Interview de Guéna LG

Propos recueillis par IdolesMag.com le 13/04/2013.
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Guéna LG © Slamphotography

Après avoir remixé des titres pour Lady Gaga, Mylène Farmer, Kylie Minogue, Black Eyed Peas ou encore Enrique Iglesias, Guéna LG a sorti son premier single « Brighter » en début d’année. Un EP est attendu avant l’été. Au cours de cet entretien, il nous expliquera qu’il nourrit ce projet depuis de nombreuses années déjà. Rencontre avec un DJ fort sympathique et plein d’entrain pour qui la voix est au centre de toute production musicale…

IdolesMag : Avant de parler de « Brighter » et du EP qui v arriver, j’aimerais qu’on retrace ton parcours dans les grandes lignes, si tu le veux bien. Quelle est la musique qui t’a bercé quand tu étais enfant ?

Guéna LG : Mon dieu, quelle horreur!! (éclats de rires) Quand j’étais gamin, mes parents écoutaient beaucoup de variété française, du Brel, du Brassens… Barbara, France Gall, Nana Mouskouri. Ce sont des artistes que j’apprécie aujourd’hui, mais qui me faisaient horreur à l’époque !... parce que matraqués dans la voiture et dans le salon !!... (rires) Donc, quand j’étais petit, c’est ça que j’ai écouté. Après, j’ai commencé à avoir mes propres goûts. J’ai rapidement glissé vers tout ce qui était pop un peu dansant au milieu des années 80. Dans les années 90/95, j’étais vraiment très très dance music. J’étais vraiment un passionné des Dance Machine, etc… Et donc, voilà, c’est comme ça que tout a commencé. Comme tu vois, j’ai écouté des trucs très différents de ce qu’on écoutait à la maison.

Guéna LG feat Gravitonas, BrighterY a-t-il des artistes dans ta famille ? Des gens qui t’auraient donné envie de faire carrière dans le monde du spectacle ?

Ma mère faisait de la chorale. Moi-même, j’en ai fait quand j’étais plus jeune. L’erreur que j’ai faite, c’est que j’ai fumé quand j’ai mué et ça m’a vraiment détruit la voix… Je chante toujours juste, mais disons que ce n’est pas très beau ! (rires) Après non, je n’ai pas une grande famille de musiciens ou d’artistes comme certains peuvent avoir. J’ai toujours été autodidacte à ce niveau-là. C’est juste que j’ai été attiré par cette musique et le côté dansant. Je me suis mis à sampler avec l’ordinateur familial. L’ordinateur s’est vite avéré petit en terme de capacité parce qu’à l’époque on était sur Pentium 75 donc on n’arrivait pas à faire les miracles qu’on peut faire aujourd’hui avec la technologie. J’ai revendu l’ordinateur pour m’acheter des platines, parce que je voulais apprendre à mixer. Puis j’ai commencé à jouer dans des soirées étudiantes, etc… et quand je suis arrivé sur Paris, puisque je viens de Bordeaux, j’ai continué à mixer et à utiliser un ordinateur. C’est vraiment là que j’ai pu commencer à faire des remixes puisque la technologie avait évolué. Il y a eu un premier remix qui a été fait pour Sophie Ellis Bextor en 2001 sur « Take Me Home ». Le remix, par chance, a été approuvé par le management et ils l’ont envoyé en clubs. Le titre s’est retrouvé deuxième des clubs et c’est à partir de là que tout a commencé.

Sur une dizaine d’années, tu as remixé pas mal d’artistes. Lady Gaga est l’une des plus importantes. Comment en es-tu arrivé à remixer ses titres ?

On s’est rencontrés plusieurs fois en fait. La première fois, c’était avant que tout commence, avant qu’elle ne fasse « Just Dance » et avant qu’elle ne devienne ce qu’elle est devenue aujourd’hui. Il y avait un show-case de présentation de son label. Elle chantait quatre/cinq titres. C’était vraiment les tous débuts. Ce n’était pas encore parfait. Il y avait encore plein de choses améliorables et perfectibles. Elle était en pétard parce que le son n’avait pas vraiment bien marché, la vidéo ne s’était pas déclenchée comme il fallait, etc… C’est donc dans cette ambiance qu’on m’a dit « viens la voir, il faut absolument que tu la rencontres ». Elle avait des espèces d’énormes godasses en boule à facettes avec des talons compensés. Je lui ai demandé si elle avait les mêmes en 43 pour homme. Elle a éclaté de rire et à partir de ce moment-là, elle a commencé à bien m’apprécier. À chaque fois qu’elle est venue en France, on s’est revus. Et puis, j’ai commencé à remixer ses titres, le premier, c’était « Just Dance ». Et puis, voilà, ça a été une espèce de partenariat de confiance entre nous deux. Et puis aussi de bons résultats mutuels puisque mes remixes ont bien marché et lui ont été d’une certaine utilité. Et puis elle, sa carrière a décollé de son côté.

Et avec Mylène Farmer, ça s’est passé comment ?

C’est le management de Mylène qui m’a contacté. Ils avaient vu ce que j’avais fait justement sur les titres de Lady Gaga et des autres artistes. Et c’est Pascal Nègre qui a dit que ce serait bien que je remixe un titre. À l’époque, c’était sur l’album « Bleu Noir ». Certains titres étaient produits par RedOne qui est également le producteur initial de Lady Gaga. Pascal Nègre voyant qu’elle avait le même producteur que Gaga s’est dit que ce serait bien qu’elle ait le même remixeur. C’est comme ça qu’on est rentrés en contact. Et puis, il y a eu un premier remix qui a été réalisé. A priori l’artiste a bien aimé puisque là j’en suis au quatrième titre que je remixe.

Guéna LG © Slamphotography

Le travail de remixeur est un travail de l’ombre. Côtoies-tu généralement les artistes pour lesquels tu bosses ?

La plupart, je les connais. Ou en tout cas, je les ai déjà vus ou croisés. Mais il y en a d’autres que je ne connais pas du tout. En général, c’est un travail qui est assez froid. C’est-à-dire que tu reçois les bandes, tu travailles de ton côté puis tu renvoies le tout au manageur. Et ça plaît où ça ne plaît pas. Parfois, on te demande quelques modifs ou quelques changements. Il ne faut pas attendre que l’artiste te dise ce qu’il en pense ni te remercie ou quoique ce soit… Il n’y a pas forcément une rencontre à la clé évidemment. C’est donc assez froid comme travail mais moi finalement, ça ne me dérange pas parce que je sais très bien comment ça fonctionne. Après, c’est super cool quand tu peux rencontrer les artistes par la suite ou que tu as un mot gentil de leur part ou quelque chose comme ça. Il y en a certains que je n’ai jamais vus, par exemple Britney, je ne l’ai jamais croisée. Kylie, je l’ai croisée par contre. Enrique Iglesias, Black Eyed Peas ou Lady Gaga, on s’est déjà rencontrés plusieurs fois, on s’apprécie vraiment.

Depuis quelques années, mis à part le public gay, je trouve que le public français, contrairement au public anglais, américain ou allemand, n’est plus trop amateur de remixes. Qu’en penses-tu ?

Je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi… parce que je trouve que justement le public français est plus pro-remixes aujourd’hui, ou en tout cas plus pro-dance music, qu’il ne l’était il y a quelques années… C’est une musique qui ne passait pas ou en tout cas plus en radio. Après, c’est vrai que la culture du remix est certainement plus développée à l’international. Mais je pense que tout dépend finalement de ce qui passe en radio. Si les radios diffusaient plus de remixes, forcément, les gens seraient plus consommateurs et plus enclins à écouter des remixes. Aujourd’hui la plupart des artistes font des remixes. Je me rappelle il y a dix ans, c’était très compliqué pour des artistes américains d’arriver avec à chaque fois six ou sept remixes sur leur single. Maintenant, c’est beaucoup plus large et beaucoup plus vaste. Il n’y a pas un single qui ne sorte sans une pléiade de remixes, pour justement toucher différentes populations et différents types de clubs. Donc, de mon côté j’aurais plus tendance à dire que ça s’est développé et démocratisé.

Dans la années 80 / 90, tu attendais les remixes d’un single avec impatience. Aujourd’hui, je trouve que c’est de moins en moins le cas.

Les remixes existent toujours, mais ils sortent en digital. C’est juste que le marché a malheureusement changé en terme de support. Quand tu vas sur Itunes, avec les gros singles, tu as en général un EP de remixes qui les accompagne. C’est l’impression que j’ai de mon côté en tout cas. Après, c’est vrai que par rapport au marché anglais où il y a toujours eu des tas de remixes qui sortaient à droite et à gauche, c’est évident que c’est différent. Mais le marché est très différent aussi.

En France, on se contente souvent du Radio Edit. C’est en tout cas ce que je ressens, moi.

(éclats de rires) Tu sais, il y a des populations qui sont plus enclines à aimer la nouveauté. Si on compare le marché français avec le marché anglais, le marché anglais va très vite. Ils switchent de single tous les trois mois, ça va très vite en radio, les gens achètent beaucoup de musique. Le numéro 1 d’une semaine n’est plus le même la semaine d’après. Je pense qu’en France on est plus conservateur de ce point de vue. On laisse les choses s’installer en longueur. Un single peut rester numéro 1 pendant six mois. Grosso modo, parce que maintenant, ça va tout de même un peu plus vite. C’est peut-être ça aussi… Culturellement, on va dire que la France aime bien ses habitudes. C’est peut-être pour ça que le rapport aux remixes est différent des autres marchés.

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Contrairement à d’autres remixeurs, tu mets un point d’honneur à mettre la voix en avant. Est-ce vraiment la base de tout pour toi, la voix ?

C’est capital. Je ne peux pas concevoir un morceau sans vocal ou alors un très très bon morceau… Je pense que parmi tous les instruments qu’on peut utiliser aujourd’hui, le seul qu’on n’arrivera jamais à copier, c’est la voix. On peut avoir un instru le plus canon possible ou la prod la plus géniale qui soit, le morceau ne sera bon que s’il y a du vocal. On le voit notamment sur l’électro où des titres qui étaient uniquement des instrus ont fonctionné correctement, mais sans plus que ça. Et quand le DJ ou le producteur a rajouté un vocal, là, comme par miracle, c’est devenu un énorme tube. Et il y en a plein des exemples comme ça ! Regarde « Groovejet » avec Spiller, à la base c’était un instrumental. Quand ils ont ajouté Sophie Ellis Bextor dessus, c’est devenu un énorme tube. Le titre avait un an, un an et demi, il avait tourné un petit peu, mais il n’avait rien fait de spécial. Souvent les instrus marchotent et quand on leur ajoute un vocal, les gens adhérent. Je ne peux pas concevoir un morceau sans vocal. Je trouve que c’est la seule chose qui permet vraiment de te faire monter au plafond, en parlant un peu crument ! (rires) En tout cas moi, c’est ce qui me fait kiffer. Le vocal, c’est vraiment ce qui va t’amener dans l’émotion. En termes de production, ce qui va faire décoller un morceau, c’est la capacité de l’artiste à faire passer des sentiments. Et le seul moyen, c’est par la voix…

Une voix, c’est une empreinte unique.

Le piano, on peut le remplacer par du synthé. Aujourd’hui, on peut même faire jouer un ordinateur. La voix, on n’a jamais été capable de la remplacer, même en mettant du vocodeur ou tout ce qu’on veut. On ne remplacera jamais une voix. De toute manière, chaque voix est unique et inimitable. On ne peut pas la traiter synthétiquement. C’est pour ça que la voix est irremplaçable et qu’elle reste au-dessus de toute autre chose.

Remixer, c’est bien. Produire ses propres titres, c’est encore une autre étape… Nourris-tu ce projet depuis longtemps ?

Oui, depuis 2006.

Quand même !!

Oui, oui. En fait, ça a pris beaucoup de temps parce qu’à chaque fois je repoussais mon projet au lendemain. Dès que je commençais à retravailler sur des productions à moi ou des maquettes, j’avais une demande de remix qui arrivait. Et donc, à chaque fois, je me disais « tiens, c’est pour Kylie. Tiens, c’est pour telle autre… » Et c’était à chaque fois pour des artistes que j’affectionne. Du coup, je repoussais toujours mon propre projet. Jusqu’au jour où je me suis dit qu’il fallait que j’arrête. J’avais déjà produit une cinquantaine de remixes, j’avais remixé la plupart des artistes qui m’intéressaient et je n’avais plus grand-chose à prouver dans ce domaine-là. Donc, il fallait vraiment que j’arrive avec mes propres productions et mes propres titres.

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Quand tu me dis que tu repoussais ton projet pour pouvoir produire des remixes, n’avais-tu pas aussi un peu inconsciemment peur de te lancer dans tes propres productions ?

Oui, bien sûr. En plus, ce n’est pas du tout le même boulot. Quand tu fais des remixes, tu as des garde-fous, tu as des barrières. Tu as le vocal qui est là et un morceau qui a déjà été créé. Donc, tu recrées quelque chose autour d’une chanson qui existe déjà. Tu ne peux pas tout changer. Il y a une ligne directrice. Et si tu rends quelque chose qui n’est pas 100% parfait, ce n’est pas non plus gravissime parce que ça reste un remix, ce n’est pas une production originale. Une production, c’est complètement différent. Tu commences avec une page blanche où tu mets toutes tes idées, les instruments que tu vas prendre, la mélodie, ce que tu vas prendre en vocal, etc… Donc, tu es lâché complétement dans l’inconnu et c’est à toi de faire avec. Et là, il n’y a plus le choix. Il faut que ce soit parfait, du moins à ton goût. Tu ne peux pas laisser quelque chose de côté. S’il y a quelque chose d’un peu moyen, ça ne passera pas. En tout cas, ce n’est pas comme ça que je conçois, moi, ma musique. C’est vrai aussi qu’en 2006 quand j’ai commencé, il y avait des idées mais en termes de sonorités, il y a des choses qui n’étaient vraiment pas bien faites. Entre temps, et grâce aux remixes aussi, j’ai évolué dans ma manière de produire et de concevoir ma musique. Ça m’a permis d’avancer. C’est pour cette raison que « Brighter » arrive seulement aujourd’hui, et aussi  parce que je me sens vraiment prêt. Je me dis que j’ai toutes les cartes en main pour arriver à sortir un morceau qui sera digne de ce que j’ai envie de faire. Et pas quelque chose qui passe mais qui n’est pas terrible finalement…

Dans quelles circonstances l’as-tu créé « Brighter » ?

Le sifflet, je l’ai créé en faisant du shopping à Istanbul. (rires) Tout peut arriver !

C’est le sifflet qui est donc à l’origine de tout, alors.

Oui, carrément. J’étais dans un magasin de chaussures. J’ai donc enregistré ce gimmick sur mon Blackberry et en rentrant en France, j’ai écrit tout le reste du morceau. Après, on a travaillé pratiquement un an sur le titre. En fait, il a été très long à faire parce qu’on a dû faire au moins cinq ou six versions du morceau avant d’en être vraiment satisfaits. Ensuite, il a fallu finaliser la partie vocale, voir ce qu’on pouvait faire, ce qu’on pouvait caler au niveau de la tonalité, etc… Donc, au total, « Brighter » a mis un an. Heureusement que les autres morceaux sur lesquels je suis en train de travailler ont été beaucoup plus vite ! Mais celui-là a été difficile à faire.

Comment en es-tu arrivé à collaborer avec Gravitonas ?

Tout simplement parce que je connaissais Alexander Bard depuis 2006. À l’époque, j’organisais les soirées Glam As You à Paris. Alexander était producteur et membre du groupe BWO (« Body Without Organs »). Ça marchait vraiment bien en Suède et le groupe était venu faire quelques titres sur scène. J’avais bien accroché avec Alexander. C’est un grand Monsieur qui produit depuis les années 90 avec « Army of Lovers », en même temps, il donne des cours à l’université… C’est un mec vraiment très intéressant et très très drôle. On avait bien accroché. En 2007, j’avais produit un remix pour lui et on avait toujours dit qu’on allait retravailler ensemble. Et alors que je suis d’habitude plus attiré par les voix féminines, dès le départ de « Brighter », j’avais envie d’une voix de mec un peu pop et un peu rock. Et c’est vrai qu’Andreas, le chanteur de Gravitonas avait cette voix que je recherchais. J’ai donc demandé à Alexander ce qu’il pensait du morceau et s’il pensait qu’Andreas, le chanteur de Gravitonas viendrait chanter avec moi… il a répondu oui tout de suite et un mois plus tard, on est parti quelques jours à Stockholm pour finaliser le morceau.

Une lyrics video du titre a été diffusée sur le web. On y voit notamment beaucoup d’images d’actu. Quelque chose de très dark ressort de ces images, alors que « Brighter », lui, est plutôt un morceau enjoué musicalement. Tu as vraiment voulu jouer sur les contrastes, là.

Tout à fait. C’est quelque chose qu’on va retrouver dans ma musique. Il y a toujours une part assez dark. Je trouve que le côté naïf, c’est bien, mais c’est un peu mieux quand on rajoute un peu de fond, et en tout cas un message. Ce n’est pas juste un morceau qui tourne bien. Donc, c’est vrai que « Brighter » a ce côté pétillant et naïf très méditerranéen au niveau de l’instrumental. Il y a un côté vraiment estival. Mais quand tu lis les paroles, ce sont clairement des paroles de dépressif… C’est quelqu’un qui ne va vraiment pas bien et qui est au fond du gouffre et au bord du suicide. Heureusement, à un moment donné de sa vie, quelqu’un lui tape sur l’épaule et lui dit « Mon gars, il faut avancer, il faut aller de l’avant ». Et ça lui permet de repartir et de retrouver goût à la vie. Je voulais des images qui parlent un peu à tout le monde parce que je pense qu’on a tous dans notre vie des moments up et des moments down. Il y a des moments où les gens ne vont pas bien, et ce sont des petites choses de la vie qui font qu’ils continuent tout de même d’avancer. Ça peut être tout et n’importe quoi, un petit ami, le sourire de quelqu’un, des vacances avec des potes… On a tous eu ces moments où on était en plein dans la galère et où on se disait que demain, ça irait mieux. C’est un peu ça que j’ai essayé de mettre en avant dans la lyrics video. Quand on regarde les infos, ce sont des catastrophes en série, mais la vie, ce n’est pas que ça… Il y a tout de même des choses bien. Si on regarde les infos en ce moment, moi par exemple je suis halluciné par ces relents d’homophobie en France à propos du mariage pour tous. Mais heureusement qu’il n’y a pas que ça, qu’il y a des choses biens et de belles choses. Il faut essayer de voir le côté positif. C’est vrai que la lyrics video est très dark, mais plus on avance, plus on passe à des choses positives, dans la lumière.

Et le clip qui est en préparation ?

Le clip reprendra un peu la même idée, mais ce sera plus édulcoré parce qu’il faut qu’on fasse quelque chose de plus estival et plus mainstream. Mais il y aura tout de même un fond. C’est essentiel.

Tout ce travail de l’image t’intéresse-t-il autant que la musique ?

Oui ! De toute façon, c’est capital aujourd’hui. On ne peut plus être un artiste qui ne fait plus que de la musique. Les gens n’écoutent plus de la musique, ils regardent de la musique. Il n’y a qu’à voir le comportement des jeunes… Je vais prendre pour exemple mes cousins et cousines qui ont quinze ans. Ils ne te disent pas « Est-ce que tu as entendu le nouveau single de Lady Gaga ? », ils te disent « est-ce que tu as vu le nouveau clip de Lady Gaga ? ». 70% de musique aujourd’hui est consommée sur Youtube. Ce n’est pas pour rien. L’image est très importante. Le look aussi. Ça devient même limite plus important que la musique en tant que telle. Mais c’est très intéressant parce que ça veut dire qu’il faut être plus large et qu’il ne faut pas se résumer à être un artiste de studio qui reste dans sa cave et qui se dit « si le single passe en radio, tant mieux, sinon, tant pis »… Non, non, non ! Maintenant, il faut être clairement un peu sur tous les fronts.

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Le titre a bénéficié de quelques remixes. Qu’est-ce que ça t’a fait d’être remixé à ton tour ? Appréhendais-tu le résultat ?

(rires) Non, parce que j’ai assez de recul là-dessus. Et puis, les DJ auxquels j’ai donné le titre à remixer, ce sont des gens que je connais. Donc, je savais qu’ils allaient faire quelque chose de bien. Après, bien évidemment, on peut être surpris. Mais en l’occurrence sur « Brighter », j’ai été surpris agréablement parce que les remixes sont vraiment super bien faits. Ça permet de toucher un peu tout le monde. Ça va du truc un peu plus agressif comme ce qu’a fait Gregori Klosman à des choses beaucoup plus festives et beaucoup plus simples. Donc, non, honnêtement, je n’ai eu aucune appréhension à ce niveau-là. Je n’ai pas eu peur en recevant leurs emails !! Ce qui m’intéressait, c’était vraiment de savoir comment ils avaient vu le morceau…

« Brighter » et ses remixes sont donc dispos sur toutes les plateformes de téléchargement légal. Quelle est la suite ? Un Ep ? Un album ?

Un Ep sortira avant cet été. Il y aura cinq / six titres. Le deuxième single est prêt. Il s’appelle « Stay Awake ». J’ai travaillé dessus avec Matthew Koma qui a collaboré avec Alesso, Far East Movement ou Zedd ces derniers temps. Pour la partie vocale, c’est un artiste danois que j’ai choisi, Bryan Rice. Je suis en train de travailler aussi avec Kalderon sur un morceau qui s’appelle « Ti Sento ». C’est un cover d’un titre italien qui avait vraiment bien marché dans les années 80. On a refait une partie vocale et on a repensé tout ça autour… Et puis, il y a encore deux autres titres en préparation. Un qui, je croise les doigts, pourrait être en featuring avec Sophie Ellis Bextor et un autre avec Bryan Rice et Matthew Koma parce qu’on travaille très très bien tous les trois. Ça fonctionne vraiment bien. Et donc, tout ça verra le jour avant cet été. On verra ce que ça donne. Et l’idée, c’est de sortir régulièrement des EP. Pas un album parce que le marché a changé et que les gens veulent des nouveautés beaucoup plus rapidement qu’avant. Donc, j’ai plutôt envie de sortir un EP tous les six/huit mois. Je n’ai pas envie de me bloquer sur un album qui va faire quoi ? huit/douze titres. Il y aura peut-être quatre single dedans, et le reste sera du remplissage… ça ne m’intéresse pas. Je préfère faire des EP et que chaque titre soit potentiellement un single et arriver régulièrement avec quelque chose de nouveau. Après, on verra, si ça marche et si l’ensemble me paraît cohérent, pourquoi ne pas sortir un album ? Disons que je n’ai pas envie de me fermer à des opportunités et rester en studio des mois et des mois pour finir un album. Je pense qu’aujourd’hui, le format album n’est plus adapté.

Dans les nouveaux titres qui arrivent, quels thèmes vas-tu aborder ?

Le thème de « Stay Awake » est assez mystique. Le morceau est un peu compliqué au niveau des paroles, donc, chacun peut interpréter ça comme il veut. C’est un morceau sur la capacité qu’ont certaines personnes de se persuader que la personne avec laquelle ils sont est la bonne personne. Ça peut être complètement faux et on peut être complètement à côté de la plaque. C’est donc un titre sur ces rapports humains qui peuvent être conflictuels et dangereux. Là, ce que je te raconte, c’est ma version du titre. Mais quelqu’un d’autre pourra te dire que ça parle de la drogue… Les paroles sont assez alambiquées avec plein de jeux de mots. C’est assez intéressant. On est en train de réfléchir à un clip sur ce titre.

Guéna LG © Slamphotography

Avant de te quitter, j’aimerais qu’on aborde le live un instant. Est-ce une partie essentielle de ton job ?

Aller jouer en clubs, c’est juste capital. De toutes manières, c’est là où tu peux tester tes morceaux. Tu vois si les gens réagissent ou ne réagissent pas. C’est un bon moment. À chaque fois que je joue, ce sont deux heures, deux heures et demie de pur plaisir. Quand on voit les gens faire la fête et réagir, c’est génial. Et puis après quand ils te disent que c’était chouette et qu’ils ont passé une bonne soirée, le contrat est rempli ! Je pense que c’est essentiel le live quand on est DJ, on ne peut pas se contenter de faire des prods chez soi et ne pas aller les jouer. Moi, en tout cas, c’est quelque chose que j’apprécie. Après, bien évidemment, il y a des soirées mieux organisées que d’autres, mais ça, ça fait partie du boulot. Franchement, c’est quelque chose dont j’aurais beaucoup de mal à me passer pour le moment. Et d’ailleurs, si mes morceaux sortent aujourd’hui, c’est pour aller plus loin dans le live. Être le remixeur d’un tel, c’est bien, mais au bout d’un moment, ça te cantonne à un certain nombre de choses que tu peux faire et ça te bloque à un moment sur le live. Et moi, j’ai vraiment envie d’arriver en club et jouer mes propres prods, mais aussi des remixes, de faire des featurings, etc… faire des choses intéressantes et festives.

Le live, c’est la prochaine étape en fait. C’est ce que tu veux développer aujourd’hui.

Clairement. Là, il y a quinze jours, on a été avec Gravitonas jouer dans le sud de la France dans un gros club pour le tournage du clip. Le groupe a chanté « Brighter » sur scène et c’était génial. Il y avait une ambiance extraordinaire que toi, derrière tes platines, tu ne peux pas arriver à recréer. Au milieu de ton set, quand tu enchaînes deux ou trois morceaux avec un mec ou une nana qui chante sur tes morceaux, c’est ce que j’adore. Pour moi, un DJ set vraiment bon, ce doit être comme ça. C’est sur quoi je suis en train de travailler…

Propos recueillis par IdolesMag le 13 avril 2013.
Photos : Slamphotography
Facebook :
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