Interview de Nosoy, Christian Tramoni

Propos recueillis par IdolesMag.com le 24/01/2013.
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Nosoy - DR

Le tandem Nosoy, estampillé « Latin Slam Band », emmené par Christian Tramoni et Fabien « Pakin » Hily sort son premier EP. Quatre titres plutôt pas mal fichus qui dévoilent un univers musical cinématographique composé de musique latine, de slam, de rap, de chants religieux cubains yorubas, etc… Nous avons donc été à la rencontre de Christian afin qu’il nous en dise plus sur Nosoy, qui veux dire en espagnol « je ne suis pas », une façon de dire « on n’est pas des latinos, on n’est pas des rappeurs, on n’est pas ci, on n’est pas ça, mais on fait tout ça… »

IdolesMag : Dans quelles circonstances vous êtes-vous rencontrés avec Fabien ?

Christian Tramoni de Nosoy : Avec Fabien, on se connaît depuis des années. On est de la même ville et du même lycée. On se connait vraiment depuis très longtemps. Et puis, le hasard a fait qu’on a habité quasiment dans la même rue à un moment donné. On se retrouvait dans un café tous les midis pour boire un café. Et donc, on s’est mis à parler musique rapidement et régulièrement. Et puis, d’une façon assez naturelle, on s’est mis à travailler ensemble sur le projet de « Nosoy ».

Nosoy, premier EPVous venez tous les deux d’univers musicaux assez différents tout de même…

Oui et non, en fait. Fabien vient de la musique latine. Il est percussionniste de formation. Et moi, je viens plutôt du jazz. Par contre, on a en commun le hip hop. On a écouté les mêmes trucs de hip hop et de funk. Donc, dans le fond, on ne vient pas d’univers musicaux si différents l’un de l’autre.

Quand vous avez commencé à travailler sur ce projet « Nosoy », la direction musicale que vous alliez prendre était-elle déjà claire dans votre tête ? Le « Latin Slam Band » ?

C’était assez clair dans notre tête quand on a commencé. On s’est fait une sorte de cahier des charges assez précis. Fabien me disait qu’il voulait quelque chose de plutôt ensoleillé et moi, j’ai ramené mon côté cinématographique parce qu’à l’époque, je faisais pas mal de musiques de films. J’ai voulu amener ce côté-là à la musique de Nosoy. On a donc trouvé le son de Nosoy assez rapidement. C’était très clair dans nos têtes. On n’a pas vraiment cherché, en fait. Ça avait été défini avant. Par contre, où on a pas mal cherché, c’est quand on a mis en place le live. Là, on a essayé plusieurs formules pour arriver à notre formation actuelle où nous sommes quatre sur scène. À un moment donné, nous étions six, mais nous sommes revenus à une formule à quatre, qui colle mieux à nos attentes. Donc, oui, au niveau de la scène, on a un peu cherché, par contre au niveau de la composition, ça a été clair depuis le début. Le tout premier morceau qu’on a fait, c’est  « Western », qui se retrouve sur le EP d’ailleurs. Et ce son-là, on l’a gardé sur à peu près tous les titres qu’on a faits par après.

Qui amène quoi dans le tandem ? Comment bossez-vous ensemble ?

Fabien écrit les textes et moi je compose. Après, notre façon de fonctionner dépend des morceaux… Sur certains titres, Fabien arrive avec une idée bien précise, un texte déjà presque écrit et une rythmique de voix sur laquelle je vais construire les morceaux. Inversement, j’ai ramené des instrumentaux qui ont inspiré Fabien pour le texte et parfois même plus généralement sur le thème. Donc, comme tu vois, on est plus dans l’échange.

Toi qui composes pour le cinéma, quand tu bosses sur une compo de Nosoy, te sens-tu plus libre créativement parlant ?

Les contraintes ne sont pas les mêmes. Sur Nosoy, on se projette beaucoup par rapport à la scène et par rapport à une espèce d’esthétique, va-t-on dire.  Et surtout, quand je compose pour Nosoy, avant toute chose, j’ai la volonté que ça marche sur scène. Ce qui n’est pas du tout le cas sur une BO. Quand je bosse sur une BO, ce qui prime, c’est le scénario. IL faut que je me mette au service du film, ce qui n’a rien à voir avec un groupe comme Nosoy. Et en fait, avec Nosoy, sur certaines parties, on se fait notre propre scénario. Nous sommes les maîtres de la direction qu’on va emprunter. Sur une BO, on est vraiment contraint par le film. C’est lui qui dicte la composition.

Allez-vous rapidement sur scène avec les nouveaux titres ?

Ça va dépendre essentiellement de notre actualité scénique ! Effectivement, si l’occasion se présente et qu’on sait qu’on va avoir une série de concerts, on va faire en sorte de jouer les nouveaux morceaux. Là, par exemple, on a une nouvelle composition qu’on n’a pas encore vraiment travaillée avec Fabien et qu’on n’a pas vraiment jouée en répétition en groupe parce qu’on a décidé que le morceau n’était pas encore assez prêt. Mais quand on peut aller sur scène avec un morceau qui nous semble tenir la route, on le fait.

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Après, ce n’est pas trop difficile de faire rentrer le morceau sur une bande ?

Ça dépend des fois. Je dirais même que sur certains morceaux, c’est l’inverse ! On a du mal parfois à  transposer un morceau en live. Certains titres ont été travaillés avec les moyens qu’on a aujourd’hui en home studio, et on se rend compte que ce n’est pas évident de les transposer pour que ça sonne en live. L’inverse est plus facile, je pense. Quand un morceau tourne bien en live, tu as l’énergie nécessaire pour le graver sur disque. Il y a juste quelques arrangements à ajouter pour que ce soit un peu plus produit et moins brut que sur scène.

Quand a-t-il été question de sortir ce premier EP ? Parce qu’un album était déjà sorti il y a quelques temps, mais en autoprod…

Comme tu viens de le dire, on avait déjà autoproduit il y a quelques années un premier album.  Ensuite, il y a eu plusieurs phases de concerts avec une formation à six. C’est en revenant à la formation à quatre qu’on a voulu refaire un EP. Après une série de concert à Paris, on a signé un contrat avec le label Torrance qui se montait à ce moment-là. Tout de suite, on a pensé à produire cet EP. Ça date d’il y a un an à peu près.

Pourquoi avoir fait le choix de sortir un EP et pas un album, parce que je suppose que vous avez pas mal de titres dans les tiroirs ? Est-ce pour une raison financière ou tout simplement l’envie d’utiliser ce format court qui revient très en force aujourd’hui ?

C’était vraiment l’envie de sortir un EP. On a assez de titres pour faire un album, effectivement. Mais ce qu’on voulait, c’était sortir quelque chose vite. Et quelque chose de concis. On voulait sortir quatre bons titres tout de suite, plutôt que de se lancer directement dans un album. Un album, ça prend du temps. Un format avec quatre titres, un peu à l’ancienne comme avec les maxi 45 tours, c’était ce qui nous intéressait. C’était vraiment voulu. Par contre, dans la foulée, je ne te cache pas que nous pensons à l’album. Et puis, ce qu’on voulait aussi, c’était sortir un vinyle.

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Qu’est-ce que le format vinyle vous apporte ? Était-ce important à tes yeux de garder une trace « physique » de cet EP ?

C’était super important pour nous qu’il y ait une trace physique, d’une part. Et encore plus important que ce soit un vinyle, d’autre part ! C’est un très bel objet le vinyle. Notre producteur et nous-même voulions que les gens qui nous suivent et qui ont envie d’acheter notre musique aient un bel objet chez eux, alors qu’on sait bien qu’aujourd’hui la musique se vend plus en téléchargement qu’autre chose… Et puis aussi, nous voulions le format vinyle pour pouvoir être joués par des DJs, c’est très important aussi. Et puis par rapport à nos références des années 70 et de la musique qu’on écoute, le vinyle s’imposait, plus que le CD, et bien entendu on a bien soigné la pochette.

Justement, j’allais y venir. Qui est à l’initiative du visuel ?

C’est Sylvain, notre producteur, qui a trouvé les personnes qui ont fait ce visuel. C’est un collectif qui a l’habitude de monter des vidéos qui nous a montré son travail. Et avec Fabien, on a tout de suite dit oui. On voulait quelque chose de très original pour le visuel et je trouve que cette pochette reflète bien l’univers Nosoy. Il est question d’ailleurs de monter en vidéo les photos prises au fur et à mesure de la réalisation de l’image.

Sur le facebook, vous montrez depuis quelques jours ces photos.

Effectivement. Mais on aimerait faire ça sur le temps d’une chanson ou d’une demi-chanson pour montrer le travail qui a été fait. C’est ce qu’ils font, ils montrent l’avancement du décor en vidéo.

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Et l’album, est-il prêt ou bien est-il en train de se préparer ?

Il est prêt au niveau des titres qui figureront dessus, mais pas du tout au niveau enregistrement. Il va falloir qu’on s’y mette. Là, on a terminé l’enregistrement du EP, on va faire quelques concerts et puis ensuite, on va rentrer en studio pour l’enregistrer. Donc, il n’est pas prêt à proprement parler…

Les quatre titres qui sont sur le EP vont-ils se retrouver sur l’album ?

Je ne sais pas encore, on ne l’a pas encore décidé. On a assez de matière pour enregistrer dix autres titres pour l’album. Je ne sais pas si on va les inclure ou pas. C’est une question qu’on n’a pas encore évoquée. On n’a pas encore tranché de ce qu’on allait faire ou non sur l’album. Cet album, on y pense, mais il n’est vraiment pas d’actualité. Il se prépare dans nos têtes…

J’aimerais en savoir un petit peu plus sur ton parcours, si tu le veux bien… Quand on écoute les titres que tu as composés pour Nosoy, on se dit que tu dois avoir une culture musicale assez vaste. Qui écoutait-on chez toi quand tu étais gamin ?

On écoutait beaucoup de musique chez moi… et c’était super varié ! J’ai deux grands frères et un père qui étaient très amateurs de musique. Mon père écoutait beaucoup Django Reinhardt, donc je l’ai pas mal écouté. Mon grand frère écoutait énormément The Beatles et Pink Floyd et mon autre frère, c’était de la funky music. Donc, quand j’étais tout gamin, comme mes deux frères étaient beaucoup plus âgés que moi, j’ai écouté tout ça. Parallèlement, j’ai fait le conservatoire, donc, j’ai écouté beaucoup de musique classique, j’adorais vraiment Beethoven. Jusqu’à l’adolescence, j’ai vraiment écouté toutes les musiques que je viens de te citer. Après, mes frères sont partis et je me suis mis à faire mes propres choix. Je suis plus rentré dans le jazz et le jazz-rock.

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Et pour Fabien ?

Je sais que lui a beaucoup écouté de musique des années 70, du funk, du hip hop.

À quel âge as-t commencé à composer ?

C’est venu très tôt. Je me rappelle avoir composé des musiques au bout de deux/trois ans de guitare quand j’étais gamin. Ça a toujours été quelque chose que j’ai voulu faire et que j’ai fait. Ce n’était pas toujours abouti, mais en tout cas, j’ai toujours eu la volonté de composer.

Quels sont tes premiers pas dans la musique ? En groupe ou en solitaire ?

Elle est compliquée ta question parce que c’est un peu des deux. Mais depuis que je suis ado, tout comme Fabien, c’est pareil, dès le lycée, on a monté des groupes. Je me rappelle quand Fabien a commencé la percu, il s'est mis à jouer avec un pote à moi (niko) avec qui je jouais à l’époque aussi. On a toujours eu un parcours parallèle. On a côtoyé les mêmes personnes, et on a fréquenté les mêmes endroits mais à des époques différentes, puisque Fabien est un peu plus jeune que moi.

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Pourquoi avez-vous choisi « Nosoy » comme nom du groupe ?

« No soy », c’est de l’espagnol, ça veut dire « je ne suis pas ». Nous, nous l’avons contracté en un seul mot. On trouvait ça plus joli au niveau visuel. En fait, ça résume bien notre univers et ce qu’on voulait dire et faire. Notre projet était de mélanger de la musique latine avec du hip hop et des couleurs de musiques de films. Et aussi avec des textes métissés français/espagnol. « Nosoy », c’était une façon de dire « on n’est pas des latinos,on n’est pas des rappeurs,  on n’est pas ci, on n’est pas ça, mais on fait tout ça ». Sur scène, par exemple, on fait des chants Yoruba, ce sont des chants religieux cubains. C’est Fabien qui a ramené ça. Il a vraiment étudié ces chants très très bien. Donc, on a ramené ce côté-là aussi dans notre répertoire. Nosoy, c’est tout ça.

Avec Fabien, vous projetez-vous dans le futur ? Vous imaginez-vous dans cinq ou dix ans ?

On ne se dit pas que dans cinq ou dix ans on doit être à telle étape. On ne se projette pas, mais on a envie que ça dure et que ça progresse. Donc, on se projette dans la progression. On se projette artistiquement mais pas dans le sens dans dix ans, on fera telle ou telle chose. On parlait de l’album tout à l’heure, là, oui, c’est un projet. Et donc, dans ce sens-là, oui, on se projette dans le futur…

Propos recueillis par IdolesMag le 24 janvier 2013.
Photos : DR / Résidence SILO TIGERY









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