Interview de Catherine Lara

Propos recueillis par IdolesMag.com le 28/02/2013.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag.com.








Catherine Lara © Carole Mathieu

Catherine Lara se produira les 12 et 13 avril prochains sur la scène de l’Alhambra accompagnée par le Sirba Octet. C’est avec grand plaisir que nous avons été à sa rencontre afin d’en savoir plus sur ce spectacle qui fait vivre sur scène les chansons de son dernier opus, « Au cœur de l’âme yiddish », dans lequel elle a décidé de rhabiller ses grands succès avec des couleurs klezmer ou ashkénazes, à la fois mélancoliques et pleines de vie. Elle nous expliquera que si elle n’est pas juive, l’âme de son violon, elle, l’est. Nous ne manquerons pas de lui demander ce qu’elle pense de l’évolution de son métier, qui n’en est pas vraiment un à ses yeux, puisqu’elle préfère dire qu’elle fait de la musique… Rencontre avec une artiste libre et authentique.

Catherine Lara, Au coeur de l’âme yiddishIdolesMag : Ce nouvel album, « Au Cœur de l’âme Yiddish », j’ai envie de dire que c’est une évidence. Ce projet vous trottait-il dans la tête depuis longtemps ?

Catherine Lara : Quand on fait un petit tour vers le passé… j’avais fait en l’an 2000 un album uniquement au violon qui s’appelait « ARAL ». C’était un disque qui m’emmenait déjà dans cet univers klezmer un peu ashkénaze. Comme je le dis toujours, mon violon à l’âme juive même si moi je ne le suis pas. Mon violon m’a toujours emmenée vers ce côté-là. Et donc, cet album, « ARAL », qui avait fort bien marché d’ailleurs puisqu’il est rentré dans le Billboard aux États-Unis et qu’il a tout de même vendu pas loin de 300 000 exemplaires, c’était un gros succès, m’a porté quelque part. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais au fond, j’ai toujours été dans cet univers-là. Et la rencontre avec Sirba Octet, qui est un magnifique ensemble, ce sont tous des virtuoses, a été merveilleuse. On m’avait demandé de refaire un disque avec de vieilles chansons à moi. Je trouvais que les arrangements de l’époque étaient déjà beaux comme ça. Je me demandais ce que je pourrais faire de plus aujourd’hui. Moderniser une chanson… hum… c’est presque démodé de vouloir être moderne. Je me suis dit « restons dans ce que j’aime le plus au monde, trouvons un lien entre mes premières amours, la musique classique, et la musique world, la musique du monde que j’aime tant depuis toujours » Je me suis demandée où tout ça allait m’emmener. Et ça m’emmenait vers ce monde-là. En plus, j’ai une tendresse infinie et un amour tout à fait spontané pour le peuple juif. Donc, voilà, j’avais envie de faire connaître cette musique que j’adore parce qu’elle est à la fois nostalgique et à la fois énergique. Il y a un peu dedans tout ce que je suis profondément. Je trouve qu’il y a une belle alchimie qui fonctionne. Avec ce disque, je suis arrivée à bon port.

Comment se sont passées les séances d’enregistrement avec le Sirba Octect ? On a l’impression que tout a été enregistré live.

Écoutez, ça a été très simple. On a répété trois jours chez Laurent le pianiste, et puis on est allés trois jours en studio. En six jours l’album a été fait. En trois jours de studio, on a enregistré les dix morceaux. On a dû les enregistrer chacun deux ou trois fois. Et on a pris la meilleure prise. C’est vraiment du live. Et c’est ce que j’ai adoré faire sur cet album. Vous savez, j’ai fait beaucoup de disques je dirais presque aseptisés, tellement léchés, tellement travaillés que finalement on en perd peut-être la substance essentielle, l’émotion. Et là, je trouve que c’est un album d’émotion, et c’est ce que j’aime.

Il y a quelque chose de super vivant dedans. Chaque chanson est presque un instantané de vie.

Tout à fait. Avec les petites erreurs qu’on peut faire. Mais c’est la vie. Aujourd’hui, bien sûr, à la fois, je me sens très jeune, mais j’ai quand même mon âge… (rires) et je n’ai plus envie de faire ce qu’on appelle des chansons pop ou de la variété. Je n’ai plus ma place là. Donc, il faut que je sois en harmonie avec ce que je suis profondément. C’est-à-dire à la fois mon amour pour la musique classique et pour la musique du monde. Par exemple, dans « La craie dans l’encrier », l’univers yiddish est en filigrane. D’ailleurs, j’ai été adoubée en général par toute la presse juive et toutes les radios juives parce que justement, j’ai été respectueuse de cet univers musical. Je n’ai pas fait une caricature du monde yiddish. Si j’avais eu encore plus de moyens pour le faire, j’aurais peut-être été chercher quelques titres dans le répertoire typique de cette musique-là. Malheureusement, je ne vais rien vous apprendre, le disque est un support un peu malade, et on a des budgets relativement serrés. Donc, j’ai dû faire des choix. Mais s’il n’y avait pas eu cette contrainte, j’aurais bien enregistré quinze ou seize chansons ! C’est sûr…

Peut-être seront-elles sur un volume deux…

On ne sait jamais ! (rires)

Catherine Lara © Carole Mathieu

« T’as pas le temps » a été numéro 1 en Israël à l’époque. C’est une heureuse coïncidence. Avez-vous déjà été chanté là-bas ?

Non, je n’y suis pas allée. Et je vais vous faire une confidence, ce n’est que longtemps après que j’ai appris que « T’as pas le temps » avait été numéro 1 là-bas. Personne à l’époque ne me l’avait dit. On me l’a appris un peu tard que cette chanson avait fait un carton incroyable en Israël… C’est incroyable comme le monde est petit. Aujourd’hui, j’ai envie de dire que je lui donne sa véritable couleur. Elle était vraiment faite pour ça. J’aurais rêvé aller chanter en Israël. Ceci dit, on a dans le projet d’aller y faire un concert avec le Sirba. Ce serait vraiment chouette.

Vous me disiez tout à l’heure que vous avez dû faire des choix. « La Rockeuse de Diamants » et « Les Romantiques », notamment ne figurent pas sur le disque. Avez-vous tout de même exploré certaines pistes ?

Oui… « La Rockeuse », on aurait pu la faire, mais ça aurait fait double emploi avec « T’as pas le temps ». Mais le texte ne correspondait pas vraiment à cet univers-là. Il y avait peut-être trop d’humour à mon sens. Je trouve sincèrement que « T’as pas le temps » remplace avantageusement « La Rockeuse ». « Les Romantiques », c’est autre chose, c’est vraiment pour des raisons économiques. D’ailleurs « Les Romantiques », elle est sur scène. Je l’ai chantée l’autre jour lorsque nous avons fait un concert à La Verrière avec le Sirba. C’était incroyable. Les gens étaient debout. Ils sont portés par cette espèce de musique qui est extrêmement séduisante et nostalgique. On a fait « Les Romantiques », c’était magnifique. On les a emmenés comme dans un monde de Rachmaninov. Cette chanson est vraiment très belle avec ses nouveaux habits. J’espère d’ailleurs qu’on aura l’occasion un jour de faire un live avec ces nouveaux titres. Il y a « La langue des anges », « Je m’en souviens déjà »… J’ai plein de nouveaux titres sur scène. Notez, avec dix chansons, je n’aurais pas eu assez pour faire un tour de chant !

Vous allez vous produire les 12 et 13 avril sur la scène de l’Alhambra. J’imagine que vous y serez accompagnée par le Sirba Octet.

Bien entendu. Le Sirba fera la première partie. Ça durera une petite demi-heure, vingt-cinq minutes à peu près. Et puis, Richard Schmoucler, qui est l’âme de ce groupe viendra me chercher et nous continuerons ensemble ce spectacle. Moi, je vais jouer environ une heure un quart, quelque chose comme ça. Ça fera presque deux heures de spectacle dans cet univers-là. La première fois que j’ai joué avec le Sirba, je partais un peu sur des œufs parce que je ne savais pas vraiment comment allait réagir le public. Et les gens étaient, je vous le dis très humblement et avec sincérité, vraiment emballés. Ils étaient heureux. J’étais vraiment contente d’avoir pu donner un peu de bonheur à ceux qui étaient venus.

Catherine Lara © Carole Mathieu

Cette musique est tellement vivante que les gens ne peuvent pas ne pas rentrer dans le spectacle tout de suite.

C’est impossible. Les gens ne connaissaient pas le Sirba, puisque c’était mon public. Ils connaissaient l’ensemble à travers le disque que je venais de sortir. Mais au deuxième titre du Sirba, les gens tapaient déjà dans leurs mains tellement c’est une musique populaire. C’est une musique d’exilés. Cette musique est là pour apporter cette espèce de « joie », entre guillemets parce que les morceaux sont vraiment tristes et faussement gais. Même  les morceaux rapides sont en mineur. Il y a toujours une profondeur dans cette musique yiddish qui me touche personnellement très très fort. Les gens sont touchés aussi. Le public était vraiment emballé. J’ai rarement vu une salle comme ça. On était à La Verrière, en banlieue parisienne et je n’en revenais pas de voir l’état d’émotion dans lequel les gens étaient. C’était extraordinaire.

Allez-vous tourner avec ce spectacle ?

Évidemment, on aimerait le faire tourner, mais nous sommes tellement nombreux sur scène que ce n’est pas un spectacle très bon marché… De nos jours, on sait à quel point c’est difficile de tourner. On a beau serrer les budgets au maximum, ça reste un spectacle très cher.

La scène, vous en avez toujours  fait énormément, c’est vraiment ce qui vous fait vibrer, je pense…

Oh oui ! En dehors de mes premiers disques et celui-là qui vient de sortir, je pense que le meilleur de moi, je le donne sur scène. Je suis une fille de scène, je suis une femme d’émotion. D’ailleurs, je suis vidée quand je sors de scène, tellement je donne. Et ça se voit. Alors que ça, sur un disque, ça ne se voit pas. On fait, on refait, on défait, on refait… il y a vraiment quelque chose d’aseptisé sur le disque. Je trouve que le disque aujourd’hui, puisque de toute façon ça ne marche plus, devrait être le témoin d’un merveilleux concert. Ça devrait servir à ça le disque aujourd’hui, que les gens puissent acheter un souvenir. Au fond, on revient aux sources. Gréco, il y a des décennies, disait que eux, leur métier, ils le faisaient d’abord sur scène. Ce n’est qu’après qu’on pensait enregistrer un disque. Les gens ont envie d’acheter un souvenir, un instant magique. Et je trouve que le disque n’a plus sa place dans le contexte actuel, à moins, de faire ce qu’on appelle un gros hit. Mais ça, c’est bon pour les mômes de vingt ans… ou entre vingt et trente ans ! (rires) Non, non, je trouve que le disque devrait être un souvenir. On se souvient d’un concert qu’on a vu, qu’on a aimé et on a envie de se replonger dans cette ambiance, entendre du live, entendre ce qu’il se passe sur scène… Mais ce n’est que mon avis !

Catherine Lara © Carole Mathieu

Si j’ai bien fait les calculs, je pense qu’« Au cœur de l’âme yiddish » est votre 24ème album studio.

Je vais vous faire confiance ! (rires)

C’est assez vertigineux quand on y pense.  Quel regard jetez-vous sur l’évolution de votre métier qui ces dernières années s’est vraiment dégradé.

L’évolution de la musique s’est dégradée en général. Le niveau a baissé, baissé, baissé au fil du temps. C’est ça le problème finalement. J’examine ça, croyez-moi, sans être aigrie pour un sou. Je suis heureuse, j’ai fait une carrière formidable. Disons que j’ai eu la chance de faire ma carrière entre 1970 et 1990, qui étaient des années fantastiques où il y avait les Gainsbourg, les Ferré, les Jonasz, les Sanson, les Julien Clerc, etc… Il y avait vraiment plein de chanteurs qui étaient bourrés de talent. Aujourd’hui, on fait des carrières éphémères. Les artistes sont vendus comme des produits. D’ailleurs, on parle de produit aujourd’hui, pas de projet… C’est quand même terrible ! C’est effrayant ! C’est devenu lamentable ce qui se passe dans les maisons de disques… Et puis, ce sont des carrières kleenex qu’on fait aujourd’hui. « Allez hop, t’as bien vendu, on t’en fait un deuxième, sinon, dehors ! » Je me souviens encore de Régis Talar me disant, « écoute, ce n’est pas grave si on en a moins vendu, on vendra mieux le prochain… L’important c’est que les gens t’aiment sur scène. » On nous donnait le temps pour faire une carrière, avec des expériences plus ou moins heureuses. J’ai fait des disques où je me suis paumée je ne sais où… mais je n’ai pas fait un métier, j’ai fait de la musique. Aujourd’hui, c’est devenu une industrie… L’industrie du disque… On est loin de l’âme essentielle de la musique. Très loin. Et là, avec le Sirba Octet, c’est cette âme que j’ai retrouvée. C’est génial. Ce jour-là, quand je les ai rencontrés, ça a été un coup de foudre monumental. A priori, je n’aurais pas dû avoir les moyens de m’offrir cet orchestre, mais ils m’ont dit « mais on s’en fout ! Même gratuitement, on le fera puisqu’on a envie de le faire ! On aime ta musique, toi tu aimes la nôtre, on va faire de la musique ensemble. » Et si il y a des cerises qui tombent de l’arbre, on en mangera tous… On a perdu la source de la musique.

Et le plaisir.

Mais oui, faire une chanson et chanter, c’est avant tout du plaisir. Vous savez, j’ai toujours fait beaucoup de concerts. Et une des premières fois où je me suis produite sur scène, j’avais oublié mon chèque en partant. J’étais tellement heureuse d’avoir chanté sur scène. J’avais donné de l’amour et j’en avais reçu… Donc, quand je suis descendue de scène, je suis partie sans prendre mon chèque. Moi, j’étais heureuse, je ne pensais pas avoir plus ! On fait de la musique, ne l’oublions pas. Alors, évidemment, tous ces concours de la plus grande star, de la plus belle voix, de celui qui ira le plus haut ou le plus bas… on s’en fout ! On s’en tape ! Je le dis vulgairement, mais c’est ce que je ressens. Donnez la chair de poule, après, on verra ! Parce que dans le fond, on n’a que ça à vendre…

C’est un point de vue qui s’est perdu…

Quelle pauvreté ! C’est ça être pauvre… Toute cette industrie qui ne pense qu’à vendre… Vendre du disque ! Quand on a fait une émission de télé, on se demande combien de gens vont la regarder… Est-ce qu’à l’époque des Carpentier ou du Grand Échiquier on regardait les audiences ? On avait regardé une belle émission, c’est tout. Qu’il y en ait 200 000 ou 800 000 devant leur poste, on s’en foutait. On vendait quelque chose d’artistique. C’est ça le vrai sens du mot artistique.

Et du rêve aussi.

Et du rêve, évidemment.

Mathilde Seigner © Carole Mathieu

Mathilde Seigner vous rejoint sur « Le dos au mur », une chanson écrite par son père Jean Seigner. Était-ce évident pour vous qu’elle fasse partie de l’aventure ?

C’était évident. Et d’abord, je suis la marraine de son petit Louis. Nous avons des liens très proches. C’est une amie qui vient passer le week-end à la maison. Mathilde est quelqu’un qui a une véritable passion pour la chanson française. Elle adore. Elle aime la chanson pure et dure. Elle aime Brel et Bécaud. Elle aime toute cette chanson-là… On a toujours parlé de musique ensemble, et elle a toujours aimé chanter. Cette chanson a été écrite pour elle à un moment où elle avait vécu un petit chagrin d’amour, quelque chose qui lui avait fait du mal. Son père lui avait écrit ce poème. La chanson figurait sur un de mes disques qui s’appelait « Passe-moi l’ciel ». Elle m’a dit « je serais tellement heureuse que tu la mettes dans ton disque, ce serait génial. C’était une belle chanson, elle n’a pas vraiment eu sa place. » Je lui ai dit que ce qui serait formidable, c’est qu’elle vienne enregistrer quelques mots dessus. Ce n’est pas un duo, elle est juste venue mettre sa petite signature. C’était formidable. Avec sa façon intelligente de ne pas être chanteuse, mais être diseuse. Elle le fait très très bien. Je n’ai pas voulu que ce soit un duo, parce que maintenant, tout le monde fait des duos !... parce que c’est ce qui vend. C’est devenu grotesque. On va tous faire des duos… et tout le monde fait la même chose. On vit dans un monde formaté. Très formaté. Trop formaté. Il faut que tout le monde fasse le même truc. Regardez, il faut que tout le monde se marie, qu’on se marie tous… [Catherine soupire] C’est fatigant ! La liberté et l’identité, c’est toujours ce que j’ai cherché.

Paradoxalement, on osait beaucoup plus il y a quelques années…

Et comment ! Au niveau du créatif, il y avait beaucoup plus de choses identitaires. Quand j’entends trois phrases de Jonasz [Catherine chantonne], je sais que c’est lui. Tout de suite. Idem quand j’entends trois phrases de Véronique, je sais que c’est Sanson. Trois phrases de Julien, je sais que c’est lui… Avant, les artistes avaient une identité et une particularité. Aujourd’hui, il faut que tout le monde fasse des grands cris et grimpe très haut. On veut essayer de copier les Américains. On ne sait plus où on est. La chanson française perd son âme… Pourtant, il y a des gens intéressants. Il y a des Camille, des Juliette, des Calogero… De temps en temps, heureusement qu’il y a des gens qui percent avec une vraie identité. On se rassure en se disant qu’ils existent… Il y a des Maurane aussi, heureusement…

Catherine Lara © Carole Mathieu

Sur votre précédent album, vous repreniez Léo Ferré, sur celui-ci vos grands succès, quand peut-on espérer un album de chansons originales ?

Je ne sais pas… C’est très difficile. Si j’avais 35 ou 40 ans, je le ferai peut-être. Maintenant, je ne sais pas si je vais me relancer dans un album de chansons originales… Est-ce que je trouverais une maison de disques pour le produire ? Enfin bon, ça, je suis productrice moi-même et on peut toujours trouver un distributeur. Mais c’est difficile… C’est difficile d’exister comme nouveauté…

Mais vous en avez tout de même l’envie ?

Oh oui ! Ça c’est sûr… Quand je pense au Sirba Octet, on pourrait faire des choses magnifiques ensemble. Quand j’entends les cordes de Cyrille Lehn, je craque ! C’est le seul album que j’écoute. Habituellement, quand j’ai fini un album, je le range quelque part et je ne l’écoute plus. Et celui-là, je me régale à écouter les arrangements. Je les trouve sublimes, ils sont d’une intelligence et d’une finesse rares.

Propos recueillis par IdolesMag le 28 février 2013.
Photos : Carole Mathieu
Site officiel : http://lalapassion.fr/









+ d'interviews
Inscris toi à la newsletter
Vidéos




Retrouvez-nous sur Facebook
Retrouvez-nous sur Twitter
Concours
 
Retour en haut