Interview de Margaux Avril

Propos recueillis par IdolesMag.com le 23/01/2013.
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Margaux Avril - DR

Le premier album de Margaux Avril sera bientôt dans les bacs. Séduits par la fraîcheur de son titre « L’Air de Rien », nous avons été à la rencontre de la jeune artiste afin qu’elle nous en dise un peu plus sur son parcours et cette rencontre avec Tristan Salvati qui a tout déclenché… Elle nous expliquera comment Alex Beaupain et Marc Lavoine sont arrivés eux aussi sur son projet. Rencontre avec une artiste pleine de vie définitivement pop et pétillante !

IdolesMag : Avant de parler de ton premier album, j’aimerais si tu le veux bien retracer ton parcours dans les grandes lignes. Viens-tu d’une famille d’artistes ou en tout cas d’une famille où la musique avait de l’importance ?

Margaux Avril : Je viens d’une famille d’artistes, mais plutôt des artistes de l’image  que de la musique. On a tout de même baigné dans une ambiance musicale. Mes parents écoutaient de la musique tout le temps en fait, et mes sœurs aussi. Donc, ce n’étaient pas des musiciens ou quoi que ce soit, mais c’étaient de fervents amateurs de musique. Le côté musicienne… je l’ai fait un peu de mon côté ! Je n’imaginais pas une journée sans écouter de la musique, et c’est le cas aujourd’hui encore.

Quelle musique écoutaient-ils ?

Ils écoutaient un peu de tout. Notamment du classique. Pas mal de classique. Du Vivaldi, on en parlait d’ailleurs tout à l’heure. Mais ils écoutaient aussi Pink Floyd, Brassens ou Claude Nougaro. On écoutait, comme tu le vois, un peu de tout, on avait une assez bonne bibliothèque musicale ! (rires) Mes sœurs, elles, elles étaient plus rock…

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Et toi, vers quelle musique t’es-tu dirigée ?

J’ai grandi avec toutes ces musiques que je viens de te citer, et ce sont vraiment des références pour moi. Le classique reste très important. J’en écoute encore beaucoup aujourd’hui. Beaucoup de piano, notamment. En fait, j’ai fait du piano au conservatoire il y a quelques années. J’y ai appris le solfège et j’y ai fait de la chorale, un peu de théâtre aussi. Le rock que j’ai écouté, du coup, il venait de mes sœurs. J’ai écouté Muse avec elles. J’ai écouté du Gérald de Palmas aussi et tout ce qui passait à la radio. Comme tu peux le remarquer, j’ai écouté plein de choses différentes. Aujourd’hui, finalement, même si c’est un peu bateau de dire ça, j’écoute vraiment de tout. J’écoute Lily Allen en boucle, tout comme Florence + The Machine, Muse, les Strokes… Et puis, pour le moment, je suis en train de réécouter du Bashung, du Souchon, du Julien Clerc, du Jean-Louis Aubert, du Benjamin Biolay, du Raphael… Maintenant que je fais de la musique et que j’écris, je me dois d’écouter des choses très différentes les unes des autres.

Est-ce à l’époque où tu as appris le piano au conservatoire que tu as commencé à écrire des chansons ou est-ce venu plus tard ?

L’envie de créer a toujours été là, en fait. Je pense que j’étais un peu bloquée, pas par le manque de connaissances, mais plutôt par le manque de moyens techniques. J’ai toujours eu cette envie de créer en moi. J’ai toujours écrit des poèmes et des textes par exemple. Du coup, je pense que l’envie d’écrire des chansons était là depuis toujours. Et puis la rencontre avec Tristan a tout déclenché…

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Est-ce que ça a été tout de suite évident entre vous quand vous vous êtes rencontrés ?

Oui. Absolument. On avait des amis en commun. Pour moi, faire de la musique, c’était un peu un rêve. Je ne pensais pas pouvoir un jour le faire d’une manière plus sérieuse que ça. Je ne pensais pas qu’un jour ça m’arriverait vraiment. J’avais déjà fait un peu de musique. Du coup, quand on s’est rencontrés avec Tristan et qu’il a vu que j’avais aussi ma propre manière d’interpréter des chansons et que je pouvais apporter ma propre personnalité à un titre, il a tout de suite eu envie d’aller plus loin. Et c’est ce qu’on a fait.

La direction musicale que tu as prise pour le EP et pour l’album, ce côté un peu pop, frais, pétillant, a-t-elle été définie dès le départ de votre collaboration avec Tristan ? Ou bien avez-vous exploré d’autres univers ?

Non, on a fait ça directement. En fait, on ne s’est pas posé de question. On a eu une démarche très spontanée dans l’écriture. On n’a pas voulu se compliquer la vie. On a juste fait ce qu’on avait envie de faire. On a créé des mélodies qui nous semblaient assez entraînantes et entêtantes. Cet univers qui se dessinait nous faisait beaucoup penser à celui de Lily Allen. Elle a été une de nos sources d’inspiration avec ce côté pop et frais qu’elle a, et à côté de ça, des textes qui sont un peu plus cyniques, à prendre au deuxième degré, qui sont un peu inattendus. Ce sont des petites chansons qui sont un peu autant de petits clichés de ce qu’on entend et de ce qu’on peut dire tous les jours. Cet univers me plaisait et du coup, on est partis dans cette direction. Mais on a analysé tout ça après coup. On s’en est vraiment rendu compte après, quand on a commencé à en parler. Sur le coup, on ne s’est posé aucune question, toute cette réflexion est venue après.

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Comment bossez-vous tous les deux ?

On a beaucoup de manières de fonctionner. Souvent, on nous pose la question de savoir comment on écrit nos chansons… et je réponds qu’il n’y a pas de règle. Il y a de tout. Je peux très bien arriver avec des bouts de textes et alors on va commencer à chercher une mélodie ou inversement Tristan va m’envoyer quelques notes ou un début de chanson et je vais écrire un texte dessus. Ou alors, on se met ensemble et on cherche tous les deux. On est tous les deux dans un esprit de création en permanence. Donc, on écrit et on compose des trucs un peu tout le temps. Et du coup, quand on se voit, on met tout ça en commun et on essaye d’en faire quelque chose de bien…

Tu t’es inscrite sur Noomiz et c’est là-bas que tout a commencé. Tu as été catapultée en tête du Top Noomiz et tu as été repérée par différents labels… N’as-tu pas eu un peu peur quand tu as signé avec Universal (AZ) ?

 Je vais être très honnête avec toi… je n’ai pas eu le temps d’avoir peur de quoi que ce soit. Tout a été tellement vite ! Même là, j’ai encore un peu de mal à réaliser tout ce qui m’arrive… Je me suis retrouvée du jour au lendemain à répondre à des interviews et à passer à la radio… Alors, oui, évidemment, on s’est posé beaucoup de questions, mais on a été tellement surpris, on ne s’y attendait tellement pas que sur le coup, on n’a pensé qu’au positif. C’est tout de même génial qu’une major s’intéresse à tes chansons ! Et puis, finalement, ce sont eux qui sont venus à nous et pas l’inverse. On a tout de même rencontré plusieurs labels. Et finalement, la rencontre avec AZ a été assez évidente parce qu’ils ont tenu compte d’une chose essentielle à mes yeux, c’est que je voulais continuer à travailler avec Tristan. Et puis aussi, ils ont tenu compte de mon univers, puisque je fais de la photo à côté. C’était important pour moi de garder mon univers et ma personnalité. Ils l’ont compris. Ils ne m’ont pas prise en tant qu’objet, mais en tant qu’être humain. Ils n’ont pas voulu me façonner et m’emmener dans un truc complètement différent de mon univers. Non. Donc, on a signé avec eux. Et finalement, on est restés assez fidèles à ce qu’on avait fait au départ, tous les deux avec Tristan. Ils ont voulu que je garde ma personnalité artistique et ce que j’étais. Alors, à côté de ça… évidemment, signer dans une major, c’est aussi d’autres enjeux. C’est un changement de vie, et on ne s’y attendait pas. Mais finalement, j’en suis assez contente, parce que j’ai autour de moi une super équipe qui, au-delà de s’intéresser à nos morceaux, s’est intéressée à notre univers aussi. C’était très important pour nous.

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Comme tu viens de m’en toucher un mot, on va évoquer un instant la photo. Tu fais donc des études de photo. Qu’est-ce que la photo t’apporte en plus de la musique et vice versa ?

Je ne sais pas si une discipline compte plus que l’autre à mes yeux. Je ne pense pas dans le fond… Quand j’ai commencé à faire de la musique et à faire de la photo en parallèle, je me suis rendu compte que la démarche et la manière de faire étaient assez similaires. Quand on écrit une chanson, un texte notamment, on observe ce qu’on a autour de soi. On transforme un peu la réalité. Et la photo, c’est une manière de prendre le temps de regarder ce qu’il y a autour de soi. Il faut se poser et observer. Prendre une photo se rapproche en ça de l’écriture d’une chanson, c’est qu’on est dans le temps, mais en même temps hors du temps. C’est un sentiment que je retrouve dans les deux disciplines. Les sources d’inspirations sont aussi un peu les mêmes…

Les thèmes que tu abordes dans tes chansons sont-ils les mêmes que ceux que tu traites quand tu prends un cliché ?

Non. Pour le coup, pas du tout. La chanson, c’est plus du domaine de l’intime. Peut-être que c’est dans la démarche artistique que la chanson et la photo se rejoignent. Les deux restent toujours quelque chose de spontané. Après, je ne voudrais pas que les gens pensent que toutes les chansons qui figurent dans l’album sont du vécu et sont autobiographiques, mais elles parlent de mon expérience, des choses que j’ai pu vivre ou en tout cas voir dans mon entourage. Quand je photographie, la démarche est la même. Je vais photographier des proches, des moments particuliers, des endroits ou des lieux qui m’inspirent.

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Tu continues tes études de photo en parallèle de la promotion de l’album. N’est-ce pas un peu difficile de mener les deux de front ?

Je ne vais pas te mentir… c’est très difficile de tenir le rythme parce qu’il y a deux pressions différentes. Il y a des enjeux aussi parce qu’à la fin de l’année, je passe mon mémoire et que j’ai envie d’avoir mon diplôme. J’ai envie aussi de faire au mieux pour mon album. Donc, oui, c’est difficile de mener les deux projets de front. C’est un rythme à acquérir. Et c’est un rythme que je découvre. Mais je trouve ça tellement magique de pouvoir vivre de mes deux passions, de pouvoir en parler… C’est finalement une formidable aventure humaine dans laquelle je rencontre un tas de gens et où je suis amenée à bouger beaucoup plus qu’avant. L’aventure musicale me permet finalement d’avoir beaucoup plus de choses à photographier, plus de gens à photographier et plus d’histoires à raconter. Donc, ce n’est pas si difficile que ça. Je ne vais pas m’en plaindre ! Au contraire, j’ai encore un peu de mal à réaliser que je suis en train de vivre le rêve de pratiquer de mes deux passions. Il y a encore quelques mois à tenir et puis, le rythme sera différent… (rires)

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Sur l’album, on note quelques collaborations assez prestigieuses…

Oui ! (rires)

Il y a d’abord Alex Beaupain. Le connais-tu depuis longtemps ? Qu’est-ce qui t’a donné envie de travailler avec lui ?

En fait, je le connais depuis quelques années… enfin, pas personnellement ! (rires) Mais je connais bien son travail. Je l’ai découvert avec « Les chansons d’amour » de Christophe Honoré. Je me souviens avoir été à l’époque très marquée par ses textes et son univers. C’était quelqu’un de très mystérieux à mes yeux, et j’ai continué à suivre son travail. Je suis vraiment fascinée par l’écriture et le sens de la mélodie d’Alex Beaupain. Même à l’époque où je ne savais pas ce que c’était qu’écrire une chanson, j’étais fascinée par ça. Donc, quand on a parlé d’avoir éventuellement des collaborations sur l’album pour des titres qui ne seraient pas forcément écrits par Tristan ou moi, j’ai tout de suite soumis l’idée d’Alex Beaupain puisque je l’admire depuis des années. On s’est rencontrés et ça s’est très bien passé. On s’est très bien entendu tout de suite et on a eu un réel feeling musical. J’en ai été très émue. Il a écrit une chanson que j’ai interprétée. On la lui a faite écouter et il l’a adorée. Ça s’est passé très simplement dans le fond. Je n’en revenais pas…

Il signe « C’était la nuit ». Lui as-tu soufflé l’une ou l’autre idée ou bien l’as-tu laissé libre d’écrire la chanson qu’il voulait ?

Je l’ai laissé faire. Il avait tout de même déjà écouté quelques morceaux, donc je suppose qu’il s’est un peu inspiré de ce qu’il avait entendu. Mais mes textes ne sont évidemment pas aussi bien écrits que les siens… (rires) Et cette chanson d’amour qui n’est finalement pas si romantique que ça, qui sort un peu des clichés, me correspond très bien. Il m’a bien cernée. Naturellement, on travaillera sur d’autres titres, qui figureront sur cet album ou le prochain…

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On retrouve Yohann Malory également. Mêmes questions : Le connais-tu depuis longtemps ? Et qu’est-ce qui t’a donné envie de bosser avec lui ?

Yohann, il nous a plus aidés à terminer quelques textes et à arranger quelques titres. On a travaillé ensemble au tout début du projet. On n’avait pas cette habitude d’écriture. Du coup, il y avait quelques mots à modifier, quelques tournures de phrases… Il fallait un peu arranger notre écriture et Yohann nous a beaucoup aidés. Je l’ai connu parce que dans le milieu musical, nous avions quelques connaissances en commun. Et de mon côté, j’avais déjà entendu ce qu’il avait pu écrire ou faire et j’aimais bien aussi sa manière de parler en images. Du coup, quand on a pu lui demander de nous aider, on n’a pas hésité un instant.

Marc Lavoine fait partie de l’aventure également…

Marc Lavoine, j’aime son écriture, les histoires qu’il raconte, et comment il les raconte. Beaupain, il est assez nostalgique et il a un côté assez sombre. Du coup, pour un peu contrebalancer tout ça, j’ai voulu travailler avec Marc qui lui a un côté très très lumineux. Il a réalisé son dernier album avec Christophe Casanave, du coup, quand on a parlé de collaborations, j’ai tout de suite pensé à lui. Il a ce côté peut-être un peu plus mature que notre écriture avec Tristan. Il est très pop aussi dans sa démarche. Et j’ai eu l’immense chance qu’il réponde positivement à ma demande…

Que représente un artiste comme Marc Lavoine pour toi qui a tout juste 21 ans et lui qui a 30 ans de carrière ?

(rires) Marc Lavoine représente pour moi un symbole de la chanson française. Il a une carrière assez formidable. Il est passé par plusieurs phases dans sa carrière. Il s’est essayé à plusieurs choses. Il a toujours chanté de très beaux textes. Il a une sensibilité particulière. Il a une vraie émotion sincère dans son interprétation. Du coup, il est une sorte de référence pour moi. J’ai grandi avec ses musiques et aujourd’hui avoir la possibilité de travailler avec lui… c’est une sorte de consécration !

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De tous les titres, y en a-t-il un pour lequel tu as un peu plus de tendresse qu’un autre ? Quand je dis tendresse, je pense plus à l’histoire qu’il y a autour du titre que le thème qu’il aborde ?

Ce sont les premières chansons qu’on a écrites avec Tristan et qu’on a mises sur Noomiz. Ce sont ces chansons qui nous ont permis de nous faire remarquer des labels. Ce sont donc « Encore une histoire », « La claque » et « Oxygène ». Ce sont les trois premières chansons qu’on a écrites ensemble et qu’on a postées sur Noomiz. On y est très attachés parce que sans elles, on n’en serait pas là aujourd’hui. Et on est assez fiers aujourd’hui parce qu’on les aime tout autant qu’au départ quand on les a créées. Il y en a aussi une qui s’appelle « L’Espoir » qui est une des premières chansons que j’ai écrites. Je pense qu’on s’en souviendra toujours avec Tristan, on l’a enregistrée dans un tout petit studio. On avait déjà écrit et maquetté « L’air de rien ». Et suite à ça, on s’est remis tout de suite à écrire une autre chanson. « L’Espoir », on l’a écrite comme ça, tout simplement parce qu’on était galvanisés. On s’est fait une nuit blanche et on l’a maquettée direct… Moi, je n’avais plus de voix. C’était un vrai moment de travail. On a été tellement inspirés qu’on n’a pas vu le temps passer. Et aujourd’hui encore, c’est une des chansons que je préfère. Elle est assez émouvante. 

Toi qui as fait de la photo, aimerais-tu te lancer dans la réalisation de l’un de tes clips ?

J’adorerais ! Et je pense que ça ne va pas tarder d’ailleurs… (rires) Je ne pense pas avoir l’expérience suffisante pour le faire seule, mais si je pouvais coréaliser un clip, ce serait génial. Et un jour, idéalement, j’en réaliserais peut-être un toute seule… Donc, oui, c’est dans mes projets.

Comment appréhendes-tu la scène ?

La scène, c’est quelque chose que je ne connaissais pas du tout avant. Enfin… je connaissais un peu puisque j’avais fait de la chorale, mais ça n’a rien à voir avec le fait de défendre son projet seule sur scène… Les premières scènes que j’ai faites, c’était des home sessions. En fait, on joue chez des gens ou dans leur famille. Du coup, ça donne un côté très intimiste de la scène. Je pense que ça m’a vachement aidée pour la suite parce que je n’ai plus la même appréhension d’avoir à emmener le public. Après, je ne dis pas que je ne suis pas traqueuse, n’est-ce pas ! (rires) Mais je me suis découverte sur scène et j’avoue y prendre beaucoup de plaisir aujourd’hui. Vraiment. C’est un vrai enjeu et c’est un autre univers. Au départ, on était en formation acoustique avec Tristan à la guitare sur scène. C’était une autre façon de travailler les morceaux. Et surtout, on pouvait faire découvrir notre univers au public. C’est très chouette la scène. J’ai hâte d’en refaire…

Propos recueillis par IdolesMag le 23 janvier 2013.
Photos : DR
Facebook : https://www.facebook.com/MargauxAvrilMusic









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