Interview de Nicolas Loconte

Propos recueillis par IdolesMag.com le 08/03/2013.
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Nicolas Loconte © Charles Clément

Alors que son single « La Femme de mon Histoire » commence à faire le buzz, nous avons été à la rencontre de Nicolas Loconte, en pleine préparation de son album. Au cours de notre entretien, nous évoquerons bien évidemment cet album, attendu pour l’automne, sur lequel on retrouve des auteurs de renom comme François Welgryn, Patrice Guirao ou encore Frédéric Kocourek, et son étonnante reprise du « Gangnam Style » en français. Nous ne manquerons pas non plus de poser quelques questions à Nicolas sur son parcours, afin d’en savoir un peu plus sur lui. Il nous avouera qu’il s’est mis tard à la chanson, vers l’âge de vingt ans. Rencontre avec Nicolas Loconte, un artiste plein de lumière.

Nicolas Loconte, La Femme de mon HistoireIdolesMag : Dans quelles circonstances est-elle née cette chanson, « La Femme de mon Histoire » ?

Nicolas Loconte : C’est très simple. J’ai travaillé avec François Welgryn. Il m’a envoyé une série de textes et dès que j’ai vu celui-là, j’ai accroché de suite. Je l’ai trouvé super original, et j’ai tout de suite vu qu’il y avait un truc à faire. Donc, c’est tout simple, c’est juste un envoi de texte d’un auteur avec qui je travaille… Ce n’est pas une simple histoire d’amour comme on en a plein dans les chansons « je t’aime, mais tu es partie… » Là, c’est autre chose. C’est vraiment original et je peux me permettre de le dire puisque ce n’est pas moi qui l’ai écrite. L’auteur a vraiment réussi à trouver quelque chose de nouveau.

Le connais-tu depuis longtemps François Welgryn ?

Ça fait un an et demi que je le connais. On a été présentés par un éditeur avec qui on travaille tous les deux. Par contre, c’est un auteur avec qui je rêvais de travailler depuis des années. Quand mon éditeur m’a dit qu’il travaillait avec François Welgryn, je lui ai tout de suite demandé de me le présenter. Il nous a présentés quelques jours plus tard et nous avons commencé notre collaboration.

Lui as-tu soufflé des pistes ?

À vrai dire, il n’a rien écrit spécifiquement pour moi. Il m’a envoyé une sélection de textes. On bossait sur le projet de Merwan Rim à l’époque et il m’avait envoyé une dizaine de textes. Dans cette série, il y en avait deux que j’avais relevés. Il n’y avait pas « La Femme de mon Histoire » dedans. Il a vu ce que j’avais aimé dans ces textes et donc, il m’a fait un deuxième envoi de chansons qui correspondaient à cet univers-là.

Tu signes la compo de « La Femme de mon Histoire », mais tu es également auteur. N’as-tu pas eu un peu de difficulté à t’approprier les mots d’un autre ?

Pas du tout. Je pensais sincèrement au départ que ça allait être une vraie galère. Mais l’avantage de travailler avec un auteur comme François, c’est que si un mot ou une tournure de phrase te dérange, le gars te l’adapte tout de suite derrière. Pour être très honnête, c’est un vrai confort de travail. C’est incroyable. Ça a été d’une telle facilité et d’une telle rapidité d’exécution dans la construction du morceau… C’est que du bonheur ! Et puis, je n’ai pas la prétention d’écrire aussi bien que ces gens-là. Ils le font bien mieux que moi et ça me va très bien.

À quel âge as-tu commencé à écrire des chansons ?

J’ai commencé tard pour être honnête. Je ne vais pas commencer à dire que j’ai commencé à chanter à neuf ans pour faire genre. Ce n’est pas vrai. À 19 ans, je suis parti à Paris et j’ai dû écrire mes premières chansons vers 20 ans.

C’est vraiment venu sur le tard.

Eh oui ! Mais tu sais, je ne veux pas rentrer dans cette tricherie que font les trois quarts des gens de dire que j’ai commencé tout gamin. C’est faux et archi faux. D’ailleurs, il y a quelques années, un de mes auteurs m’avait écrit une bio et il avait commencé avec un truc très drôle qui disait « on aurait pu vous dire qu’il a fait ci ou ça… »

Avant tes vingt ans, n’as-tu pas ressenti le besoin d’écrire de simples textes ou des choses comme ça ?

Non, vraiment pas. Par contre, en cours, ce que je préférais, c’étaient les rédacs. Il n’y a pas de hasard. Quand on devait rendre une rédaction, j’écrivais toujours tout un placard bien construit, ça c’est vrai.

Nicolas Loconte - DR

Tu avais déjà le goût de l’écriture.

Oui, bien entendu. Et le chant, j’adorais ça aussi. C’est un truc tout bête ce que je vais te dire, mais j’adorais le karaoké. Ça fait peut-être un peu con de dire ça, mais c’est la vérité !

Que s’est-il passé dans ta tête quand tu as écrit ta première chanson ? Quel a été le déclic ?

Les tous premiers titres que j’avais enregistrés, je n’ai strictement rien écrit. L’auteur avec qui je travaillais m’avait dit que ce serait tout de même bien que j’écrive mes propres chansons. Ce qui est un peu paradoxal parce que ce n’était pas dans son intérêt. (rires) Mais il m’a dit qu’il fallait que j’apprenne à écrire pour que je sache tout faire. Par contre le tout premier texte que j’ai écrit, je ne m’en souviens pas du tout… Mais ça s’est passé comme ça.

Écris-tu toujours aujourd’hui pour les mêmes raisons qu’à l’époque ?

Ça a complètement changé. Je n’ai fait qu’évoluer avec le temps. J’ai commencé par un truc assez général entre la compo, l’écriture et la réalisation. Et puis, j’ai évolué avec ma génération. C’est subjectif ce que je te dis, mais je sais qu’aujourd’hui ce que je fais est complètement assumé.

D’avoir commencé sur le tard, avec le recul, dirais-tu que ça a été plutôt une chance ou un handicap ? Tu avais plus de maturité, tu en avais plus dans le ventre, comme on dit, mais d’un autre côté, tu n’avais pas encore fait tes armes…

Je ne sais pas vraiment. En tout cas, je ne vois rien de négatif à avoir commencé sur le tard. Il y a plein d’artistes qui commencent sur le tard… Regarde Bénabar, c’est pire encore ! Je pense que c’est pas mal dans un sens. Par contre, en commençant à vingt ans, je faisais de la chanson d’ado ! (rires) Donc, c’est ça le paradoxe. Mais j’ai très rapidement embrayé sur un répertoire beaucoup plus adulte. Il m’a fallu un an ou deux tout au plus pour embrayer sur des choses beaucoup plus adultes, peut-être même trop adultes. Je suis revenu à quelque chose qui me correspond plus aujourd’hui.

J’ai pu écouter quelques-uns de tes anciens titres, ils étaient nettement plus sombres que ce nouveau single…

Tu as tout à fait raison. J’ai fait un demi-tour sur moi-même. C’est-à-dire que ce que j’ai fait avant, qui était plus sombre, tu te doutes bien que c’était déjà difficile. Et aujourd’hui, je pense que ce serait encore plus dur. Et en fait, j’ai vraiment comme l’impression que je me suis trouvé aujourd’hui. Il m’a fallu des années pour me trouver réellement. Aujourd’hui, ce que je fais, c’est complètement en adéquation avec celui que je suis. J’ai réussi à trouver mon univers. Aujourd’hui, quand tu écoutes les maquettes qui sont en cours, tu te dis tout de suite que c’est frais, que c’est joyeux, que ça fait du bien. Je voulais vraiment arriver à ça. Dans le contexte actuel de crise, on a envie d’entendre des  chansons joyeuses, et pas des trucs qui plombent encore plus l’ambiance… Et ce qui arrive, les chansons qui figureront sur l’album, ce sera encore plus frais que « La Femme de mon Histoire ». Je garde cette énergie positive autour de moi !

Avant de parler de cet album qui arrive, j’aimerais parler un instant du clip de « La Femme de mon Histoire ». Comment s’est passé le tournage ?

C’était chaud ! Très chaud, même !! (rires) On a tourné les trois quarts du temps séparément, tellement il y avait de la construction autour de ce clip. Que ce soit les coiffures, le maquillage, l’habillage. Ça a été très long et on a réussi un tour de force puisqu’on a tourné 20 heures d’affilée. C’était une vraie performance car normalement un tournage comme celui-là devrait durer au moins trois jours.

As-tu pris du plaisir à te costumer et à te déguiser ?

Tu veux que je te dise la vérité ?

Bien sûr !

(rires) J’ai horreur de me déguiser ! Et quand on m’a dit que j’allais devoir me déguiser, je ne le voulais vraiment pas… Je pensais que ça allait me desservir plus qu’autre chose. Il y a des gens qui passent très bien à l’image lorsqu’ils sont déguisés, moi, ça ne me va pas ! Voilà ! Du coup, je l’ai fait, mais… quand tu mets un chapeau et que tu sais pertinemment que ça ne te va pas, c’est dur ! On est tout de même là pour se vendre et pas pour nous descendre… Mais, sincèrement, je me suis bien éclaté quand même !!

Quand tu vois le résultat, ça valait la peine de passer par là…

Grave ! Mais ça, c’est après… Sur le coup, je le sentais moyen !! (rires) Après, le réal a fait un super travail. Il a eu un vrai coup de cœur sur le projet. Le clip n’était pas vraiment dans le budget de la prod, c’est lui-même qui a pris son téléphone et qui a dit qu’il le ferait dans le budget alloué. Il y a plein de petites histoires autour de ce titre… Les gens sont venus et se sont mis en quatre pour ce projet. Il y a un vrai engouement sur le titre. Humainement, je suis quelqu’un qui ne se prend pas la tête. Je suis très fidèle, etc… Et je pense que c’est un peu un tout qui a fait que les gens se sont défoncés pour nous.

Karine Lima joue dans le clip. Comment est-elle arrivée sur le tournage ?

On a une amie en commun. Je cherchais une comédienne qui avait une certaine notoriété, ça fait un peu prétentieux de dire ça… mais disons que je cherchais quelqu’un que les gens connaissaient… J’en ai parlé à une amie qui connaissait Alice David qui joue dans la série « Bref. ». Alice était en tournage et elle n’a pas pu le faire. Du coup, elle a pensé à une autre de ses amies, Karine Lima. Je lui ai dit que ce serait avec plaisir parce que j’aime beaucoup cette nana. J’aime beaucoup ce qu’elle fait en général. J’ai trouvé excellent le fait qu’elle se retrouve sur mon clip ! Karine est quelqu’un de très souriant. Quand tu la vois dans ses reportages, elle dégage vraiment quelque chose de sympa. J’aime beaucoup ce qu’elle dégage et c’était assez rigolo qu’elle se retrouve dans mon clip…

Tu as fait une reprise étonnante en français du désormais célèbre « Gangnam Style ». Était-ce à la base une réelle envie de reprendre le titre ou une façon de créer le buzz ?

Très honnêtement, ce qui s’est passé, c’est qu’on m’a dit qu’il fallait que je fasse des covers puisque tout le monde fait des covers aujourd’hui… Je me suis demandé ce que j’allais bien pouvoir faire. Je voulais prendre le contrepied d’une chanson et en faire quelque chose d’assez sympa. J’ai pensé à « Gangnam Style ». Quand j’ai vu les paroles en coréen, je me suis dit « laisse tomber » ! Je ne voulais pas passer de temps là-dessus, je préférais passer du temps sur mes compos. Et en cherchant, j’ai vu que quelqu’un avait fait la traduction des paroles en français. Je l’ai donc faite en français, par simplicité. Et ça a été un coup de bol ! Si je l’avais chantée en coréen, tout le monde s’en serait foutu, personne ne l’aurait écoutée. Le simple fait de l’avoir chantée en français, sans aucun calcul de ma part, juste par souci de simplicité pour moi, ça a créé le buzz… On m’a contacté en me disant que c’était dommage que j’ai fait cette reprise seulement maintenant, qu’il aurait fallu la faire il y a deux mois. Mais je ne cherchais pas à faire le buzz, moi, je cherchais juste à faire une cover et emmener le titre dans quelque chose de différent. J’ai une manageuse, et je lui ai fait voir le titre, juste filmé au caméscope, elle a trouvé que ça ne faisait pas trop sérieux, que ça faisait trop « fait à la maison »… Elle voulait que je fasse un truc un peu plus sérieux. Du coup, j’ai appelé mon batteur et mon guitariste, et on s’est mis dans notre studio. On a filmé et on a capté le son. Et heureusement… parce que tout va tellement vite dans ce milieu que tu peux te faire descendre en deux secondes ! Et du coup, le fait de l’avoir fait bien, sans prétention aucune, eh bien les médias ont relayé le titre et ça a été juste fantastique.

Nicolas Loconte - DR

Peux-tu déjà me toucher un mot de ton album ? Où en es-tu exactement ?

Au jour d’aujourd’hui, j’ai toutes les maquettes des chansons qui figureront sur l’album. C’est complet, bien plus que complet d’ailleurs puisqu’on a déjà 17 titres. Les maquettes sont déjà très avancées. Il s’agit vraiment maintenant de faire la version définitive. Dans les versions qui sont maquettées, il n’y a plus qu’à changer certains détails. On ne va pas tout refaire.

Musicalement, vas-tu rester dans le style de « La Femme de mon Histoire » ?

L’album va s’appeler « Melting Pot », ça te donne une idée… (rires) Je n’ai pas envie d’entendre douze fois « La Femme de mon Histoire » ! J’ai vraiment envie de présenter un univers éclectique, mais toujours avec la même patte. On ne va pas faire des sauts ou des trucs incompréhensibles, on va garder une harmonie, tout de même. « La Femme de mon Histoire », dans sa rythmique, est assez pop manouche. Il y aura des ambiances plus pop reggae, d’autres pop world… Mais toujours avec la même dynamique, la même fraîcheur et la même énergie positive.

Quels thèmes vas-tu aborder ?

Il y a des chansons vraiment légères et d’autres avec un fond. Ça touche un peu à tout. Mais même si le texte est un peu chiadé et recherché, je pense à « Enfant soldat » qui parle d’un gosse qui à six ou sept ans apprend déjà à se servir d’une kalachnikov, c’est toujours traité de manière très fraîche. Là, en l’occurrence, c’est dans une ambiance pop reggae. Ça passe comme une lettre à la poste. Il y a une chanson qui s’appelle « Le Temps des Métisses » qui est très world et très colorée, une autre « Moitié Folle » qui est assez drôle. Ce sera un univers assez éclectique et à la fois cohérent.

Mis à part François Welgryn, de qui t’es-tu entouré ?

Sur l’album, et j’en suis pas peu fier, j’ai deux des trois plus grands auteurs français. Il y a donc François Welgryn et Patrice Guirao. Il ne manquait plus que Lionel Florence, mais bon voilà, je ne l’ai pas contacté ! (rires) Il y a aussi Fred Kocourek qui est un énorme parolier qui a bossé entre autres pour Yannick Noah, Natasha St Pier… J’ai vraiment la crème de la crème.

Il y a du beau monde !

Oui ! Sincèrement, j’ai vraiment eu une chance inouïe. Et comme je suis quelqu’un de très fidèle, j’ai continué aussi à travailler avec Abécé qui est là depuis le début.

Pour quand est-il prévu ?

Je pense que ce sera compliqué de le sortir avant l’été, à moins bien entendu qu’il y ait d’un coup une envolée extraordinaire. J’aimerais bien d’ailleurs. Mais je pense que c’est plus correct de tabler sur l’automne, après toutes les grosses sorties de la rentrée. Mais je n’ai pas encore de date précise. J’ai attaqué le projet en février de l’année dernière, ça fait pile un an. Et la promo a démarré il y a un mois et demi seulement. J’ai vraiment préparé mon album comme je le voulais. J’ai pris le temps nécessaire.

Des scènes sont-elles prévues ?

Oui, bien sûr. Il y aura une scène à Paris et quelques petits show-cases. Tout est en train de se mettre en place en ce moment. On est vraiment au tout début de la promo. Donc, oui, bien sûr il y aura des scènes.

Propos recueillis par IdolesMag le 8 mars 2013.
Photos : DR, Charles Clément
Site web : http://www.nicolasloconte.com/









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