Interview de Zaz

Propos recueillis par IdolesMag.com le 18/05/2010.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag.com.








Zaz - © photo Laurent Clément DR

A l'occasion de la sortie de son premier album, Zaz accorde une interview exclusive à IdolesMag. Nous reviendrons avec elle sur son parcours de chanteuse atypique, entre le conservatoire, le CIAM de Bordeaux et le bal. Nous apprendrons à mieux connaître cette jeune artiste pleine de talent et pleine de vie avec qui il faudra compter maintenant! Zaz sera en tournée à l'automne, ne la ratez pas! Dose de bonne humeur garantie!

IdolesMag : Ton premier album est sorti le 10 mai dernier. Dans quel état es-tu aujourd'hui?

Zaz : Je ne me rends pas bien compte de ce qu'il se passe, en fait... Tout va tellement vite! Si tu veux, j'ai stressé avant que le disque ne sorte... J'ai anticipé le truc avant... et maintenant que je suis en plein dedans, je suis sereine.

Sereine?

Enfin, sereine... dans un sens! J'ai l'impression que tout est à faire. Ce n'est que le début, et je sais que j'ai plein plein de choses à travailler. Tu vois, l'état dans lequel je suis aujourd'hui : c'est que j'ai envie de travailler et de bosser, bosser, bosser...

Avant de parler de ton album et tes nombreuses dates de concert, j'aimerais revenir sur ton parcours... Quand et comment est né ton amour pour la musique?

Sincérement, je pense que dans une autre vie, je devais déjà être chanteuse! Vers mes trois ans, j'ai commencé l'éveil musical avec Madame Catillon. On bougeait et on s'amusait sur "Il tape sur des bambous" de Philippe Lavil. [NDLR : Et là, Zaz nous chante quelques notes de cette chanson avec beaucoup d'entrain!] J'adorais! C'est d'ailleurs la première chanson dont je me souviens... Et à quatre ans, j'ai déclaré à mes parents que je voulais être chanteuse! Après, comme mes parents n'étaient pas du tout mélomanes, ils ont eu l'intelligence de nous mettre au conservatoire. Et du coup, j'ai fait le conservatoire de mes 5 ans à mes 11 ou 12 ans, je ne me souviens plus exactement. J'ai aussi fait partie d'une chorale quand j'étais petite... Mais tu sais, tout ceci est un peu flou dans ma tête, je ne me souviens plus trop de mon enfance.

Joues-tu d'un instrument?

J'ai fait du violon pendant deux ans. Du piano aussi. J'ai pris des cours de chant vers mes 14/15 ans.

Puis, tu as suivi une formation au CIAM de Bordeaux.

Oui, en fait, c'est à mes 21 ans, que j'ai suivi cette formation qui a été financée par le conseil régional. Et là, je suis tombée sur de vrais musiciens... J'ai monté mes premiers groupes et fais mes premières scènes. J'ai  pu m'essayer à tous les styles musicaux en faisant des ateliers. Et c'est vraiment à cette époque que j'ai pris des cours de chant... intensifs, si je puis dire!

Quand tu étais jeune, avais-tu des idoles? Etais-tu fan de quelqu'un en particulier?

Non, je n'ai jamais été fan en fait. Ce n'était pas dans mon caractère. Si je devais avoir une idole, ce serait un personnage de dessin animé. C'était Creamy Magique! Je ne sais pas si tu t'en souviens, c'était une petite fille qui avait deux amis, Simon et Sissi, qui étaient des petits chats colorés. Elle avait des cheveux bleus et une baguette avec laquelle elle faisait une espèce de clé de sol en disant Pampulilu, Pampulilu, Pam! Et elle se transformait en chanteuse... Peut-être que ça vient de là, en fait?...

Quelles sont tes influences musicales? Parce que j'ai l'impression qu'elles sont multiples et très variées...

Petite, je me rappelle des "Quatre saisons" de Vivaldi. On avait le vinyle à la maison. Dans le camion, quand on partait en vacances, il y avait une cassette qui tournait tout le temps et je demandais qu'on la retourne tout le temps... C'était une cassette d'Enrico Macias. Ensuite, j'ai changé un peu d'univers musical et me suis tournée vers A-Ha... Puis à l'adolescence, j'ai écouté les Béru [NDLR : Les Béruriers Noirs], Noir Désir, I Am. J'aimais bien Metallica aussi! (rires) Et puis, j'écoutais aussi un peu par procuration : j'écoutais les chansons que mes amis écoutaient. Je n'ai pas vraiment cherché la musique. C'était vraiment à partir de ma formation, que j'ai rencontré des musiciens, et que j'ai été "éduquée" musicalement. On m'a fait écouter plein plein de trucs... Je suis tombée amoureuse de Bobby McFerrin. J'adorais le fait qu'il se serve de sa voix comme d'un instrument. Richard Bona, je l'adorais aussi. En fait, tous ces rythmes afro, Latin Jazz, cubains... me plaisaient beaucoup beaucoup... J'ai beaucoup écouté les chanteuses de Jazz comme Ella Fitzgerald. J'ai eu des coups de coeur par période, si tu veux. En fait, comme tu le vois, mes influences musicales sont très vastes, et dans le fond, la chanson française, ce n'est pas ce que j'ai écouté le plus.

Zaz - © photo Laurent Clément DR

Après, je pense que tu as fais pas mal de bal...

Oui! J'ai fait du bal pendant 2 ans.

Est-ce une bonne école? Qu'est-ce que ça t'a apporté?

C'est une super bonne école! Je suis très très heureuse d'avoir débuté par ça. C'était les premières scènes pour lesquelles j'étais payée pour chanter. C'était incroyable. En plus, j'ai du m'intégrer dans un groupe et comme à l'époque, je n'étais pas super sociable, ça m'a fait beaucoup de bien. Et ça m'a permis de m'épanouir au niveau relationnel. J'ai appris à être avec les autres. ça m'a donc appris beaucoup, que ce soit humainement et musicalement, aussi! On a du chanter parfois dans des conditions extrêmes. On arrivait, il fallait monter le matos, chanter, puis redémonter le matos. Ce n'est pas toujours facile! Tu sais, quand tu fais une tournée avec un orchestre de bal, on va dans des petits patelins, on est accueillis par des gens des villages, on fait la fête avec eux... Nous sommes crevés, mais on rigole et c'est tellement enrichissant! C'est très bon enfant, le bal... J'ai adoré!

J'ai lu dans ta bio que tu avais chanté Piaf au fin fond de la Sibérie... Peux-tu me raconter dans quelles circonstances ça s'est passé?

En fait, ça c'est passé quand je suis arrivée sur Paris, il y a quatre ans. Je travaillais dans les piano-bars et les cabarets. Et puis un jour, un mec passe et me demande si ça me dirait d'aller chanter en Russie... Je n'avais jamais pensé à ce pays-là, alors je me suis dit Pourquoi pas?! Je suis plutôt chaleur et sud à la base, mais je me suis dit que ça pourrait être enrichissant. Allons-y! Tu sais, je suis toujours prête pour tenter de nouvelles expériences! Dès que c'est un peu fou, j'y vais les quatre pieds dedans! (rires) Il s'est trouvé que ce mec était le directeur de l'alliance française de Vladivostock et nous sommes restés en contact. Et huit mois après, il m'envoie un mail en me disant qu'il avait le financement, je lui ai dit "Banco!" On est donc partis pour faire 13 dates de concerts sur 15 jours en décembre au fin fond de la Sibérie! Je me suis retrouvée là-bas avec des températures de -26°C... Je t'assure que... ce n'est pas chaud! C'est même froid!! (rires) Vu le succès, nous y sommes repartis un mois en avril dans un concept piano-voix, et je chantais de la chanson française et une ou deux chansons que j'étais en train de travailler pour le disque qui vient de sortir. Cette fois-là, on a même pris le Trans-Sibérien pour aller jouer dans des patelins perdus. C'était assez fou, mais quelle belle expérience! J'ai vraiment adoré... Mais tu sais, j'adore voyager! On a joué au Japon, en Egypte, un peu partout...

Oui, tu as chanté à Casablanca et en Colombie aussi. Et là, tu pars dans quelques jours au Canada et un peu plus tard à Kuala Lumpur... Est-ce que tu es une routarde, comme on dit?

Oui! J'adore bouger et voyager. Et chaque fois, nous partons dans des conditions différentes. En Sibérie, c'était avec un pianiste pour faire de la chanson Française. Au Maroc, on y était allés avec un ami, Ruben, que j'avais rencontré lors de ma formation au CIAM de Bordeaux. Il était prof, mais nous avions toujours gardé le contact. Lui était parti sur le Maroc et il y avait monté un groupe qui jouait de la musique Latino avec des Chiliens et des Péruviens. Et quand il a cherché une chanteuse, il m'a appelée, parce qu'il savait que je chantais de la musique Latine. J'ai d'ailleurs chanté de la musique latine dans un groupe qui s'appelait "Don Diego". On faisait des compos Françaises et Espagnoles. On a repris tous les standards de latin jazz, du Césaria Evora. Je me suis retrouvée pendant un mois à chanter tous les soir au Papagayo, un restaurant au Maroc...

Et là, tu pars au Canada?

Oui, bientôt... Et puis, là, cette semaine, je devais partir en Malaisie, mais ça a été reporté à l'année prochaine.

L'année dernière, tu as été plébiscitée par le public à la « Génération Réservoir » à l'Olympia. Qu'as-tu ressenti?

D'abord, j'étais super contente de jouer sur la scène de l'Olympia! C'est une salle mythique. Après, gagner ou non, ce n'était pas le plus important! le plus important, c'était de chanter sur la scène de l'Olympia. Soyons honnête, j'ai été super contente de gagner aussi. C'est toujours agréable de se sentir aimée et d'être reconnue.

C'est quoi ta philosophie?

Tu sais, ma vie a toujours été jalonnée d'évènements plus ou moins agréables. Je fais des choix et je fais les choses intuitivement. Ça m'a toujours réussi d'ailleurs... A mes 21 ans, j'ai pris conscience que c'était moi qui me construisais ma vie... Et que je n'avais rien à subir, si ce n'est ce que je me fais subir moi-même. A partir de là, j'ai tout fait en sorte pour être heureuse....

Zaz - © photo DR

Si je te dis qu'il y a quelque chose d'une autre époque dans ton album et qu'il est pourtant très actuel, que me répondrais-tu?

Peut-être... Sûrement... Mais c'est toujours très difficile de parler de soi. Après, c'est vrai qu'il y a une chanson de Piaf. "Ma mère travaille au lavoir", ça ne fait pas partie de notre époque! Je pense qu'il y a un côté "à l'ancienne" dans les chansons. Avant, les émotions étaient peut-être plus importantes. Le fait d'être plus franc dans l'émotion, peut-être... Alors que maintenant, il y a un côté peut-être un peu plus aseptisé... la productivité demande aussi peut-être aujourd'hui d'être moins dans l'être, mais plus dans le paraître. Mais tu sais, je pense qu'on va revenir à des valeurs plus "anciennes", un équilibre va se créer. Quand tu pars dans un extrême, il y a un équilibre qui se fait naturellement! Je crois que tout le côté "paillettes" commence un peu à lasser.

A l'écoute de ton album, on peut dire que toutes les chansons sont farouchement efficaces... Comment les as-tu choisies?

Elles se sont imposées à moi, en fait! Mais je me suis fait aider un peu... Je dois t'avouer que si j'avais du faire un choix seule, je serais partie dans tous les sens! Déjà quand on me dit que l'album part un peu dans tous les sens, je me dit "Waouw, qu'est-ce ça aurait été si on ne m'avait pas un peu centrée!" (rires) Mais c'est un peu comme si on demandait à un peintre de ne peindre qu'avec une seule couleur... ce serait triste! Alors, j'aime mettre plusieurs couleurs!... Et j'aimerais créer des tons qui n'existent pas encore!

Tu as besoin d'être recadrée?

Oh oui! Je pars toujours dans tous les sens, j'ai besoin qu'on me recadre... (rires)

Raphaël t'a écrit et composé trois chansons (« La fée », « Port Coton » et « Eblouie par la nuit »). Comment est née votre collaboration?

Tout simplement en fait... il est venu me voir en concert, et il a été touché par ce que je faisais... Puis il m'a proposé des chansons, et à mon tour, j'ai été touchée... on a partagé un joli moment ensemble. Il m'a composé des chansons, on a peaufiné les textes, puis nous sommes partis en studio.

En fait, c'est encore une belle aventure qui vient de la scène...

Oui! Toujours...

Tu es vraiment une artiste de scène...

Ouais! Tu sais, pour moi, le studio, c'est très compliqué. Le fait de figer les choses, c'est dur pour moi. En plus, chaque jour, on est différents. Ce que je vais adorer un jour, je vais pouvoir le détester le lendemain... En plus, j'ai un besoin excessif de justesse. Pas forcément dans la justesse des notes, parce que si l'émotion est là, la note peut être fausse mais sonner juste. Mais j'aime la justesse dans l'émotion et la sonorité des mots. Lorsque je veux transmettre quelques chose et que je suis dans la reproduction : ça m'insupporte!

Donc, le studio, ce n'est pas vraiment ta tasse de thé...

J'aime beaucoup le studio tout de même. On peut retravailler les chansons jusqu'à plus d'heure... Mais à un moment donné, il faut s'arrêter! (rires) J'aime beaucoup cette ambiance feutrée aussi. Il me tarde de rentrer en studio pour le deuxième album, si tu veux tout savoir! (rires) Parce que là, on n'avait pas encore fait de travail de groupe avant d'entrer en studio et l'ambiance n'était pas pareille que ce qu'elle pourrait être maintenant. Et puis tu sais, j'ai encore tout à apprendre, ce n'est que le début... Il me tarde de vivre de nouvelles expériences!

Parle-moi un peu de "Je veux", le premier single extrait...

Cette chanson célèbre la vie! Elle est tellement simple, mais tellement belle. Elle parle de la simplicité de la vie. C'est tout ce qui compte. Celui qui va vouloir faire plein de pognon, c'est qu'il doit avoir un manque affectif à combler.

Encore une petite question, qu'est ce que ça te fait en tant que jeune artiste quand sur un plateau TV une artiste comme Chimène Badi se lève pour t'applaudir à la fin de ta chanson ? [NDLR : C'était sur le plateau de Chabada le 9 mai 2010]

Je vais te dire très sincèrement... Je ne me suis pas rendue compte de tout ça! Je suis tellement dans l'envie de donner des choses que ce qui se passe autour... je ne fais pas attention à tout! Il faut dire que cette émission, elle était juste magnifique. On a partagé tellement de jolies choses. J'avais un peu l'impression ce jour-là d'être une gamine qui avait gagné une journée à la télé! J'étais entre Chimène Badi et Gilbert Montagné, je n'en croyais pas mes yeux ni mes oreilles! C'était surréaliste, en fait!

Avant de parler de la scène, j'aimerais encore te poser une question... Ton album vient de sortir en CD et en MP3. Aimerais-tu qu'il sorte en 33T?

Waouw! C'est un rêve! J'adore l'objet!

Tu vas te produire le 1er juin prochain sur la scène du Café de la Danse. Est-ce que cette salle parisienne te met plus la pression qu'une autre?

Non, chaque scène me fout la pression de toute façon! En fait, j'ai un côté très excessif dans les deux sens. Je peux être très timide et d'un autre côté je peux être très "rentre dedans", et tout ça, d'une seconde à l'autre. Et limite, quand je vais vouloir rentrer dedans, je vais devenir très timide parce que je ne supporte pas me voir comme ça... Donc, parfois on me demande comment j'arrive à être aussi à l'aise... alors que lors de mes premières scène, je tombais dans les pommes!! (rires)

Ensuite, cet été, tu vas participer à différents festivals... C'est une autre dimension, t'en réjouis-tu?

Oui!!! Mais, tu sais, j'adore toutes les scènes. Chaque scène est importante. Pour moi, ce qui compte, c'est que le public soit heureux. Qu'ils soient 10 000 ou bien même s'il n'y a qu'une personne, c'est la même chose. Je vais chanter pour que la personne soit heureuse. Et plus il y a de public et plus je vais chanter pour "LA" personne dans le public! Chaque personne est importante et j'essaye vraiment de chanter pour chaque personne. Sans prétention aucune, j'aimerais chanter pour l'âme de la personne... J'aime chanter pour les gens, derrière les façades...

Et puis, il y a une tournée qui arrive à la rentrée?

Oui! On va beaucoup bosser cet été pour préparer les dates de concerts qui auront lieu à l'automne. Ce sera une grosse tournée à l'automne... On a les "chantiers des Francos à La Rochelle" là dans peu de temps, ça va nous permettre de bien travailler ensemble!

Zaz - © photo DR

Tu donnes beaucoup d'interviews depuis quelques temps...

Ah oui, tu peux le dire... j'ai l'impression de passer ma vie à me répéter! (rires)

Y a-t-il déjà une question qui revient tout le temps et qui t'agace?

(Zaz réfléchit longuement...) Non, je ne vois pas...

A contrario, y a-t-il une question que personne ne te pose et à laquelle tu aimerais répondre?

Non plus... J'ai un bug, là! T'en as des questions, toi! (rires)

On va dire que j'ai réussi à te poser une question inédite, alors!

Ah oui! Pour le coup, t'es fortiche!... (rires)

Ah si... il y a une question qu'on me pose parfois et à laquelle je ne sais jamais quoi répondre : "Est-ce que la notoriété de Raphaël vous a aidée?" Que veux-tu que je réponde? Peut-être que oui, peut-être que non! Ce n'est pas à moi de répondre... En même temps, ce n'est pas une question qui m'énerve, c'est juste que je ne sais pas quoi répondre!...
Piaf revient constamment aussi dans les questions... Et là, je me dis qu'il y a pire comme comparaison! (rires)

Enfin, je vais te donner quelques mots, tu vas me dire ce qu'ils t'évoquent instinctivement:

Les passants : Hommes

Café de la danse : Journée exceptionnelle!

Rue : Emotivité. Les gens qui pleurent parce qu'ils sont touchés.

Francofolies : Festival, couleurs, rencontres, public...

Fée : Le féminin qui a besoin de retrouver sa place dans nos vies, et pas forcément le féminin de la femme. C'est le féminin de l'homme, dans la société... On est dans une société trop matérielle qui aurait besoin d'un peu d'équilibre! L'intuition, le rêve, ça disparaît un peu... On l'a un peu trop "à l'extérieur".

Route : Opportunité

Nuit : étoiles

Limousine : superficiel

Zaz : inépuisable! (rires)

Propos recueillis par IdolesMag le 18 mai 2010.

-> Plus d'infos sur le premier album de Zaz









+ d'interviews
Inscris toi à la newsletter
Vidéos




Retrouvez-nous sur Facebook
Retrouvez-nous sur Twitter
 
Retour en haut