Interview de Célien Schneider

Propos recueillis par IdolesMag.com le 22/11/2012.
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Célien Schneider - DR

Après nous avoir proposé un premier single intimiste, « Jupiter », et un deuxième plus enjoué, « A Better Lie », Célien Schneider s’apprête à sortir son premier album, « Come Rain or Shine » au printemps prochain. Nous avons donc été à la rencontre de Célien afin d’en savoir un peu plus sur lui et sur sa musique. Au cours de cet entretien, Célien nous racontera un peu son parcours, il vient du Valais en Suisse, il a une formation de piano classique et une maîtrise en Lettres Classiques. Il nous expliquera que pour lui, la musique est plutôt du domaine de l’intime et qu’il ne pensait pas vraiment devenir chanteur un jour… Il se produira le 15 mars prochain sur la grande scène du Caprices Festival à Crans-Montana, pas loin de chez lui. Rencontre avec un jeune homme nostalgique et mélancolique qui a la tête sur les épaules et pourtant dans les étoiles…

IdolesMag : Avant de parler de ton single, « A Better Lie », et de l’album qui arrive en début d’année, j’aurais aimé que tu me dises dans les grandes lignes d’où tu viens. Tu es Valaisan, c’est ça ?

Célien Schneider : Oui, c’est ça, je viens du Valais, en Suisse, dans les montagnes. J’ai grandi au milieu des Alpes.

Chez toi, écoutait-on beaucoup de musique ?

Oui, on écoutait beaucoup de musique. Mon père, il était fan de la musique des années 60. C’est un peu la musique de sa jeunesse. Quand j’étais petit, il n’écoutait quasiment que ça. Ma mère n’en pouvait plus d’ailleurs, elle ne supportait plus ça… (rires) Et moi, du coup, c’est vraiment la musique qui m’a bercé. Il y avait beaucoup de Beatles, de Bob Dylan, de Cat Stevens, Simon & Garfunkel… ce genre de musiciens, quoi. Il y avait aussi pas mal de folk et de pop. Des fois, dans ma manière de composer, je retrouve intuitivement des réflexes et des lignes mélodiques qu’on entendait dans cette musique. C’est vraiment mon enfance.

Célien Schneider, A Better LieY avait-il des chanteurs ou des artistes dans ta famille ?

Oui. Mon grand-père était compositeur multiinstrumentiste. C’était le père de ma mère. Et d’ailleurs, je porte son nom. C’est lui qui s’appelait Schneider. Je ne l’ai malheureusement pas assez connu puisqu’il est mort quand j’étais tout petit, j’avais deux ans et demi. Mais le tout premier souvenir que j’ai dans ma vie, c’est un souvenir de lui. C’est mon grand-père qui jouait de l’accordéon. Il jouait vraiment de tous les instruments. Bien entendu l’accordéon, mais aussi la clarinette, le violon…

Inconsciemment, il t’a un peu transmis le virus…

(rires) Peut-être. En tout cas, c’est grâce à lui que j’ai commencé le piano parce que ma mère voulait absolument qu’on fasse de la musique comme son père.

Tu as commencé le piano à quel âge ?

Oh, j’ai commencé tôt. J’avais sept ou huit ans. Et j’ai arrêté le piano classique à seize ans.

Tu as donc une formation classique. Est-ce que ça te plaisait à l’époque ?

Très franchement, ça ne me plaisait pas quand j’étais enfant, mais avec le recul, aujourd’hui, je suis très content de l’avoir fait. Par contre, dès que j’ai arrêté le piano, c’est bizarrement à cette époque que j’ai commencé à kiffer le classique. Alors qu’avant, je n’aimais pas. Tu sais, quand tu es gamin, quand on te donne plein d’exercices rébarbatifs, tu prends le truc en grippe. Mais au final, le fait d’arrêter m’a donné l’impulsion d’aller vers autre chose et vers une autre énergie. J’ai recommencé à apprécier le classique à ce moment-là. J’ai repris le classique, mais tout seul, sans prendre de cours.

Et les premières chansons, elles remontent à quel âge ?

J’ai d’abord commencé pendant deux ans à ne faire que des musiques instrumentales au piano. C’était des petits morceaux que j’inventais comme ça. Et puis, petit à petit, j’ai commencé à chanter par-dessus ce que je faisais. D’abord, je ne pensais pas du tout devenir chanteur. Je chantais dans mon coin et je ne faisais écouter ça à personne. À ce moment-là, j’étais très jeune, j’avais quelque chose comme dix-huit ans. Et puis là, j’ai commencé à faire des petites chansons. Petit à petit, j’ai continué, c’était vraiment un plaisir pour moi. Et j’ai fini par composer des chansons vraiment sérieusement vers 21/22 ans.

En fait, tu n’as pas le parcours entre guillemets « classique » du garçon qui a monté plein de groupes à l’adolescence.

Non. Pas du tout. Ma démarche était très personnelle. J’écrivais des chansons tout seul de manière totalement intime, dans mon coin, sur mon piano. Et j’ai continué à faire ça longtemps. Pour moi, me mettre au piano et composer, c’est vraiment un exercice que je faisais tout seul. C’était un plaisir solitaire.

Célien Schneider - DR

C’était plutôt un jeu ou un moyen d’expression ?

C’était les deux. À la fois, c’était un exutoire. Pouvoir me mettre sur le piano, c’était pour moi vraiment le moyen de me vider la tête. Et puis en même temps, c’était quelque chose que j’aimais vraiment faire. J’ai toujours kiffé la musique. Et le fait de faire des chansons, j’avais vraiment du plaisir à le faire. Donc, c’était à la fois un jeu et à la fois un exutoire.

Tu as fait des études de lettres classiques.

Oui. J’ai d’abord fait des études de Lettres à Lausanne. J’ai étudié la littérature française, l’histoire et le latin. Et après, je suis venu à la Sorbonne pour faire un master en Lettres Classiques et en latin.

Pendant tes études, étais-tu tout de même dans l’optique chanteur ?

Pas vraiment. Bizarrement, heureusement que j’ai fait des études, parce que ça m’a fait comme un contre balancier. Le fait de ne pas faire que de la musique, ça me permettait de vivre à côté de la musique et de vivre des choses qui faisaient qu’après, j’avais envie d’aller me poser sur mon piano pour m’évader, pour me vider la tête et pour quitter mon quotidien d’étudiant. Mais dans le fond, je l’aimais bien ce quotidien d’étudiant. J’avais besoin d’être à l’université. Je kiffais aller en cours. J’aime beaucoup la littérature donc j’aimais beaucoup ce que je lisais et tout. Après, bien évidemment, je suis allé à l’université parce que j’étais dans un système scolaire qui est un peu différent de la France. C’était tout à fait normal pour moi de faire des études. C’était ma vie de jeune et de jeune ado. La musique, c’était une passion à côté. C’était quelque chose que je vivais aussi et que je kiffais. Au fond de moi, même si je n’étais pas parti pour faire de la musique, comme tout musicien, mon rêve était de pouvoir vivre de ma musique et ne faire que ça. Donc forcément j’y pensais. Mais finalement, mes études, je les aimais bien.

À un moment donné, ça devient professionnel. Qu’est-ce qui a été l’élément déclencheur ?

C’est le hasard. Je faisais mes petites musiques sur le côté. Et vers 23 ans, j’ai commencé à chanter devant mes potes. J’étais chez moi, je me mettais au piano et je chantais ce que je venais de composer. Mes potes étaient toujours super enthousiastes. « Mais tu es fous, tu dois faire écouter ça aux gens. Pourquoi tu gardes ça pour toi ? Il faut absolument que tu te fasses connaitre… Blablabla… » Moi, j’avais mes études, donc je n’étais pas à fond dedans, même si je continuais à en faire de plus en plus. Un jour, j’ai un pote qui a rencontré un type qui avait bossé dans la musique en tant que directeur de label chez Sony. Il a écouté ce que je faisais, et il a eu le coup de foudre. Il trouvait ça super. Il m’a aidé. Il m’a payé mon premier studio où j’ai enregistré une démo de six titres. Et comme il connaissait pas mal de monde dans la musique, il est allé voir un DA [Directeur Artistique] chez Mercury et ce DA a tout de suite voulu signer avec nous. J’étais étudiant et en deux mois, j’ai signé en label.

À partir de cette rencontre, tout a été très vite, en fait…

Oui. Et en même temps, ce n’est pas quelque chose que j’ai accueilli comme étant une finalité. J’étais cool, je me disais que j’avais une opportunité et que j’allais la prendre. À ce moment-là, j’étais tout de même encore en master et j’ai voulu le terminer.

Célien Schneider - DR

Le côté sérieux était là.

Je trouve que ça aurait été bête de me dire que comme je venais de signer en label, j’arrêtais mes études. J’en avais encore pour six mois. Il fallait que je termine. Je trouvais que c’était vraiment bête d’avoir bossé pendant 2 ans et d’arrêter six mois avant la fin.

As-tu écrit beaucoup de chansons ? Et comment as-tu choisi de proposer au public « Jupiter » et « A Better Lie » ?

J’ai vraiment un passé d’auteur-compositeur énorme avant de signer en label. J’écris des chansons depuis 5 ans, même plus. Donc, oui, j’avais beaucoup de chansons. Alors, j’ai choisi celles que je préférais forcément. Ensuite, les singles, ils se sont un peu imposés d’eux-mêmes. Quand on était en studio, tout le monde voyait la réaction des gens. Les gens craquaient pour « Jupiter ». Moi, je voulais absolument que ce soit une ballade qui sorte en premier, parce que c’est ce que j’aime faire quand je suis en studio. Je trouvais que ce titre-là me représentait bien. Et puis, pour « A Better Lie », comme on devait choisir un second single, je voulais un peu prendre le contrepied de « Jupiter », et prendre quelque chose d’un petit peu plus catchy, happy et up tempo. Du coup, j’ai choisi « A Better Lie » parce que j’aime bien cette chanson. Et puis, j’aime aussi les chansons qui arrivent et qui figureront dans l’album… C’est un bon démarrage !

Comment s’est passé le tournage du clip « A Better Lie » ?

Très simplement. J’avais une idée en tête, on a réuni l’équipe et ils ont plus ou moins respecté ce que je voulais. Je voulais faire un truc très très simple. Je voulais des images très rythmées sur la musique. Et du coup, on a pensé à faire un truc un peu lifestyle dans des endroits que j’aimais bien. Je voulais aller en Angleterre parce que j’aime bien aller à Londres et en Angleterre. J’aime bien les paysages de là-bas. On a d’abord tourné dans le sud de l’Angleterre, au bord de la Manche. Après, on est monté à Londres. En plus, la meuf qui joue dans le clip avec moi est une très bonne copine, donc on a bien rigolé.

L’album… Où en es-tu ? Est-il prêt ?

Oui. L’album est prêt. Il sortira le 5 mars.

Dans quel état d’esprit es-tu quelques mois avant sa sortie ?

Je suis super content. Je suis très fier de ce qu’on va faire. Cet album, il est vraiment comme je voulais qu’il soit. Il contiendra onze chansons. Il y aura des ballades comme j’aime faire et puis des chansons plus rythmées qui sont super cool. Je suis super content. Il y aura bien évidemment beaucoup de piano. Et puis, comme je voulais une touche un peu folk, il y aura pas mal de guitares aussi ! Je veux toujours garder un équilibre entre quelque chose de pop et quelque chose de plus folk/indé.

Célien Schneider - DR

Quels thèmes vas-tu aborder ?

Ça tourne toujours autour de l’amour et beaucoup l’enfance, le fait d’avoir quitté l’enfance. Il y a quelque chose de très nostalgique. Je donne toujours une note mélancolique et nostalgique à mes chansons, même les up tempo. Il y a toujours la touche bittersweet anglaise, le côté ni vraiment joyeux, ni vraiment triste. C’est entre deux. C’est aussi pour cette raison que j’ai appelé mon album « Come Rain or Shine ». Il y a un côté lumineux et un côté sombre. On retrouve ce côté double dans l’album. On se trouve dans un entredeux.

Tu as fait des études de Lettres et tu as une maîtrise en Lettres Classiques… Va-t-il y avoir une chanson en français ?

Tu sais, je distingue vraiment mes études littéraires et la musique. Pour moi, ce sont deux milieux totalement indépendants l’un de l’autre. C’est-à-dire que je ne fais aucun lien entre mon âme musicale et mon âme littéraire. Ces deux facettes de ma personnalité sont vraiment différentes. Musicalement, je n’ai écouté que de la musique anglo-saxonne. Je n’ai écouté que ça dans ma vie. Donc, quand je me mets au piano et que je compose, je ne suis pas dans un délire littéraire. Je suis vraiment dans un délire de musique. Du coup, ce qui vient, c’est de l’anglais, tout simplement. Après, écrire en français… oui, pourquoi pas ? Je ne suis pas contre l’idée. Mais pour le moment, ce qui vient naturellement et ce que j’aime chanter, c’est en anglais. En fait, ce que j’aime quand je compose, c’est que tout est tourné vers la mélodie. C’est ce qui est le plus important à mes yeux. Donc, avant toute chose, je pense mélodie. Le texte vient après. Et le texte qui vient, c’est toujours de l’anglais. J’ai bien essayé sur certaines chansons de mettre des trucs en français, mais ça ne fonctionnait pas du tout. Ça n’allait pas.

Pourtant ta langue maternelle est le français.

Oui, mais pour moi, c’est de la musique avant tout. Et du coup, peu importe la langue, ce qui est important pour moi c’est que ma musique puisse m’emporter moi et emporter les autres. Pour moi, tout passe mieux avec l’anglais.

Tu ne fermes pas définitivement la porte au français.

Non. Pourquoi pas ? Mais pour moi la mélodie prime sur tout et le texte va faire partie de cette mélodie. Le texte doit servir la mélodie et pas l’inverse. Du coup, dans cet axe-là, je trouve que l’anglais fonctionne mieux. En plus quand je compose une chanson, tout naturellement, je pose des mots en anglais dessus. C’est assez intuitif. Ça a un rapport avec la musique que j’ai écoutée quand j’étais gamin, comme on en parlait tout à l’heure… Parfois, j’ai des phrases ou des expressions qui ressortent que j’entendais dans ces chansons-là…

Célien Schneider - DR

Que représente la scène pour toi ?

Je viens d’un univers assez intimiste comme je composais tout seul dans ma chambre. Donc, au début, ça a été un peu bizarre de monter sur scène. Je n’avais pas l’habitude de me retrouver à chanter en face de gens que je ne connaissais pas… Dès que j’ai eu passé ce cap-là, j’ai eu beaucoup de plaisir à monter sur scène, en fait. C’est sûr que c’est une toute autre énergie, il faut la capter. Sur scène aujourd’hui, j’ai un guitariste avec moi. On aura un groupe un peu plus tard. C’est chouette. Ça va être un plaisir de faire enfin écouter mes chansons aux gens. Et puis, les gens sont super réceptif, c’est vraiment bien. C’est cool.

Des scènes sont-elles prévues autour de la sortie de l’album ?

Oui. J’ai une scène très importante tout près de chez moi en Suisse. C’est un très gros festival. C’est le plus gros festival d’hiver en Suisse, c’est le Caprices Festival à Crans-Montana. En fait, je serai sur la grande scène du Caprices le 15 mars, juste après la sortie de l’album. Le même soir, Mika et Nelly Furtado joueront. Il y aura facilement plus de 6000 personnes devant moi.

C’est impressionnant !

Oui, on peut le dire ! Mais en Suisse, j’ai toujours un super joli accueil. Les gens sont vraiment là et ils me supportent bien !

Propos recueillis par IdolesMag le 22 novembre 2012.
Photos : DR









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