Interview de Bruna Giraldi

Propos recueillis par IdolesMag.com le 24/04/2013.
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Bruna Giraldi @ Stéphane de Bourgies

Il y a trente ans presque jour pour jour, le tube de Bruna Giraldi  « Il y a de l’amour dans l’air » faisait les beaux jours de la bande FM. La même année, l’artiste est montée sur la scène de l’Olympia en première partie de Patrick Sébastien. Deux ans plus tard, Bruna Giraldi réitère l’exploit avec  « Sentimentale ça fait mal ». Le best-of de Bruna Giraldi, agrémenté de cinq inédits datant des années 90, est disponible sur toutes les plateformes de téléchargement légal. Nous avons donc été à la rencontre de Bruna afin de se remémorer quelques anecdotes des années 80 et de savoir pourquoi, après avoir joué le rôle de Sadia dans « Starmania », elle a décidé dans les années 90 de quitter petit à petit la chanson pour se consacrer à son autre passion, la peinture…

IdolesMag : Un best-of agrémenté de cinq inédits vient de voir le jour. Était-ce un projet qui vous tenait à cœur depuis longtemps ?

Bruna Giraldi : Honnêtement, non parce que j’étais passée à autre chose, et notamment la peinture. Je l’ai fait surtout parce que sur Facebook, il y avait beaucoup de fans qui me demandaient où on pouvait trouver une compilation de tous mes titres… Donc, ça a germé dans ma tête petit à petit et je me suis dit que pour eux, on allait sortir un best-of. J’ai vraiment toujours été très touchée des messages des fans. On a donc décidé de sortir ce best-of en téléchargement sur internet. Et du coup, on a ajouté cinq nouvelles chansons que j’adore.

Ces cinq inédits sont-ils des titres récents ou bien des titres qui avaient été enregistrés à l’époque ?

Ce sont des nouvelles chansons que les gens ne connaissent pas, mais je les avais enregistrées entre les années 90 et 2000. Il y a donc trois chansons de David Koven dont j’ai écrit les textes. Deux dans la totalité [« Apparences », « Etat Extrême »] et une qui a été co-écrite avec Eric Aerts [« Jouer de Saxo »]. Je tiens à citer les auteurs-compositeurs… C’est très important ! Il y a également une chanson de Dany Darras dont j’ai écrit le texte [« Envie »] et une chanson d’Alain Pewzner dont j’ai écrit le texte aussi [« Incertitude »].

Vous signez donc les paroles de ces cinq titres inédits. Écrivez-vous encore aujourd’hui ?

Écoutez, l’écriture c’est encore une autre passion. J’adore écrire. Alors, au départ, j’avais toujours peur que ce ne soit pas assez bien, et puis ça a été plus fort que moi. Je me suis dit que non, il fallait se lancer. Et donc, je me suis laissée aller. Et sur ces nouveaux titres que j’avais enregistrés, je me suis laissée à aller au bout de mes textes. Je me suis dit qu’il fallait me lancer. Ça sortait de moi, c’étaient des choses que j’avais envie d’écrire.

Pourquoi ces titres ne sont-ils pas sortis à l’époque ?

Il faut dire qu’à l’époque, j’étais déjà passée à autre chose. Comme je vous l’ai dit tout à l’heure, la peinture était une autre de mes passions. C’est vrai que j’avais écrit ces chansons avec différents compositeurs mais que je ne suis pas allée jusqu’au bout des choses vraiment. J’ai dû faire écouter ça à une maison de disques qui au départ avait craqué sur les titres de David Koven. Mais après, je ne suis pas allée plus loin. Je n’ai pas poussé le bouchon plus loin, pour être franche avec vous. Et donc, voilà, elles ont dormi dans des tiroirs pendant des années et là, avec la sortie du best-of, je tenais absolument à les incorporer dedans.

De ces cinq inédits et des succès qui figurent sur le best-of, y en a-t-il un pour lequel vous avez un peu plus de tendresse qu’un autre ?

Pour être franche, quand on a préparé ce best-of, on y a mis les chansons qu’on préférait. Il y des faces B qu’on n’a pas mises par exemple, tout simplement parce qu’on ne les aimait pas ! Mais si on parle de tendresse… je vais bien évidemment vous parler de « Il y a de l’amour dans l’air », mon premier tube. J’avais commencé par chanter la chanson d’un film, « N’oublie pas ton père au vestiaire ». C’était un film de Richard Balducci. La chanson était vraiment très belle. Claude-Michel Schönberg m’a contactée parce qu’il l’avait entendue en radio par hasard. Et c’est à la suite de ça qu’il m’a proposé « Il y a de l’amour dans l’air ».

C’est donc Claude-Michel Schönberg qui est venu vous trouver avec sa chanson.

Oui, c’est vraiment en entendant cette chanson de film qu’il a voulu travailler avec moi. Pour moi, Claude-Michel Schönberg, c’était avant tout « Le Premier Pas », une chanson magnifique. J’adorais cet artiste et quand il m’a proposé une chanson, je suis tombée un peu des nues… Je me disais que je devais rêver, mais non, c’était bien lui… (rires)

Avez-vous tout de suite senti le potentiel de la chanson ?

Oui. Tout de suite. En la chantant, elle me donnait des frissons cette chanson. C’est pour vous dire… Schönberg est un très grand mélodiste et cette chanson a été quand même un tube…

Il y a eu une version italienne de la chanson, « Far l’Amore Con te ». Pourquoi ne se retrouve-t-elle pas sur le best-of ?

Bonne question !… Elle ne s’y retrouve pas parce tout simplement on n’a pas pu récupérer le master du titre. On ne sait pas très bien où il se trouve. Pour faire un remastering, il faut absolument un master ou une bande de qualité. Là, on ne peut rien faire parce qu’on ne peut pas faire ce travail à partir d’un disque. Le résultat ne serait pas génial. Mais effectivement, on a beaucoup regretté que cette version ne figure pas dessus parce personnellement, je trouvais cette version italienne pas mal du tout.

Et puis, vous êtes italienne, donc…

Oui, je suis italienne. Je suis née en Italie. Et je vais vous dire, à l’époque, j’étais partie en Italie pour faire pas mal de télévisions. Surtout à Milan et aussi un peu à Rome. Je sais qu’on avait fait pas mal de publicité autour de ça. Ça avait bien fonctionné à l’époque là-bas aussi.

« Il y a de l’amour dans l’air » a bénéficié d’un clip dans lequel joue Georges Beller. Comment s’est-il retrouvé sur le tournage ?

Je le connaissais en tant que comédien, mais il ne faisait pas partie de mes amis. Il était par contre ami avec ma productrice. Elle le connaissait et comme il adorait la chanson, elle lui avait proposé de faire partie du clip. Il a accepté tout de suite d’ailleurs.

Martine Saint-Clair a repris le titre au Canada. Qu’avez-vous pensé de sa version ?

Je vais vous dire… Martine Saint-Clair est une chanteuse canadienne que j’aime beaucoup. Et en plus, je l’ai retrouvée quelques années après dans « Starmania », puisque j’ai joué dans « Starmania » de 1989 à 1990. On a joué d’abord au Théâtre Marigny et puis nous sommes partis en tournée en Europe. Elle faisait partie de la troupe à ce moment-là. Elle est partie puis est revenue. À cette époque, elle avait été remplacée par Nathalie Lhermitte. Et donc je l’avais retrouvée sur « Starmania ». C’est une chanteuse que j’aime beaucoup. En plus, elle est très humaine. J’ai trouvé que sa version était très bien, même si elle emmenait la chanson un peu ailleurs.

Vous me parlez de « Starmania ». Vous y avez donc tenu le rôle de Sadia. Quels souvenirs en gardez-vous ?

Un très très bon souvenir. D’abord parce que j’adore jouer et chanter en équipe. Il y a quelque chose qui m’excite beaucoup quand on est en équipe. Et puis alors, on se soutient les uns les autres. En tout cas, moi, ça m’a beaucoup plu. Et puis alors, il ne faut pas oublier que toutes les chansons de « Starmania » sont vraiment des chansons sublimes. Ce sont toutes des tubes en puissance. Quand on est chanteur ou chanteuse, on ne peut pas rêver mieux.

Vous avez partagé l’affiche avec Martine Saint-Clair dont nous venons de parler, mais également Maurane, Nathalie Lhermitte, Renaud Hantson, etc… Avez-vous gardé des contacts avec eux ?

J’ai gardé des contacts surtout avec Nathalie Lhermitte. Là, je n’ai plus eu de nouvelles depuis deux/trois ans, mais on était restées en contact toutes les deux. Avec Peter Lorne aussi. Il faisait partie des Étoiles Noires. Il a sorti un album il y a un an maintenant, et il était tout à fait exceptionnel. Il a d’ailleurs composé pour Maurane. Et puis, je réfléchi pour ne pas vous dire de bêtises… Non, c’est à peu près tout ! (rires)

On parle beaucoup de « Il y a de l’amour dans l’air », mais deux ans plus tard, vous réitérez l’exploit du tube avec « Sentimentale, ça fait mal ». Comment avez-vous rencontré cette chanson ?

La chanson a été écrite et composée par Michaële. J’avais rencontré son éditrice, Stéphanie. Et c’est par l’intermédiaire de Stéphanie que cette chanson est née puisqu’elle nous a présentées l’une à l’autre. Il y avait aussi Jean-Claude Camus qui était mon producteur à l’époque et qui connaissait bien Michaële.

Bruna Giraldi @ Germain Pire

Michaële a signé quelques chansons emblématiques pour Dalida (« Gigi », « Paroles Paroles », « Je suis toutes les Femmes »). Avez-vous connu ou côtoyé Dalida dans ces années-là ?

Je l’ai croisée dans quelques émissions de télévision et en radio aussi, mais on ne peut pas dire que je l’ai côtoyée. Je ne la connaissais pas, mais je l’admirais beaucoup. Malheureusement, je ne l’ai pas vraiment connue et c’est dommage d’ailleurs.

Comme vous me l’avez dit tout à l’heure, vous avez choisi les titres qui figurent sur le best-of. Je suis tout de même étonné de ne pas retrouver « Soleil de Minuit », votre reprise de « A Whiter Shade of Pale » de Procol Harum, et « Touchée » dont le visuel du 45 tours de l’époque est le visuel du best-of…

Alors que je vous explique… (rires) Il y a deux chansons qui ne sont pas encore sur le best-of tout simplement parce qu’on n’a pas encore récupéré les bandes ! Ce sont les deux que vous venez de me citer. Mais ça y est, je vais les récupérer d’ici une petite semaine. Et les deux chansons vont être rajoutées au best-of bien entendu.

Donc, elles vont arriver bientôt.

Oui, c’est une affaire de quelques jours. Ça a été beaucoup plus long pour récupérer ces masters-là. C’est comme ça. Mais comme nous avions une émission de télé, « Les Années Bonheur », qui était prévue pour le 13 avril, on a voulu sortir le best-of à ce moment-là. Ça aurait été dommage que les gens ne puissent pas le trouver.

Une fois que vous aurez reçu ces masters et que les titres seront ajoutés au best-of, va-t-il bénéficier d’une édition physique ?

Je ne me suis pas préoccupée jusqu’à présent d’aller voir les maisons de disques pour sortir un CD. Donc, je ne sais pas. Pour l’instant, c’est très bien que ce soit en téléchargement sur internet. En plus, j’ai appris que ça se passait très bien et que nous étions rentrés dans les charts d’iTunes ! Ça fait toujours chaud au cœur de voir que les gens après tant d’années pensent encore à vous. En plus moi, on ne m’a même plus vue pendant des années… Mais les gens ne vous oublient pas !

Pourquoi avez-vous décroché de la chanson ? Que s’est-il passé ?

Je me cherchais un petit peu. Je ne savais plus très bien dans quelle direction aller. Enfin si… moi, je savais très bien quelle direction je voulais prendre, mais on est toujours entouré dans ce métier et votre entourage n’est pas toujours forcément d’accord avec vous. Ce que je peux comprendre… parce que quand vous avez sorti un tube comme « Il y a de l’amour dans l’air », les maisons de disques veulent rester dans le même registre puisque ça a fonctionné. C’est normal. C’est légitime. Mais moi, j’aurais voulu aller plus vers la soul/jazz, c’est quelque chose qui me tient à cœur et que j’ai toujours adoré. Mais eux n’étaient pas pour à ce moment-là. Donc je me suis un peu détournée de la chanson… J’avais fait des maquettes à droite et à gauche. Il y a des titres que j’ai retenus puisqu’ils figurent sur le best-of. Ce sont des chansons que j’ai gardées et que j’aime de toute façon. Et puis, la peinture a fini par prendre beaucoup de place dans ma vie à un moment donné. J’avais notamment été exposée à l’Île-Saint-Louis. Là, je prépare une autre exposition qui va avoir lieu à La Ciotat dans une boutique de créateurs qui s’appelle « Sur la Place ». C’est prévu pour septembre… d’ailleurs il va falloir que je m’y mette vraiment !! (rires) j’ai pris un peu de retard. C’est vraiment une autre passion la peinture et je peux vous dire que c’est prenant.

Que vous a apporté la peinture par rapport à la chanson ?

Une grande sérénité… Vous êtes tout seul devant votre toile. Vous travaillez à votre rythme, quand vous en avez envie et quand vous en éprouvez le besoin. Ça vous laisse une liberté totale. Et moi, j’ai besoin de ça… Pour moi, la liberté, c’est ça le vrai luxe. Avoir la liberté de faire ce qu’on veut quand on veut, quand on le désire vraiment… j’aime bien aussi avoir de temps pour autre chose, et notamment me consacrer aux miens et aux gens que j’aime. Donc, j’aime bien avoir un petit peu de liberté.

Vous recommencez à faire de la promo, vous reprenez les chemins des studios de télé… Qu’est-ce que ça vous fait ?

Oh la la ! C’est avec un grand plaisir que je le fais… Mais mon gros problème, c’est que comme je n’ai pas fait de télé et que je n’ai pas chanté depuis des années, je suis morte de trouille. Quand j’ai refait l’émission de Sébastien, je n’avais plus fait de télé depuis des lustres. Ça a été mon grand retour en télé. Heureusement que c’était chez Patrick Sébastien parce que c’est quelqu’un de formidable qui vous met à l’aise. C’est un grand professionnel. Donc, ça s’est très bien passé avec lui, mais j’étais morte de trouille. Vous savez, ce n’est pas nouveau… déjà à l’époque quand j’en faisais beaucoup, j’avais énormément de trac. Mais j’arrivais à dominer ce trac parce que je faisais énormément de promotion et que j’étais rentrée dans une habitude. Ce n’est que cette habitude qui m’a aidée à vaincre ce trac-là. Mais aujourd’hui, après tant d’années… j’ai été vraiment déboussolée. Je vous le dis très franchement. Ça s’est vu d’ailleurs à l’écran. On voit que j’ai le trac. C’est tout à fait normal.

Bruna Giraldi, le Best of

On vous sentait tremblante, certes, mais heureuse d’être là.

Ah oui ! L’un n’empêche pas l’autre. C’était un vrai bonheur. Un vrai bonheur aussi de retrouver un public. Le public m’a toujours été tellement fidèle. Moi, j’ai toujours été fascinée par ça. Les gens ont toujours été fidèles. Ceux qui ont aimé « Il y a de l’amour dans l’air » en 1983 ont toujours aimé cette chanson… Quand on y réfléchit bien, cette chanson a 30 ans. On est en 2013 aujourd’hui. Ça fait des années qu’ils ne m’ont plus vue en télé, et ils me réservent encore un accueil merveilleux. Vous savez, sur Facebook, j’ai reçu tant de messages me disant qu’ils étaient tellement heureux de me retrouver… Ça, c’est formidable. Comment ça peut exister un amour pareil ? Les gens ne vous oublient pas…

Le public reste fidèle aux artistes qu’il aime et qu’il a aimés.

Très très fidèle ! Et ça, ça m’a vraiment étonnée.

Les gens associent aussi les chansons avec des évènements qui ont marqué leur vie.

C’est vrai. Et puis, il faut dire que peut-être en ce moment aussi elle est de circonstance cette chanson. « Il y a de l’amour dans l’air »… On en a tellement besoin d’amour, en ce moment ! Tout va mal et heureusement, il nous reste ça…

En parlant de Patrick Sébastien, vous avez fait sa première partie à l’Olympia en 1983…

Oui ! C’est un très bon souvenir. Là aussi, bien évidemment, j’étais morte de trac. L’Olympia, ça représente tout de même quelque chose… Pour un artiste, c’est quelque chose qui compte. C’était mon premier Olympia, donc forcément…  (rires) Mais j’en garde un très très beau souvenir !

Aujourd’hui, aimeriez-vous remonter sur scène ?

Là pour l’instant, je n’envisage pas la scène. Du moins, pas tout de suite, pas dans l’immédiat. Parce que déjà, j’ai des choses à terminer de l’autre côté, c’est-à-dire dans la peinture. Il faut vraiment que j’assume les engagements que j’ai pris. Mais dans l’avenir, pourquoi pas ? Bien sûr que je serais heureuse de recommencer la scène et de rencontrer à nouveau le public. C’est la chose la plus importante. À l’époque, c’est vraiment ce que j’aimais le plus, la scène. J’allais à la rencontre des gens et c’était le plus important pour moi. Et ça restera le plus important, quoiqu’il arrive.

La question qui brûle les lèvres aujourd’hui, c’est de savoir si vous planchez sur de nouvelles chansons…

(éclats de rires) De toute façon, je continue à écrire parce que j’aime ça et parce que c’est devenu aussi au fil du temps une passion. J’ai d’ailleurs plein de textes que j’ai écrits et que je garde… Je me dis que ça pourra peut-être servir plus tard !… C’est vraiment un exercice que j’aime beaucoup, l’écriture. Alors de nouvelles chansons, pourquoi pas ? Ce n’est pas exclu. Faut-il encore trouver des mélodies. Là, déjà il y en a cinq inédites. À partir de là, il va falloir tout recommencer…

… Comme une débutante, comme il a trente ans quand vous avez sorti « Il y a de l’amour dans l’air »…

Eh bien oui ! Bien sûr !... (rires)

Propos recueillis par IdolesMag le 24 avril 2013.
Photos : Stéphane de Bourgies, Germain Pire, DR
Facebook : http://www.facebook.com/bruna.giraldi.50









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