Interview de Anouk Aïata

Propos recueillis par IdolesMag.com le 03/05/2013.
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Anouk Aïata © Lisa Roze

Anouk Aïata est « La Femme Mangeuse des Nuages du Ciel ». Ce projet, né de sa rencontre avec le violoncelliste Amos Mâh, nous a ensorcelés dès la première écoute. Sa dimension mystique, poétique, ethnique et onirique est parfaitement dosée. Nous avons donc été à la rencontre d’Anouk afin d’en savoir plus sur cet album et dans quelles circonstances il a vu le jour. Rencontre avec une artiste aussi lunaire que solaire.

Anouk Aïata, La femme mangeuse de nuages du cielIdolesMag : « La Femme mangeuse des nuages du ciel » est sorti il y a quelques semaines, la critique est plutôt bonne. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Anouk Aïata : Eh bien, c’est plein de sensations mélangées évidemment. Il y a la joie déjà d’être arrivée à cet aboutissement. On a bien pris le temps de peaufiner cet album pour qu’il ressemble à ce à quoi on voulait qu’il ressemble et pour l’emmener là où on voulait l’emmener en tout cas. L’accueil est bon, effectivement, mais là, on a envie que l’album devienne plus public, que les médias nous relayent pour que nos chansons puissent arriver aux oreilles du public. On a envie que cet album ait le rayonnement qu’on espère qu’il mérite d’avoir et on a envie d’aller retrouver le public sur les routes. D’un autre côté, il y a la peur effectivement parce que mine de rien, cet album, c’est un accouchement long. Beau, mais difficile. Donc, on a peur aussi que tout s’arrête bêtement. On est très partagés, mais on a la foi et on est fiers et heureux. Il y a toujours une petite appréhension. Tout va tellement vite aujourd’hui, et puis, on n’est pas non plus les seuls à sortir un album. On a peur de passer un peu à l’as entre toutes les sorties de France et de Navarre. Mais le sentiment qui domine, c’est la joie et la fierté d’avoir accompli quelque chose. On est déjà sur la deuxième marche. On ne s’arrête pas à un accomplissement. On veut s’accomplir toujours et encore avec mon partenaire Amos Mâh. On est un peu entre deux eaux, mais ravis.

Quelle est la clé de voûte du projet ? Est-ce la rencontre avec Amos qui est à la base de tout ?

Amos… C’est THE rencontre dans ma vie artistique… Et même amicale, mais artistique avant toute chose. On s’est rencontrés dans un projet vers 2008. Ça doit faire cinq ans, quelque chose comme ça. C’était un projet trip hop auquel j’ai participé. Sur scène, on était amenés à improviser de temps en temps lui et moi, en violoncelle/voix. On s’est découvert une alchimie et un truc génial.  Donc au sortir de ce projet trip hop, on s’est donné rendez-vous lui et moi chez lui. Je lui ai dit que je voulais monter un projet de chanson française mais très métissé. Il m’a dit « voyons-nous et commençons à bosser ensemble pour voir ce que ça va donner ! » On s’est vus chez lui, chacun avait amené des textes. Amos avait déjà écrit « Pourquoi regardes-tu la lune ? » un peu auparavant. Il m’a chanté cette chanson et moi, je lui ai chanté d’autres petites chansons. On s’est découvert une affinité de dingues au niveau des mots, du verbe, de l’univers… et on s’est rendu compte qu’on voulait emmener au même endroit et de la même manière nos musiques et nos textes. Donc, « Roule ma poule !»  (rires) Et on a écrit une trentaine de chansons en deux ans main dans la main.

Comment fonctionnez-vous tous les deux ?

Euh… (rires) moi, je suis quelqu’un d’assez foufou et dispersé. Donc, il n’y a pas vraiment de règle. C’est-à-dire qu’on ne se donne pas rendez-vous chacun avec une feuille de papier et son stylo-bille et puis « trois-quatre », on écrit un truc. Ce qui se passe par contre, c’est que j’arrive avec un texte ou une ligne de chant ou un texte et quelques notes de guitare pour nous accompagner. Des fois, Amos arrive avec un texte qu’il a déjà mis en musique et donc, on le revoit ensemble et on le remanie. Des fois, il a un début de texte et je le termine ou inversement. Il n’y a pas vraiment de règle. L’important, c’est qu’on soit dans le plaisir. Les idées viennent alors spontanément. C’est donc une écriture un peu anarchique, mais on a fini par avoir quelque chose de cohérent, donc, c’est bien !

Ça part dans tous les sens, mais comme tu le dis, c’est cohérent de bout en bout. Il y a vraiment une unité.

On a un univers commun, c’est un fait. Mais cette cohérence, tout le monde ne la voit pas. Nous, on la voulait parce que c’est vrai qu’on est influencés par beaucoup de styles musicaux, et ça s’entend dans la musique. Et on n’a surtout pas voulu se mettre de barrière. On ne voulait pas faire un disque de folk pur, ou quoi que ce soit de puriste. Non. Nous on est des puristes de la musique et on aime beaucoup de choses différentes.  Ce que certaines personnes nous reprochent aujourd’hui, c’est qu’on n’ait pas un style de prédilection et qu’on aille un peu à droite à gauche. Pour moi, je ne le vois pas comme un défaut. C’est une qualité. Je ne vais pas me mettre dans une petite case toute seule. Je suis libre, je fais de la musique, je fais ce que je veux et Amos aussi. La cohérence qu’on a, on la retrouve dans la voix, dans l’univers, dans les textes et les champs lexicaux. C’est un voyage et ce sont des tableaux. C’est très imagé, et en ça, je pense qu’on est très cohérents. Maintenant, tout le monde ne sera peut-être pas d’accord avec ça, mais moi, je suis contente que vous le trouviez cohérent. Je le trouve aussi, donc, tout va bien ! (rires)

On a souvent tendance à ranger les albums dans des petites cases, et là, ça va être un peu difficile de le faire rentrer dans une case…

(rires) Pour moi, c’est notre force. Mais effectivement, des gens sont un peu perdus. Ils y a des médias qui ne comprennent pas trop pourquoi on n’a pas choisi un style particulier et pourquoi on ne s’est pas mis nous-même une étiquette sur le front… Je suis pour la diversité dans tout. La vie, c’est un mélange de plein de choses. Et cet album est un album vivant, fait par des êtres vivants et j’espère que les gens qui sont vivants comme nous se retrouveront dedans!

Anouk Aïata © Lisa Roze

Avez-vous laissé beaucoup de titres de côté ?

Oui, mais on ne les a pas laissés de côté pour toujours. Il y en a qui hibernent en attendant de renaître… différents ou pareil. Mais oui, on a laissé pas mal de titres de côté. Ça a été difficile pour certains de se dire qu’ils ne seraient pas sur cet album, mais voilà, pour moi rien n’est fini. Ils existent toujours, ils sont là, ils auront une deuxième vie ou une troisième ou une cinquième… On ne les oublie pas. Parfois, on en joue certains sur scène. Donc, on peut les partager directement en live avec les gens. En fait, on avait sélectionné une quinzaine de titres avant d’entrer en studio. On a enregistré au mois de juin dernier à « La Fabrique », à Saint-Rémy-de-Provence. Après, on a terminé l’album à Paris. On a donc enregistré une quinzaine de titres pour, au final, en sélectionner onze. Ça a été encore plus difficile après en avoir enregistrés quinze d’en sélectionner onze mais bon voilà… « c’est le jeu ma pauvre Lucette » comme le dit mon directeur artistique ! (rires) Mais je considère que les titres qui ne sont pas sur l’album aujourd’hui ne sont pas rangés pour toujours dans les tiroirs. Ils verront la lumière un jour ou l’autre…

Passez-vous beaucoup de temps sur chaque titre, ou bien passez-vous à autre chose si ça ne fonctionne pas tout de suite ?

C’est un peu ingrat en ça, l’écriture. Et en même temps c’est magique. En général, quand je sens qu’un texte est en train de naître, il faut qu’en une soirée, il soit là. Il faut qu’il soit sorti dans son ensemble, en sachant que le lendemain, je vais pouvoir changer un mot ou deux. Quand je sens que je tiens un truc, que je sens que je suis dans le « canal-univers », c’est-à-dire que je me sens reliée et connectée à l’univers, c’est comme ça que je définis l’inspiration, il faut que mon texte sorte dans les quelques heures qui viennent. Maintenant, il m’est arrivé de ressortir certains textes que j’avais écrits dans ma jeunesse. Je les ai remaniés pour les rendre un peu plus mûrs. Pour certains, j’ai voulu leur redonner une seconde vie. Mais dans la majeure partie du temps, si je ne reviens pas sur un texte dans la semaine où j’ai écrit les premières bribes, je pense que c’est un texte, entre guillemets, « que je vais avoir du mal à emmener plus loin ». C’est aussi pour ça que c’est formidable de travailler avec Amos parce que je peux lui amener des textes que je n’arrive pas à aboutir. Lui les emmène ailleurs et on finit par avoir des chansons. De toute façon, je garde toutes mes bribes de textes depuis que j’ai 11 ans. Donc, j’ai des tonnes de papiers chez moi… Je les garde en me disant que peut-être demain on pourra faire naître une chanson. Mais quand mon texte n’est pas fini dans la semaine, c’est très très rare qu’il aille plus loin…

Vous me dites que vous écrivez depuis l’âge de 11 ans… Écrivez-vous aujourd’hui pour les mêmes raisons qu’à l’époque ?

Oui, c’est fou. Ce ne sont pas les mêmes mots parce que j’ai mûri… Mais oui, j’ai toujours écrit pour exprimer mes sensations, ma joie de contempler du beau, ma joie d’aimer, ma tristesse de ne pas l’être suffisamment, mes joies, mes peines et puis pour parler aussi de la place de l’Homme avec un grand H dans le monde. Oui, j’ai toujours voulu parler des mêmes choses. J’espère que ce sont des thèmes intarissables parce que comme ça, on va pouvoir écrire sur le même thème des choses différentes. Avec Amos, on parle souvent de la nature, de l’Homme, de l’émotion, des sentiments… de ce qui est humain finalement.

Ça ne m’étonne pas parce qu’il y a quelque chose… je n’ai pas envie de dire enfantin parce qu’il pourrait y avoir une autre connotation... mais quelque chose qui rappelle l’enfance en tout cas.

Non, ce n’est pas péjoratif de dire enfantin. Je comprends ce que vous dites… je suis « La Femme mangeuse des nuages du ciel », mais aussi la petite fille mangeuse des nuages du ciel dans le sens où effectivement, je suis encore très enfant dans ma tête. Je cultive beaucoup ce côté enfantin chez moi et chez les autres, j’aime le faire renaître. Parce que l’enfance, c’était la naïveté et c’était le moment où on avait les plus beaux yeux ouverts sur le plus beau des mondes. Donc, il n’y a rien de mal à être enfantin. On est dans le domaine du rêve et de l’imaginaire. Moi, c’est ce qui m’a toujours tenue debout, c’est ce qui a fait que ces dix dernières années j’ai toujours continué à faire de la musique parce que je me disais qu’un jour j’aurais ma place. Et j’encourage les gens à rêver et à faire pareil. On est tous des rêveurs et des gamins dans le fond. Pourvu que ça dure le plus longtemps possible…

L’album comprend onze titres, on ne va pas pouvoir les passer tous en revue. Très subjectivement, il y a deux titres qui m’ont un peu plus touché que les autres, c’est « Ce n’est pas une larme » et « Minuit sonne ». Pouvez-vous me dire dans quelles circonstances sont nées ces deux chansons ?

« Ce n’est pas une larme », c’est une chanson qui parle de la dépression finalement. Enfin, plutôt de l’ultra nostalgie et ce côté enfantin, rêveur et joyeux qui prend toujours le dessus. Cette chanson est sûrement née d’un moment de découragement, de sensation de vide et de tristesse. Des jours, on a l’impression qu’on est désarmés, et quoi de meilleur à ce moment-là que de pleurer et de se dire, après avoir versé cette larme, qu’il faut se battre, qu’il faut continuer, que ce n’est pas une larme qui va couler notre avenir. Merci d’avoir été touché par cette chanson. Je l’adore aussi. C’est l’histoire d’un être humain qui vit ses émotions. Chaque être humain avance. C’est donc une chanson qui parle de la dépression mais qui évoque aussi la joie qu’il peut y avoir derrière.

Anouk Aïata © Lisa Roze

Et « Minuit sonne » ?

C’est une chanson qui parle d’un univers mystique. C’est une chanson un peu imagée dans laquelle on explique qu’on est un peu poursuivis par nous-mêmes, nos craintes, nos angoisses… C’est un personnage qui marche dans la neige et qui efface ses traces pour ne pas qu’on le retrouve, ni lui-même ni les autres. C’est aussi une chanson sur l’univers nocturne, la solitude, la folie, l’inquiétant… C’est une chanson « poésie et décors ». « Quand la nuit tombe / Dansent les ombres / Je laisse des traces / Et les efface ». Les ombres, c’est nous, ce sont nos pensées, ce sont les autres… c’est tout ce qu’il y a d’inquiétant, de négatif et d’effrayant. Et nous, on est là à regarder ce personnage qui marche dans la neige sous le blizzard et dans le froid… Encore une fois, c’est un constat de la dureté de la vie, mais, avec toujours cette envie et ce besoin d’avancer. Il y a toujours quelque chose de positif dans ces personnages. Ce sont des guerriers traversés par bien des peurs, des angoisses et des émotions, mais qui gardent en même temps le cap bien droit devant. Je poursuis mon chemin, je ne regarde pas derrière, j’avance.

Il y a aussi une belle musicalité dans le texte comme le cliquetis et l’écho que peut faire une pierre qui tombe quand il n’y a aucun bruit autour.

Effectivement, il y a plein d’allitérations dans ce texte qui claque. On a travaillé là-dessus. On voulait que ça sonne. On avait une ligne de chant et une musique qu’on aimait beaucoup et on a écrit le texte dans cet esprit. À la base, c’était même un texte en anglais et puis on a mis un bon coup de pied dans ce texte en anglais et on l’a réécrit en français avec ce véritable souci de faire sonner la langue.

Un soin tout particulier a été apporté au visuel qui entoure l’album. J’imagine que ça faisait partie du cahier des charges…

Oui, c’était super important déjà parce que nous, on est arrivés dans le monde de l’industrie musicale avec nos chansons et notre naïveté. Et à un moment donné, on s’est rendus compte que l’image, mine de rien, ça faisait partie du métier, que c’était très important. Aujourd’hui, on communique avec notre musique, mais aussi avec notre image, que ce soit avec ce CD ou même dans la vie. Les gens sont de plus en plus apprêtés et veulent être beaux ! Donc, on s’est dit qu’on ne se raterait pas là-dessus. On a donc apporté beaucoup d’importance à l’image. J’avais par exemple très envie qu’on ait une photo recolorisée, peinte, qu’il y ait un truc artistique. À la base, moi, très honnêtement, j’aurais même voulu que le visuel ne soit pas une photo, mais un tableau. Mais on nous a dit qu’il fallait absolument qu’on voit notre visage, pour que les gens commencent à nous reconnaître. Pour la major il était très important qu’on voit notre image, donc, on a décidé de faire quelque chose de très artistique. On a mis beaucoup de soin à faire cette pochette. Après, on a voulu que les angles de la pochette soient rond. On voulait de la rondeur. On a voulu aussi du papier brut. On s’est vraiment attachés à avoir quelque chose qui nous plaisait en se disant que si c’était cohérent avec notre univers et ce qu’on aimait, forcément, ça plairait aux gens qui se retrouvaient dans notre musique. On voulait être cohérents avec nous-même et être dans le beau. C’est important pour nous. Sans prétention, on a aussi envie de se démarquer à ce niveau-là aussi. On avait envie que le visuel soit très beau et donne envie.

En parlant d’image, le clip de « Pourquoi regardes-tu la lune ? » vient d’être dévoilé. Comment s’est passé le tournage ?

On n’était pas très loin de Saumur… Il faisait super froid, il pleuvait… On avait un cheval super adorable, mais un peu foufou. Donc, c’était un grand moment. On a travaillé avec quelqu’un qu’on adore qui s’appelle Christophe Acker et qui a déjà bossé avec beaucoup d’artistes. Il y avait une très bonne ambiance. On avait l’air de deux trappeurs avec Amos, les deux pieds dans la boue. C’était assez rigolo. Maintenant, effectivement, on est vraiment très contents de l’équipe avec laquelle on a travaillé. On garde un souvenir très ému de ce cheval. Amos a vraiment été formidable avec le cheval, il s’en est occupé super bien. Il l’a baladé pas mal, il l’emmenait à droite à gauche parce qu’il n’était pas très sage… (rires) Mais on a passé un très très bon moment. Ça s’est tourné en une journée. Pareil, encore une fois, on a voulu quelque chose d’un peu brut. Nous, on est contents parce qu’on emmène les gens dans un univers brut, vintage et mystique, entre couleurs et sépia. C’est un voyage et dans le temps et dans notre univers. J’espère qu’on trouvera écho avec ce clip.

De toutes les chansons, y en a-t-il une pour laquelle vous avez un peu plus de tendresse qu’une autre ? Quand je dis tendresse, je ne pense pas franchement à ce que la chanson raconte, mais plutôt à quelque chose qui se serait passé autour de la chanson, lors de sa création, de l’enregistrement ou sur scène…

Je crois qu’on a une chanson en commun avec Amos qu’on aime tout particulièrement, c’est un peu notre chanson. On adore toutes les chansons de l’album, on ne peut pas renier nos enfants, mais je crois que « L’Arbre à Plumes » est une de celles qui nous tient le plus à cœur. « L’Arbre à Plumes », c’est l’histoire très imagée de notre rencontre. « L’Arbre à Plumes », c’est Amos Mâh, et moi, je suis l’oiseau qui vient se poser dessus en quelques sortes (rires). Voilà, c’est la rencontre de deux âmes errantes ayant envie de poésie. Ils se rencontrent au bord d’un lac, loin des lumières de la lune et il la regarde… « L’Arbre à Plumes », c’est vraiment notre chanson commune à Amos et moi, c’est l’histoire de notre rencontre et du projet.

Vous ouvrez d’ailleurs le disque avec elle.

Oui, c’était très important pour nous. Pour nous, c’est vraiment la chanson qui représente notre univers de la façon la plus globale, entre les mots, la place du violoncelle, etc, etc…

Vos plantez bien le décor avec ce titre en fait. C’est un peu une carte de visite. « Voilà, nous on est ça, ça… »

On est des barrés, on est des beatniks, on est des hippies, on parle d’Arbre à Plumes et de forêts. On avait envie justement qu’aux premières mesures de cet album, on se demande ce que c’était… Ce titre n’est pas étrange, mais il sort un peu de ce qu’on a l’habitude d’entendre. C’est, je pense, une force pour nous et nous sommes ravis qu’il ouvre l’album.

Il a des scènes qui se poursuivent aux Trois Baudets (Paris 18ème) les 16, 17, 24 et 25 mai, des dates prévues à Lille (59) le 23 mai et à Saint-Etienne (42) le 29 mai. Que représente la scène pour vous ?

La scène, c’est la rencontre et le partage. C’est ce pourquoi généralement on fait de la musique. Il y a la joie d’écrire et de composer, la joie d’aller en studio, mais à un moment, la plus belle chose qui soit, c’est d’aller à la rencontre des gens qu’on touche avec nos mots et notre musique. Quand les gens font l’effort de se déplacer pour venir nous voir en concert, on a envie de les remercier à juste titre. Donc, la scène pour nous, c’est la maison, on s’y sent bien et on est tout à fait dans le partage. Pour l’instant, nous sommes aux Trois Baudets et ça se passe merveilleusement bien. C’est une salle à dimension humaine. C’est tout petit, on a un vrai moment d’échange. On pleure et on rigole avec les gens. Si les gens ressortent de là avec l’impression qu’on a partagé quelque chose ensemble et qu’ils nous ont rencontrés… eh bien voilà, on a tout gagné ! J’ai l’impression que c’est ce qui se passe en ce moment. On vit de vrais moments d’échange et de partage avec les gens. Et Amos et moi, on adore ça… ça nous porte vraiment. J’avoue qu’on attend avec impatience les dates de cet été et la rentrée pour bouger à droite à gauche en France, en Belgique et en Suisse… partout où le vent nous portera !

Retrouve-t-on l’aspect visuel qui accompagne l’album sur scène ?

Plus ou moins… Là, très honnêtement, je suis en train de me demander si je ne devrais pas un peu plus représenter le personnage que les gens ont vu sur les affiches et sur l’album. Je suis en pleine réflexion ! Par contre, oui, je suis la même, ça c’est sûr ! On est un peu foufous et dans l’ethnique. Je pense qu’on retrouve l’univers, mais ce n’est pas hyper marqué. Je n’ai pas la plume dans les cheveux, je l’ai juste à l’oreille. Je ne porte pas de tissus spéciaux, mais j’ai les bijoux.

Anouk Aïata © Lisa Roze

N’est-ce pas un peu difficile d’amener les chansons qui l’air de rien sont très travaillées, dans un contexte plus brut comme la scène ?

Là, on vient d’être rejoints par un batteur, mais pendant deux ans, on a été trois sur scène, Jean-Louis Solans à la guitare, Amos Mâh au violoncelle et moi au chant. Là, on avait quelques difficultés sur certains morceaux à retranscrire complètement l’univers. C’était un peu différent. Aujourd’hui, avec le batteur, c’est beaucoup mieux. On se retrouve de plus en plus. Mais je pense qu’on s’en sort pas trop mal à ce niveau-là. Les gens retrouvent l’idée des morceaux qu’ils ont entendus sur le disque. Mais c’est sûr qu’on a moins d’instruments sur scène, et c’est normal. Sur le disque, c’est différent. Sur le disque on a des bongos, des cuatros, des bodhrans et plein de choses, on ne pouvait pas tout emmener avec nous sur scène !

C’est un travail assez minutieux que vous avez d’ailleurs effectué en studio. Il y a pas mal de strates sur chaque chanson.

Oui, après avoir enregistré à « La Fabrique » à Saint-Rémy-de-Provence, on a, d’octobre à janvier, continué le studio. On était comme dans un bunker 10 à 12 heures par jour. On a fait un travail de dentelier. On a vraiment enregistré beaucoup de choses et après on en a enlevé certaines et encore ajouté d’autres. On voulait vraiment être fiers de cet album et ne rien regretter quand il serait sorti. On voulait pouvoir l’assumer complètement. Ça nous a pris du temps, mais on ne le regrette pas. On a pris le temps pour bien faire les choses… J’aurais été malade s’il avait fallu bâcler quoi que ce soit !…

Propos recueillis par IdolesMag le 3 mai 2013.
Photos : Lisa Roze
Facebook : http://www.facebook.com/anoukaiata









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