Interview de Aviva Paz

Propos recueillis par IdolesMag.com le 22/04/2013.
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Aviva Paz - DR. Source : Facebook d'Aviva Paz

Le duo mythique Shuky & Aviva a fait les belles heures de la variété des années 70. Un coffret 4 CDs reprenant les plus grands succès du groupe, des versions étrangères, des raretés, des chansons d’Aviva en solo et même des inédits 2013 d’Aviva vient d’être édité. Nous avons contacté Aviva afin de se remémorer quelques bons (et moins bons) moments de la folie des années 70. Elle nous racontera notamment qu’elle était très amie avec Mike Brant. Elle nous expliquera également dans quelles circonstances sont nées ses nouvelles chansons, elle qui depuis 35 ans vit en Israël et ne chante plus beaucoup… Enfin, elle nous dira de quoi est faite sa vie aujourd’hui. Aviva va bientôt fêter ses 70 printemps et vit actuellement dans le désert non loin de Tel-Aviv. Rencontre avec une artiste généreuse qui met un point d’honneur à transmettre à la jeune génération tout ce qu’elle a pu apprendre au fil du temps…

Shyky et Aviva, l’intégraleIdolesMag : Un coffret de 4 CDs reprenant les grands succès de Shuky & Aviva, les vôtres, mais également des titres inédits vient de voir le jour en France. Était-ce un projet qui vous tenait à cœur ?

Aviva : Oui, bien sûr. C’est quelque chose de très joli. Retrouver toutes les chansons après 35 ans, c’est formidable, j’en suis très contente. Et ce dont je suis très contente aussi, c’est qu’il y ait un disque de mes chansons, où je chante toute seule des nouveaux titres. Ça, j’en suis vraiment ravie.

Il y a donc deux inédits de 2013, « Être là » et « L’Amour, ça s’apprend ».  Dans quelles circonstances ces deux chansons ont-elles été écrites ?

J’ai un fan qui s’appelait Pascal. On parlait vraiment beaucoup, beaucoup ensemble… Il m’a dit qu’il fallait que je refasse de nouvelles chansons, qu’il fallait que je revienne en France parce que personne ne m’avait oubliée et que tout le monde m’aimait encore beaucoup. Il m’a donné le courage de faire de nouvelles chansons. Et puis, il est parti et j’ai écrit une première chanson pour lui. C’était triste parce qu’il devait avoir à peu près le même âge que mon fils, 42 ans, quelque chose comme ça.  Je n’avais pas vraiment l’énergie pour faire quelque chose d’autre, mais j’ai quand même fait une autre chanson pour la France avec de l’accordéon et tout le côté magique de la France. J’étais triste mais la vie continue… J’ai encore des fans qui m’écrivent aujourd’hui et qui aimeraient que je revienne en France, mais je vis ici en Israël et ce n’est pas facile. Je travaille un peu au théâtre et pour la danse. Je suis professeur de danse et là, je viens de faire un nouveau film, une comédie. Paris, c’était ma maison, j’aimais beaucoup. J’aimais les parisiens, j’aimais la gastronomie française. Mais je ne parle pas beaucoup français…

Vous parlez tout de même assez bien !

(rires) Un petit peu… mais pas beaucoup !

Où vivez-vous aujourd’hui ?

Je vis dans le désert, très loin des villes. C’est un peu la fin du monde chez moi !! Je suis à côté de Tel-Aviv, à quatre heures de route.

Revenons-en à ce coffret…

J’étais contente qu’il y ait des solos de Aviva sur le coffret. Mais j’aimerais qu’il y ait un nouveau disque avec les nouvelles chansons que j’écris maintenant, sans Shuky…

Écrivez-vous beaucoup de chansons aujourd’hui ?

Oui, mais uniquement la musique. Les paroles, c’est mon ami Rivka Cohen qui les écrit. Il écrit très bien en français. C’est très spirituel ce qu’il écrit. On se complète bien, lui avec ses textes et moi avec mes musiques. On a un petit studio ici et comme ça on peut enregistrer nos titres.

Chantez-vous toujours en français aujourd’hui ?

Ah oui ! Je chante beaucoup pour mes amis. C’est une langue très jolie le français… j’aime chanter en français.

Aviva Paz - DR. Source : Facebook d'Aviva Paz

Depuis 35 ans, êtes-vous revenue en France ?

Non, je ne suis pas revenue depuis 35 ans. Comme je l’ai toujours dit, si je ne viens pas, tout le monde peut venir chez moi ! Et on fera une grande fête ! (rires)

La France vous manque-t-elle ?

Oui… les gens, les télévisions, les chansons… toutes ces jolies choses que je n’ai pas ici. Je suis très contente et heureuse d’être ici, mais j’aimerais revoir la France. On verra… La vie va… La vie avance… Dans une minute, j’aurai 70 ans. C’est quand même un âge !! (rires) J’ai aujourd’hui 69 ans, mais les 70 vont arriver très très vite. Et je ne le crois pas, du moins je ne veux pas le croire parce que dans ma tête, je suis encore très très jeune. Je suis tout le temps avec les jeunes. J’aime apprendre aux jeunes ce que je sais. J’aime leur transmettre ce que j’ai appris. Que ce soit la chanson, le théâtre, la danse, les films, etc… J’aime donner quelque chose aux nouvelles générations. J’aime donner et transmettre tout ce que j’ai pu apprendre dans ma vie. Depuis l’âge de 14 ans, j’ai appris beaucoup de choses. À 15 ans et demi, je suis partie à New-York, j’ai appris au New-York City Ballet chez George Balanchine. C’est une très grande école et j’y ai appris énormément de choses. Donc, aujourd’hui, j’aime transmettre tout ce que j’ai appris aux nouvelles générations. C’est important pour moi. Je donne tout ce que j’ai dans le cœur à mes étudiants. Le cœur, c’est toujours l’amour et c’est dans le fond ce qui peut faire les plus grandes choses…

Aviva Paz - DR. Source : Facebook d'Aviva Paz

Quels souvenirs gardez-vous des années 70 avec Shuky ? Les plateaux télé, etc…

Un de mes plus grands souvenirs, c’est avec Mike Brant, mon ami. Il était vraiment mon ami. On a fait du théâtre ensemble. Quand je suis arrivée la première fois sur un plateau de télévision en France, Mike était là et en me voyant, il m’a crié « Aviva ! Tu restes ici maintenant et tu ne repars plus ! » J’ai d’autres très bons souvenirs avec Guy Lux qui chaque fois qu’il me voyait sur un plateau de télé me disait que j’avais des yeux magnifiques, les plus jolis yeux du show-business français ! (rires) Il parlait toujours de mes yeux… On a fait une tournée d’été avec Mike. On a été deux mois ensemble. Ce sont vraiment de très très bons souvenirs. Et puis, il y a aussi des choses tristes avec Mike… Il était très déprimé. Je me demandais ce qu’il se passait avec lui… C’était un garçon beau comme un Dieu, mais il ne voulait pas vivre. Il me l’a dit. Après la première fois, il m’a dit « Aviva, je ne veux pas vivre… » Je lui ai dit « Mike, comment tu peux parler comme ça ?!... » Quand il a enregistré en studio « Dis-lui », on était avec lui… Je lui ai dit qu’il devait faire attention à lui… C’était très triste quand j’y repense aujourd’hui. Un autre moment triste, c’est quand Haïm Saban qui était producteur depuis quelques temps m’a invitée au restaurant et m’a dit « Aviva, Shuky est parti aux États-Unis, il ne veut plus chanter… » On était très très connus à l’époque. J’ai été très triste. J’ai pleuré. Il m’a dit de ne pas m’inquiéter, qu’il allait me faire signer un contrat avec Philips. Mais ce n’était pas la même chose… J’ai écrit des musiques avec Yves Martin. J’ai travaillé avec lui avant Sheila. C’était très joli mais ça a marché coucicouça… Et après, en 1980, je suis partie en Israël avec mon fils qui avait dix ans.

Et là, que faites-vous quand vous retournez en Israël ?

J’ai commencé au début au théâtre. Je ne voulais plus vraiment chanter. C’est dommage, mais c’est comme ça, la vie… J’ai fait des films aussi, j’ai eu quelques grands rôles. Maintenant, je fais encore des films, et là, j’ai fait une comédie pour la télévision. La vie avance, et j’aime la vie. J’ai des chats, j’ai un mari très gentil. Il est français, d’ailleurs il est né à Grenoble et il était très petit quand il est venu en Israël. Il est musicien. On est heureux ensemble, et c’est déjà bien !

Pourquoi avez-vous fait le choix de ne plus chanter, ou en tout cas de moins chanter, quand vous êtes retournée en Israël ?

Vous savez, j’avais fait de tellement grandes choses comme l’Olympia… Au Japon, on a eu beaucoup de succès. On a aussi participé à de nombreux festivals. On a reçu des premiers prix. Au Midem pareil… j’ai donc fait des grandes choses et je ne voulais pas recommencer depuis le début. Ça ne m’intéressait pas. J’ai voulu faire des choses très très différentes. Je ne voulais pas recommencer à chanter comme une débutante. 

Aviva Paz - DR. Source : Facebook d'Aviva Paz

Et aujourd’hui, quels sont vos projets ? Nourrissez-vous ce projet de ressortir un album avec des chansons en français ?

Ah oui, je le voudrais. Mais il faut avoir un petit peu d’argent… on ne peut pas le faire pour rien ! Et aussi, le marché du disque n’est plus le même qu’avant. Avant, nous vendions beaucoup de disques, aujourd’hui ce n’est plus la même chose. Les temps ont changé, le métier n’est plus le même… Mais moi, je voudrais continuer à chanter de nouvelles chansons en français. Je veux ça… et je crois que quand tu as un projet qui te tient tant à cœur, que tu es un vrai artiste et que tu fais les choses avec ton cœur, ça peut marcher. Je ne dis pas comme avant, mais quand même…

Quand on fait les choses avec le cœur, tout est différent.

Oui. Je fais toujours tout avec le cœur. Je travaille avec mon cœur. J’aimerais vraiment refaire un disque. Mais le temps passe, et il passe vite.

Très vite !

Oui, très vite ! Alors, il ne faut pas perdre de temps. Il faut aimer ensemble, il faut être ensemble. Il faut que les hommes soient ensemble. Sinon, on  n’a rien à faire dans ce monde. Il faut aimer tout le monde. On est un. Nous sommes tous égaux. On doit être tous ensemble. C’est le principal…

Propos recueillis par IdolesMag le 22 avril 2013.
Photos : DR. Source : facebook d'Aviva Paz
Facebook : http://www.facebook.com/avivapaz









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