Interview de Roch Voisine

Propos recueillis par IdolesMag.com le 26/02/2013.
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Roch Voisine © Jean-Charles Labarre

Pour fêter les 20 ans de la « Rochmania » qui a déferlé chez nous dans les années 90, Roch Voisine revient avec un album de duos, « Duophonique », dans lequel tous les succès des premières années bénéficient d’orchestrations symphoniques. C’est une nouvelle fois avec grand plaisir que nous avons été à la rencontre de Roch afin qu’il nous explique pourquoi il a décidé de sortir un album de duos, lui qui a toujours pris soin de ne pas suivre les modes. La sortie d’un best of étant une manière de faire un bilan d’une certaine façon, nous ne manquerons pas de demander à Roch son avis sur l’évolution de son métier, qui s’est dégradé ces dernières années. Rencontre avec Roch Voisine, toujours aussi sympathique et disponible.

Roch Voisine, DuophoniqueIdolesMag : Est-ce que ça faisait longtemps que vous aviez envie de reprendre vos grands succès en version symphonique ?

Roch Voisine : C’est ma compagnie de disques ici en France qui voulait faire un projet un peu spécial pour souligner ce qu’ils appellent, eux, la « Rochmania » des années 90, vingt ans après. On en a discuté, je n’étais pas fermé à l’idée, quoique j’avais déjà sorti un best of et que j’avais déjà revisité mes titres il y a quelques années. Donc, l’idée du duo est venue. Je n’avais pas encore fait ça. Après discussion, on s’est demandé comment on allait faire. L’idée du symphonique est arrivée et on a retenu cette option. On s’est mis au travail tout de suite. Moi, ça me branchait bien parce que j’ai toujours aimé travailler avec les grands orchestres, tout du moins chanter avec eux. Même si je ne l’ai pas beaucoup fait, c’est quelque chose que j’ai toujours aimé à chaque fois. En plus, c’est très valorisant de réentendre ses propres titres arrangés et joués par de grands orchestres. C’est vraiment plaisant.

Vous écrivez dans le livret que « ces versions permettent de libérer notre imagination trop souvent restreinte face à notre culture pop du moment et ses entraves ». Pouvez-vous développer cette idée ?

C’est très simple… Vous savez quand on a une carrière de plus de 25 ans, forcément, on passe à travers des modes. Les pires modes sont les modes dans lesquelles on est populaire, populaire dans le sens où ça marche. Souvent, on est mis dans une case. La chanson va vous rappeler une image. Ça ne bouge pas bien dans le temps, ça… C’est parfois nostalgique, mais en même temps c’est assez réducteur ce genre de choses-là. En allant au-delà de ces arrangements qui étaient à la mode à une époque, on change un peu l’univers de la chanson. Vous savez, j’ai toujours été pas mal basse, batterie, guitare, piano. Je n’ai pas expérimenté beaucoup toutes ces modes au travers desquelles je suis passé, j’avoue. Mais quand même, il y a toujours une image associée à telle ou telle autre chanson. Donc, en reprenant tous ces titres-là avec un grand orchestre, ça devient intemporel quelque part. Et puis ça donne la chance au public de redécouvrir la chanson à l’extérieur de ce schéma. Ça donne notamment la chance de redécouvrir « Hélène » ailleurs que dans cette folie des années 90 avec ce chanteur canadien qui débarquait avec son manteau rouge et qui jouait à Bercy. Il y a tout un truc qui reste attaché à « Hélène ». Redécouvrir ce titre vingt ans après, complètement décroché, c’est chouette. Surtout avec quelqu’un comme Cœur de Pirate qui est d’une toute autre génération. Elle a un angle d’approche de la chanson complètement différent. Elle la chante à sa façon à elle. Elle la fait revivre un peu. Elle a beaucoup changé la chanson. C’est aussi ce que je voulais avec ce projet, c’est que chaque interprète fasse voyager les chansons d’une autre façon. À la fois l’orchestre et l’artiste avec qui je chante en duo donnent un peu une deuxième vie aux chansons.

En 25 ans, vous en avez traversé des modes, tout en prenant soin de ne pas les suivre, de rester vous-même. Aujourd’hui, sortir un album de duo est devenu quelque chose de presque systématique. N’avez-vous pas eu peur de faire un peu comme tout le monde ?

Écoutez, vous savez quand on sort un projet comme celui-ci, on ne pense pas à ça. Je pense qu’on est allé plus par élimination vers cette idée. Finalement, je ne voulais pas me répéter. Le best of, je l’avais déjà fait. Je ne voulais pas réinventer mes chansons, c’était déjà fait sur l’album « Je te serai fidèle ». On y était d’ailleurs allé à cœur joie et ça avait beaucoup marché. Donc, par élimination, je me suis demandé ce qu’il me restait de nouveau à faire. Quelque chose que je n’aurais pas déjà fait, moi. Je n’ai pas pensé à ce que les autres font, avec plus ou moins de succès, d’ailleurs. Je sais qu’il y a des albums de duos qui ont très bien marché, d’autres un peu moins. Certains ont fait des albums symphoniques aussi… Mais comme vous le disiez, je n’ai jamais voulu suivre les modes. Il y a tant de notes dans une gamme, on ne peut pas en inventer d’autres. C’est aussi important de faire des projets avec sa propre personnalité. Je vous avoue que je n’ai pas pensé plus que ça au fait que d’autres avaient sorti des albums de duos. Au contraire, je serais plutôt du genre à m’être dit « puisque tout le monde le fait, c’est sûr que je ne le ferai pas ! » Heureusement que je ne me le suis pas dit, d’ailleurs ! (éclats de rires)

Roch Voisine © Laurence Labat

Comment avez-vous choisi les artistes qui vous accompagnent sur ce disque ? Sont-ce des amis ? Des connaissances ? Ou des « collègues » que vous avez croisés un jour ou l’autre ?

C’est un peu mélangé. Il y a des gens que j’apprécie beaucoup de par leur voix. Ce qui est certain, c’est que je les connais tous et toutes, mais plus ou moins bien. Je ne suis pas forcément vraiment copain avec tout le monde. Il y a des personnes que je connais depuis très longtemps et avec qui je suis très copain, par exemple, Véronic Dicaire. Il y en a d’autres que je ne connais pas vraiment, avec qui je n’ai pas souvent pu discuter, mais que j’apprécie beaucoup. Chacun a un peu sa place, c’est un peu arbitraire. Par exemple, on a parlé d’« Hélène » tout à l’heure, eh bien je vais vous dire, pour moi, il n’y avait que Cœur de Pirate qui pouvait emmener la chanson ailleurs. Après, il y a Patricia Kaas, qui a une voix vraiment unique. C’est quelqu’un que je connais bien, avec qui j’ai déjà chanté en duo, entre autres aux restos. Je voulais absolument que Patricia soit sur cet album. Mais je ne vais pas vous faire un dessin… Avoir des idées, c’est une chose. Les réaliser, c’en est une autre ! Il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. Et on ne rentrera pas dans le débat des disponibilités des uns et des autres, des maisons de disques qui acceptent et celles qui refusent, de ceux qui n’aiment pas telle chanson et qui préfèreraient en faire une autre, de ceux qui n’ont pas le temps mais qui seront là sur le prochain… C’est vraiment toute une aventure finalement. C’est presque un petit miracle ce genre d’album-là, il faut bien le comprendre. Mais, c’est certain qu’on a des envies et des préférences. On essaye de convaincre les gens. Ça crée à la limite tout un débat, à savoir qui va faire quoi et comment. Toutes les chansons sont d’ailleurs des chansons qui n’étaient pas écrites pour être des duos. Ce n’est pas évident de transformer une chanson en duo, il faut changer les tonalités. Il faut bien s’assurer que l’artiste va enregistrer la chanson avant d’aller jusqu’à Prague pour enregistrer les cordes parce que quand on revient, on n’y retourne plus… S’il y en a un qui finalement dit qu’il ne peut pas venir, retrouver quelqu’un qui chante dans la même tonalité, ce n’est pas évident. Il y a tout un défi technique dans ce genre de projet. Ça se résume à deux choses un album de duos : il faut que ça donne le frisson ou que ce soit l’heureuse surprise. C’étaient mes deux critères pendant l’enregistrement. Si je n’étais pas heureusement surpris ou si je n’avais pas le frisson quand ça passait d’un bout à l’autre, je stoppais. On peut mettre tous les instruments qu’on veut, faire 22 voyages et mettre 150 personnes là-dessus, s’il n’y a pas le frisson ou l’heureuse surprise, autant arrêter. Mais je pense qu’on a assez bien réussi de ce côté-là. Certains artistes ont chanté en dehors de leur zone de confort, je l’avoue. Certains vous le diront d’ailleurs. Mais le résultat en valait la peine.

Y a-t-il des chansons que vous vouliez chanter précisément avec un artiste en particulier ?

Je dirais que la seule chanson pour laquelle j’avais une idée bien arrêtée, c’était « Hélène ». Je voulais vraiment que Cœur de Pirate la chante. Ça, c’est sûr. Après, j’avoue que non… On essaye de ne pas trop imposer. Vous savez, j’en ai fait des albums de duos avec d’autres. Et quand on nous impose une chanson, parfois on se dit que ce n’était pas la bonne, qu’on aurait préféré faire telle ou telle autre. C’est une réalité, il faut savoir aussi convaincre. Il faut faire des choix judicieux. Il faut se laisser une certaine marge aussi. Mais je pense qu’on est bien tombés dans l’ensemble. Il y a eu d’heureuses surprises. « La Légende Oochigeas » avec Lynda Lemay en fait partie. Elle était dans le studio d’à côté et je me suis dit « mais qui de mieux que Lynda pour raconter une histoire comme celle-là ? » C’était une évidence. À côté de ces heureuses surprises, il y a des choses qui ont été commandées… Chaque chanson, chaque duo en fait, a son histoire. Elisa Tovati, par exemple, chante avec moi « Et si… ». Elle était là, il y a quinze ans quand j’ai écrit cette chanson avec son ex… C’est une drôle d’histoire. Mais elle adorait la chanson. Un duo, ça va au-delà de la technique, c’est toute une histoire. Un duo, c’est autre chose que deux belles voix ensemble.

Quand on regarde la liste de vos invités, il n’y a qu’un seul homme. Est-ce par la force des choses ou bien l’exercice du duo est-il plus complexe avec un homme ?

C’est par la force des choses. Ce sont toutes des chansons d’amour ou à peu près. J’ai d’autres chansons qui sont plus des chansons de mecs, mais ça n’a pas été mes plus grands tubes. Quand on fait un album comme celui-ci, on revisite les grands succès forcément. On a regardé les titres que les français et les françaises préféraient et le choix s’est fait de lui-même. Le choix des interprètes se fait après. On aurait aussi pu faire un album dont le concept aurait été « j’ai toujours voulu chanter cette chanson avec untel » et la mettre sur l’album. Mais si ça n’a pas été un single ou un tube, on ne peut pas le vendre. On est dans une réalité. On n’est pas dans un métier qui va très bien. Donc, avant toute chose, on propose des chansons que les gens ont aimées. Ces chansons sont des chansons d’amour, et donc, par la force des choses, ce sont des femmes qui les chantent avec moi.

« Pourtant » ne figure pas sur l’album, alors que c’était un de vos grands succès également…

En fait, on entre dans une conjoncture un peu particulière dans laquelle on doit faire des cadeaux et donner des exclusivités à des organisations comme iTunes ou des grands distributeurs. On ne sort plus un album, mais on en sort parfois deux ou trois versions simultanément à travers des supports différents. Prenons l’exemple de mon dernier album « Confidences ». Au Québec, il y a trois versions. Ne pas avoir inséré ce titre sur l’album, c’est plutôt du business qu’autre chose.

De tous les tubes qui figurent sur cet album, y en a-t-il un pour lequel vous avez un peu plus de tendresse qu’un autre ?

J’ai un peu de mal à vous répondre. Ça va dépendre de mon humeur du moment. Mais quand on me demande quelle est ma chanson préférée, j’ai toujours tendance à réponde « la dernière ». C’est tout simplement parce que je suis plus près de cette chanson-là, je suis encore dans cette émotion-là. Je suis plus proche de « Montréal-Québec » que d’une chanson comme « Hélène » qui a trente ans. Je l’ai écrite en 1982. On forme un vieux couple avec « Hélène », ça fait trente ans que je vis avec ! (éclats de rires) C’est la dernière aventure qui vous booste le plus. Et moi, la dernière aventure, c’est « Montréal-Québec ». Mais je parle chanson pour chanson. Je fais abstraction de qui chante dessus ou quel est l’arrangement. Maintenant, c’est difficile de choisir une chanson parce que chacune a une histoire différente, chacune est plus ou moins réussie. Certaines ont des arrangements plus efficaces que d’autres. Certaines ont un mix des voix plus efficace. Ce disque, je l’ai construit de mes mains, je l’ai écouté un million de fois, j’en connais toutes les notes. Je sais ce qu’on a gardé, ce qu’on a laissé de côté. Je pense qu’il va falloir que je le laisse se décanter un peu et que je le réécoute dans un an. Généralement, ça me prend une année pour avoir le recul nécessaire sur un album. Habituellement, l’album vit un peu sur scène aussi, donc, ça évolue encore. C’est là où on voit si on a eu raison ou non. Si une chanson ne passe pas bien sur scène, c’est que l’idée de base n’était peut-être pas trop efficace… je ne sais pas…

En parlant de scène, vous revenez en Europe au mois d’avril. Est-ce la suite de la tournée « Confidences » ? Va-t-il y avoir ponctuellement des duos ?

C’est la suite de la tournée « Confidences ». Il n’y a pas de tournée proprement dite pour « Duophonique ». Je pense qu’il est irréel de penser que je puisse me promener avec un orchestre symphonique un peu partout en France. (rires) C’est la réalité économique et j’en suis désolé ! Par contre, il se peut que dans le courant de l’année, plutôt vers la fin de l’année, on a d’ailleurs gardé un peu de temps, on revienne pour quelques concerts exceptionnels avec l’orchestre. On verra. On va voir comment l’album marche, si les gens sont motivés, s’il y a de la demande. C’est malheureusement un truc une nouvelle fois de business, on n’y échappe pas. Mais je suis patient et confiant. Par contre, au mois d’avril, il n’est pas impossible que j’en chope un ou une pour venir sur une date, ce serait très agréable. Ce serait probablement plus à Paris qu’en région, mais on ne sait jamais parce que parfois nos routes se croisent en tournée… En tout cas, ce serait vraiment sympathique de faire ça. Je suis sûr que les gens aimeraient beaucoup aussi…

Roch Voisine © Laurence Labat

Un best of, c’est une façon de regarder en arrière. La « Rochmania », c’était il y a 20 ans. On vous connaît en Europe depuis plus ou moins 25 ans. En 25 ans, votre métier a beaucoup changé. Et surtout ces dernières années.

Oh oui…

Quel regard jetez-vous sur cette évolution ?

Honnêtement, je ne sais pas trop… Et je pense que tout le monde va vous dire à peu près la même chose. Il est clair que l’ancien modèle ne fonctionne plus. C’est un peu comme quand la télévision est arrivée par rapport à la radio… Elle a bousculé la radio. L’arrivée d’internet a changé la donne aussi. Internet a bousculé la télé… Il y a une évolution qui est assez illogique dans la musique. Aujourd’hui, on vous fait payer pour tout, mais la musique, on vous la laisse prendre gratuitement. C’est un constat. Ça a un impact énorme sur ce qu’on fait et comment on le fait. Je pense que le modèle va changer. L’homme est un animal qui s’adapte, donc… la façon de faire ce métier va changer. J’ai l’impression que les chanteurs de ma génération, nous sommes un peu des dinosaures. Façon de parler ! (rires) Nous, on a eu la chance d’avoir 25 ans pour construire une carrière, aujourd’hui les jeunes ont six mois. Ajoutez à cela que les gens voient la musique comme une denrée plus ou moins gratuite, alors que la réalité est toute autre, ce qui bouscule énormément la façon de faire ce métier. Où va-t-on se retrouver dans quelques années ? Je n’en sais rien. Le modèle change aussi très vite. Tous les six mois, il y a quelque chose de nouveau. Tout le temps, tout change. La jeunesse, les nouveaux arrivants semblent s’adapter à ça, ils ont une philosophie différente, ils savent que la musique qu’ils font doit être vue comme un article promotionnel à la limite, c’est gratuit. Il faut gagner sa vie autrement. Il faut par exemple aller faire le pitre à la télé ou faire 300 concerts par année. C’est une autre façon de faire ce métier. Les jeunes s’y adaptent tant bien que mal, nous, on s’y adapte un peu moins… Certains d’entre nous ne s’y adaptent même pas du tout !! (rires) Mais on a quand même l’avantage d’avoir un public qui nous suit, qui vient nous voir en concert. On verra ce qui va se passer. Vous savez, moi, je regarde ça d’une année à l’autre. On ne peut pas se projeter plus loin. Que vais-je faire la prochaine fois ? Comment vais-je le faire ? Je ne sais pas. On me pose souvent la question, et notamment aujourd’hui comme je suis en promo. On me demande toujours ce que je vais faire après… et honnêtement, je ne sais pas. Je vais réécrire des chansons, c’est certain, mais est-ce que je pourrai toujours venir vous les présenter ? Y aura-t-il toujours de la place pour moi ? Le modèle d’approche vers mon public aura encore changé dans six mois. Je ne suis pas prêt à faire n’importe quoi pour faire de la promo. Je déplore également beaucoup le manque d’endroits où on peut aller chanter à la télé. Ça n’existe plus. Ou alors, il faut être un débutant. C’est un peu dommage. Les sociétés nous montrent bien que quand un chanteur ou une chanteuse passe à la télé, les gens vont à la toilette… et l’audimat baisse… (rires) Je ris, mais pas tant que ça dans le fond ! C’est pour ça qu’on ne fait plus d’émissions de variété. Moi, je pense qu’il va y avoir une épuration, un retour vers les salles et une sélection presque naturelle. On ne peut plus se permettre de faire de gros concerts comme on le faisait à une certaine époque. Donc, on se retourne vers l’acoustique et Dieu sait que ce n’est pas tout le monde qui peut faire ça aussi.

Ce n’est pas évident.

Effectivement. Vous savez, j’ai une société depuis 25 ans. Je gère tous mes trucs moi-même, j’ai ma compagnie de disques au Canada. Je suis en plein dedans. Et je suis d’un côté et de l’autre en même temps. Il y a le show et le business. Ce n’est pas évident de voir comment notre métier évolue et continuer chaque soir à faire rêver les gens. C’est comme de l’eau et de l’huile, ça ne se mélange pas. Mais ça cohabite, apparemment.

Ça se dégrade, mais on ne sait pas quoi faire finalement.

Le modèle et le moteur de cette économie a été pendant des années l’enregistrement du disque, les passages en radio, puis les ventes de disques et la tournée. Tout était construit là-dessus. Aujourd’hui, tout doit être gratuit. Donc, la base, elle est où ? C’est une base économique qui ébranle tout le modèle des compagnies de disques qui ferment les unes après les autres... qui ne renouvellent pas les contrats… Les plus pessimistes vous diront que les gens ne comprendront jamais. On essaye de les éduquer, mais quand c’est gratuit, on ne peut pas faire plus… Là, je débarque en France, j’entends qu’il y a encore 43 000 chômeurs de plus. Donc, les gens se demandent s’ils vont acheter le disque ou bien le copier…  alors qu’ils ont aussi à côté besoin d’acheter du lait et du pain… Donc, même si les gens nous aiment bien, ils préfèrent copier les disques. Le modèle ne tient plus à cause de plein de choses. Il y a l’insouciance et d’un autre côté la réalité des gens. Les gens qui se déplacent pour venir vous voir en concert, c’est extraordinaire. C’est qu’ils nous aiment vraiment pour se déplacer avec toute la famille… Enfin, c’est un long débat, on pourrait en parler des heures… On verra ! Je ne peux rien vous dire de mieux.

Propos recueillis par IdolesMag le 26 février 2013.
Photos : Jean-Charles Labarre, Laurence Labat









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