Interview de Benoît Carré

Propos recueillis par IdolesMag.com le 14/02/2013.
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Benoît Carré © Benoît Pétré

Après quatre albums enregistrés avec sa blonde moitié de Lilicub, Benoît Carré revient sur le devant de la scène avec son premier album solo, « Célibatorium ». Séduits par la finesse et l’ingéniosité de cet album, nous avons été à la rencontre de Benoît afin qu’il nous explique comment il en est venu à l’enregistrer dans le Nord, et plus précisément au « Célibatorium » de Pont-sur-Sambre, cet ancien dortoir où les hommes qui venaient travailler à la centrale électrique dormaient. Nous évoquerons également le très beau clip de « J’ai peur des filles » réalisé par Benoît Pétré (« Thelma, Louise et Chantal »), le touchant duo de Benoît avec sa sœur, l’actrice Isabelle Carré et ne manquerons pas de revenir un instant sur l’aventure Lilicub et son fameux « Voyage en Italie ». Rencontre avec Benoît Carré, un artiste sensible qui préfère aujourd’hui voyager en train qu’en automobile…

Benoît Carré, CélibatoriumIdolesMag : Aussi bizarre que cela puisse paraître, c’est ton premier album solo. Pourquoi avoir attendu si longtemps ? Est-ce que ça te titillait depuis un moment ?

Benoît Carré : Bonne question ! En fait, je ne me suis pas lancé plus tôt dans un projet solo parce qu’on a fait quatre albums avec Lilicub. Le dernier est sorti en 2008, il s’appelait « Papa a fait mai 68 ». Et dans ces quatre albums, je chante seul des chansons que j’ai écrites seul comme si j’étais dans un projet solo. Dans le dernier album, par exemple, il y a deux ou trois chansons que je chante seul et c’était le cas aussi dans le tout premier album. Simplement, Catherine, la voix féminine de Lilicub, venait jouer et chanter dans ces chansons qui étaient parfois écrites comme si j’étais seul. J’ai donc vraiment ressenti le besoin de faire un album entier à partir du moment où le duo devenait trop systématique. J’avais envie de défendre quelque chose d’entier, que ce soit sur disque ou sur scène. Je voulais un truc cohérent de bout en bout, qui soit le reflet de l’univers d’une personne et pas de deux.

Les bases de « Célibatorium » ont-elles été posées après le dernier album de Lilicub ou un peu avant ?

Ça s’est fait dans le temps, doucement mais sûrement, avant le dernier album de Lilicub. J’avais des idées  pour une ou deux chansons ou en tout cas des bribes qui auraient pu faire partie du cinquième album de Lilicub mais que j’ai fini par désirer dans ce projet et développer pour ce projet. J’étais aussi un peu fatigué de Lilicub et de toutes les difficultés qu’on a connues ces derniers temps. C’était très difficile de défendre notre musique parce que pour la plupart des gens, Lilicub, c’est « Voyage en Italie » et rien d’autre, alors qu’on a fait énormément de choses. On est partis au Japon, au Brésil, on a donné beaucoup de concerts dans toute la France dans une formule très légère, juste nous deux… on a fait vraiment beaucoup de choses, mais j’étais toujours confronté à « Voyage en Italie ». Ça a été un peu notre clé au début, et finalement, ce titre est devenu une prison.

Tu me parles de « Voyage en Italie », on va faire un petit aparté sur Lilicub. Le dernier album date donc de 2008, le projet est-il en standby ou bien est-ce terminé ?

C’est drôle… quand j’étais dans Lilicub, on me disait « Lilicub, c’est pas fini ? On n’en entend plus parler… » Les gens pensaient que c’était fini depuis longtemps. Et là, c’est l’inverse. On me demande si c’est réellement terminé. Je pense que c’est soit fini, soit une grande pause. Là, j’ai envie de faire un autre album, j’ai envie de continuer à défendre ce que je fais seul. Et puis, avec « Célibatorium », j’ai rencontré beaucoup de gens qui ont changé ma vie. Je pense que ce qu’on crée, c’est un peu ce qu’on vit. Ma vie a changé donc il y a de fortes chances pour que ça suive dans la chanson…

Tu signes la totalité des paroles et des musiques, quel genre d’auteur/compositeur es-tu ?

En fait, j’écris un peu tout le temps par nécessité parce que j’ai signé avec un très grand éditeur parisien, Marc Lumbroso. Il a cru en moi dès le début de Lilicub. Il avait signé Lilicub au tout début. Et là, il m’a resigné en 2009 parce qu’il avait envie de me voir écrire pour d’autres gens. Avec lui, j’ai fait tout un travail d’écriture pour plein de projets différents. Du coup, l’écriture est devenue un travail quotidien. Et d’ailleurs dans cet album, il y a des chansons que j’avais écrites pour d’autres et que j’ai fini par prendre pour moi. Ce sont des titres qui avaient été acceptés puis refusés pour des raisons obscures. Je ne me voyais pas du tout les défendre au début, et finalement, en les chantant sur scène, je me suis dit que c’étaient des chansons que je pouvais tout à fait chanter.

Quelle chanson en particulier ?

Par exemple, « Piano mécanique », qui est la toute première chanson du disque. Je l’avais écrite pour Camélia Jordana. Elle la trouvait super et puis finalement, elle ne l’a pas prise, je ne sais toujours pas pourquoi. Je ne me voyais pas du tout chanter cette chanson et finalement, c’est une de mes préférées.

Benoît Carré © Benoît Pétré

Quand tu écris pour les autres, penses-tu précisément à la personne à qui tu va proposer cette chanson ?

Oui, bien évidemment, je pense à la personne pour qui j’écris. C’est un peu comme une lettre qu’on écrit à quelqu’un. Mais ce qui se passe c’est que quand la chanson n’est pas prise, elle peut être prise par quelqu’un d’autre derrière parce qu’une bonne chanson reste une bonne chanson. C’est un peu débile ce que je dis, mais c’est vrai. Une bonne chanson, elle tient la route et elle peut trouver un interprète à qui on n’avait pas du tout pensé. Ça a été le cas pour certaines des miennes. Il y en a une que j’avais écrite pour une jeune fille et qui a été finalement chantée par quelqu’un d’autre qui n’avait pas du tout le même âge et à qui je n’avais pas du tout pensé en l’écrivant. C’est drôle… Les chansons naissent, elles sont défendues par un éditeur et puis elles vivent leur aventure, au fil des rencontres…

Tu écris des chansons depuis longtemps ?

J’écris des mélodies depuis mes huit ans, depuis que j’ai commencé le piano. Quand j’étais petit, il y avait pas mal de disques chez moi, dont un disque de Keith Jarrett qui base ses concerts sur l’improvisation. J’ai beaucoup écouté ça quand j’étais petit, ce concept me fascinait. Donc, j’improvisais des musiques que je montrais à mon prof de piano. C’est comme ça qu’au même moment que j’apprenais le piano, je composais des mélodies.

Et ta première chanson, tu l’as écrite à quel âge ?

C’était horrible, je l’ai écrite à 18 ou 19 ans. C’était vraiment minable et nul. Ce n’est pas la même démarche d’écrire une musique ou une chanson. Mais à force de travail et de persévérance, j’ai fini par en créer une dont j’étais à peu près content. Mais c’était au bout d’un certain temps… ce n’est pas venu tout de suite !

L’album a été enregistré au « Célibatorium » à Pont-sur-Sambre dans le Nord. Qu’est-ce qui t’a poussé à aller enregistrer dans ce lieu hors du commun ?

Tout a commencé par une rencontre. J’ai un ami, Jean-Christophe Urbain – un ex-Innocent, enfin ex… ce n’est pas si sûr puisque le groupe est en voie de reformation ! – qui connaissait des gens dans le Nord qui s’occupaient d’un festival, « Les Nuits Secrètes ». C’est un festival génial avec une programmation vraiment très pointue. J’ai travaillé au cours de ce projet avec des musiciens dans un lieu assez étonnant, le « Célibatorium ». C’est une espèce de résidence très années 60, très Le Corbusier. On s’y est enfermés et on y a enregistré pendant trois semaines tout ce qui était possible d’être enregistré là-bas. C’était vraiment une expérience géniale parce que justement on n’était pas en studio… J’ai rencontré des gens du conservatoire de Maubeuge, j’ai rencontré plein de musiciens de grande qualité que je ne connaissais pas. C’était comme une espèce d’orchestre hétéroclite avec plein de gens d’univers et d’horizons très différents. Ça a été une expérience unique. Je crois que ça a été même la meilleure expérience d’enregistrement que j’ai pu avoir. Pourtant, j’en ai fait des enregistrements, dans toutes les solutions possibles de studio. Là, c’était humainement très très fort.

Benoît Carré © Benoît Pétré

Te retrouver dans un endroit différent a élargi ton champ de rencontres.

C’est sûr. Je repense à ces gens du conservatoire de Maubeuge, qui sont partenaires sur ce disque. Le directeur du conservatoire retravaillait un peu les arrangements et puis les passait à des profs ou des élèves. On a été enregistrer dans une des classes. Eux n’avaient jamais enregistré dans un micro, etc… ils prenaient des cours, mais pour eux, c’était vraiment une première expérience. Ça a donné beaucoup d’énergie au disque et beaucoup de plaisir. Après, il y a des musiciens du coin qui sont venus sur le projet. Notamment Franck Marco qui est un excellent batteur. Ça a créé des liens d’amitié. C’était vraiment très fort. Moi qui suis parisien, je suis reparti de là émerveillé. Et surtout, émerveillé de pouvoir mener à bien des projets comme celui-ci, d’avoir découvert des lieux exceptionnels et d’avoir pu laisser la création s’exprimer librement et sans contrainte. Je pense qu’à Paris, ça n’aurait pas été aussi bien. Ça a été une très bonne surprise pour moi d’aller dans le Nord.

Tu fais un duo avec ta sœur, Isabelle. Qui a soumis l’idée à l’autre ?

C’est Isabelle qui m’en a parlé. Je partais justement à Maubeuge le lendemain. Nous nous étions vu à une fête. Elle m’a dit qu’elle aimerait bien que je lui écrive une chanson. Je lui ai dit que ça tombait bien puisque je faisais mon album, on pourrait faire un truc ensemble. L’idée m’a vraiment séduit parce qu’avec Isabelle, on a grandi ensemble. On a juste un an d’écart. Donc, toute notre enfance, on l’a passée l’un proche de l’autre. On a beaucoup de souvenirs en commun, les vacances et toutes ces activités qu’on faisait parce que nos parents nous avaient inscrits dans plein d’activités comme l’expression corporelle, la danse africaine, etc… Tout ça, c’est notre culture et c’est ce qui a fait ce que nous sommes devenus aujourd’hui. On se comprend tout de suite avec Isabelle, on est vraiment très proches. Et donc, quand j’ai voulu écrire cette chanson, j’ai pensé évidemment à tout ce qu’on avait en commun. Je lui ai envoyé la chanson, et elle l’a trouvée super. C’est très difficile d’écrire une chanson pour son frère ou sa sœur mais on a été super contents tous les deux.

Et l’enregistrement, ça s’est passé comment ?

C’était aussi un bonheur. En fait, c’était la première fois qu’on refaisait quelque chose ensemble depuis qu’on était petits. Quand on était petits, on inventait des pièces de théâtre ou des chansons pour nos parents. On faisait des petits spectacles comme le font les enfants. Et depuis, on n’a plus jamais fait quoi que ce soit ensemble. C’était la première fois qu’on recommençait.

Est-ce que ça vous a donné à tous les deux l’envie d’aller plus loin ?

Oui ! Ça nous a donné des idées. Isabelle a trois enfants, et on a pensé peut-être faire des chansons pour les enfants. On va continuer à faire des choses ensemble, ça c’est certain.

Va-t-elle te rejoindre sur scène ?

Oui. Je joue à Paris les 27 mars et 11 avril aux Trois Baudets. Elle va venir, on va chanter la chanson ensemble. Du coup, comme on va partager la scène, on va rechanter des chansons qu’on aimait chanter quand on était petits. Après, au-delà des concerts, oui, on a des projets, en tout cas des idées. Puisqu’on s’entend bien, autant en profiter pour faire des choses…

En parlant de scène… les titres sont assez produits et léchés sur le disque. N’as-tu pas un peu peur de les transposer à la scène, où le son est toujours plus brut ?

C’est vrai ce que tu dis… Mais j’ai donc été programmé aux « Nuits Secrètes » comme je te l’expliquais tout à l’heure, et les chansons passent très bien. Le principe, c’est que les gens montent dans un bus et ils ne savent pas ce qu’ils vont voir. C’est un concept assez spécial. Moi, je jouais dans une grange, une très jolie grange d’ailleurs. Je crois surtout aux chansons, c’est-à-dire que si la chanson tient avec une seule guitare ou un piano, elle passe partout. Et mes chansons, au départ, je les compose comme ça. Tout ce qu’on peut ajouter autour, c’est de l’habillage. Ce qu’il faut, c’est avoir de bons musiciens avec soi pour avoir un habillage sympa. Et donc, comme j’ai déjà joué ces chansons sur scène, je n’ai pas peur, je sais qu’elles passent bien. J’ai aussi la chance d’avoir un groupe excellent, qui donne de l’énergie quand il le faut, qui est fin quand il le faut, qui comprend les chansons et qui adhère totalement à leur univers. C’est un groupe qui me soutient énormément. J’ai beaucoup de chance à ce niveau-là. Ça m’inquiète toujours de monter sur scène parce que c’est à chaque fois différent et que c’est à chaque fois une remise en cause totale, mais je suis confiant dans mon groupe. Je n’ai pas peur.

Benoît Carré © Benoît Pétré

Généralement, sont-ce plutôt les mots qui te dictent une mélodie ou l’inverse ?

Ça dépend des chansons. Il y a des chansons qui partent d’une idée. Par exemple, « Le Figurant ». Je me souviens toujours très bien des moments où j’étais quand j’ai eu l’idée d’une chanson. Là, j’étais au bord d’une piscine, c’était donc très agréable. J’ai pensé aux figurants dans les films. Et quand cette idée m’est venue en tête, je me suis dit qu’il fallait absolument que je fasse une chanson avec ça. Après, il suffit de trouver le bon moment pour que la chanson apparaisse. Des fois, je suis au piano ou avec la guitare et je pars dans une espèce de flânerie musicale et c’est là que les mots me viennent presque inconsciemment, sans que je ne les contrôle en fait.

Ton rapport à la création a-t-il changé avec le temps ?

Oui, beaucoup. Je recherche toujours les moments d’inspiration quand on est devant un piano et qu’il se passe quelque chose qu’on ne maîtrise pas. Ce sont les meilleurs moments, c’est ce qu’il y a de mieux. Ce sont des moments rares. J’essaye de les provoquer, mais ce n’est pas évident. Ce qui a changé avec le temps, c’est mon rapport au texte. J’ai de plus en plus envie d’écrire des chansons où le texte soit raconte quelque chose de précis, soit donne une impression, mais en tout cas, je veux à tout prix éviter les lieux communs. Il y en a tellement dans la chanson… Je cherche toujours quelque chose qui soit personnel et qui soit unique. Je cherche l’accident dans la musique et dans le texte, je cherche quelque chose qui ne soit pas facile. Actuellement dans ce que j’entends à la radio, il y a beaucoup cette mode du truc de la mélodie super facile à la Indochine. C’était chouette dans les années 80, là ça revient vraiment. Parfois, ça va un peu trop loin dans la facilité. Mais j’aime bien aussi, je ne suis pas du tout fermé aux trucs modernes. Il y a des choses fantastiques. Mais en tout cas, ce que je recherche dans la chanson, c’est quelque chose d’original et d’unique. Surtout pas de lieux communs. Avant ce n’était pas le cas. Au tout début de Lilicub, je me laissais aller à des trucs trop faciles. Pas « Voyage en Italie », parce que ça c’était vraiment quelque chose de particulier, mais dans le premier album et dans les suivants, il y a des trucs dont je ne suis pas fier du tout… que je trouve un peu trop faciles à mon goût. Je suis assez critique envers ce que j’ai fait. Et il vaut mieux que ce soit comme ça. Si j’étais content de moi, j’arrêterais tout de suite !

De toutes les chansons qui figurent sur l’album, y en a-t-il une pour laquelle tu as un peu plus de tendresse qu’une autre et pourquoi ?

Il y a bien sûr la chanson avec Isabelle qui a été un plaisir à enregistrer. J’ai un côté justement où je me prépare des mois à l’avance pour faire quelque chose. Je suis très précautionneux. Et là, cette chanson est née pendant l’enregistrement. Donc, elle avait un côté un peu inattendu. Et c’est ce côté inattendu qui s’est transformé en vrai plaisir parce que je n’avais pas de pression sur cette chanson puisque j’avais toutes les autres de l’album. Du coup, le fait de l’enregistrer était très plaisant. La mélodie me plaisait, la chanson plaisait à Isabelle et puis, elle plaisait aux gens qui travaillaient avec moi. Ils ne la connaissaient pas avant puisqu’elle n’existait pas. L’enregistrement de cette chanson a été un moment particulièrement agréable. Après, il y a aussi la dernière chanson du disque, « Fermé pour la saison » qui a été un très grand moment. On l’a enregistrée avec un pianiste qui s’appelle Boom. Il a trafiqué son piano pour donner des effets particuliers au son. C’était un moment aussi très gracieux. Mais à ce rythme-là, je pourrais te donner une anecdote sur chaque chanson ! (rires)

Il y a un très chouette clip qui met en images « J’ai peur des filles ». Il a été réalisé par Benoît Pétré (« Thelma, Louise et Chantal »). Tu le connais depuis longtemps ?

Pas très, non. Je l’ai rencontré une nouvelle fois par l’intermédiaire des « Nuits Secrètes ». Il a réalisé d’ailleurs un très beau clip pour eux en 2011. J’avais beaucoup aimé son film « Thelma, Louise et Chantal » avec entre autres Jane Birkin. Pour le clip, on a cherché ensemble et il a eu une super idée à un moment donné. Il trouvait chouette que des filles miment mon texte. Tout est parti de là. On a loué une chambre dans un hôtel qui s’appelle « L’Hôtel Particulier ». On a fait appel à des actrices que Benoît connaissait. Grâce à lui, on a pu avoir de super bonnes actrices qui ont mimé avec brio, je trouve, tout le texte. Et puis, bien évidemment, j’ai demandé à ce qu’Isabelle soit là aussi, parce que c’est aussi une très bonne actrice ! (rires) Elle s’est bien prêtée au jeu, c’était drôle. On s’est bien amusés sur ce tournage. Et je pense que ça se ressent quand on le regarde. Je pense qu’il est agréable à regarder.

Il y a vraiment toute une ambiance et un climat particulier. Il est très réussi.

J’ai eu de la chance parce que Benoît a fait venir certains de ses amis qui ont un talent fou. Je pense notamment à Fred Birault qui tient le blog « CutbyFred ». Il a fait des coiffures magnifiques aux filles. On a eu également une maquilleuse excellente. Il a fait appel aussi à une costumière. Les actrices portent des robes incroyables dans ce clip. Et puis, il avait un très bon chef op, Martial Schmeltz qui a fait des lumières très très belles. En fait, par ce réseau d’amitié qui est venu du Nord et qui s’est un peu étendu à Paris parce que Benoît connaît pas mal de gens à Paris, on a réussi à faire un clip avec peu de moyens. Parce que tout cet album, il faut le dire a été fait avec peu de moyens. J’ai voulu faire ce dont j’avais envie et faire confiance aux gens avec qui j’ai fait cet album. Et donc, ce clip, avec peu de moyens est devenu à mes yeux un très très beau clip. J’espère qu’il en est de même pour l’album. J’avais envie de prouver qu’on pouvait faire de belles choses avec uniquement la bonne volonté des gens.

Benoît Carré © Benoît PétréC’est un beau challenge.

Il y a de la bonne volonté, mais aussi énormément de travail sur ce disque. Tous les gens avec qui j’ai travaillé ont énormément de talent et ils ont mis leur talent au service des chansons et de la réalisation. Et puis, comme c’est mon cinquième album dans la réalité, j’ai mis dedans tout ce que j’avais appris des précédents. J’y ai mis beaucoup de temps et d’énergie pour que l’album soit bon, mais aussi pour honorer tous les gens qui ont travaillé dessus. Après avoir enregistré quasiment jour et nuit avec tous ces gens, j’avais comme un devoir et surtout la volonté que cet album voit le jour, déjà, et qu’il soit le mieux possible. Après l’enregistrement, j’ai travaillé seul pendant un mois entier pour trier tout ce qu’on avait enregistré. Après, j’ai eu la chance d’avoir un producteur qui vient de Marseille, pour le coup il vient vraiment du sud, qui a investi dans un très très bon mixage. En fait, les moyens se concentrent financièrement dans le mixage. Et c’est pour ça aussi que ce disque est très beau parce qu’il a été mixé par un excellent ingénieur du son qui s’appelle Bruno Dejarnac. On a mixé ça à Paris. C’est vraiment un album de major dans les faits, sauf que je l’ai enregistré dans le Nord et mixé à Paris. Il y avait tellement de matière dans ce disque qu’il fallait un très très bon mixage. J’ai eu de la chance d’être bien entouré. Et c’est pour ça que je le porte autant ce disque. Finalement, la célébrité, ça m’intéresse assez moyennement. Ce qui m’intéresse, ce sont les projets et les aventures. Et là, c’est vraiment le cas, c’est une aventure et un projet que je vais porter jusqu’au bout puisque c’est avant tout une très très belle histoire…

L’idée d’un court ou moyen métrage autour des chansons de l’album avec différents clips réalisés par Benoît Pétré a été envisagé un temps. Où en est ce projet ?

C’est un projet qu’on avait envisagé, mais finalement, ça coutait trop cher. Mais c’est une idée que je finirai par réaliser parce que cet album, je pense qu’il est assez cinématographique. Si l’album fonctionne et qu’on a un peu de moyens, on le fera parce que Benoît était partant. On a déjà des tas d’idées de clips pour plusieurs chansons. Quand on se voit, on en parle. Si ce disque a un petit écho, il y aura donc d’autres images. Mais tu sais, le tournage d’un clip, ça dure une journée. Donc, faire venir des gens sur une journée, c’est faisable. Mais si on part sur un court-métrage, on part sur une semaine de tournage minimum. Et c’est difficile de demander à des gens de venir bosser quasi gratos pendant une semaine. Là, il faut vraiment qu’il y ait de l’argent. De toute façon, l’argent, c’est le nerf de la musique… Il y a quand même des limites qui nous empêchent de faire complètement ce qu’on voudrait faire, mais bon…

Propos recueillis par IdolesMag le 14 février 2013.
Photos : Benoît Pétré









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