise de l’album qui est prévue pour fin juin…

Julien Loko - DR

Ça avance bien.

Oui. On est à fond dedans. Mais il faut mener en parallèle d’autres choses puisqu’il y a la réalisation du clip de « L’Instant Sublime », il y a de la promo qui arrive, des concerts qui se précisent. Il faut tout mener en parallèle, mais j’aime être à fond dans tout ce que je fais. Et là, ces sessions de studio me permettent de lâcher toute l’énergie que je veux mettre dans cet album.

Un petit mot sur le titre, « Graffiti Cowboy ». Pourquoi ce nom ?

Pour plein de choses. La première c’est que j’ai vu un film d’animation, « Rango » un personnage qui était copié sur le jeu de Johnny Depp. J’ai été inspiré. Quand j’ai vu ce film, j’ai trouvé que c’était totalement pop. Le personnage m’a vachement touché. Je l’ai trouvé haut en couleurs, je l’ai trouvé pop. Et je me suis dit que la musique c’était un peu comme le Far West. Il y a des légendes. On ne sait pas trop pourquoi, mais chacun essaye un peu de créer son mythe. Et cette métaphore du Far West m’a inspiré une chanson qui s’appelle « Graffiti Cowboy ». Cette chanson ne figurera pas sur l’album, mais j’ai gardé le nom parce que ça a été le déclencheur de tout l’album. C’est à partir de cette chanson que j’ai commencé à faire les rencontres décisives. Alors, même si la chanson ne figure pas sur l’album, je la chante en live. Je trouve qu’il y a un côté un peu magique avec cette chanson qui donne son titre à l’album mais qui n’est pas dessus, elle peut ressurgir un jour, qui sait ? Si « Graffiti Cowboy » va où j’espère qu’il va aller, la chanson verra le jour. Ce sera un peu la consécration, va-t-on dire ! (rires)

C’est pas banal en tout cas comme destin de chanson…

Ça a créé beaucoup de discussions au sein de l’équipe. On m’a dit que si la chanson n’était pas sur le disque, ce serait un peu compliqué… Oui… mais non ! C’est la clé de voûte de tout cet album et son nom doit être là, sur la pochette avec la photo. La chanson viendra certainement après. En tout cas, elle existe déjà sur scène et pour moi, c’est l’essentiel, de jouer ces chansons sur scène. Du moment où « Graffiti » fait partie du set qu’on joue en live, ça marche.

Tu me parles de scène, des dates sont-elles prévues ?

La grande nouveauté, c’est qu’un tourneur s’est impliqué sur mon projet. Donc, quand on est en indépendant, démarcher pour les scènes, c’est une grosse part du travail. Quand on a un tourneur, ça facilite grandement les choses. Et donc, il y a des dates qui arrivent. À la fin du mois, je joue à Lyon, le 21 juin, je joue dans le centre de la France, une date sur Bordeaux va bientôt être calée et certainement une nouvelle date sur Paris. Et puis surtout, il y a un gros planning autour de la sortie de l’album. J’espère qu’il y aura une tournée qui se mettra en place dans des salles dont je suis habitué, c’est-à-dire des salles de 100 à 200 personnes. Quand on fait une tournée en France de salles de 200 places, en indé, c’est déjà très bien. Quand je dis en indé, c’est-à-dire qu’on doit faire la démarche d’être diffusé et de faire la promotion, si le titre est multi-diffusé, la question ne se pose même plus. Mais je préfère prendre les choses dans l’ordre, de façon cohérente et pouvoir dire que j’ai réalisé une vingtaine de dates sur quelques mois. Après, on peut revenir sur d’autres dates. C’est la démarche et la réflexion du tourneur.

Quand tu crées une chanson, penses-tu rapidement scène ou est-ce que ça vient dans un deuxième temps ?

Ça arrive avant toute chose. Le studio m’offre des possibilités que je ne peux pas avoir sur scène. Une chanson, c’est un peu comme quand on écrit un scenario. Si on a cinq cents chevaliers qui foncent sur un château fort, sur papier, on peut le faire. Pour le réaliser, c’est autre chose. Là, c’est un peu pareil. Si j’ai envie d’avoir cinq cents violons sur scène, ça risque de poser problème à un moment ou un autre. Mais en studio, on peut le faire, c’est réalisable. Ce n’est pas un truc insurmontable. On peut prendre la même personne qui joue cinq cents fois, on peut prendre des samples. Il y a plein de possibilités. Sur scène, c’est une autre paire de manches. Donc, je pense forcément scène très vite. Et surtout, quand je joue, j’ai une énergie très live. Et la difficulté sur « Graffiti Cowboy » a été de transférer cette énergie live sur un album. C’est-à-dire arriver à mettre cette énergie live sur quelque chose qui va être assez figé. Donc, c’était ça la grosse problématique sur « Graffiti ». En fait, si je devais faire un bilan sur cet enregistrement, notre réflexion première et notre recherche a été la suivante : on met 200% d’énergie sur scène parce qu’on n’a pas tous les violons et les claviers qu’on veut. Donc, forcément, on en met plus. Maintenant, il va falloir retenir un peut tout ça pour laisser la place à tout ce que je voulais sur l’album. Et je trouve que chaque musicien qui est intervenu a su justement prendre un peu cette énergie et la mettre dans son jeu. Donc, c’est pour ça que je dis que c’est très très pop. Ce sera un album très sautillant en fait….

Propos recueillis par IdolesMag le 30 avril 2013.
Photos : DR
Facebook : http://www.facebook.com/julienlokoofficiel









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