Interview de Emily Lady

Propos recueillis par IdolesMag.com le 27/02/2013.
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Emily Lady, Some Things To Say

Le premier album d’Emily Lady est disponible aujourd’hui  4 mars. Emily Lady aime les mélanges et le fait savoir. Avec un patchwork d’influences musicales très différentes les unes des autres, la jeune artiste manie aussi bien la langue de Molière que celle de Shakespeare et celle de Cervantès. Elle nous livre un album intéressant à plus d’un titre. Nous avons donc été à sa rencontre afin d’en savoir un peu plus sur cette étonnante Emily Lady, pleine de vie et d’envie, qui la nuit devient de temps à autre Lily Swan…

IdolesMag : Avant de parler de ton premier album, « Some things to say », j’aurais aimé si tu le veux bien en savoir un peu plus sur toi. Viens-tu d’une famille de chanteurs, ou tout du moins d’artistes ?

Emily Lady : De chanteurs, non. Par contre, de mélomanes et d’artistes, oui. Mon père est musicien. Il a tout appris par lui-même, il fait de la musique à l’oreille. C’est un peu un touche à tout. Il a ainsi appris à jouer de la guitare. Il a été animateur sur NRJ Grenoble aussi. Ma mère, elle, dessine très bien. Ma tante est chorégraphe, mon oncle est comédien…

C’est une famille d’artistes, en fait.

Oui, on peut le dire ! (rires)

Emily Lady - DR

Qu’est-ce que tu as écouté comme musique quand tu étais enfant ? Qu’est-ce que tes parents écoutaient ?

Chez moi, on écoutait du Elvis Presley, du Beatles, du Pink Floyd, du Gipsy King aussi. On écoutait vraiment de tout, tout cette bonne musique d’avant. Ah oui, on écoutait du Queen aussi, j’allais oublier !

Et toi, à l’adolescence, as-tu été attirée par un style de musique en particulier ?

Non, c’est pareil que mes parents, j’ai vraiment écouté de tout. J’aime la musique de bonne qualité, c’est tout. J’aime la musique qui me touche, les mélodies et les paroles qui me parlent.

À quel âge as-tu commencé à écrire des chansons ?

Je devais avoir 14/15 ans. On va dire que c’était pour moi une forme de musicothérapie. Je n’étais pas très bien dans ma peau, j’ai commencé à écrire des textes. Vu que j’avais des guitares et des pianos à côté de moi, ça a été plus facile de les adapter en mélodies. Et j’ai commencé à écrire des petits morceaux comme ça sans prétention. Il y avait des petites chansons d’amour, bien sûr… j’étais une adolescente de quinze ans, ne l’oublions pas ! (rires) Tout a commencé comme ça, toute seule dans ma chambre, sans que personne ne m’écoute. J’étais assez timide en fait… je gratouillais sur la guitare de mon père, je faisais aussi un peu de piano, à l’oreille. J’avais pris un peu des cours étant petite, mais je ne savais pas lire les notes, et je ne sais toujours pas le faire, d’ailleurs. Ça a commencé comme ça. J’adorais vraiment composer des mélodies sur le piano et à la guitare. J’ai eu un peu de mal à faire paroles et musique au départ. On ne s’en rend pas toujours compte, mais c’est tout de même du travail d’écrire des chansons, ça s’apprend. Après, c’est devenu très naturel…

Tu me disais que  l’écriture de chansons était une thérapie pour toi quand tu étais adolescente. L’est-ce encore aujourd’hui ?

Bien sûr. La composition de mélodies et l’écriture de chansons, c’est bien entendu une forme de thérapie. Même quand je suis derrière mes platines… je mixe un petit peu aussi à côté… bon, je ne suis pas une grande Djette non plus, je ne suis pas Carl Cox ou David Guetta… mais tout de même, tout ce qui passe par la musique est une forme de thérapie pour moi. Quand j’ai besoin de me retrouver, ça passe par la musique.

Emily Lady - DR

J’ai lu dans ta bio que tu avais exploré un nombre incalculable de pistes pour tes études… du commerce, de l’orthophonie, du droit… tu as même été hôtesse de l’air.

C’est vrai ! (rires)

Étais-tu un peu dans le flou ou bien as-tu essayé plusieurs pistes parce que tu ne savais pas comment concrétiser le fait de devenir chanteuse ?

Il y a de ça… Ce n’était pas forcément devenir chanteuse qui m’importait, c’était tout simplement que la musique me bouffait. Et je savais très bien, étant issue d’une famille d’artistes (je pense notamment à mon oncle comédien), que j’allais passer par de sacrées galères. Je savais très bien que le milieu artistique était très compliqué. Donc, c’était important pour moi de faire des études et d’avoir un métier au cas où ça ne marcherait pas dans la musique. Mais ce n’était pas mon but premier. Ce que je voulais faire, c’était vraiment de la musique. Quand je regarde mon parcours, il est assez atypique, j’ai touché un peu à tout, mais je suis moi-même assez atypique. Je suis également aujourd’hui assez inclassable dans mon style musical. Ça fait partie de moi. Pour les études, c’est pareil, j’ai fait de tout, du droit, de l’espagnol, de l’anglais, j’ai été hôtesse de l’air… Je me cherchais beaucoup mais je savais très bien que la seule chose qui m’intéressait, c’était la musique.

C’est pas mal de faire plein d’études différentes, ça ouvre l’esprit quelque part.

Mais complètement !! J’adore ça, apprendre des choses. Et en faisant des études, on apprend toujours plein de choses. C’est passionnant de faire des études, c’est passionnant de toucher et de s’ouvrir à tout, quand on a la possibilité de le faire, bien entendu.

Emily Lady - DR

Tout change quand tu rencontres Guillaume Spitz. Qui est-il ? Comment vous êtes-vous rencontrés ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire de la musique ensemble ?

Guillaume, je l’ai rencontré à un dîner entre amis. Ils sont venus me voir en me disant que je devrais aller lui parler parce qu’il était dans le milieu de la musique. Il faisait de la musique électronique et il avait un studio d’enregistrement. On a discuté, et on ne s’est plus quittés ! Il m’a dit qu’il cherchait des voix, moi je lui ai dit que je gratouillais sur ma guitare. Je ne risquais rien, je lui ai envoyé mes compositions. Il a trouvé ça vachement bien. Au fil du temps, on a partagé la même bulle, on s’est créé notre propre univers et on a commencé à faire des maquettes. C’est en fait le feeling qu’il y avait entre nous deux qui nous a amené vers l’album. C’est un concours de circonstances. Au départ, on n’avait pas l’idée que le projet devienne professionnel et qu’on s’embarque pour un album. C’est vraiment venu par le feeling et cette bulle qu’on avait créée. C’est vrai que les morceaux qu’on faisait, on a eu envie de les partager. On les a faits écouter à une personne, puis deux, puis trois… Et de fil en aiguille, on s’est inscrits sur quelques sites sur internet, et pour finir chez My Major Company. Et ça a marché assez rapidement, après deux semaines, la jauge était déjà bien remplie.

Tu n’as pas été tentée de t’inscrire à un télé-crochet ?

Comment te dire ?!... J’y ai pensé ! Mais exposer sa vie à la télé,… c’est un énorme risque. Je ne suis pas dans le nombrilisme comme ça. Je voulais faire de la musique, mais pas à n’importe quel prix. J’ai tout de même passé le casting de la Nouvelle Star et j’ai été virée au premier tour… Je n’ai pas trop envie d’en parler. Je suis passée dans les dernières, il devait être 21 heures, j’ai à peine ouvert la bouche qu’on me disait que ce n’était pas bon… Bref ! Ce n’était pas trop ma came. Et puis The Voice, j’y ai pensé, mais je ne suis pas certaine d’avoir le coffre pour ! (rires)

Tu me disais tout à l’heure que tu étais comme dans une bulle avec Guillaume. Vous avez pourtant collaboré avec d’autres artistes, je pense notamment à Thomas Pradeau qui cosigne un titre. Est-ce que ça n’a pas été trop difficile de faire rentrer d’autres gens dans votre univers ? Ou bien était-ce une réelle envie de votre part de vous ouvrir à d’autres univers ?

Une envie de faire rentrer des gens dans notre univers, oui, parce que nous sommes des gens très ouverts. Comme je te le disais, j’aime un peu de tout. Et j’adore les mélanges, les mélanges de cultures, les mélanges de musiques, les mélanges d’arômes… Thomas Pradeau, en l’occurrence, j’ai fait appel à lui parce qu’il écrit très bien, il a un vrai talent. La chanson qu’il a écrite, « Les détails », c’est tout de même le potentiel deuxième single. Il nous fallait qu’il soit écrit en français. Thomas était là à ce moment-là, et ça s’est fait une nouvelle fois au feeling. On était avec Guillaume, on lui a demandé de nous écrire un refrain, et c’est sorti en dix minutes ! Il y a des gens qui ont des facultés d’écriture formidables, Thomas en fait partie. J’aime beaucoup sa petite patte d’écriture. Après, on a travaillé avec Olivier Vallès. C’est un ami. On n’a travaillé qu’avec des amis ou des gens qui sont devenus des amis, en fait. Tout s’est fait au feeling, en petit comité. Les collaborations qu’on a pu avoir se sont toutes faites de manière très naturelle.

Emily Lady - DR

Tu me dis que tu aimes mélanger les genres, on l’entend sur l’album. N’as-tu pas peur à un moment donné de déboussoler le public ?

C’est le risque, mais c’est un risque à prendre. Je vois des petites filles qui chantent des chansons que j’ai écrites en anglais. Et je trouve ça fabuleux qu’à neuf/dix ans on chante en anglais, en espagnol et en français… Je préfère être messagère d’un mélange de langues, parce que j’adore ça. Déboussoler les gens, je ne pense pas, déboussoler les médias, oui, certainement. Mais les gens, je ne pense pas.

On a tendance à faire rentrer les artistes dans des petites cases…

Je le sais bien. Mais ça, ce sont les médias qui le font. Quand je vois que j’ai eu 1442 producteurs qui savaient très bien que je chantais en anglais, en espagnol et en français, ça ne les a pas choqués. Mais pas du tout. Donc, je ne voulais pas changer ça et pas changer mon projet pour me mettre dans une case… ça aurait été stratégique et pas naturel du tout. Je voulais rester la plus naturelle et la plus franche possible. Et je ne voulais pas aller à l’encontre des producteurs qui ont misé 100 000 euros sur un album en anglais, en espagnol et en français. Je ne pouvais pas tout changer et chanter tout en français. Je ne trouvais pas ça correct, ni envers eux, ni envers moi, ni envers tous les gens qui me soutiennent.

L’album, c’est un vrai patchwork musical. Si je te demandais de me le qualifier en quelques mots, que me dirais-tu ?

Éclectique, diversifié, riche et assez simple.

On dit souvent d’un premier album qu’il est autocentré et autobiographique. Le tien l’est-il ?

Autocentré, pas très, non. Mais il est autobiographique très certainement parce que je parle de mes propres expériences. Donc, il y a un peu d’autobiographie dans à peu près tous les morceaux, ça c’est sûr. Maintenant, je n’ai pas voulu tourner autour de moi-même pour écrire cet album. C’est vraiment en fonction des gens, des rencontres, des petits moments volés que j’ai pu vivre, des pays que j’ai visités, que j’ai écrit ces chansons. C’est l’expérience de la vie, en fait. Ça peut être quelque chose qui m’arrive qui m’inspire, le soleil qui brille, ou tout simplement quelque chose que je vois dans la rue ou l’histoire de quelqu’un que je rencontre au café du coin. Par exemple, Lola, je pense qu’on l’a tous et toutes un peu en nous. Cette petite fille qui est pleine de souvenirs d’enfance… Il y a donc de l’autobiographie, mais c’est surtout général.

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On sent un souci du détail assez prononcé. Je pense notamment aux petites ambiances au tout début de « Lola » ou « Coming Out ». Passez-vous beaucoup de temps en studio sur ces détails ?

Oui ! C’est spontané, certes, mais on est quand même très perfectionnistes, Guillaume et moi. Donc, on pense beaucoup à ces détails. Ça peut être un tout petit bruit, ou quelque chose comme ça… On est revenus des milliards de fois sur certains détails dans les maquettes. Mais ce qu’on ne voulait pas non plus, c’était trop faire genre. On a vraiment fonctionné au feeling, mais en gardant le souci du détail. Sur certaines compos, j’avais une idée assez précise de ce que je voulais, sur d’autres, on a un peu plus cherché. En gros, on arrive avec une compo Guillaume ou moi et on va chercher pendant le temps qu’il faudra le son auquel on pense. Ça a été pareil pour la réalisation avec les musiciens, on a mis je ne sais pas combien de temps pour trouver le piano idéal.

Tu viens de terminer le tournage du clip de « Lola ». Ça s’est passé comment ?

C’était génial. C’était une expérience incroyable. Grosse équipe, gros matériel, donc gros budget. Malgré le froid, le vent, le super mistral du sud qu’on a eu et des températures pas très très clémentes, on a tout de même eu de la chance parce qu’on a eu du beau temps. Mais tout le monde avait le sourire, tout le monde était super dynamique. Les figurants ont été top. La petite Lola, une merveille. C’est extraordinaire comme expérience professionnelle et humaine également. C’était le top. Si on me repropose un tournage demain, je signe direct.

As-tu une petite anecdote à me raconter ?

Oh… j’ai dû me casser la gueule au moins cinq ou six fois ! (rires) Je devais courir sur les rails du chemin de fer en fixant la caméra. Et le réalisateur aussi est tombé. C’était assez drôle ça ! Quand j’y repense, c’était vraiment top !

En parlant d’image, qui a eu l’idée de cette pochette très pure, très « nude » et un peu sexy dans le fond ?

On a fait plein de séances photos dans des ambiances différentes. Et puis, c’est fou, quand on a pris cette photo avec mon tatouage, je me suis retournée naturellement. Quand j’ai vu cette photo, je me suis dit que c’était celle-là qu’on devait prendre. C’était une photo naturelle. Pour le coup, je me suis livrée. J’ai montré mon dos nu, mon tatouage. Le dos, c’est l’endroit du corps où tu as toute ta mémoire. Tout ce que tu as subi, tous les stress, toutes les émotions… Et je trouvais ça super important. Là pour le coup, je ne peux pas être plus nature. Je ne trouve pas ça vulgaire du tout. Il faut plutôt voir là-dedans une mise à nu. Elle est à l’image de l’album. On a beau m’habiller comme on veut, me mettre dans n’importe quelle pièce, etc… qu’y a-t-il de plus naturel qu’un corps nu avec un regard franc ?

De toutes les chansons qui figurent sur l’album y en a-t-il une pour laquelle tu as un peu plus de tendresse qu’une autre ?

« Some Things to Say », sans aucun doute. C’est celle pour laquelle j’ai le plus d’émotion. Ce morceau est vraiment sorti de mes yeux, de mon corps et de mon cœur assez rapidement. C’est une période de ma vie où il s’est passé des choses et où j’avais envie de le dire. C’est le titre de l’album, d’ailleurs. Et c’est la phrase que j’ai tatouée sur mon dos. Je n’ai pas tatoué le morceau sur mon dos, c’est plutôt le tatouage qui a donné naissance au morceau. Je ne vais pas tatouer tous les morceaux de mon album sur mon dos ! (rires) Un tatouage, c’est quelque chose de très important. J’ai mis des années avant de m’en faire tatouer un, je voulais vraiment quelque chose qui me caractérise et qui soit vraiment personnel. Même si c’est un morceau que je vais dévoiler au grand public et que je le dévoile même sur la pochette, ça reste très personnel.

Emily Lady - DR

Des scènes sont-elles prévues ?

Nous avons la tournée prod qui est prévue du 16 au 19 avril. C’est une tournée de quatre jours et quatre dates dans quatre grandes villes de France. Il y aura aussi certainement quelques show-cases. Et le 16 mars, il y aura la soirée de sortie de l’album. J’y chanterai cinq chansons. Après, on a plein de dates en tête, mais tant que rien n’est confirmé, mieux vaut ne rien dévoiler.

As-tu l’expérience de la scène ?

Un petit peu. Quand j’étais à un peu plus de 50% de la jauge, j’ai fait une première scène en Eure-et-Loir où il y avait plein d’artistes du label. C’était chez un particulier, mais c’était un souvenir très marquant puisque c’était ma toute première scène. Après, il y a eu des scènes sur Paris, sur Marseille, à Nice (l’émission Ta-Ratatouille)…

Est-ce quelque chose qui te fait encore un peu peur ?

Ah oui. On a toujours le trac. Et heureusement, d’ailleurs… Quand on est perfectionniste on a toujours peur. Maintenant, j’ai vraiment hâte de remonter sur scène. J’ai beaucoup d’énergie à donner. La scène, c’est le top !

Avant de te quitter, peux-tu me dire un petit mot sur Lily Swan ?

Oui. Elle va bien !! (rires) Lily Swan… Je ne voulais pas mêler Lily et Emily. Je ne voulais pas qu’Emily soit également aux platines. Il faut respecter chaque univers. En tant que Djette, je me régale. De toute façon, tout ce qui touche à la musique me régale. J’adore voir les gens danser. Des gens qui prennent du plaisir sur une sélection musicale, je pense qu’on ne peut pas faire mieux. J’aime l’ambiance aussi qu’on peut rencontrer quand on est DJ. Maintenant, je ne me considère pas comme une grande Djette, mais j’adore ça. J’adore rentrer dans mon personnage de Lily Swan parce que c’est superbe de faire danser les gens. Ils vous le rendent tellement bien les gens.

Le DJ a un pouvoir énorme en fait…

Oui. Franchement, oui ! Tu es derrière tes platines, tu joues avec deux petit bitoniaux, tu ne parles pas, et tu as des centaines de personnes qui dansent et qui crient devant toi… c’est tout de même assez fabuleux ! C’est impressionnant et c’est extraordinaire comme expérience. En tant que DJ, on peut se permettre des fantaisies qu’on ne peut pas se permettre ailleurs. C’est vachement enrichissant comme expérience. Maintenant, je me consacre essentiellement à ma carrière de chanteuse, mais je suis toujours un peu Djette à côté.

L’album sort en ce moment. Dans quel état d’esprit es-tu ? Angoissée ou zen ?

Zen n’existe pas dans mon vocabulaire. Je suis un peu stressée et très excitée. C’est tellement fantastique tout ce qui se passe autour de moi en ce moment, toute cette ébullition. Je prends tout ça avec bonheur. Maintenant, je ne sais pas ce que ça va donner, mais je suis très excitée, j’ai beaucoup d’espoir. Je suis impatiente de voir ce que ça va donner…

Propos recueillis par IdolesMag le 27 février 2013.
Photos : DR









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