Interview de Vincha

Propos recueillis par IdolesMag.com le 01/03/2013.
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Vincha © MarOne

Vincha sortira le 29 avril prochain son premier album solo. En attendant, il nous livre un EP composé de quatre titres et d’un remix, l’occasion pour nous d’aller à sa rencontre et d’en savoir un peu plus sur lui qui après de nombreuses années passées dans le hip hop emprunte aujourd’hui des chemins plus estampillés « chanson ». Vincha emmène le rap sur les bords de Marne. Le mélange des genres est audacieux et réussi. Rencontre.

IdolesMag : Avant de parler du EP qui vient de sortir et de l’album qui est attendu pour le printemps, j’aimerais retracer dans les grandes lignes ton parcours si tu le veux bien. Quand tu étais gamin, qu’écoutait-on comme musique chez toi ?

Vincha : On écoutait de la chanson, de la musique classique et du rock anglais. Donc, beaucoup de Brassens, Brel,  Gainsbourg, Souchon, Cabrel, toute la chanson française dite à texte, pas trop variet’. Et puis, à côté de ça, les Beatles, les Stones, et plein plein de groupes anglophones. On écoutait aussi beaucoup de musique classique.

Y avait-il des chanteurs ou des artistes dans la famille ?

Mon père avait un groupe de rock quand il était jeune avec ses potes. Donc, oui il était musicien, un très bon musicien du dimanche va-t-on dire. Et puis, il y avait quand même un piano chez moi, des guitares… On faisait de la musique depuis que je j’étais tout petit, ça c’est sûr.

Et toi, quand tu es devenu ado, vers quelle musique t’es-tu dirigé ?

À 13 ans, j’ai découvert le rap, et je n’ai quasiment plus écouté que ça… tout en écoutant un peu la musique de mes parents mais je la reniais un peu à cette époque ! (rires) J’avais la tête plongée dans le rap. Rapper, c’est vraiment ce qui m’intéressait. J’ai donc commencé à écrire des textes. C’était pour moi une évidence, le rap.

Les premiers textes arrivent donc assez jeune.

À 12/13 ans, c’est vraiment à ce moment-là que je me suis fait ma propre culture musicale. Les premiers textes sont arrivés un peu plus tard, vers 14 ans.

Que représentait l’écriture d’un texte pour toi à l’époque ?

J’avais envie de créer. Donc, assez vite, j’ai créé l’instru qui allait avec et j’ai commencé à faire des compositions. Ce qui me plaisait, et ce qui me plait toujours d’ailleurs, ça n’a pas changé, c’est le moment de la création. Le moment où tu te rends compte que quelque chose vient de toi et que ça devient un objet, puisque tout de suite, j’ai commencé à m’enregistrer. C’est la création, l’idée d’allier les mots à ma manière, d’être complètement libre…

Ta conception de la création d’une chanson a-t-elle changé avec le temps ?

Pas tellement finalement parce que je suis resté assez instinctif comme je maîtrise très peu la théorie musicale. Une chanson, c’est un moment. J’essaye de ne pas trop me poser de questions, et de faire appel à mon oreille et mon goût du moment. J’essaye de ne pas trop me poser la question de savoir ce que les autres vont en penser… Si j’ai envie de faire quelque chose, je le fais, je l’enregistre et voilà. Donc, c’est resté assez simple. Et tant mieux dans le fond.

Vincha © MarOne

Quels sont tes débuts dans la musique ?

J’étais ado au collège. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à faire mes premières scènes, pour la fête de la musique, etc… Je suis monté sur deux/trois scènes locales. J’ai enregistré quelques maquettes dans des petits studios à l’époque. Après, plus tard, vers 18 ans, j’ai accompagné un groupe de Hip Hop au clavier. Là, j’ai commencé à rentrer dans un truc plus musicien et j’ai joué sur des scènes parisiennes un peu plus grandes, etc… C’est seulement après que je me suis remis à fond dans mon projet solo en essayant de faire quelque chose de cohérent et qui me ressemble.

Tu as débuté dans le rap, aujourd’hui, même s’il y a encore pas mal de rap, il y a quelque chose de très chanson aussi.

Oui, et ça, sans que je ne l’ai maîtrisé. Aujourd’hui, c’est classé dans la chanson en tout cas.

As-tu eu peur à un moment donné de t’enfermer dans un style avec le rap ?

Je ne sais pas. Je n’ai pas eu un déclic à un moment donné. Ça a été une lente évolution. J’ai commencé à écrire des textes qui avaient de moins en moins un côté ego trip, moins militants, moins « rentre dedans ». Du coup, on sentait moins l’influence du rap. Et puis, petit à petit, j’ai incorporé des choses qui me plaisaient musicalement, tout en gardant mon rap. Tout à coup, c’est devenu un truc hybride, du rap décalé. Et ce rap décalé a viré chanson, je ne sais pas trop comment. Ce n’est pas un choix en fait, c’est plutôt un constat. Voilà, je suis parti du rap pour arriver à ça et la glissade s’est faite naturellement. J’ai vieilli, j’ai eu envie d’autres choses, envie de dire d’autres choses aussi. À un moment donné, j’en ai eu marre de faire du free style avec des allitérations… Ce qui s’est passé, c’est que j’avais envie de dire des choses, je n’avais pas envie de me satisfaire en faisant passer la forme au-dessus du fond. Je ne voulais pas dire des choses plutôt que d’autres sous prétexte que ça sonnait mieux… Je ne pouvais pas faire des enchainements sans me préoccuper de ce que j’étais en train de raconter. J’ai adoré faire ça entre 15 et 20 ans, et après, ça m’a paru vain.

Vincha, Ma ChanceTu as sorti un EP en 2011, « Demain, promis j’arrête ». Tu en ressors un aujourd’hui, « Ma chance ». Pourquoi as-tu fait le choix de ressortir un EP et ne pas passer au format album tout de suite ?

En fait, cet EP aurait dû sortir avant. Il a mis un peu de temps à sortir. On voulait refaire une série de cinq titres. C’est plus facile à maîtriser un EP qu’un album entier. Et c’était une manière de donner de l’actu aux morceaux. Ça coûte moins cher à faire, ça met moins de temps à produire. C’était ça l’idée.

Il y a quelque chose de très instantané dans le EP.

Oui, c’est ça, on additionne trois ou quatre chansons à un remix et ça fait un EP. C’est une manière aussi de sortir quelque chose plus rapidement. Un album, c’est long. Entre le début de sa création et sa sortie, le temps passe, et donc, j’avais envie de livrer quelques morceaux comme ça. Ça m’a plu. J’aime bien être actif. Et puis, ça m’a donné l’occasion de faire des concerts et d’avoir de l’actu. C’est aussi ça qui m’intéresse.

Si tu veux bien, on va passer en revue les cinq titres qui figurent sur le EP et tu vas me dire un petit mot sur chacun. Le premier, c’est « C’est toi ».

« C’est toi », c’est une chanson d’amour très clairement. C’est évidemment un thème auquel chacun s’est frotté, et moi pas encore. Et donc, je me suis dit que c’était le moment de faire une déclaration d’amour à ma manière, avec mes mots, mes expressions et ma façon d’écrire. C’est une espèce de déclaration d’amour à la fois simple et naïve, avec quelques traits d’humour et plus légers. Pour l’instru, elle s’est faite d’abord avec un copain musicien, Eric Heber Suffrin. Et puis, ensuite, on a rajouté des guitares avec Sanseverino. Il habite pas loin du studio et connait mon producteur, donc il est passé. Stéphane Belmondo est passé aussi mettre des trompettes. Là, j’ai eu de la chance parce que ce sont deux super musiciens. Ça donne un titre assez frais qu’on a clippé assez vite, en faisant une parodie des vidéos qu’on peut trouver sur internet avec des chatons, des arcs-en-ciel et des licornes… Tout ce qui peut être de mauvais goût était assemblé. C’est un peu une ode au kitch.

Sanseverino et Stéphane Belmondo, les connaissais-tu avant ou pas du tout ?

Non, pas du tout. On s’est rencontrés par le biais de l’album. Mon entourage les connait en fait et leur a fait écouter certains titres. Ils ont aimé, et ils sont venus poser dessus très simplement. C’était pour moi vraiment génial de les avoir. J’aime bien m’entourer de personnes qui apportent leur touche, leur manière de jouer et toute leur expérience. Ça s’est fait par des amis en commun.

En deuxième plage, on a « Ma Chance ».

C’est un titre qui reparle du monde du travail. J’imagine la vie d’un homme qui attend le week-end, et qui attend le moment où la porte va s’ouvrir vers quelque chose d’autre. C’est une manière de dire aussi que même pris dans un train-train, il y a toujours une porte de sortie. Il y a toujours moyen de s’évader de sa routine et de saisir une chance quelle qu’elle soit. Moi, c’est un titre que j’aime bien qui va, je pense, être mis en avant pour l’album. Il va y avoir aussi un clip qui arrive sur ce titre. Celui-là a été composé par Ben Osmon, mon cousin avec qui j’avais commencé le rap. On a fait ce titre ensemble. Victor Belin, un musicien est venu mettre du thérémine dessus. Ça aussi, c’était une petite touche en plus. C’est un titre que j’ai voulu assez efficace et entraînant.

Tu viens de me toucher un mot sur le clip qui allait arriver, j’ai l’impression que c’est une chose à laquelle tu attaches de l’importance, l’image au service de la chanson.

J’aime bien mettre en image mes chansons et souvent, j’ai beaucoup de propositions pour les mettre en images. J’imagine que je dois créer des chansons qui inspirent ça. C’est une aventure très chouette à chaque fois, une aventure collective. Il y a toujours quelque chose qui se passe avec l’équipe. Il y a toujours beaucoup de monde sur un plateau. C’est fascinant de voir le projet prendre forme, du scénario jusqu’au montage final. Ce sont plein d’étapes qui sont amusantes et créatives pour moi. Et donc, j’aime bien m’entourer de réalisateurs de talent. Là, j’ai soumis l’idée à Partizan, la boîte de prod de Michel Gondry, dont je suis un fan inconditionnel. Je leur ai envoyé un mail en leur disant que je n’avais pas trop de fric, qu’ils ne me connaissaient pas, mais que si jamais ils voulaient me faire un clip, ce serait avec grand plaisir… Et puis, contre toute attente, ils m’ont répondu qu’ils allaient le faire et qu’on allait se débrouiller. On a chacun mis nos moyens et notre énergie. Au final, je me retrouve avec un clip animé super beau qui va sortir courant avril.

Il faut parfois y aller au culot.

Oui, c’est vrai. Les gens sont souvent contents de participer à un projet qui les motive, sans barrière.

La troisième piste, c’est « Les mains de mon ami(e) », en featuring avec Mat Hilde.

J’avais écouté Mat Hilde sur Noomiz et ça m’avait beaucoup plu. En plus, il se trouve qu’on avait des amis en commun. Mais surtout, on s’est rencontrés et très rapidement on a trouvé que ce serait sympa d’écrire une chanson. J’avais trouvé une mélodie en guitare-voix qui me plaisait, je la lui ai proposée. Ça lui a plu et on a écrit le texte ensemble. Pour le coup, ce titre est très chanson, mais j’avais envie de le mettre sur cet EP. C’est d’ailleurs le morceau le plus chanson que j’ai écrit jusqu’à aujourd’hui. Je me suis essayé à chanter un peu plus. C’est un autre exercice pour moi. C’est un morceau très fragile. En tout cas c’est ce qu’on a cherché, quelque chose de très doux et de très fragile. Une petite bulle…

Vincha © MarOne

La coécriture, ça te plait ?

Oui. Très concrètement d’ailleurs. De plus en plus, je commence à avoir des projets pour écrire ou composer pour d’autres. La coécriture, c’est quelque chose qui se fait à la rencontre parce que pour coécrire un titre avec quelqu’un, il faut se mettre d’accord, il faut avoir des idées en commun… C’est quelque chose qui n’est pas forcément facile. Mais quand la rencontre se fait et que ça matche, c’est très agréable.

Avec Mat Hilde, ça s’est passé comment ?

On s’est vu une fois pour trouver un petit thème. Ensuite, je lui ai envoyé un premier couplet, elle m’a renvoyé le sien. Et après, on s’est aidé mutuellement à remanier le texte. C’est un puzzle un titre comme celui-ci parce que finalement jusqu’au jour du studio, il y a des bouts de phrases qu’on a changés pour que ça sonne mieux et que ce soit plus joli. Sanseverino est venu jouer sur ce morceau également.

La quatrième plage, c’est « Toto ».

Moi, ce titre, je le vois un peu comme le fruit de mes influences Oxmo Puccino et ses histoires de gangsters, tout cet univers noir. L’idée était de réunir un storytelling sur un personnage et de faire une ode à la mythomanie comme quelque chose de beau, de rêveur, etc… je ne sais plus comment est venu ce titre. Je pense qu’on parlait des fous et de ces gens qui disent n’importe quoi. C’est quelque chose qui depuis longtemps me touche. Je trouve ça beau et je ne sais pas ce qu’il y a dans la tête des gens qui inventent des histoires, mais ça me fascine un peu. Je voulais dans cette chanson renverser un peu le concept de mythomanie en disant que c’est beau d’être mythomane… C’est fascinant quelqu’un qui invente des histoires, qui rêve et qui se sépare de la vie réelle…

Enfin, le EP se termine avec un remix de « Ma Chance ».

C’était important pour moi de mettre ce remix de Tom Fire sur le EP. C’est avec lui que j’ai fait tout l’album. Il l’a mixé, réalisé… il a joué tous les pianos, les basses, les contrebasses… On travaille depuis trois ans ensemble et c’était une sorte de dédicace au rap qu’on a écouté lui comme moi dans les années 90, quelque chose de très hip hop avec une boucle qui tourne.

J’ai lu sur ton facebook que le mastering, le tracklisting et la pochette de l’album avaient été validés.

Yes !

Peux-tu déjà m’en dire un petit peu plus sur cet album ?

Il est attendu pour le 29 avril, donc, ça va sortir dans pas très longtemps. Ça va être un mélange du premier EP et du deuxième, avec des morceaux inédits. On va remettre « Paris », « Petit Con » et « Les p’tits seins » du premier EP. Il y aura « Les mains de mon ami(e) », « Ma Chance » et « C’est toi » du deuxième. Plus six autres titres.

Vincha © MarOne

Musicalement, va-t-il rester dans le style des deux EPs ?

On a essayé de mettre en avant ce qui étaient pour nous, les meilleurs morceaux des trois dernières années. Il y aura des choses à la fois rap et chanson, des autres entre les deux… Comme tu as pu l’entendre, d’un morceau à l’autre, les univers musicaux changent beaucoup. La cohérence musicale sur cet album, ce n’est pas une chose que j’ai souhaitée. J’ai plutôt essayé d’habiller chaque morceau d’une manière nouvelle et différente. J’ai changé ma manière de chanter aussi. Donc, il y aura plein de styles, ça va aller dans tous les sens !

Dans les six titres inédits, quels thèmes vas-tu aborder ?

Il va y avoir un morceau sur la paternité, un morceau sur le voyage, un titre sur le temps qui passe, un autre sur la fin de la déprime de l’hiver et le retour du printemps… ça fait du bien de revoir les jambes des filles ! (rires)… Ah oui, il y a aussi un titre sur l’amitié et les potes, la famille qu’on choisit.

Tu as beaucoup voyagé, qu’est-ce que ça t’a apporté artistiquement.

Ça m’a ouvert à plein de choses, différentes musiques… Ce sont des aventures humaines qui m’ont inspiré. C’est pendant mes voyages que j’ai écrit mes premiers textes. J’écrivais peu à Paris, et donc je revenais de voyage avec trois ou quatre cahiers. Et c’est ça qui a nourri mes textes entre chaque voyage. J’ai beaucoup accumulé de textes en voyage. Ce sont des moments de ma vie où il y avait à la fois beaucoup de rencontres et beaucoup d’action. Beaucoup de méditation aussi, les moments où j’étais seul. Ça m’a permis de réfléchir un peu à qui j’étais…

Ces cahiers-là, ça t’arrive d’aller encore aujourd’hui piocher dedans ?

Ça peut arriver, mais il y a de moins en moins à piocher dedans. J’ai un peu utilisé la partie la plus intéressante à exploiter. Là, il va falloir que je m’y remettre.

Avant de te quitter, j’aimerais que tu me touches un petit mot sur ton association « Faites du Bruit ».

« Faites du Bruit », c’est un projet parallèle qui pour le coup n’est pas pour mettre Vincha en avant, mais vraiment pour transmettre ma passion, et faire en sorte que des enfants ou des personnes plus âgées, du moins tout un public qui n’a pas l’habitude de faire de la musique en fasse. Et moi, j’arrive, on écrit des textes ensemble et on les enregistre à la fin de la séance. Je le fais en ce moment dans des lycées et des collèges. J’ai plusieurs propositions pour la suite. Il y a parfois des actions culturelles avec des salles de concert où je me produis. C’est quelque chose qui me plait. Ça me permet de faire autre chose, d’essayer de pousser des vocations…

Ça doit être assez enrichissant aussi pour toi.

Oui, c’est enrichissant. C’est décentré aussi parce qu’en tant qu’auteur/compositeur/interprète, c’est toujours « moi, moi, moi », mon image, mes clips, mes photos, mes chansons… C’est agréable de se mettre au service des autres.

Enfin, évoquons un instant la scène si tu le veux bien. Est-ce quelque chose de très écrit pour toi ?

Non, c’est quelque chose de très peu écrit en fait. Je conçois la scène en ce moment comme quelque chose de très improvisé et de très libre. Je n’aime pas trop les spectacles écrits et donc du coup, j’ai peur de poser trop de balises. J’aime bien l’idée de l’équilibriste qui arrive selon le moment de la journée, l’heure ou le lieu où il se trouve à s’amuser de ça. Des fois, c’est très drôle, des fois moins, mais ça évite la routine. J’aime bien que tout ce qui se passe entre les chansons soit libre. Et puis, très honnêtement, c’est quelque chose qui m’amuse, j’aime bien quand il y a des soucis techniques sur scène. Hier soir, on jouait au Café de la Danse, il y a eu un énorme larsen au premier titre et finalement, on était un peu stressés et le public un peu timide, ça a mis un peu d’humanité. Je suis parti dans un délire de fin du monde, les gens ont rigolé, et du coup, une fois passé ça, ça a rapproché tout le monde. Je pense que c’est important.

Propos recueillis par IdolesMag le 1er mars 2013.
Photos : MarOne
Site web :
http://www.vincha.fr









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