Interview de Christelle Chollet (L'Empiafée)
Propos recueillis par IdolesMag.com le 19/05/2010. © Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag et/ou Dehmar SARL.
Christelle Chollet, qui triomphe avec son spectacle "L'Empiafée" depuis plus de quatre ans maintenant a eu la gentillesse de nous accorder une très longue interview... dans le TGV Paris-Rennes! Christelle Chollet nous explique comment est né ce One-Woman-Show dans une petite galerie Parisienne, avant d'être à l'affiche du Palais des Glaces pendant 17 mois, et avant de s'installer au Gymnase ou au Casino de Paris. Il faut dire que son spectacle est d'une intelligence et d'une finesse rares. Christelle revient aussi dans cette interview sur son parcours d'artiste, elle qui a fait les belles heures de la Compagnie Roger Louret, mais qui a aussi joué au théâtre aux côtés de Jean Marais et Bernadette Lafon.
Alors que le DVD de "L'empiafée" vient tout juste de sortir, qu'elle s'apprête à jouer au Comédia tout l'été et qu'elle repart en tournée tout de suite après, rencontre avec l'inépuisable (on peut le dire!), la talentueuse et l'attachante Christelle Chollet qui a su si bien mettre en valeur les chansons de Piaf. Même Monsieur Charles Dumont s'incline!... Bravo, Christelle continue de nous faire rire, tu le fais si bien!...
Tu joues "L'Empiafée" depuis 2006. Peux-tu me raconter comment est né ce spectacle?
Il est né d'une très forte envie de faire rire avec les chansons de Piaf! Je connaissais très bien son répertoire parce que je l'avais beaucoup travaillé auparavant. J'ai fait beaucoup de choses différentes tu sais... du théâtre contemporain et classique, de la revue, du Music-Hall, de la Comédie Musicale, de la chronique radio et télé... Et j'ai toujours chanté dans des bars et des restaurants pour arrondir les fins de mois. Et donc, comme le répertoire de Piaf est un des plus demandés, et bien... je le connaissais sur le bout des doigts! Du coup, j'ai trouvé certaines chansons très drôles. Et donc, je m'étais toujours dit que je ferais un spectacle autour de Piaf et de ses chansons. Et ça s'est concrétisé un jour, grâce à Henri Courseaux, qui a reçu un Molière cette année et qui avait une galerie d'art. Il m'a proposé de venir un jour à un vernissage et de faire un truc sur Piaf. J'ai alors appelé Rémy Caccia, le metteur en scène du spectacle et néanmoins mon mari! (rires), pour qu'il me lie les chansons avec quelque chose de drôle... Il a trouvé "SOS Chanteuse", l'histoire de cette fille qui est une vraie dépanneuse de la chanson! On a donc créé ce personnage qui vient remplacer Piaf au pied levé. Donc, "L'Empiafée" est née de là, dans une galerie à Paris... Et depuis, on n'arrête pas les surprises! On a ensuite rencontré notre producteur, Philippe Delmas, sans qui on n'aurait pas pu faire grand chose...
Et qui a trouvé le nom de "l'Empiafée"?
C'est un monsieur qui s'appelle Jean-Claude Emerlin, qui est un spécialiste de Piaf. Il donne des conférences sur la vie de Piaf. Il la connaît par coeur... Toutes ses chansons... En fait, c'est un grand spécialiste de Piaf, Mozart et La Callas. Je le connais très bien. Et c'est lui qui un jour m'a donné le nom de "L'Empiafée". On a trouvé ça très bien... Et ce nom me porte bonheur depuis...
Raconte-moi un peu l'histoire du spectacle... tu l'as joué dans plein de salles différentes.
ça a été un spectacle très évolutif... On a chaque fois été le jouer dans des salles de plus en plus grandes. C'est un parcours du combattant, mais logique pour un spectacle. On a commencé au Théâtre Montmartre Galabru qui doit faire 100 places. Puis, nous sommes allés à la Comédie République, qui fait 200 places. Puis, on s'est installé au Palais des Glaces, qui doit faire 500 places. Après, on a joué au Casino de Paris, où nous avons filmé le DVD. Et puis, on a joué au Théâtre du Gymnase et là, cet été, on joue au Comédia et en tournée dans toute la France.
Le spectacle est un énorme succès... on ne t'arrête plus! Avais-tu pensé au départ qu'il aurait un destin aussi formidable?
On l'espère toujours... mais honnêtement, on n'a pas fait ça pour ça au départ. On voulait juste faire rigoler les gens. Je m'étais tellement fait jeter des auditions des comédies musicales que j'ai eu envie de faire mon propre spectacle... Et ça a bien marché! Il y a eu beaucoup de hasards et de belles rencontres. Mais il y a eu un réel investissement de la part de Rémy Caccia, Jean-Louis Beydon (le pianiste) et moi. Par dessus tout, nous avions envie d'être sur scène ensemble. Rémy est le metteur en scène, mais il est avec nous tous les soirs, même s'il n'est pas sur scène! Cette envie de faire rigoler les gens était la plus forte...
Et c'est donc Rémy qui a écrit le spectacle...
Attends, moi, je ne suis pas auteure! (rires) J'ai une chance énorme qu'il m'ait écrit ce spectacle. Les textes des chansons sont fantastiques à la base, mais Rémy a réussi à écrire un spectacle incroyable. Le spectacle est super : il y a des surprises, il y a du chant, de la danse, on parle de l'actualité aussi... Mais pour en revenir à ta question, si on m'avait dit il y a 4 ans qu'aujourd'hui je serais au Comédia, je ne l'aurais pas cru! Mais on a travaillé pour! Et Rémy, c'est un monstre de travail. On n'a jamais rien lâché, on a toujours travaillé, travaillé, travaillé... Et le public a suivi. Le bouche-à-oreille a de suite bien fonctionné. Au début, on a eu assez peu de presse, et quasi pas de télé, mais tout est arrivé en son temps et le spectacle a eu ce beau destin et ça continue!... Je pense que le succès du spectacle vient aussi du fait que c'est un spectacle "tout public" et populaire. Dans ma petite vie de comédienne chanteuse, j'ai toujours fait des spectacles populaires, dans le fond...
Avant de parler du spectacle, j'ai envie de te demander ce que représente Edith Piaf pour toi?
La modernité! Et ses chansons sont extrêmement drôles! Enfin... pas toutes! (rires) Elles ont traversé les années et elles sont toujours au goût du jour, c'est incroyable! Elle était déjà très en avance sur son temps, que ce soit dans sa façon de chanter ou dans les thèmes qu'elle abordait dans ses chansons. Et en plus de tout cela, elle était un personnage hyper intéressant! C'est un personnage qui est tout le temps borderline, qui est limite vulgaire mais qui en même temps chante des chansons d'amour. Elle est paradoxale.

Peut-on dire que tu es fan de Piaf?
Non, on ne peut pas dire que je sois une grande fan de Piaf, parce que j'ai un respect profond pour les fans qui connaissent tout d'elle. J'ai fait pas mal de recherches pour mieux connaître sa vie, etc... J'ai rencontré pas mal de gens qui l'ont connue. J'ai rencontré tous ses auteurs encore vivants. J'ai rencontré aussi le fils de Michel Rivegauche avec qui, d'ailleurs, nous sommes devenus amis. Au départ, je n'étais pas une fan au sens propre du therme. J'ai travaillé son répertoire parce que je l'aimais beaucoup. Et que, comme c'est une icône internationale et qu'elle représente la France, on me demandait souvent de chanter son répertoire. C'est très drôle parce qu'on la représente toujours comme un personnage noir avec une chape de plomb sur les épaules... Mais quand on est dans un mariage ou une fête, et qu'on a envie de chanter... on chante "Padam, Padam" qui est devenue une chanson à boire! Ce sont tous ces paradoxes qui font que je l'aime profondément. J'avais envie de faire rire avec ses chansons.
Et une chanson a été le déclencheur?
Je pense que tout est parti de "L'homme à la moto", en fait. Je la chantais déjà beaucoup dans les cafés concert.
Si tu devais ne retenir qu'une chanson du répertoire de Piaf, ce serait laquelle?
J'aime bien "Les Mots d'Amour". C'est Michel Rivegauche qui l'a écrite. C'est une chanson très drôle parce que Piaf, elle la chante d'une façon très noire alors qu'elle est très optimiste cette chanson. C'est l'histoire d'une fille qui est très amoureuse d'un mec, il la plaque, et elle est très très malheureuse et se dit qu'elle ne s'en sortira jamais... Et puis 6 mois après, elle rencontre un autre mec à qui elle dit les mêmes mots d'amour, et elle est encore plus amoureuse. C'est un tourbillon, en fait cette chanson. Ne vous inquiétez pas... L'amour existera toujours et quoiqu'il en soit, on dira toujours des mots d'amour! Ce que je trouvais drôle dans cette chanson, on pourrait même dire une rengaine, c'est de la faire chanter par un mec. C'est d'ailleurs ce qu'on fait dans "L'Empiafée". On dit "Ah ça les mecs pour dire je t’aime, il y a du monde... Mais pour le prouver, il n'y a plus personne". Et toutes les filles reprennent en choeur dans la salle la chanson. Et j'entame "Les Mots d'Amour" en me grattant les coucougnettes comme un mec. En fait, cette chanson fait exploser de rire. Les gens sont pétés de rire. Cette chanson représente un peu le spectacle... Et pourtant, je n'ai pas dénaturé la chanson! Le fils de Michel Rivegauche m'a dit que son père avait écrit cette chanson dans cette optique, avec un second degré évident. D'ailleurs, Michel Rivegauche était un humoriste. C'est donc un peu ma chanson fétiche. Je trouve qu'elle représente bien le spectacle dans son ensemble et tout le travail qu'on a fait autour des chansons. On garde le fond, avec cette histoire d'amour qui se répète depuis toujours, même si ce n'est pas le même mec ou la même nana. Et peu importe que ce soit mec-mec ou nana-nana, ça fonctionne toujours! C'est ça qui est génial. L'amour ça existera toujours!! (rires) Tout le monde se retrouve dans "Les mots d'Amour". Tout le monde se dit "bébé" ou "Je T'aime". Je trouve cette chanson universelle...
Quelle orchestration a été la plus difficile à s'approprier?
Honnêtement?... aucune! Jean Louis Remy et moi avons adapté les chansons ,elles se sont imposées aux arrangements et inversement , on a pas voulu faire un rap « pour faire un rap » on a tout mis au service du rire et du spectacle !!... Par exemple, "les amants d'un jour" s'est imposée directement comme étant un slow. Qui ne pleurerait pas en écoutant cette chanson?!... [NDLR : Christelle chante "Les amants d'un jour"]. "Non, rien de rien" s'est imposée en blues aussi. C'était évident que c'était un blues, une chanson qui rentrait dans le lard... en traitant de la vie et de la mort. Dans les blues, on se plaint, et on raconte sa vie ou son désespoir... Après, "La Foule" s'est imposée en rap parce que c'est une chanson qui parle de la rue. Evidemment, on a commencé le spectacle par "L'Hymne à l'Amour", parce que c'est une des chansons les plus connues du grand public dans le répertoire de Piaf. Au début, on avait fait une version "style Forbans", parce qu'il faut que tu saches que j'adore les Forbans, Elvis Presley et le Rockabilly. Et puis, comme on essaye de coller à l'actualité, suite à l'anniversaire de la mort de Claude François, Rémy m'a proposé de faire une version "Cloclo". Ça a tellement marché qu'on l'a gardée telle quelle!
Techniquement, ce n'est pas trop difficile de passer des passages chantés aux passages parlés?
Pas du tout. C'est un peu ma marque de fabrique, en fait. Je ne fais pas la différence entre le fait de raconter une histoire en la chantant ou en parlant... C'est la même chose, seule la forme change. Comme j'ai fait pas mal de comédies musicales et de cafés-concerts, je suis rodée à tout! Si tu veux, on peut même faire l'interview en chantant... (rires) j'aime beaucoup ça en fait... De toutes façons, la chanson réaliste, par essence, c'est une chanson qui raconte une histoire.... J'adore mélanger la chanson et le stand-up.
C'est physique comme spectacle!
Tu sais, je suis certaine que Rémy m'a écrit ce spectacle pour me faire dépenser mon énergie! Comme ça, je suis plus calme à la maison... (rires)
Peux-tu me parler de l'équipe qui t'accompagne tous les soirs?
Même si on fait du One-Woman, il y a toute une équipe qui nous accompagne tous les soirs. Il y a bien entendu Jean-Louis Beydon qui m'accompagne sur scène, mais il y a aussi toute l'équipe technique guillaume au son, Thierry aux lumières, Rafael au triangle, la production Philippe Delmas, et Rémy qui est là souvent je ne suis rien sans eux !!!
C'est vrai que Jean-Louis a un vrai rôle dans le spectacle...
Jean-Louis est un personnage hors du commun. Au début, l'idée était d'avoir un pianiste, et Rémy a trouvé Jean-Louis tellement intéressant qu'il lui a écrit un rôle sur mesure. ça a commencé par une phrase, puis deux... Puis pour finir, il a un rôle à lui tout seul! Ce qui est super fort avec Jean-Louis, c'est qu'il se lève de son piano, il marche sur scène, et hop, la salle entière rigole! Et en plus, il est un pianiste génial! Que demander de plus?!...
Là, il va nous quitter quelques jours... parce qu'il doit partir pour le mariage de sa fille !!! C’est triste pour sa fille !!
Tu joues beaucoup avec le public... As-tu une anecdote qui te vient en tête?
En fait... ce qui m'arrive assez fréquemment et c'est un truc auquel je ne m'attendais absolument pas au début, c'est quand je commence "Milord", je m'adresse donc au public... "allez venez, Milord"... Et bien le garçon à qui je m'adresse monte sur scène et s'assoit sur la chaise, en toute bonne foi! (rires) Et ça arrive souvent! comme ce n'est pas prévu... je fais en fonction et je joue avec eux...
Avec Jean-Louis, je suppose qu'il s'en passe des imprévus?
Bien entendu! Parfois, il part en vrille... et je le suis! (rires)
Et des fous rires, ça t'arrive?
Oh la la! Oui!... Normalement, je sais me retenir, mais il y a des moments où je n'arrive pas! Et Jean-Louis ne m'aide pas !! Heureusement, souvent la salle est avec moi et se met à rire aussi, mais pour le coup, cette pauvre fille d'SOS Chanteuse, elle ne devrait pas rigoler!! Un soir aussi, sur les "Trois cloches", quand je reviens des coulisses, Rémy m'a dit une grosse connerie avant que je rentre sur scène Et... Impossible de chanter! Le public n'avait rien vu venir puisque je sortais des coulisses. Mais, impossible d'attaquer ma chanson. Finalement, le public est parti en fou rire aussi...
Tu vas rester tout l'été au Théâtre Comédia, qui est une très grande salle. ça te fait peur?
Ce sont les toutes petites salles qui me font le plus peur! J'ai toujours eu cette sensation, je ne sais pas pourquoi... Mais ici, au Comédia, on va jouer tous les soirs à la même heure, et dans un théâtre formidable. On ne pouvait pas rêver mieux après le Casino de Paris et le Gymnase. C'est vraiment magnifique. Je suis très contente d'y jouer. Tu sais, sur "L'Empiafée", il est arrivé plein d'heureuses coïncidences. Et le fait qu'au moment où on arrête le Gymase, le Comédia nous demande, ce n'était pas prévu du tout... Et c'est très bien tombé! Et ça me fait chaud au coeur... On ne pensait pas à tout ça, même si on travaille en fonction et qu'on fait tout pour!
Tu vas faire toutes les salles de Paris, je suppose...
En fait, on fait un parcours fléché! (rires)
Tu vas finir à Bercy bientôt?
Tu rigoles?!... Au Stade de France! (éclat de rire)
Sans rire, c'est toujours complet, que ce soit au Palais des Glaces, au Casino de Paris, au Gymnase ou maintenant au Comédia...
Les gens ne s'en lassent pas encore. Et c'est tant mieux. Tu sais, je suis toujours très émue à la fin du spectacle... Je trouve que j'ai une chance monumentale. D'avoir un spectacle qui marche comme ça, c'est un pur bonheur! Avec la naissance de ma fille l'année dernière, je suis vraiment comblée en ce moment!
Tu as donc sorti un DVD de l'Empiafée. Est-ce important pour toi de garder une trace?
Bien entendu! C'est important pour moi, et pour le public aussi. Tu sais, il y a pas mal de gens qui ne vont pas au spectacle. Je vais prendre un exemple qui me touche... Mon papy, qui habite dans les Landes n'a pas pu venir me voir lorsque je jouais à Bordeaux parce qu'il ne peut pas venir au spectacle. Donc, rien que pour lui, je suis heureuse d'avoir fait un DVD et qu'il puisse voir sa petite-fille dans son salon. Il y a plein de gens dans le cas papy Hubert qui ne peuvent pas venir au spectacle pour des tas de raisons différentes. Donc, pour eux, c'est important un DVD. Et puis pour moi aussi, pour garder une trace, et aussi pour mes enfants. En plus, ma fille était dans mon ventre quand on a filmé le DVD, dans 30 ans elle dira « c’était toi là maman avec ce short et ces couettes ?? T’étais bien gaulée quand même !!!... » Ce DVD a été fait en famille, c'est Rémy qui l'a réalisé, et dans une salle comme le Casino de Paris... Que rêver de mieux?!...
Et tu avais un stress différent te sachant filmée?
J'ai été bien élevée avec la caméra. Je t'explique : Rémy, le metteur en scène donc, travaille beaucoup avec la caméra. En permanence, il me filme... Même en répétitions, pour me montrer mes erreurs. Enfin, mes erreurs... c'est rare! Je suis presque parfaite (rires) Bref! Comme il me filme, j'étais bien préparée !! faut dire que je ne suis pas une stressée de nature !!!

J'aimerais te poser quelques questions sur ton parcours, maintenant, si tu le veux bien...
Quand as-tu commencé à chanter?
Toute petite! J’ai une photo je devais avoir trois ans, c'était à un mariage en Bretagne. J'étais en robe de princesse et j'avais un gros micro des années 70 dans les mains. Et je chantais, je chantais... Tout le monde m'a raconté après coup, que je ne voulais pas m'arrêter! C'est la première image de moi sur scène... Après, tu sais, je pense que j'ai toujours voulu faire ce métier. Ma mère faisait du théâtre amateur, je pense qu'elle a du me donner le virus des planches. Pourtant, mes parents n'étaient pas du tout dans le métier et ne voyaient pas ça d'un bon oeil Pour les loisirs, ça allait, mais pour le reste... Ils voulaient que je passe mon bac et que j'apprenne un vrai métier! (rires) Donc, j'ai passé mon bac et puis, direction le conservatoire de théâtre de Toulouse.
Ado, tu avais des idoles?
Elvis Presley! J'avais un superbe coffret de 33 tours. Je l'écoutais à longueur de journées. Je connais toutes ses chansons par coeur. Je me prenais même pour Elvis quand j'étais gamine! Après, j'étais très amoureuse de Lambert Wilson dans "Rouge Baiser". J'écoutais les chanteurs que j'aimais en boucle, (comme je le fais toujours maintenant, d'ailleurs), mais je n'étais pas ce qu'on peut appeler une "fan". J'ai écouté en boucle toutes les comédies musicales comme "Grease" ou "Cabaret". Tu vois, je n'étais pas focalisée uniquement sur un chanteur ou une chanteuse! J'ai une consommation très compulsive de la musique... Quand j'achète un album, je continue à l'écouter en boucle! Enfin, quand ça me plaît! (rires)
Et tu écoutes quoi en boucle maintenant?
Amy Winehouse, j'ai du l'écouter 200 000 fois!
Quelle est ta formation de chanteuse? Peux-tu me raconter ton parcours?
Je n'ai pas de formation de chanteuse en fait. Je n'ai jamais pris aucun cours de chant de ma vie. J'ai par contre une coach vocale, Cécile Bonardi. Elle m'a d'ailleurs sauvé la voix... Sans elle, je n'aurais pas pu chanter 17 mois d'affilée au Palais des Glaces. Mais autrement, non, jamais aucun cours de chant. J'ai toujours chanté pour gagner ma vie. J'allais chanter dans les cafés et les restos pour mes fins de mois. Et du coup, je me suis débrouillée toute seule avec ce que je voyais et ce que j'entendais. J'ai toujours beaucoup écouté et regardé comment faisaient les autres chanteurs. J'ai d'ailleurs beaucoup appris de Piaf. Au début, ce devait être catastrophique. Heureusement, je n'ai pas d'enregistrements! (enfin, si, remarque, mon grand-père doit avoir des enregistrements) J'ai toujours eu envie de chanter comme j'avais envie de le faire... et ma foi, je chante comme je chante!
Et bien chapeau!
J’ai aussi, beaucoup chanté avec Roger Louret !! Il y a eu tous les spectacles, puis "Les Années Tubes" avec Jean-Pierre Foucault.
Et tu revois Jean-Pierre?
J’ai été invitée dans son émission sur le rire (diffusion le 19 juin), c'était très rigolo, on a pas vieilli tout les deux , on s’est fait la réflexion tous les deux (enfin surtout moi !!) Il est bien ce Foucault !!! Jean pierre je te kiffe !!!
Ce doit être de bons souvenirs pour toi, toutes ces années avec Roger Louret?
Ce sont des super souvenirs. D'ailleurs, mes meilleurs amis, je les ai rencontrés dans cette période. On avait un rythme très costaud, mais on a appris la vie, le métier, l'exactitude... J'ai appris, grâce à lui, à tout faire. J'ai d'ailleurs un respect total pour tous les gens de la technique qui travaillent dans l'ombre. On ne les voit pas, mais sans eux, nous ne serions rien! Quand on a fait les lumières, le son, les décors... on sait ce que ça représente le travail de ces gens qui sont à votre service. Respect total!
Avec Roger Louret, vous étiez très nombreux sur scène. Aujourd'hui, tu te retrouves seule en scène. J'imagine que l'exercice est différent...
C'est différent, bien évidemment! Mais j'aime toutes les expériences... Peut-être qu'après l'Empiafée, je jouerai dans une pièce de théâtre, pour retrouver un esprit de troupe... En même temps, avec Jean-Louis sur scène, j’ai mon troupeau ! Le One-Woman show est une partition . D'ailleurs le rire se rapproche de la musique. Je suis très émue à la fin du spectacle : voir tous ces gens qui ont payé une place pour venir me voir, c'est hallucinant! Ça fait chaud au coeur. J'ai toujours fait de la compagnie donc, là, c'est différent... Les gens viennent pour me voir. Regarde, quand j'ai joué « l’Arlésienne » de Daudet avec Jean Marais et Bernadette Lafon, les gens venaient pour eux et Daudet, maintenant ils viennent pour mon short ras du f… !!!... Je suis très heureuse de tout ce qui m'arrive, ce qui nous arrive…
Tout ceci reste tout de même dans l'esprit du groupe?
Oui, nous sommes un groupe. Et c'est grâce à cette famille que le spectacle est ce qu'il est. Je suis juste la petite blonde avec des couettes qui fait le pitre sur scène et qui est dans la lumière! (rires) Et je ne m'en lasse pas! C'est incroyable ce qu'il m'arrive
Et donc, à côté de "L'Empiafée", tu viens de sortir un single, "I-Aïe"... Comment ça a commencé?
En fait, Rémy a mis en scène le spectacle Scooby-Doo [NDLR : Et les pirates Fantômes] à l'Olympia. Et il a eu l'idée de demander à des filles de créer des chansons : Liane Foly, Jenifer Ayache de Superbus, et moi (je suis pistonnée je couche avec le metteur en scène !!!)
J'ai créé une chanson qui s'appelle "Otto" et qui est vendue et défendue par un comédien formidable : Thierry Gondet. C'est un monstre de chanson, de danse, ... C'est un comédien hors-pair !!
Mais bon, je n'ai jamais eu l'idée d'écrire des chansons, je trouve que les autres le font tellement mieux que moi! Quand Rémy me l'a demandé, ça a été une sorte de défi pour moi. Et je l'ai relevé! Puis, il m'en a demandé une autre pour Scooby-Doo, pour Hervé Domingue, cette fois-ci. Je l'ai faite... Et finalement Rémy m'a demandé pourquoi je n'écrirais pas pour moi!
Alors tu as écris "I-Aïe"?
En fait, je me suis penchée sur le sujet... Et j'ai commencé à écrire des chansons. Rémy m'a demandé sur quoi j'allais écrire... Ne sachant pas, je lui ai dit que j'allais écrire sur mon téléphone. Parce ce que tout le monde a un I-Phone autour de moi et un jour, lors d'une réunion-barbecue à la maison, tout le monde était avec son I-Phone. Et là, j'ai regardé tout le monde me disant que nous n'allions pas bien, tous avec notre I-Phone à attendre un hypothétique message... On vit une vie géniale, mais dans le fond, c'est une aliénation totale! Je me suis demandé ce qu'allaient faire mes enfants plus tard!! Ce n'est pas que je sois passéiste, certainement pas! Mais c'est assez hallucinant tout de même. Et c'est parti de là... L'histoire d'une fille complètement aliénée à son I-Phone.
Et il est dispo au téléchargement légal, je pense?
Oui, maintenant, on a la chance de pouvoir le sortir rapidement sur internet, sans devoir passer par une maison de disques. Il y a des avantages et des inconvénients sur Internet, mais ça, c'est un grand avantage... On a enregistré donc le single avec Raphaël Alazraki, qui a écrit la musique.
Et un album est dans l'air?
Pourquoi pas?!... J'y pense... Mais il faudrait que je m'y mette sérieusement. Bien que je ne sois pas auteure. Surtout pour moi même. Pour les autres, j'arrive à écrire. Je suis une handicapée de la plume! Mais je vais apprendre, parce que tout s'apprend! Et puis, tu sais, je chante des chansons tellement sublimes dans le spectacle, que j'ai un peu des complexes!! Et mon mari écrit tellement bien aussi [Rémy Caccia]... que je me cache! (rires) Enfin, parfois, je laisse traîner des papiers en espérant qu'il va tomber dessus...
Ça va peut être prendre 10 ans, mais ça viendra!
C'est un truc que je n'ai pas encore fait, écrire un album, comme aller sur la lune, d'ailleurs, donc, ça m'intéresse vraiment beaucoup beaucoup!

En parlant d'écrire des chansons... Dans les bonus du DVD, on voit Charles Dumont qui est venu te voir au Palais des Glaces. Que t'évoque-t-il?
Oh la la... Charles, je l'adore! Nous nous sommes rencontrés pour la première fois il y a trois ans sur un plateau de Mireille Dumas. C'était d'ailleurs une de mes toutes premières émissions. C'était une émission spéciale sur Edith Piaf et donc je croise Monsieur Charles Dumont. Mais tu sais, je ne lui ai pas du tout parlé de Piaf... parce que, toute petite en même temps que Presley, j'ai écouté Charles Dumont (il avait un super jeu de jambes aussi) !!!. Et je connais toutes ses chansons par coeur. Je lui en ai d'ailleurs chanté quelques unes. Après, il est venu me voir au Palais des Glaces. Et il m'a fait des compliments magnifiques... On lui a demandé l'autorisation de le filmer, tellement j'étais fière qu'il soit dans mon DVD. Je voulais le montrer à ma famille et à tout le monde!... Je l'appelle de temps en temps, on s'envoie des textos pour noël … Je l'adore profondément!
Il faudrait que tu lui demandes des chansons...
T'es dingue, toi! Je n'oserais jamais lui demander!! Tu me vois aller lui taper dans le dos "Et Dis donc, Charles, tu m'écrirais pas une p'tite chanson?"... Ce serait un rêve, mais jamais je n'oserais! (rires)
Tu l'aimes vraiment beaucoup.
Oui. Je suis déjà mariée, je ne peux pas l'épouser, mais... (rires)
Je vais maintenant te poser quelques petites questions et te proposer un petit jeu...
Est-ce facile de concilier le fait d'être une jeune maman et de monter sur scène le soir?
Oui! C'est le bonheur total. Même si c'est rock'n'roll quelques fois... Franchement, c'est un tel bonheur d'avoir un spectacle qui marche, un petit bébé et deux grands de 10 et 7 ans... J'ai une super famille, très énergique. Et Tina, elle est vraiment sympa : elle a les mêmes horaires que moi! Au début, elle se couchait à minuit et se levait à midi... Le rêve! Maintenant, elle se couche vers 21h00 et se lève vers 8h30, Bravo ma fille!... Bref, j'ai une belle famille, pleine d'amour! [NDLR : Christelle Cholet chante alors "Aimer" de Roméo et Juliette]. C'est de Piaf, ça, non?!...
Est-ce que tu fais souvent des soirées filles?
Non ! On voudrait faire des soirées « équipe de France de foot » avec mes copines mais on peut pas on est plus mineures !!!
Penses-tu toujours qu'il n'y a que les gays qui savent vraiment s'habiller?
Bien sur! Bien évidemment! Il n'y a qu'à regarder autour de soi : les hétéros, sans une nana, c'est la cata! Ce sont des fautes de goût en permanence... S'ils sont célibataires et bien habillés, alors, c'est qu'ils sont homos... c’est sur !
Enfin, je vais te donner quelques mots, tu vas me dire ce qu'ils t'évoquent instinctivement...
SOS chanteuse : Ciré jaune
Bravo : Public
Palais des glaces : Jean-Pierre Bigard
Toulouse : Famille
Lorie : Diva
Piaf : Rire
Remy : Parfait
Tina : Bonheur
Christelle : Chance
Propos recueillis par IdolesMag le 19 mai 2010.
-> Plus d'infos sur Christelle Chollet : http//www.christellechollet.com
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-> Retrouvez l'univers de Christelle Chollet (L'Empiafée) :
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