Interview de Lou Volt

Propos recueillis par IdolesMag.com le 21/03/2013.
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Lou Volt © Mathieu Lombard

L’intrépide et pétillante Lou Volt est de retour avec un excellent nouvel album, « Cocotte Minute »,  écrit par ses complices Xavier Thibault et Eric Toulis, l’occasion pour nous d’aller à sa rencontre afin d’en savoir un peu plus sur cet opus, mais aussi d’évoquer la chanson humoristique qui est, somme toute, assez peu présente dans les médias aujourd’hui. Nous ne manquerons pas non plus de parler du spectacle qui accompagne la sortie de cet album (Lou Volt se produira notamment le 22 avril au Petit Palais des Glaces à Paris et en off à Avignon cet été) et du Grand Orchestre du Splendid au sein duquel Lou est chanteuse, ne l’oublions pas ! Rencontre pleine de vie et de rire avec Lou Volt, une artiste électrique !

IdolesMag : Quand ce nouvel album a-t-il commencé à prendre forme?

Lou Volt : Il a commencé à prendre forme en juin 2011. Il y a donc un an et demi à peu près. Il a fallu environ un an pour écrire les chansons. Après, on l’a réalisé pendant l’été. Ensuite, il a fallu organiser la sortie, etc…

Lou Volt, Cocotte MinuteC’est Xavier Thibault qui écrit la majorité des textes. Comment travaillez-vous avec lui ?

C’est un peu mon pygmalion. Ça fait dix ans que j’ai intégré la troupe du Grand Orchestre du Splendid. À un moment donné, il m’a dit qu’il pensait que je pourrais parallèlement tracer ma route en solo. Il m’a écrit un premier album assez réussi, mais qui restait un premier album sur lequel on essayait des choses. Ça a débouché sur un spectacle qui là par contre a bien fonctionné puisque j’ai tourné avec pendant six ans. Après, on a fait le Casino de Paris avec le Grand Orchestre du Splendid en 2011. Xavier m’avait vraiment donné une place de choix. Je faisais beaucoup de choses et je crois que je ne me suis pas trop mal dépatouillée… (rires) À la suite de ça, il m’a dit qu’il voulait qu’on réécrive des chansons et qu’on remonte un spectacle. En fait, je suis sa chanteuse au sein du groupe et en même temps, il m’encourage sur cette carrière solo avec beaucoup de bienveillance. Mais… il ne me fait pas de cadeau non plus ! Il est très exigent. C’est une vraie rencontre qu’on a eue. Il a toujours été intéressé d’écrire des choses pour moi. Et donc, c’est lui qui signe, avec Eric Toulis tous les textes.

Soufflez-vous des idées à vos auteurs ou bien les laissez-vous faire dans leur coin ?

Les deux me connaissent suffisamment et ils connaissent suffisamment ma vie pour partir sur des idées sans que je doive leur dire que j’aimerais qu’ils m’écrivent une chanson sur tel ou tel truc… On est très très souvent ensemble. Donc, à partir d’un moment, ils m’écrivent des trucs sur mesure. Par exemple « Le Dîner aux Chandelles », c’est certainement une histoire que j’ai racontée à sa femme et que Xavier a entendu. Il ne parle pas beaucoup Xavier, mais il écoute tout… (rires) Donc, la plupart des textes partent de mon expérience personnelle.

Vous est-il déjà arrivé de leur refuser des textes ?

C’est difficile de refuser un texte à monsieur Xavier Thibault !!… (rires) Mais en général, on suit ensemble l’évolution d’une chanson. De toute façon, il tape toujours assez bien dans le mille. Mais parfois, il y a certaines choses que je lui demande de modifier, mais ça arrive assez rarement. Ce qui peut arriver aussi c’est que je ne trouve pas la façon de la faire sur scène, parce que ce sont aussi des chansons à voir. Alors parfois, ça met six mois ou un an avant que je ne trouve le truc. J’en ai assez peu abandonnées, mais il y en a que j’ai dû laisser sur le côté parce que je ne trouvais pas la solution pour les faire sur scène.

Êtes-vous tentée par l’écriture ?

Je pense qu’à ce niveau-là, je n’appartiens pas à la variété d’aujourd’hui. Je me sens vraiment interprète. Vraiment. Je ne devrais pas vous dire ça parce qu’après, on va me coller une étiquette « années 50 », mais je me sens proche des Juliette Gréco et ce genre d’artistes qui reconnaissent qu’il y en a d’autres qui écrivent beaucoup mieux qu’eux. Donc, à partir du moment où je suis entourée de gens qui écrivent très très bien et qui composent des musiques très fortes, je me dis que je préfère chanter leurs chansons. C’est peut-être un complexe mal placé, je ne sais pas… ça ne me frustre pas de ne pas écrire. Par contre, je suis la chanson jusqu’au bout. L’interprétation va jusqu’au bout. Je produis aussi les choses que j’interprète. Je les défends jusqu’au bout mes chansons. C’est mon travail.

Ça vous donne peut-être même plus de liberté quelque part.

Oui, vous avez raison. Les gens peuvent être surpris de la façon dont j’interprète les chansons. C’est en soi un vrai travail. Et je me rappelle d’une anecdote qu’Arlette Tabart m’avait racontée. Marie Laforêt était rentrée en studio pour enregistrer « Viens, viens ». C’est une chanson qui était écrite pour son père qui était parti, et elle en a fait une espèce de truc presque complètement hors sujet puisque c’était devenu un truc presqu’un peu sexuel ! (rires) Tout le monde au studio se demandait ce qu’elle faisait, tout le monde trouvait que c’était du n’importe quoi. Et ça a fait un carton ! Donc, l’interprète a vraiment un travail à faire. Ce n’est pas juste servir une chanson, c’est aussi un boulot de comédienne et de chanteuse. Vous savez, je le cite souvent dans mes références, mais Yves Montand est quelqu’un que j’admire vraiment.

Lou Volt © Mathieu Lombard

Comme vous me le disiez tout à l’heure, vos chansons sont très visuelles. Était-ce tout de même important pour vous qu’elles soient gravées en audio sur CD ?

Oui, tout à fait. Et c’était pour moi plus important encore qu’elles soient gravées en tant que chansons que sur un DVD. On aurait pu le faire dans ce sens-là aussi. Mais je pense qu’une fois que les gens ont vu les chansons sur scène, ils sont heureux de pouvoir les réécouter, et pas forcément avec l’image. L’image, ça leur appartient. Ils mettent leur histoire dessus, peu importe. Et en plus, je pense qu’il faut que les chansons existent. Alors, à une époque où on ne vend plus beaucoup de disque, ça peut paraître bizarre de dire ça, mais c’est important qu’elles soient gravées les chansons. C’est comme une photographie d’un instant qu’on a passé ensemble. Donc, oui, c’était important d’enregistrer cet album.

Comment appréhendez-vous le studio ? Là, vous y êtes sans public… l’énergie n’est pas la même.

En fait, on a l’habitude avec Xavier de travailler ensemble. Et puis assez souvent, Eric passait aussi pour donner son point de vue, qui est peut-être un tout petit peu plus rock’n’roll. Et ça, c’était vachement intéressant aussi. On avait l’arrangeur et le dérangeur en même temps. Ça a été très intéressant sur cet album. Xavier me dirige un peu comme pour un travail de comédien. On parle un peu de l’intention qu’on voudrait mettre dans la chanson, comment il voit les choses. Il me livre des maquettes, je travaille dessus et puis je reviens en studio. Et en studio, il fait aussi un travail de correction de tout ce qui pourrait être fausseté ou pas en place. C’est un vrai travail de musicien. Je ne suis pas une comédienne qui chante, je suis une chanteuse qui joue la comédie. Ce n’est pas le contraire. Donc,  pour lui, il faut que ce soit complètement impeccable au niveau musical. Là-dessus, il est super exigent.

On l’entend sur le disque, rien n’est laissé au hasard.

Ah, ça, je vous l’accorde ! Il ne laisse rien passer (éclats de rire) Donc, quand ça ne va pas, je retravaille les morceaux. J’ai pris un prof de chant et avec, j’ai énormément travaillé la mise en place et la justesse. Et au milieu de tout ça, il faut aussi que ce soit interprété. C’est un travail passionnant. Comme vous me le disiez, il n’y a pas de public en studio, c’est donc un tout autre travail que celui de la scène. Mais c’est un travail qui prépare vachement bien la scène. C’est comme une première étape, mais une première étape capitale pour amener à soi les chansons. Après, on pourrait penser à un disque live, mais ça c’est une autre histoire.

Comment avez-vous choisi ce titre « Cocotte Minute » ?

(éclats de rire) Vais-je oser vous raconter la vérité ?!... On ne trouvait pas vraiment de titre. Eric avait sorti un album qui s’appelait « Centrale Vapeur ». Et Françoise Sauvillé, la costumière qui a fait un travail remarquable pour les photos qui sont dans le livret, qui est donc la femme de Xavier, me dit un jour au téléphone « tu ne vas quand même pas l’appeler Cocotte Minute après Centrale Vapeur ?!... » (rires) Et je lui ai répondu « Mais si Françoise, c’est vachement bien Cocotte Minute ! » Il y a des cocottes dedans… Alors, après, on s’est demandé comment le justifier ! Disons, qu’il y a le côté rétro de la cocotte, que c’est un objet traditionnel qui fonctionne toujours. C’est plus joli qu’autocuiseur, vous ne trouvez pas ? Et puis, ça faisait un joli bruit les cocottes-minute, ça faisait de la buée sur les carreaux aussi… Comme mon album !

Vous faite un clin d’œil à la « Fernande » de Brassens sur « Je chante sur bande ». Est-ce un artiste qui a compté pour vous ?

C’est avant tout un artiste qui a beaucoup compté pour l’auteur qui a écrit la parodie, Eric Toulis. Eric a beaucoup écrit de parodies de Brassens dont une qui marche à mort sur le web. Je me suis rendue compte en le fréquentant que pour les gens, Brassens, c’était énorme. Du coup, à la suite de ça, j’ai commencé à regarder de plus près tout ce qu’il avait fait. Je me suis rendue compte que je connaissais un certain nombre de chansons, mais pas tout. Donc, je me suis intéressée à la suite de ça plus précisément à l’œuvre de Brassens. Brassens a beaucoup compté pour moi après. C’est en tout cas quelqu’un qui compte beaucoup pour les auteurs-compositeurs-interprètes, c’est sûr. Dans ma famille, on aimait beaucoup Brassens aussi, mon beau-frère était un fou de Brassens.

Vous me parlez de votre famille… Qu’écoutait-on chez vous quand vous étiez enfant ?

Eh bien, on n’écoutait pas tant de musique que ça. Par contre, j’avais une grand-mère qui chantait extrêmement bien. J’ai une sœur aussi qui chante du classique extrêmement bien. Ce n’est pas vraiment son métier, elle le fait en semi-professionnelle. Du coup, mes nièces aussi baignent là-dedans. Du côté de mes sœurs, c’est plus de la musique classique. Et du côté de mon père, c’était du jazz Nouvelle-Orléans et des choses comme ça.

Et vous ?

Par contre, moi, j’ai toujours été passionnée par la variété. J’aime vraiment de tout. J’ai des goûts très éclectiques, ça va de Johnny à Billie Holiday. Je sais que c’est un peu bizarre, mais j’aime vraiment plein plein de choses.

Lou Volt © Mathieu Lombard

Avez-vous rapidement voulu faire du spectacle ?

Non, non. Ça a été très compliqué parce que justement il n’y avait pas du tout de saltimbanques dans cette famille. On ne pensait pas que ça pouvait être un métier. C’est peut-être plus facile dans la tête des gens avec les émissions de télé qu’on fait actuellement. Effectivement, c’est un métier formidable, mais c’est tout de même assez difficile. Donc, j’ai fait des études, j’ai un Bac+6. J’ai même passé un an à Sciences-Po Paris. C’est là que tout s’est déclenché. Je chantais beaucoup, c’était dur pour moi d’être là. Je sentais que ce n’était pas ma place. Je n’ai pas eu l’examen de fin d’année et ma grande amie que j’ai rencontrée là-bas m’a dit que mon truc c’était vraiment la chanson, qu’il fallait que je fonce là-dedans. Elle, maintenant, elle est coach en développement personnel à un très haut niveau, on va dire que j’ai été un peu son premier cobaye… (rires)

Quels sont vos débuts avant d’intégrer le Grand Orchestre du Splendid ?

J’ai chanté un peu dans les cabarets. J’avais un duo avec un garçon que vous connaissez peut-être, qui s’appelle Vartoch…

… qui fait les chœurs sur l’album d’ailleurs…

… Oui ! C’est mon grand grand copain. J’ai chanté avec lui au Piano Zinc comme l’ont fait Virginie Lemoine ou Valérie Lemercier. Je chantais partout où on me proposait de chanter. Ensuite, j’ai rencontré le Grand Orchestre du Splendid pour lequel j’ai fait un premier remplacement. J’ai remplacé Alice Morvan-Prévost, la fameuse Vampirella du Démon, qui était enceinte. Là, je suis restée un an avec eux. Ensuite, elle est revenue et pendant sept ans, j’ai monté une troupe qui s’appelait « L’Air de Paris » avec deux autres filles, Marie Line et Bonbon. On a fait le Café de la Gare notamment et on a énormément tourné. Ça a assez bien marché, c’est un spectacle qui nous a fait manger pendant sept ans. Pendant ce temps, Xavier me suivait toujours. Et c’est d’ailleurs Françoise Sauvillé qui faisait les costumes de « L’Air de Paris ». On avait le même metteur en scène que celui du Splendid, donc, Xavier a vu comment tout ça évoluait. Et puis à un moment donné, il y a eu bascule et il m’a demandé si je voulais revenir et intégrer la troupe, mais pas comme remplaçante, comme partie intégrante de la troupe. Et du coup, c’est reparti avec eux depuis dix ans.

Que vous a appris ce travail avec le Grand Orchestre du Splendid ? Une belle rigueur, déjà, j’imagine…

Le Splendid, ce sont vraiment des amis. Xavier et Frédéric, c’est un peu une autre famille, une famille d’artiste que je n’avais pas. En plus, eux, ils ont les codes puisque leur père est Jean-Marc Thibault. Ils savent comment ça marche ! J’avais besoin que des gens m’expliquent. C’est grâce à eux que j’ai vraiment compris comment ça fonctionnait. Et puis, c’est à la fois une école de rigueur et de fantaisie. On se marre, oui, mais ce n’est pas que de la déconne. C’est très rigoureux. Tout est écrit, tout est très précis. C’est vraiment une école du music-hall. Et puis, je trouve qu’ils mettent la barre assez haut. Et j’aime bien cette ambition-là. C’est peut-être à l’ancienne, je ne sais pas ! (rires) Mais je pense que les gens qui réussissent ont toujours mis la barre haut. Il faut toujours être ambitieux dans ses projets. Eux ne transigent pas avec ça. Ils trouvent toujours des solutions pour qu’on ait de beaux costumes, qu’il y ait des cuivres, des cordes… C’est comme ça et pas autrement.

Vous êtes actuellement sur scène avec deux spectacles très différents l’un de l’autre. D’une part, le vôtre avec « Cocotte Minute » et d’autre part avec le Grand Orchestre du Splendid. On va d’abord parler du vôtre si vous le voulez bien. Que va-t-il se passer sur scène ? Allez-vous jouer l’intégralité de l’album ? Va-t-il y avoir des nouvelles chansons ? Des anciennes ?

On va prendre les meilleures chansons qu’on avait sur le précédent spectacle et puis, on va jouer à peu près l’intégralité de l’album. Après, il faut les essayer, certaines chansons seront peut-être éliminées avec le temps. Là, déjà, je suis en train de parcourir la France en faisant des petites scènes pour tester un peu le truc. Je pense qu’il y aura grosso modo un tiers d’anciennes chansons et deux tiers de nouvelles chansons.

De toutes les chansons qui figurent sur « Cocotte Minute », y en –a-til une que vous prenez plus de plaisir à chanter qu’une autre ?

[Lou réfléchit…] J’aime beaucoup la première, évidemment, « Le Dîner aux Chandelles ». Il y en a une aussi qui est en train de prendre une ampleur assez incroyable, c’est « La Teuf à la Touf’ ». Les gens l’adorent ! Je ne pense pas qu’elle pourra passer en radio, celle-là… ce sera un peu compliqué ! (rires) Mais sur scène, je pense qu’elle va faire un carton. C’est une chanson très agréable à chanter parce que les phrases sont très jolies et il y a de super arrangements. Et puis, il y a cette coupure qui fait toujours son effet. Les gens sont sidérés, c’est incroyable !

Lou Volt © Mathieu Lombard

D’un autre côté, vous êtes également en tournée avec le Grand Orchestre du Splendid et vous avez notamment intégré la tournée « Âge Tendre ». Vous qui êtes une vraie artiste de scène, comment vivez-vous le fait de vous produire juste une quinzaine de minutes, deux fois par jour ? N’est-ce pas un peu frustrant ?

Alors… (rires) Je vous accorde que c’est assez particulier comme exercice !! C’est sûr. Surtout que là, j’ai vraiment pris l’habitude du solo, et je me retrouve dans une troupe… et ce n’est même pas dix minutes que je fais sur scène, c’est bien moins ! Donc, oui, c’est un drôle d’exercice. Ça rejoint aussi un peu l’école du Splendid. C’est en même temps l’école de la mégalomanie puisque le projet est ambitieux, et celle de la modestie. Vous faites partie d’une troupe. Une chanteuse fait partie d’un orchestre en réalité. Et Xavier, très franchement, il a autant de considération pour les cuivres que pour sa chanteuse ! Il est musicien avant tout, il est chef d’orchestre. Donc, cette tournée, elle apprend la modestie. Mais c’est vachement intéressant de regarder les autres chanteurs. C’est assez impressionnant. Evidemment, je regarde Annie Cordy. J’adore ce qu’elle fait. Et Dave aussi, c’est incroyable ce qu’il fait. C’est fou. J’ai rarement vu quelqu’un d’aussi à l’aise sur scène. Alors bien évidemment, je n’en suis qu’au début, on a juste fait quelques dates, donc, je ne peux pas trop vous en parler. Mais c’est vachement intéressant.

Avant de vous quitter, j’aimerais qu’on parle un instant de votre fiston de cœur, Jacques Air Volt, parce qu’on aime beaucoup ce qu’il fait…

(éclats de rires) Allons-y… Comme vous l’avez dit, ce n’est pas mon fiston réellement, c’est mon fiston de cœur. C’est plus mon neveu… Il ne fait pas du tout la même chose que moi. J’aime bien ce qu’il fait. C’est ambitieux aussi ce qu’il essaye de faire. C’est une autre planète musicale que la mienne, mais j’essaye de lui donner des conseils. Ce que j’ai appris, j’ai envie de le lui transmettre. Pas musicalement, mais plutôt dans des choix de production, des choses comme ça… C’est ce que j’essaye de faire pour lui. J’aime beaucoup le gars, je trouve qu’il est très chouette. On avait parlé du fait qu’il dise que j’étais sa maman dans sa bio. Il m’a demandé si je l’autorisais à dire ça… J’ai bien entendu dit oui. Je n’ai pas d’enfant, moi. Et quand on n’a pas d’enfant, on a souvent des rapports incroyables avec des neveux ou des nièces à qui on transmet des choses. Lui, il a l’âge de mes nièces et quand il m’a demandé s’il pouvait mettre dans sa bio que j’étais sa mère, je lui ai dit que s’il le sentait comme ça, qu’il le fasse ! Ça ne me gênait absolument pas. Je lui transmets des choses comme Xavier a pu m’en transmettre. Et puis, lui, c’est pareil que moi, il n’a pas pris la voie la plus simple… Là, il a encore produit une chanson de 12 minutes… (rires) Et en même temps, c’est bien qu’il le fasse comme il le sent. C’est ce que j’ai fait. Le chemin est long, mais ça vaut le coup.

Effectivement, avec la chanson humoristique, vous n’avez pas pris le chemin le plus facile non plus…

(rires) C’est le moins qu’on puisse dire ! C’est un drôle de chemin. Mais il faut s’accrocher à ce qu’on a envie de faire. Il ne faut pas essayer de trop transiger. Il faut faire ce qu’on pense bien pour soi, et puis après, on voit… Vous savez, là, je vois qu’aujourd’hui petit à petit les gens me connaissent. Je fais une carrière, qui certes n’a pas encore « explosé » entre guillemets, mais qui me fait très bien vivre depuis des années…

La chanson humoristique est assez peu présente dans les médias finalement. Comment l’expliquez-vous ?

C’est d’une tristesse… Je ne l’explique pas et je trouve ça vraiment regrettable. Je trouve que notre époque est beaucoup trop politiquement correcte. Si vous faites du rap, vous avez tous les droits et tout d’un coup, si vous faites de la variété, vous n’avez plus aucun droit. Je ne pige pas. Je ne comprends pas comment ça fonctionne, c’est très bizarre. Dans les années 30, il y avait des chansons marrantes. C’était un style qui avait le droit d’exister. Je ne sais pas pourquoi ce n’est pas plus médiatisé aujourd’hui. Est-ce qu’on fait de la sous-chanson ? Je n’en ai en tout cas pas l’impression ! Musicalement, ce qu’on a fait est vraiment ambitieux. On ne peut pas dire le contraire. Les chansons sont drôles… Je ne comprends pas ! Regardez les humoristes, ils sont extrêmement à la mode depuis des années. Et j’ai l’impression que la chanson humoristique, il n’y a que les imitateurs qui ont le droit d’en faire actuellement. Il y a quelque chose qui me gêne là-dedans. Ce sont les imitateurs qui ont les orchestres. Je ne comprends pas. Il y a quelque chose de bizarre, mais c’est comme ça. C’est un peu comme si c’était la chanson qu’on décalait qui seule avait le droit d’être drôle, et pas la chanson en elle-même. C’est un peu la même chose avec les Restos du Cœur. Nous sommes dans une époque où on aime décaler les choses qui existent déjà. C’est ça l’humour… C’est bien parce que ça fait partie de l’humour, mais l’humour ce n’est pas que ça… Après, c’est toujours pareil, il suffit qu’il y ait quelqu’un d’un peu fou et de respecté qui donne l’autorisation d’écouter ce genre de trucs et puis après tout le monde trouvera ça très bien… (rires) La balle est dans leur camp…

Propos recueillis par idolesMag le 21 mars 2013.
Photos : Mathieu Lombard ; costumière : Françoise Sauvillé
Site web : http://www.louvolt.com/

Lou Volt se produira notamment le 9 avril à La-Roche-sur-Foron (74), le 10 à Abondance (74), le 11 à Anthy (74), le 18 à Montargis (45), le 22 au Petit Palais des Glaces (Paris 10ème), le 27 à Salbris (41), le 18 mai à Buxy (71) et cet été en Avignon (84). Elle sillonne également les routes de France avec le Grand Orchestre du Splendid, et notamment dans le cadre de la tournée Âge Tendre.









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