Interview de Anastasia

Propos recueillis par IdolesMag.com le 03/04/2013.
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Anastasia - DR

La jeune Anastasia est sur tous les fronts en ce début avril. Son premier album solo, « Beau Parleur » est dans les bacs depuis le 25 mars dernier, et le premier album de son groupe « Les Dessous de la vie » est attendu début avril ! Nous avons donc été à la rencontre d’Anastasia afin qu’elle nous en dise un peu plus sur ces deux projets, si différents l’un de l’autre mais finalement complémentaires. Rencontre avec une artiste pleine de vie.

IdolesMag : Avant de parler des deux projets qui nous occupent aujourd’hui, j’aimerais, si tu le veux bien qu’on retrace ton parcours dans les grandes lignes. Tu es alsacienne, je pense.

Anastasia : Oui, c’est bien ça. Je suis née à Mulhouse plus précisément.

Viens-tu d’une famille d’artistes ?

Oui, je suis née dans une famille d’artistes, des peintres et des musiciens. Il y a des agriculteurs aussi, mais ça, c’est une autre histoire ! Je fais de la musique depuis que je suis toute petite. Mon père jouait beaucoup de piano et je fais du Conservatoire depuis que j’ai 6 ans. J’ai fait un cursus classique au Conservatoire en classe de piano.

Qu’écoutaient tes parents comme musique ?

Pas mal de jazz. Ça allait du jazz classique au jazz fusion des années 80.

Et toi, vers quelle musique t’es-tu dirigée ?

Je suis allée vers d’autres registres. J’aime beaucoup tout ce qui est soul et toute la black music. J’aime aussi le hip hop US et le hip hop français. J’écoute également du rhythm’n’blues, du reggae, de la bossa. J’aime bien la musique world en général. Et puis, je suis fascinée par les Divas jazz et de la soul. J’aurais aimé être black, je pense… (rires)

Vers quel âge as-tu commencé à chanter ?

Quand j’étais enfant, je chantais beaucoup avec mes grands-parents. Mes deux grands-pères étaient musiciens. Du coup, on chantait un peu tout le temps, et puis on faisait souvent des petites fêtes pour lesquelles on préparait des petits morceaux qu’on jouait devant la famille. C’est quelque chose que j’ai toujours adoré. Après, au Conservatoire, on était dans des chorales. On montait des répertoires classiques, mais en tout cas, on apprenait les bases du chant. Et c’est effectivement à l’adolescence que j’ai commencé à chanter autre chose qu’un répertoire classique ou familial. Là, je suis plus allée vers la soul ou le rock… et même le punk ! Dès lors que j’ai eu ma guitare, j’ai compris que c’était super agréable de s’accompagner avec une guitare et je me suis mise à chanter. Je trouvais ça trop bien et j’ai voulu ne faire que ça toute ma vie.

Poser des mots, c’est venu vers quel âge ?

Vers mes 16 ans. J’ai commencé à écrire des choses, mais je n’étais pas vraiment satisfaite de ce que j’écrivais. Je n’avais pas vraiment confiance en mes textes. Et j’ai rencontré un auteur/compositeur, Gaël Muller, qui est également l’auteur compositeur des « Dessous de la Vie ». En fait, j’ai monté le projet Anastasia avec lui. Je suis allée chez lui et je lui ai dit que j’aimerais dix ou onze chansons qui parlent de telle ou telle autre chose. J’avais envie qu’il m’écrive des textes parce qu’on se connait depuis dix ans, et on est vraiment des âmes sœurs lui et moi. On a toujours travaillé ensemble. Il m’a composé sept morceaux clé en main, c’est-à-dire musique et textes, et moi, j’avais aussi quelques musiques avec certains refrains et certains couplets. Mais l’essentiel des textes, c’est Gaël qui les a écrits.

Quand tu as commencé à composer, ta démarche allait-elle plus dans le sens du jeu ou de l’expression ?

C’était les deux, vraiment. Quand j’étais avec mes amis musiciens, c’était du jeu. Il y a des chansons que j’ai vraiment composées par jeu, pour un peu faire rire la galerie. Et sinon, quand je suis chez moi toute seule, c’est différent. C’est plus un exutoire.

Tu joues de l’accordéon. Était-ce une volonté de ta part d’aller vers cet instrument-là ou bien était-ce une volonté de tes parents ? L’accordéon traîne parfois une petite connotation vieillotte…

C’est sûr ! (rires) Mais j’y suis allée vraiment toute seule. En fait, quand j’ai eu seize ans, j’ai eu un regain d’admiration pour la musique. J’allais souvent avec des amis dans les champs ou sur des bancs dans la ville pour jouer de la musique. Et comme je suis pianiste à la base, j’ai toujours été frustrée de ne pas avoir de piano sur moi. En plus, la guitare, je ne savais pas encore très bien en jouer. Du coup, j’ai opté pour le piano à bretelles, l’accordéon. J’adorais la sonorité très nostalgique et très bluesy de cet instrument. C’est vraiment un timbre incroyable qui ne te lâche pas, qui est différent.

Les Dessous de la Vie, La libido du Living Room

Quand tu as commencé à écrire des chansons avec Gaël, est-ce à ce moment-là que « Les Dessous de la Vie » sont nés ?

En fait… On a commencé à écrire des chansons avec Gaël uniquement pour nous. Pendant deux ans ou trois ans, on n’a fait de la musique que pour nous. On ne sortait pas. On ne montrait pas aux autres ce qu’on faisait. C’est une amie qui nous a surpris en train de faire de la musique et qui nous a inscrits à un tremplin. Et du coup, on a fait nos premières scènes, on est sortis de notre tanière, on s’est montrés et petit à petit, on nous a appelés de plus en plus souvent pour jouer en concert.

Pendant ces deux/trois ans où vous n’aviez pas montré votre musique aux autres, était-ce vraiment l’idée de faire ça pour vous ou plutôt dans une volonté de peaufiner les chansons avant de les dévoiler ?

On ne se posait pas vraiment la question en fait. On aimait faire ça entre nous. Et puis, on ne se sentait pas trop légitimes non plus puisque moi je viens d’un univers classique très figé et très « casé » où si ce n’est pas de la grande musique, ce n’est pas vraiment important. Et Gaël est un autodidacte total qui n’avait pas forcément envie de rendre sa musique visible. Donc au départ, c’était quelque chose qu’on faisait pour nous parce qu’on ne se sentait pas légitimes.

Au départ, vous étiez donc deux, aujourd’hui, « Les Dessous de la Vie » évoluent en quintet. Peux-tu me présenter et me dire un mot sur les autres membres du groupe ?

Alors, il y a Maxime Tritschberger le guitariste, Arnaud Goepper le batteur et Loïc Rebouche le contrebassiste.

Comment sont-ils arrivés sur le projet ?

En fait, le premier qui est arrivé, c’est Loïc, ensuite Max et puis Arnaud. Mais à part Maxime, nous sommes tous des amis d’enfance. On a grandi ensemble, on vient tous du même quartier. On se connait depuis qu’on a trois ans, donc, on a fait plein de conneries ensemble et les quatre cents coups dans le quartier ! (rires)

N’avez-vous pas eu envie de faire de la musique ensemble  avant puisque vous venez tous du même quartier ?

Si, si… On faisait déjà de la musique ensemble. On avait un groupe de punk/rock. On a eu ce groupe pendant pas mal d’années. Après, j’ai dû partir à Strasbourg pour mes études, donc on a dû mettre le groupe entre parenthèses. On a été éloignés les uns des autres par la force des choses. Quand on a vu que « Les Dessous de la vie » commençaient à fonctionner et qu’on a eu envie de développer le côté live, on a tout de suite fait appel à nos anciens compagnons. Et Maxime, en fait, je l’ai rencontré en musicologie. J’ai tout de suite halluciné en entendant son jeu de guitare. À l’époque, on devait avoir quoi ? 21 ans, quelque chose comme ça. Moi, je faisais quelques accords de guitare et lui, il faisait des choses à te faire te rouler par terre. Donc, je lui ai dit qu’on allait enregistrer un petit morceau ensemble et on ne s’est plus jamais quittés…

Le groupe s’est donc essentiellement fait connaître par le live. Était-ce tout de même important de graver vos titres sur un CD ?

Ah oui ! Le CD représente énormément de choses pour nous. Moi, je ne comprends pas pourquoi l’industrie du disque mise sur le tout numérique ! On vend des CDs après chaque concert, donc concrètement, c’est ce qui nous fait vivre. Sans la vente des CDs, on ne pourrait pas faire ce qu’on fait aujourd’hui. Et puis, l’objet en lui-même est très important à mes yeux parce que j’adore tout ce qui est visuel. Construire l’objet en lui-même, c’est vraiment important. Un CD, c’est simplement du plastique avec un peu de papier. C’est super intéressant d’en faire un bel objet.

Un maxi est sorti en 2011, était-il déjà question de sortir un EP à ce moment-là ? Parce qu’entre le format EP et le format album, il y a une marge…

Effectivement ! Au départ, comme on s’est vraiment concentrés sur la scène, on ne pensait pas vraiment à faire un disque. On avait, je pense, un peu peur de se lancer dans la réalisation d’un album. Du coup, on a fait cet EP pour pouvoir présenter notre musique à des programmateurs et pour trouver des dates de concert. D’un autre côté, ça nous permettait aussi de vendre un peu de disques à la fin des concerts. C’est après avoir produit cet EP qu’on s’est rendu compte que le CD était fondamental. Cet EP nous a permis de financer notre album.

Comment avez-vous appréhendé le studio, vous qui êtes avant tout un groupe de scène ?

Pour nous, c’était assez plaisant dans le fond… La scène, c’est rigolo parce qu’on part un peu dans tous les sens, on peut passer d’un registre musical à l’autre sans trop réfléchir, alors qu’en studio, on est tout de suite plus rigoureux. On se tient droit… (rires) On a travaillé avec un arrangeur également qui nous a permis de redonner un souffle à nos chansons. Et puis, il a permis aussi de les asseoir spécifiquement. Il a rendu vraiment nos chansons viables sur CD.

Pourquoi avez-vous choisi ce nom des « Dessous de la vie » ?

Ça, tu devrais plutôt poser la question à Gaël… En fait, on propose notre propre vision de ce qu’on voit sous les jupes des filles et sous les habits des gens. C’est la vision d’en-dessous. C’est un peu comme si on prenait une photo instantanée de ce qu’on voit de la vie en général. On parle beaucoup d’amour et du couple, mais ça peut être aussi un peu la vie de tous les jours. On retient finalement l’humain. Pour le moment, les chansons, elles parlent plus de choses numériques et moins humaines et nous, on préfère mettre l’accent sur l’humain.

Anastasia, Beau Parleur, son premier album

Ton premier album solo, « Beau Parleur », sort quasiment en même temps que le premier album des « Dessous de la Vie ». Nourris-tu ce projet solo depuis longtemps ? J’imagine que tu as travaillé sur les deux projets en même temps…

Déjà, moi, il faut savoir que j’ai toujours fait énormément de choses dans ma vie. Quand j’étais à Sciences-Po, j’étais en même temps au Conservatoire avec plein de projets. Du coup, j’aime faire plein de choses différentes les unes des autres. Je n’arrive pas à rester dans un seul projet. Je tournerais vite en rond ! (rires) Et c’est par hasard que j’ai monté un répertoire de cinq/six chansons guitare-voix. Pareil, je faisais ça pour moi, sans aucune intention de les diffuser. Et un ami sur Belfort l’a entendu et m’a inscrite à un tremplin. Tu vas rire, mais c’est exactement la même histoire que pour « Les Dessous de la Vie ». J’ai remporté ce tremplin et j’ai gagné 1000€. Je me demandais vraiment ce que j’allais bien faire avec ces 1000€ puisque je n’avais pas l’intention de faire un album, ni vraiment de développer cet autre projet parallèle, vu que j’avais déjà pas mal de concerts avec « Les Dessous de la Vie ». Alors, j’ai pris le temps et j’ai décidé de me faire plaisir. Avec ces 1000€, j’ai voulu aller enregistrer chez un de mes artistes préférés. Le premier qui m’est venu en tête, c’est Batlik. Je l’ai contacté et tout de suite, il m’a proposé de venir faire sa première partie au Café de la Danse. Alors, tu t’imagines, j’étais complètement hystérique. Du coup, je suis allée chez lui enregistrer cinq titres. Le projet lui a plu et il m’a proposé d’en enregistrer onze. Le EP s’est transformé en album et en plus, les musiciens de Batlik m’ont proposé de travailler avec moi, ils sont venus jouer sur mon CD.

Gaël écrit également pour ce projet solo. Abordez-vous les titres de la même manière ?

Non… Le projet « Beau parleur », c’est vraiment moi. Je suis allée chez Gaël et je lui ai dit « je veux parler de ça et de ça ». Il y avait déjà quelques petits couplets et refrains. En fait, je suis une femme qui chante à travers l’imagination masculine. Et en l’occurrence à travers l’imagination de Gaël. Gaël imagine des choses, mais toujours à travers mon expérience. C’est un peu compliqué… mais c’est vraiment ça. C’est pour ça qu’il n’écrit pas les mêmes choses que pour « Les Dessous de la Vie ».

On dit souvent d’un premier album qu’il est autocentré, est-ce le cas pour « Beau parleur » ?

Oui quand même… je te mentirais si je te disais que non… Ce ne sont que des histoires personnelles !

Ce premier album solo répond-il vraiment à toutes tes attentes ?

Je ne peux pas répondre à ta question. Tout a été trop vite. Je n’ai pas eu le temps d’y réfléchir un instant. C’est l’histoire d’une maquette qui est devenue album et ça s’est passé très très vite. Je n’ai pas eu le temps de revenir en studio pour dire que je voulais changer telle ou telle chose. Tout est sorti tel quel. C’est un truc tellement authentique qui est sorti à un moment donné de ma vie que je ne peux pas dire que je ne l’assume pas ou que j’aurais pu faire mieux. Je l’assume tel qu’il est. Mais mon deuxième album, c’est sûr que je ne le ferai pas pareil…

Tu es déjà en train de travailler dessus ?

Oui, je commence… mais ce n’est que le début.

« Beau parleur »… pourquoi est-ce ce titre qui a donné son nom à l’album ?

Parce qu’on y retrouve justement ce côté un peu boudeur dont tu as parlé dans ton article ! (rires) Et puis aussi ce côté « parle toujours, tu peux parler, moi je m’en fous ! » et le côté double sens. Le « Beau Parleur » dit beaucoup de choses… ce qui sonne bien dans les oreilles, mais derrière, c’est un peu pourri ! On a voulu asseoir l’esprit de l’album par l’image de la dualité homme-femme, cette opposition complémentaire. Par exemple, il y a une chanson, « Ne disons plus je t’aime » qui a une mélodie très très mignonne, toute jolie qu’on retient assez facilement, « ne disons plus je t’aime, disons-le simplement ». Mais si on écoute bien la chanson, on se demande si c’est de l’amour de consommation ou de l’amour comme on le voit. Il y a une espèce de dualité qui ressort de toutes ces chansons. Dans « Double Jeu », c’est un peu pareil, il y a comme une dichotomie. Et dans « Beau Parleur », c’est ça, une double personnalité, un double jeu, un double sens.

De toutes les chansons qui figurent sur cet album, y en a-t-il une pour laquelle tu as un peu plus de tendresse qu’une autre ? Quand je dis tendresse, je ne pense pas forcément à ce qu’elle raconte, mais quelque chose qui se serait passé autour de la chanson, pendant sa création, son enregistrement ou sur scène…

C’est un peu personnel… mais « J’aimerais », c’est vraiment ma chanson. Elle me fait encore pleurer quand je la chante. C’est vraiment une chanson que j’ai composée dans un moment pas super top de ma vie et elle me touche beaucoup.

Et la scène autour de ce projet solo, l’abordes-tu de la même manière qu’avec « Les Dessous de la Vie » ?

La scène, je n’en ai pas fait beaucoup avec ce projet étant donné que tout est allé très vite. J’ai fait quelques premières parties, donc beaucoup de guitare/voix sur scène. J’ai fait les premières parties de Tété, de Batlik ou encore d’Oldelaf. Et en ce moment, je suis en train de travailler en trio, avec une batteuse et un contrebassiste.

Ce ne sont donc pas les potes des « Dessous de la vie » qui t’accompagnent pour ce projet.

Non. Les deux projets sont vraiment distincts. Tu sais, quand on est dans un groupe et qu’on part souvent en tournée, on est tout le temps avec les mêmes personnes. Alors, c’est vrai qu’on s’entend super bien, ce sont mes potes d’enfance que je connais depuis super longtemps. Mais finalement, tu ne t’épanouis plus au bout d’un moment. Il faut rencontrer d’autres personnes, vivre de nouvelles expériences et te frotter à d’autres caractères. J’ai vraiment besoin de ça en fait. J’ai besoin de me renouveler, de respirer, de découvrir, de voyager, de rencontrer d’autres personnes…

Est-ce que ça te fait peur d’assurer la promo des deux projets qui sortent quasiment au même moment ?

Je n’ai pas le choix ! (rires) Comme ce sont nos premiers albums, on a mis plus de temps que prévu, et… ils sortent en même temps ! Je vais même te dire que j’ai reçu les deux albums finalisés le même jour dans ma boîte aux lettres ! (rires) C’est un hasard de date. Et là, je me dis que je ne vais pas beaucoup dormir dans les prochaines semaines et que je vais manger beaucoup d’oranges ! Mais c’est trop bien, je suis trop contente. C’est comme si j’accouchais de jumeaux. J’ai été beaucoup stressée en fait jusqu’au moment où j’ai reçu les deux albums. C’était une période de gestation assez vertigineuse.

Et là, tu te dis qu’ils sont pressés et qu’ils ne t’appartiennent plus d’une certaine manière…

Oui. Et on pense à faire de jolis concerts, à parler du mieux qu’on peut de ce qu’on a fait. Je n’ai rien fait de mal, je n’ai tué personne… il faut relativiser un peu !! Des fois, j’ai pas mal d’angoisses ou de stress, mais dans l’ensemble, ça va, je gère. Je suis très bien entourée, et ça, c’est important.

Finalement, les deux projets se nourrissent-ils un peu l’un l’autre ?

Oui, carrément. J’ai beaucoup appris de la scène avec « Les Dessous de la Vie », beaucoup aussi dans l’expérience de l’administration et dans la stratégie de développement d’un groupe. Et puis, le projet Anastasia, étant donné qu’il est produit par un label parisien, qui est déjà bien avancé dans son développement, on s’en est beaucoup inspiré. Je rencontre beaucoup de professionnels de la musique qui du coup rentrent dans notre réseau. Il y a vraiment un échange entre « Les Dessous de la Vie » et Anastasia.

Propos recueillis par IdolesMag le 3 avril 2013.
Photos : DR
Site web : http://www.facebook.com/pages/Les-Dessous-de-la-Vie/213817472037161 ; http://www.facebook.com/anastasiamusicofficiel









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