Interview de Benjamin Bohem

Propos recueillis par IdolesMag.com le 04/04/2013.
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Benjamin Bohem - DR

Nous avions quitté Benjamin Bohem sur la scène de Baltard en 2010. Après la case Nouvelle Star, Benjamin est retourné à Strasbourg continuer son bonhomme de chemin… Trois ans plus tard, il lance un premier single, « Louise » (écrit par Loane), une reprise de « Mad World » de Tears For Fears (qu’il avait d’ailleurs chantée sur les primes) et prépare un premier album, avec la complicité d’Olivier Schultheis. Au cours de cet entretien, Benjamin nous expliquera ce qu’il s’est passé pendant ces trois dernières années et nous parlera de ce premier album, dont il est extrêmement fier. À l’entendre, on aimerait déjà pouvoir l’écouter !

IdolesMag : Avant de parler de ce premier album qui va bientôt voir le jour, j’aimerais si tu le veux bien qu’on retrace ton parcours dans les grandes lignes. Qui écoutait-on chez toi quand tu étais enfant ?

Benjamin Bohem : J’avais une grande sœur… elle a 27 ans aujourd’hui… et à l’époque, elle adorait les Boys Bands type 2Be3 et compagnie (rires). Et en même temps que ma sœur qui était fan de tous ces groupes, mes parents écoutaient plutôt du rock comme Led Zeppelin. J’ai donc baigné dans deux cultures musicales très différentes l’une de l’autre, une culture pop actuelle du moment et une culture un petit peu plus rock de mes parents qui écoutaient aussi Police, Nirvana, etc… Donc, mon ouverture musicale s’est faite à l’époque. J’ai eu plein d’horizons étant petit et ça m’a permis de m’ouvrir à ce que je fais aujourd’hui.

Y avait-il des artistes dans la famille ? Quelqu’un qui t’aurait donné envie de gratter ou de te produire sur scène ?

En fait, depuis que je suis tout petit, il y a quelques guitares qui traînent à la maison, mais mes parents ne sont pas vraiment musiciens. Ils gratouillaient plus ou moins quand ils étaient plus jeunes. Il y avait une guitare à la maison, mais c’était plus pour la déco que pour autre chose ! (rires) Et puis un jour, mes parents ont voulu m’inscrire à des cours de guitare. Il s’est avéré que pendant trois ans, ça ne m’a pas du tout plu. J’avais commencé à sept ans, puis j’ai arrêté. J’ai repris la guitare quand j’ai eu onze ans. J’ai eu un coup de foudre musical pour Ray Charles, et ça m’a vraiment boosté pour reprendre mon instrument et la musique. Là, je suis tombé sur une prof de guitare qui m’a ouvert à plein de choses, qui m’a permis de vraiment m’épanouir. C’est grâce à elle que la musique aujourd’hui est ma passion.

À quel âge as-tu commencé à écrire des chansons et à composer ?

La première chanson que j’ai composée, je devais avoir douze ans. J’avais composé ça lors d’un voyage scolaire. Et aujourd’hui, elle figure sur un CD… C’est rigolo, à l’époque, j’avais enregistré un petit CD avec quelques chansons dessus. J’ai encore une trace de mes premières chansons en fait…

Tu avais déjà dans l’idée de bien faire les choses !

Oui, mais franchement, à l’époque, c’était plus de l’amusement qu’autre chose. La musique était une passion, j’avais vraiment envie d’évoluer musicalement. Et puis, c’était une première approche. À l’époque, je ne m’en rendais pas compte, mais c’était une première approche à la composition. Parce qu’interpréter une chanson et composer une chanson, ce sont deux choses très différentes l’une de l’autre.  Avec le recul, quand je réécoute ces chansons, je me rends compte qu’elles n’étaient pas très abouties, mais elles sont mignonnes et ça me fait du bien de les écouter. C’est la première trace de mon parcours musical, va-t-on dire.

Avant de t’inscrire au casting de la Nouvelle Star, quel est ton parcours ? As-tu évolué en groupe comme beaucoup d’ados, ou plutôt en solitaire ?

Avant la Nouvelle Star, j’ai eu quelques groupes. J’ai commencé par jouer dans un groupe de rock, mais ça s’est très mal terminé, j’ai eu une embrouille avec un guitariste. De là, je me suis écarté du projet qui, au final, ne me plaisait pas plus que ça. Quand j’ai eu 14 ans, j’ai voulu composer un peu plus et je me suis mis avec un bassiste. On a fait quelques scènes par chez moi avec mes compositions. Quelques mois avant d’intégrer la Nouvelle Star, je venais de jouer au Fossé des Treize. C’est une salle qui fait à peu près 500/600 personnes à Strasbourg.

Et la Nouvelle Star, c’est venu comment ?

C’est venu très naturellement. Un matin mon père m’a dit qu’il avait entendu à la radio qu’un casting pour la Nouvelle Star se déroulait à Strasbourg. Ça faisait un petit moment qu’ils n’y étaient pas passés. Je me suis présenté là-bas dans l’optique d’avoir des avis, mais pas vraiment dans l’optique de percer parce que je savais qu’il y avait énormément de monde qui tentait sa chance. Et puis, au fur et à mesure du temps, ma passion pour la musique a été de plus en plus forte.

Aujourd’hui, avec le recul, quel regard jettes-tu sur ton aventure dans la Nouvelle Star ?

Ce n’est que du positif. Avec le recul, quand je vois ce qui s’est passé, ça m’a ouvert beaucoup de portes. Ça m’a permis de rencontrer Olivier Schultheis, qui est un grand nom de la musique. Il a eu un coup de foudre musical pour moi et il a voulu se lancer dans une aventure musicale avec moi. Aujourd’hui, il m’a composé pratiquement mon premier album et on sort un single. Même, l’aventure Nouvelle Star en elle-même était vraiment géniale. J’ai rencontré des gens formidables avec qui j’ai gardé quelques contacts aujourd’hui. Je dis quelques parce que la difficulté, c’est que je vis à Strasbourg. Donc, on essaye toujours de se voir, mais ce n’est pas toujours facile. La production était vraiment très bien… Sur tout mon passage à la Nouvelle Star, je n’ai rien à redire. Du début à la fin, j’ai pris du plaisir à faire de la musique.

Aujourd’hui, est-ce un choix de rester à Strasbourg, ou bien comptes-tu venir t’installer à Paris ?

Paris, c’est vraiment la ville dans laquelle j’évolue professionnellement. Strasbourg, ça me permet de rester avec les miens et ma famille. Ça me permet d’avoir un endroit où je connais tout le monde, où je suis bien. Paris, ça fait maintenant trois ans que j’y viens. J’y viens au moins tous les deux mois. J’apprends à connaître Paris, mais ça reste une ville énorme et du coup, j’ai du mal à m’y attacher. Moi qui viens de la province, j’ai l’habitude d’évoluer à Strasbourg, d’y connaître tout. Je connais chaque recoin, chaque endroit un peu joli. À Paris, c’est plus difficile, il faut plus creuser. Mais bon, je me sens tout de même bien à Paris puisque mon projet avance et que c’est là qu’il prend forme. Donc, je ne vois que le positif de Paris. Paris n’est pas une ville négative, bien au contraire et je suis bien content de l’aborder, mais c’est vrai que j’ai besoin aussi d’aller me ressourcer chez moi après quelques semaines de travail.

Quand tu as quitté la Nouvelle Star, tu es donc reparti sur Strasbourg. Avais-tu déjà des projets avec Olivier Schultheis à ce moment-là ?

En fait, c’est venu un petit peu après. Pendant l’émission Nouvelle Star, Olivier a gardé un œil sur moi tout au long des primes. Je n’en savais rien. Une fois que ça s’est terminé, je suis rentré chez moi. Pendant quelques semaines, j’ai suivi l’émission devant ma télé. C’était un petit peu étrange, mais bon, c’était comme ça… Et puis, je suis revenu pour le dernier prime et pour les répétitions du concert à l’Olympia. On y avait fait un concert avec les autres candidats, c’était un dernier clin d’œil à la Nouvelle Star à l’époque. Là, Olivier, qui était le chef musical sur l’émission depuis un certain temps me passe un coup de fil et me dit « écoute Benjamin, j’aimerais qu’on se rencontre, qu’on discute… Savoir si tu as des choses à me faire écouter… »  Donc, je suis reparti chez moi à Strasbourg et j’ai composé une petite maquette de huit chansons. J’étais excité comme une puce. Et puis, au final, je n’ai pas rencontré qu’Olivier Schultheis, j’ai aussi rencontré des gens de maisons de disques, Marco Prince aussi qui a voulu écouter ce que je faisais à l’époque. Donc, les choses avançaient… Et puis, naturellement, il me propose de travailler avec lui et il me propose une première chanson. Au fur et à mesure, les choses avancent alors que je n’avais encore rien signé avec ce bonhomme… et au final, au bout de trois ans, il ne m’a pas lâché. J’ai un album qui est juste incroyable et merveilleux. D’ailleurs, j’ai participé à la création des chansons. Ça m’a permis de me repositionner par rapport à mes chansons. Ça m’a permis de savoir comment composer une bonne chanson, de connaître les choses à faire et à ne pas faire. Je me suis aussi découvert auteur, donc au final, de toute cette aventure, je ne retiens que du positif.

La direction musicale que vous avez empruntée avec Olivier a-t-elle été claire dès le départ ?

Bizarrement, on ne s’est jamais mis autour d’une table pour en discuter. Olivier avait une idée en tête. Il m’a proposé un titre. Et c’est ce premier titre, « Louise », qu’il m’a composé qui sort aujourd’hui en tant que premier single. Le titre est là depuis trois ans. il a été modifié très très peu finalement.

Benjamin Bohem - DR

L’album va-t-il être dans la veine de « Louise » ?

Oui. Ça va être de la pop en français, très joyeuse, très entraînante qui pousse un peu au sourire, à la rigolade et à la déconnade. C’est vraiment un album qui je pense va pouvoir faire du bien. J’essaye de ne pas me prendre au sérieux, et notamment sur certaines chansons qui abordent des sujets un peu plus sérieux, où je raconte plus quelque chose. Il y a par exemple une chanson qui aborde le thème de l’amour dans laquelle je parle d’une aventure avec une fille. Je me mets moins la pression sur un thème qui parle un peu à tout le monde, qui parle d’une génération, pas forcément la mienne d’ailleurs. « Louise » raconte par exemple l’histoire d’un jeune mec qui un jour se rend compte que sa nana ne veut plus de lui et ne lui donne plus de nouvelle. Il se demande pourquoi, et c’est tout simplement parce que lui ne s’est pas rendu compte qu’il l’avait délaissée à un moment. C’est un rapport très classique des choses, mais toujours bien écrit.

As-tu écrit ou co-écrit certains textes ?

Oui. Et notamment avec Loane. C’est d’ailleurs elle qui a écrit « Louise » et c’est sur cette chanson que nous nous sommes rencontrés. Comme je le dis souvent, toutes les rencontres musicales que j’ai faites depuis quelques années n’ont vraiment été que positives. Elles ont pu révéler de belles choses. Je pense à Olivier Schultheis ou Loane. Tout a été très naturel.

L’écriture, est-ce un exercice nouveau ?

Quand j’écrivais mes chansons à l’époque, disons que j’avais un rapport à l’écriture différent. C’était de l’instinct. Il ne me serait pas venu à l’idée de me mettre dans la peau de quelqu’un d’autre. Je ne développais pas vraiment de thèmes. Je partais à l’instinct. J’avais quelques accords, un thème et une direction et je partais là-dedans. Aujourd’hui, Loane m’a appris une manière d’aborder la chose. Je fonctionne encore à l’instinct, mais j’essaye de creuser plus les choses. J’essaye de faire de mon mieux en fait. Ça me plaît au final. C’est vrai qu’aujourd’hui, je ne me sens pas d’attaque pour écrire et composer tout un album. Ces quelques années m’ont vraiment permis de maintenir un cap. Olivier m’a donné quelques directions, Loane également. Et puis aujourd’hui, j’essaye d’écrire et composer des choses. J’essaye de ne pas m’arrêter parce que c’est vrai qu’un album, c’est bien, mais j’espère un jour pouvoir écrire et composer tout un album. C’est tout un travail acharné. C’est un exercice long, mais en tout cas, c’est un exercice qui me plait beaucoup.

Concrètement, où en es-tu dans cet album ? Est-il presque terminé, terminé ou encore en chantier ?

Là, il est quasiment terminé. Les titres sont en train d’être mixés. On arrive pratiquement à la fin. On est à quelques mois, j’espère, de la sortie de l’album. On pense à juin ou septembre. Donc, voilà, les titres sont prêts, il y en a treize. Ce sont vraiment de très belles chansons. Franchement, je ne te dis pas ça parce que c’est mon album, mais avec le recul musical que j’ai, je trouve que dans la globalité il y a des chansons vraiment extraordinaires. Il y a quelques chansons que j’ai composées, j’ai mis mon nez dans certains textes, donc, c’est un album qui me ressemble et qui j’espère va plaire au public.

Tu me dis que cet album te ressemble. Peut-on dire qu’il est autocentré ? Quels sont les thèmes que tu abordes ?

C’est clair qu’il me ressemble. C’est vraiment ce que je suis. Mais j’ai aussi envie de prendre en ligne de compte le contexte actuel. J’ai envie de me faire plaisir, c’est un fait, mais j’ai surtout envie de faire plaisir aux gens. La musique c’est un partage avant tout. Quand on a créé cet album, on a pensé aussi aux gens qui allaient l’écouter et l’apprécier. J’ai essayé de tenir compte de ça. C’est pour ça que sur certaines chansons, j’ai essayé d’embarquer avec moi toute une génération. J’espère que cet album sera le reflet de ma génération. Comme tu peux le voir, je suis très fier de mon album et j’ai hâte qu’il sorte. J’ai hâte de connaître l’avis du public, des jeunes et des moins jeunes. Je pense que c’est un album qui va faire du bien. Aujourd’hui, on nous bassine avec la crise, avec le fait qu’il n’y a pas de travail pour les jeunes… Donc, sur mon album, il va y avoir des chansons où on parle de nouvelle génération, où je dis qu’on a les armes pour assumer quelque chose qui va être difficile, qu’on est prêts ! Il y a aussi une chanson comme « Smile » où, là, pour le coup, c’est vraiment du premier degré. C’est une fille qui se lève et qui n’a pas envie d’aller bosser. Et puis il y a un refrain un peu smily… Ça va être un peu la dimension de mon album. Ça va donc parler de moi, mais je vais aborder aussi des thèmes plus généraux comme l’amour. On parle d’amour dans quelques chansons. L’amour sera abordé sous différents angles. Des fois, je me mets dans la chanson, des fois je m’y mets moins pour laisser plus de place au thème principal, pour laisser les gens se l’approprier.

Tu as donc treize chansons originales qui sont prêtes. Pourquoi avoir fait le choix de revenir au-devant du public avec une reprise [« Mad World » de Tears for Fears qu’il avait repris sur un prime de la Nouvelle Star] ?

C’est un petit peu la chanson qui m’a révélé à l’époque dans la Nouvelle Star. C’est elle qui m’a vraiment permis de m’assumer vocalement et musicalement à l’époque. Je pense que j’ai fait la différence sur ce titre et du coup, revenir avec, ça a été naturel parce que j’avais envie de faire un peu le lien entre mon passage à la Nouvelle Star et le fait que j’ai grandi et que j’ai mûri également. La chanson se retrouvera aussi sur l’album. On a fait le choix de proposer une version beaucoup plus posée que la version originale de Tears For Fears. On sera plus sur une version un peu plus à la Pink Floyd avec beaucoup de réverbe et beaucoup d’ambiances synthé, etc… C’est vraiment un choix de lien entre ces deux moments extraordinaires qui me sont arrivés : La Nouvelle Star et l’aboutissement de mon album.

Des scènes se profilent-elles ?

Je croise les doigts. Je ne peux pas encore en parler, mais en tout cas on travaille dessus. On espère pouvoir me faire engager sur quelques scènes cet été. Et puis, il y aura aussi des premières parties. C’est un travail qui va être long, mais qui, je l’espère va aller loin…

Avant de te quitter, j’aimerais qu’on évoque encore un instant le téléfilm « Ma femme, ma fille, 2 bébés » dans lequel tu as incarné le rôle de Jules. Est-ce que ça t’a plu de te frotter au métier d’acteur ? Le referais-tu avec plaisir ?

C’est un exercice qui n’est pas facile. Quand on m’a contacté, on m’a proposé un premier rôle. C’est une grosse responsabilité. Et le fait est que je ne suis pas acteur, du moins, je ne me suis jamais préparé à faire de la comédie. C’est pour ça que dans ce téléfilm, on me voit en tant que second rôle parce que je n’ai pas voulu à l’époque m’engager dans quelque chose que je trouvais trop lourd à assumer. Mais franchement, c’est un exercice qui est vraiment particulier et qui me plait, ça c’est sûr. Ça m’a permis de découvrir autre chose. Avant, je n’étais vraiment que dans la musique. Aujourd’hui, le fait de découvrir un autre univers m’a ouvert un peu les horizons. Ça a été une remise en questions quelque part. Et je pars toujours du principe que dans la vie, il faut se remettre en questions à un moment où à un autre. Du coup, ma fois, c’est tout naturellement que j’ai accepté ce second rôle. Et au final, c’est une très belle histoire puisque le téléfilm a cartonné à l’époque, on a fait 5 millions de téléspectateurs. Il y a eu d’autres épisodes, un deuxième, un troisième et là, il y a un quatrième qui a été tourné et qui va être diffusé dans les prochains mois. Je n’ai pas encore la date exacte, mais je sais que c’est en cours. C’est un exercice qui m’a plu. Par la suite, pourquoi ne pas le retenter ? Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, j’ai vraiment envie de tout donner pour mon album et mon single. Il faut faire les choses étape par étape. Je n’ai pas envie de brûler les étapes. Aujourd’hui, je pense album, et par la suite, si jamais l’occasion se représentait pour un film ou un téléfilm, pourquoi pas ? Mais pas pour l’instant…

Propos recueillis par IdolesMag le 4 avril 2013.
Photos : DR









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