Interview de Elfy Ka

Propos recueillis par IdolesMag.com le 02/04/2013.
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Elfy Ka - DR

Elfy Ka est de retour sur le devant de la scène avec un nouvel album, « L Dit », et une résidence au Théâtre des Déchargeurs (Paris 1er). Elle s’y produit tous les jeudis à 20 heures et ce jusqu’au 20 juin prochain. Nous avons donc été à la rencontre d’Elfy afin qu’elle nous en dise un peu plus sur ce spectacle, « Les yeux dans les yeux » et ce nouvel album, très touchant, réalisé par Vincent Prezioso, qui sort à peu près dix après « Lisa sans son étoile », son premier album réalisé avec Jay Alanski. Rencontre avec Elfy, une artiste sensible et libre.

IdolesMag : Tu as une résidence au Théâtre des Déchargeurs tous les jeudis jusqu’au 20 juin prochain. Était-ce important pour toi de jouer plusieurs fois au même endroit ?

Elfy Ka : Oui, assez en fait parce qu’après l’expérience de mon show-case il y a quelques temps de ça au Zèbre de Belleville, on se rend compte que mettre en scène un album et essayer de faire les choses bien en présentant un vrai show au public, c’est finalement beaucoup beaucoup de travail. Mettre toute cette énergie sur un seul concert, ça a été vraiment frustrant. Donc, oui, j’avais vraiment envie d’arriver dans un lieu, avoir le temps de m’y installer, pouvoir faire tourner le show à plusieurs reprises. Et donc, là, j’ai la grande chance d’y jouer plusieurs fois, c’est juste extraordinaire. Et puis, c’est vrai, l’expérience d’enregistrer un album est quand même une sacrée aventure. Du coup, on a envie de jouer ces morceaux, on a envie d’incarner les morceaux qu’on a mis quelques jours à enregistrer en studio. C’est là qu’on a vraiment l’impression de faire son métier. C’est plus qu’un plaisir, c’est un bonheur d’incarner ses chansons plus d’une fois. Donc, oui, c’était très important.

Quelle formation as-tu sur scène ?

Je suis avec un guitariste et un pianiste. On est trois par choix parce qu’on n’avait pas envie justement au niveau de la production que ce soit des concerts qui reviennent trop trop cher. Et puis aujourd’hui, c’est un petit peu ce qui se fait, tourner le plus possible en étant peu sur scène et en essayant de proposer quelque chose d’intéressant au niveau des arrangements avec deux musiciens.

Elfy Ka - DR

Peux-tu me toucher un mot de la set list sans dévoiler de surprises ? J’imagine que tu fais la part belle aux chansons du nouvel album, reprends-tu également  des titres du premier album ? Fais-tu quelques reprises ?

Le but était vraiment d’interpréter ces derniers titres sur scène en live. Donc, il y a énormément de titres du nouvel album. Avec grand plaisir, je le dis encore une fois… parce que c’est frustrant de ne pas chanter ses titres sur scène. Le plus sympa, c’est vraiment la création. Et puis après quand on passe à l’enregistrement, en règle générale, ça va relativement vite puisque nous, on prépare beaucoup de choses en amont. Du coup, on doit un peu abandonner ses titres par la suite, donc, là, les chanter sur scène, c’est vraiment formidable. Je prends beaucoup de plaisir à jouer ces nouveaux titres que je n’avais pas ou peu joués. Et puis, effectivement, on fait la surprise aux gens qui viennent nous voir de faire des reprises assez actuelles, des chansons qu’on entend à la radio, des tubes d’aujourd’hui. Donc voilà, pour le moment, c’est ce que nous proposons. Je n’ai pas repris de titre de mon premier album.

Pourquoi justement avoir fait l’impasse sur les titres de « Lisa sans son étoile » ? Est-ce parce que c’est une aventure terminée ?

Oui. J’avais une réelle envie de tourner la page. J’avais envie de dire qu’aujourd’hui j’étais là avec un nouvel album. J’avais envie de faire honneur à ces mois passés à construite ces titres avec Vincent Prezioso le réalisateur. « Lisa sans son étoile » fait partie d’une autre époque et puis encore une fois, je l’avais fait au Zèbre de Belleville, et là, j’avais envie d’un show totalement neuf.

Le public parisien est content, mais quid d’une tournée ?

Pour l’instant, je n’en ai pas. Évidemment, avoir une résidence à Paris, c’était d’une certaine manière une solution de facilité de trouver une salle bien placée à Paris, puisque je suis parisienne et que j’habite à Paris et que les Déchargeurs c’est à Châtelet en plein centre de Paris. Maintenant, évidemment on fait tout ça pour qu’il y ait une suite, pour trouver des professionnels, des tourneurs et éventuellement des maisons de disques qui croient au projet et qui aient envie de reprendre le bébé en route. Et puis nous aider, avec d’autres moyens que ceux qui sont les miens, à avancer et à aller toujours plus loin, ça c’est sûr. Mais pour le moment, il n’y a pas encore de dates prévues en province.

Elfy Ka - DR

C’est quelque chose que tu aimerais, en tout cas.

Oui, énormément. Je goûte à ce plaisir en ce moment. Là, jeudi prochain, ce sera mon quatrième concert. Ça fait un mois que tous les jeudis on se donne rendez-vous et qu’on a la chance de rencontrer le public. Et j’avoue que si j’avais la chance de le faire partout, je serais la plus heureuse…

Es-tu traqueuse ?

Oui, oui, oui… mais je me soigne ! (rires) Maintenant qui ne l’est pas ? J’ai une petite période, juste avant de monter sur scène, effectivement où le trac monte. J’essaye de le combattre en faisant de la sophrologie par exemple, et en me préparant le mieux possible à la scène, mais c’est vrai qu’au moment où la salle se met dans le noir et qu’on va rentrer en scène, le trac se met partout. Ce n’est pas évident à gérer. Mais par contre, le plaisir arrive pratiquement tout de suite. Dès les premières notes et dès que je vois mes musiciens derrière, ça va déjà mieux. Au deuxième titre, on va dire que je suis dans ma bulle et dans le plaisir. Et heureusement d’ailleurs parce que c’est assez terrible quand on passe une heure de spectacle dans la souffrance ou dans la douleur. Heureusement qu’à un moment donné ça se transforme et que je suis vraiment dans le bonheur de faire ce métier.

Comment as-tu choisi le titre de ce spectacle, « Les yeux dans les yeux » ?

Vraiment, la configuration de la scène m’a inspiré ce titre parce que c’est une toute petite salle, les Déchargeurs. Quand j’ai visité la salle la première fois, la directrice du théâtre m’a demandé comment allait s’appeler notre show… la première phrase qui m’est venue, c’est ça : « Les yeux dans les yeux ». Parce qu’effectivement, et de un, c’était la première fois que j’allais pouvoir chanter à mon public ces titres que je chéris tant, et de deux, la configuration de la salle fait que je suis quasiment avec le public. On est très très proches. C’est une toute petite salle à l’ancienne, un genre de petite cave qui a un charme fou. Et pour le coup, je suis quasiment sûre que sur le premier titre, les gens entendent mon cœur battre. On est tellement proches les uns les autres. Il se passe vraiment quelque chose. C’est une proximité, qui n’est pas forcément facile.

Elfy Ka au Théâtre des Déchargeurs

Ce doit être déstabilisant quelque part.

Oui. On va dire que c’est très très fort. Déstabilisant, j’essaye que ça se voit le moins possible, et donc, j’essaye de prendre sur moi, mais c’est très très fort ce qu’il se passe. Et même au niveau du public, on le ressent. Je fais signer un livre d’or à la fin du show, et il y a une idée qui revient souvent, c’est que c’est magique. Ils sont suspendus à mon souffle et aux chansons qui s’enchaînent les unes aux autres. Il y a même une personne qui m’a dit qu’à partir du moment où j’étais montée sur scène, elle avait retenu son souffle pendant une heure, tellement on est en osmose. C’est parfois plus facile de chanter dans des plus grandes salles où on voit à peine les gens. J’ai eu cette expérience aussi de jouer dans de très grandes salles. Il y a énormément de lumière, il y a tellement de gens qu’on ne les voit plus. Là, je peux te dire que les trente personnes qui sont devant moi, je les vois, je les sens… et eux, c’est pareil.

Quel est l’artiste qui t’a le plus marquée sur scène ?

[Elfy réfléchit longuement] Je n’ai pas l’occasion d’aller souvent souvent aux concerts malheureusement. Je dirais que des shows à l’américaine comme le font des artistes comme P!nk, qui s’envole dans les airs, avec des productions pas possibles, ça en met plein la vue. C’est assez fantastique. J’ai eu la chance de la voir, donc, je peux en parler. Mais, tu sais, je marche au feeling. Je vais être aussi bluffée par un piano/voix dans une petite salle. Je pense à Tori Amos, par exemple. C’est une artiste que j’aime beaucoup. Malheureusement, il n’y a plus de place pour le concert de Lana del Rey à l’Olympia, mais j’aurais aimé y aller. Je n’ai pas besoin forcément d’un show énorme pour être époustouflée. C’est ce qui se passe sur scène vocalement et niveau des arrangements qui me touche. Malheureusement, comme je te le disais, ces derniers temps, je n’ai pas vraiment eu le temps d’aller aux concerts.

Ton deuxième album « L Dit », est sorti presque dix ans après « Lisa sans son étoile ». Que s’est-il passé pendant ces dix ans ? Était-ce tout simplement les aléas de la vie qui ont fait que ou bien un manque d’inspiration ou d’envie ?

Elfy Ka, L DitAh non, certainement pas ! Je n’ai jamais arrêté. Les gens ont du mal à se rendre compte que ce n’est pas parce qu’on n’est pas produit par une maison de disques ou que nous-mêmes on n’est pas prêts à sortir nos albums en autoproduction, qu’on ne fait rien. Entre les deux albums, je ne me suis jamais arrêtée. Je pense qu’il n’y a pas un jour où on n’a pas fait quelque chose de musical. Entre tout ce qui s’est passé avec la sortie de « Lisa sans son étoile » avec Jay Alanski et tout ce qui m’est arrivé depuis ce premier album, on n’a pas arrêté. On a sorti des EPs. Ce sont plein de choses qui ne sortent pas aux yeux du grand public par manque de signature en maison de disques, par manque de moyens, etc… Ça a pris pas mal de temps aussi parce que j’ai été très occupée. Et puis, j’ai eu des épisodes dans ma vie professionnelle qui m’ont un peu bloquée… Je n’ai pas toujours envie d’en reparler à chaque fois, mais il faut bien que je me justifie. Quand on fait la StarAc et qu’on sort de cette grande machine de télé-réalité, il faut savoir qu’on est sous contrat avec Universal et donc bloqués pendant un certain temps. Ce sont plein de choses qui font que le public a l’impression qu’il ne se passe rien, mais, nous, on est un peu sur notre chemin de croix à essayer de pouvoir sortir coûte que coûte des albums. Et puis, parfois, juste techniquement parlant, c’est impossible. En l’occurrence j’ai été un peu bloquée par-ci par-là avec des contrats… et une fois que les choses sont rentrées dans l’ordre, là, j’ai décidé de me lancer coûte que coûte toute seule. Et puis, monter son propre label, ce n’est pas facile non plus…

Elfy Ka - DR

Comment as-tu vécu cette autoproduction ? Parce que dans le fond, c’est une liberté sans pareil, mais c’est aussi un chemin semé d’embûches…

Tout à fait. Mais l’énergie première, c’est ce que tu dis, c’est la grande liberté qu’on a. On peut choisir de sortir tel ou tel titre maintenant. On se paye le luxe de faire un clip. On cherche des dates à gauche à droite. Évidemment, il y a des contraintes parce que les ressources ne sont pas inépuisables. À un moment donné, ça va devoir s’arrêter. On le sait. Et c’est bien pour ça qu’on a fait un rétro-planning où on s'est dit qu'à partir du moment où on avait un album, on allait essayer de travailler un premier single en radio, puis on a proposé un clip aux internautes… On a voulu aussi une vraie sortie d’album. Après ça, la suite logique, c’est de monter sur scène. On essaye vraiment de faire les choses correctement en espérant toujours qu’au bout du chemin, il y a un professionnel, un tourneur ou une maison de disque qui va se dire qu’on s’est tellement engagés et qu’on a tellement avancé sur ce chemin, qui va avoir envie de prendre le relais pour continuer l’aventure. L’idée de base, c’était justement, au lieu de perdre son temps dans des rendez-vous, de continuer à créer et à proposer à mes fans des choses avant qu’il ne se passe encore dix ans.

Tu signes la quasi-totalité des paroles et musiques. L’écriture est-elle un exercice quotidien ?

Oui, quasiment. L’écriture, c’était à une époque presque un moyen de survie. J’avais besoin de tenir un journal, d’écrire et de coucher sur papier tout ce que je n’arrivais pas exprimer dans la vie parce que je suis une personne assez introvertie et timide qui me livre très peu. C’est en tout cas un acte qui chez moi est très libérateur. Maintenant, je dis que ça a changé un peu parce que je me suis soignée dans le sens où effectivement quand on arrive à créer quatorze ou quinze titres, à un moment donné, on s’est débarrassée de beaucoup de choses, de beaucoup de mots. Donc aujourd’hui, quand j’écris, c’est moins dans un esprit de faire des chansons. Je suis plus, encore une fois, dans l’idée et l’envie d’incarner ce que j’ai écrit il y a quelques mois ou quelques années, plutôt que dans l’envie de réécrire pour faire des chansons. Il y a l’écriture de tous les jours, et puis le fait de se mettre à table pour créer. Ce sont deux choses différentes. Mais c’est vrai que l’écriture prend beaucoup de place chez moi…

Est-ce plutôt spontané ou très travaillé l’écriture au format chanson ?

Sur le format chanson, je ne sais pas si c’est très travaillé. C’est difficile de juger son propre travail. Disons que j’essaye de faire en sorte  que ce soit digne de porter le nom de chanson. Il y a des rimes, des pieds… c’est finalement assez technique l’écriture d’une chanson. Maintenant, je ne me suis jamais bloquée sur un titre pendant dix heures d’affilée… ça vient finalement assez naturellement. En plus, comme je travaille la composition et les textes presqu’en même temps, s’il y a bien un truc simple dans ma vie pour une fois, c’est bien ça. Je fais ça assez simplement en fait. Après, il peut m’arriver de me prendre la tête un petit peu en me disant que je dois retravailler ci ou ça, que je dois trouver un autre mot plus précis, etc… Parfois, il faut changer certaines choses, mais je ne me torture pas la tête pour ça.

Elfy Ka - DR

C’est Vincent Prezioso qui a réalisé l’album. Pourquoi as-tu voulu travailler avec lui ? Que t’a-t-il apporté ?

Je cherchais un arrangeur. J’avais composé au piano, mais je n’avais pas dans l’idée de sortir un album juste piano-voix, j’entendais tout un son autour des chansons, mais techniquement parlant, j’étais incapable de le faire toute seule. J’ai donc commencé à prospecter un peu à droite à gauche et à dire aux gens qui m’entouraient que je cherchais un arrangeur pour ce nouvel album. Et de fil en aiguille, la personne qui travaillait avec moi à l’époque travaillait également avec Vincent. Il m’a dit qu’il connaissait bien quelqu’un mais qu’il venait du théâtre et qu’il avait fait beaucoup de musiques de films. J’ai trouvé ça épatant et j’ai tout de suite voulu le rencontrer parce que justement j’écris un peu mes titres comme des espèces de petits épisodes du film de ma vie… Donc, ça me touchait énormément que ce mec ne vienne pas spécialement de la pop, et qu’il vienne d’un tout autre milieu. On a donc eu un premier rendez-vous et puis lui a entendu dans mes piano-voix pourquoi finalement j’avais eu envie de le rencontrer. C’était assez clair pour lui aussi que ce que j’écrivais dans mes chansons et la manière dont je composais, puisque je viens du classique, était extrêmement classique. Les accords que je compose ne sont pas du tout format pop. Il a compris pourquoi j’avais voulu le rencontrer. On parlait vraiment le même langage musical. Donc, ça a tout de suite fonctionné entre nous deux.

Tu fais une reprise des Beatles, « Blackbird ». Deux questions : pourquoi les Beatles et pourquoi ce titre-là précisément ?

Pourquoi les Beatles ?... parce que tout simplement pendant le travail d’habillage de mes titres, je disais que je voulais une ambiance très McCartney, une ambiance très 70. Je voulais un album extrêmement live. Je voulais un album qui allait à l’encontre de tout ce que j’entendais dans les radios qui ne me parlait pas du tout. J’avais envie de revenir aux sources. Je n’avais pas envie qu’on bidouille ma voix, j’avais envie de jouer en live avec les musiciens. Je ne voulais pas qu’on trafique quoi que ce soit. Et de fil en aiguille, à force de lui parler des Beatles, je crois qu’à un moment donné j’ai eu envie de faire une reprise. Je sais que parfois c’est bien parce que les radios aiment bien les reprises… J’ai cherché des titres et je lui en ai proposé quelques-uns. Et puis, lui m’a dit « non, moi je sais quelle serait la reprise parfaite par rapport au thème de l’album et par rapport finalement à cette espèce de libération qu’on a l’impression que tu vis pendant ces quatorze titres… » Et il m’a parlé de ce titre des Beatles. Il m’a raconté pourquoi McCartney et Lennon avaient écrit cette chanson, en hommage à Angela Davis qui était une militante des Black Panther qui s’est battue pour que les femmes, en l’occurrence les femmes noires à l’époque, aient les mêmes droits que les autres. On était dans les années 68/69. Et au final, comme moi pendant treize ou quatorze titres, je parlais de cette espèce de renaissance et de libération qu’on peut avoir à un moment donné quand on a eu une très grande histoire d’amour qui s’est finie, qu’on est dans le désamour et qu’on retrouve une autre personne qui nous fait pousser des ailes dans le dos… cette chanson parlait de la même chose : de cette volonté profonde de se libérer et de s’émanciper. Quand il m’a parlé de ça, j’ai dit « Bingo » parce que ça me parlait…

Pourquoi est-ce « L Dit » qui donne son titre à l’album et qui a été choisi en premier extrait ? Est-elle plus importante que les autres à tes yeux ?

Non… Franchement, le choix de ce premier single et le choix du nom de l’album, ce ne sont que des coïncidences et des hasards… Même si quand on fait un album, on essaye de voir sur du long terme ce que ça va donner et ce que ça va dire aux gens… à un moment donné, ma vision de ce que je viens de créer s’arrête. Ce sont vraiment des coïncidences qui ont fait qu’on a sorti « L Dit » en premier extrait. Suite à mon show-case au Zébre de Belleville, c’est un titre qui a été extrêmement plébiscité. Tout le monde nous a dit que le titre en live était super rock et que ça sonnait vraiment bien. Donc, comme tout le monde était à peu près d’accord sur ça, alors que ce n’était absolument pas le titre le plus révélateur de l’album, on s’est dit « pourquoi ne pas le sortir en single ? » L’album dans son ensemble est beaucoup plus poétique que ce titre qui est vraiment très lumineux. Et donc, suite au rendu que ce titre avait eu en live, on a fait un petit sondage auprès des fans pour savoir les titres qu’ils préféraient. On s’est rendu compte une nouvelle fois que « L Dit » était plébiscité. Donc, on est partis là-dessus. Le titre est écrit un peu en langage SMS, le langage qu’on parle tous un peu aujourd’hui, avec les abréviations, etc… Je me suis dit que ça pourrait être rigolo d’en faire le titre de l’album. Et après, des journalistes ont mis le doigt dessus et m’ont demandé si le L c’était Lisa ou non finalement…

C’est ce que j’allais te demander, parce qu’on pense tout de suite à Lisa en voyant ce L…

C’est le hasard et la coïncidence qui font que les journalistes m’ont parlé de ça, alors que je n’y avais même pas réfléchi. Rien n’a été calculé. Et finalement, j’aime bien l’idée. J’aime bien me dire que le titre de mon album et du premier single, ce n’est pas spécialement moi qui l’ai voulu ou conçu comme ça. C’est plutôt venu à moi. J’aime bien quand les choses viennent à moi comme ça, tout naturellement. Il y a une part de magie. Dans la création, on essaye de faire ressentir des choses aux gens, mais c’est bien aussi quand tout d’un coup un truc magique fait que quelque chose d’imprévu se produit. Et là, en l’occurrence, c’est ça.

De tous les titres qui figurent sur l’album, y en a-t-il un pour lequel tu as un peu plus de tendresse qu’un autre ? Quand je dis tendresse, je pense à quelque chose qui se serait passé autour de la chanson, pendant sa création, l’enregistrement, ou sur scène…

Maintenant que je les chante sur scène, il y a des titres pour lesquels effectivement, j’ai un peu plus de tendresse que les autres. Il y a « Jaune », « Beautiful » et « À qui la faute ? ». Dès que je chante ces titres sur scène, j’ai l’impression de revenir deux ans en arrière. Je sais exactement comment ou pourquoi ils me touchent tant. Et c’est exactement comme tu viens de le décrire plus par rapport à des situations, à un état d’esprit que j’avais à un moment de ma vie où j’écrivais ça. Et effectivement, ces trois titres sont des titres pour lesquels j’ai beaucoup beaucoup de tendresse.

Propos recueillis par IdolesMag le 2 avril 2013.
Photos : DR
Site web : http://www.elfykalesite.com

 









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