Interview de Desireless

Propos recueillis par IdolesMag.com le 18/02/2013.
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Desireless © Andreas Stenger

Voici quelques mois que nous n’avions plus consacré d’interview à notre amie Desireless, la sortie de « XP2 », le deuxième volet de « L’Expérience Humaine », son projet commun avec Alec Mansion et celle du EP « L’Œuf du Dragon » avec Operation of the Sun (Antoine Aurèche) auront donc été le prétexte pour aller à la rencontre de Claudie et en savoir un peu plus sur ses nombreux projets. Nous aurons donc l’occasion d’évoquer « XP2 » et « L’Œuf du Dragon », mais également la réédition de « I Love You », les scènes... Enfin, avec le recul, Desireless nous expliquera comment elle a digéré son aventure dans le participatif. Rencontre avec Desireless, une artiste voyageuse qui joue encore de temps en temps à la marelle au bout de sa rue…

IdolesMag : Les titres qui figurent sur ce nouvel EP « XP2 » sont majoritairement des titres qui avaient été écrits par Alec Mansion au même moment que « L’expérience humaine ». Pourquoi as-tu décidé de les sortir seulement aujourd’hui et pas avant ?

Desireless : C’est-à-dire que ce sont des titres qui devaient sortir en début d’année dernière, en 2012. Et j’ai attendu les mixes pendant presque un an… Donc, voilà, ça ne sort que maintenant… Avec Alec, ça a été dur !! (rires)

Desireless, son nouvel Ep XP2Les titres de ce nouvel EP ont-ils tout de même été enregistrés dans la continuité de ceux de « L’expérience humaine » ?

Oui. « Nom de Dieu », on l’a peut-être faite un petit peu après. Enfin, je crois. Mais c’était tout de même dans la foulée. « Desireless in NY » et « Le Chemin » étaient eux enregistrés depuis presque le début.

Les titres ont donc tous été enregistrés grosso modo il y a deux ans. As-tu été tentée d’aller les retoucher ?

Non. En plus, je fais plein d’autres choses à côté, donc, non, je voulais les laisser comme on les avait enregistrés. Et puis, les retoucher, ça impliquait retravailler avec Alec et comme Alec n’était pas disponible, ce n’était pas possible.

Quand « L’expérience humaine » est sortie, il était question de sortir un album. Au final, tu as sorti deux EPs. Comment as-tu choisi les titres qui figureraient sur le premier et ceux qui figureraient sur le second ?

Tout n’était pas encore prêt quand on a sorti le premier EP, donc le choix a été relativement simple. Moi, j’ai pris les titres, dans ceux qui étaient prêts, qui me plaisaient le plus. Il y avait évidemment « L’expérience humaine » qui avait un vrai potentiel de chanson populaire. Et puis, il y avait aussi « Le livre des visages », « Faudrait qu’je parte au Brésil ». Celle-là, je l’avais écrite un peu avant. Il y avait aussi « Sacapouette » qui était faite pour rigoler et le duo avec Alec, « Tes Voyages me voyagent » qui était déjà enregistré et qu’on a donc mis. On n’avait pas encore beaucoup d’autres titres terminés. Par exemple, le duo avec Joniece n’était pas encore enregistré, et « Nom de Dieu » non plus. Comme tu vois, le choix a été assez simple.

« Desireless in NY » était quant à lui déjà enregistré.

Oui. Mais je ne l’ai pas mis sur le EP parce que ce n’est pas une chanson qui me parle plus que ça. J’aurais préféré « Desireless in Buis-les-Baronnies ». (rires)

Très personnellement, j’étais aussi passé à côté de cette chanson à l’époque. Et puis, dans le fond, en la redécouvrant aujourd’hui, elle fonctionne pas mal.

C’est une petite chanson sympa mais elle a trop été faite dans une volonté de faire un tube. Et ça, ça m’a gênée, ce n’était pas tout à fait moi. Mais c’est tout de même une chanson sympa. De toute façon, tout ce qu’écrit Alec est plutôt pas mal du tout. Mais très sincèrement, si j’avais dû en laisser une dans les tiroirs, ça aurait été celle-là. En vrai, à l’époque, chez AkaMusic, ils voulaient la sortir en single. J’ai dit non parce que ça ne me ressemblait pas tellement. Je n’étais pas à fond dedans.

On va reprendre si tu le veux bien un par un les titres qui figurent sur « XP2 » et tu vas me dire un petit mot sur chacun d’eux. En première plage, on a « Le Chemin ».

« Le Chemin », c’est le « Voyage, Voyage » des années 2000 en gros. Avancer sur le chemin de la vie, c’est ça qui est important. Il faut vivre le moment présent. Il faut profiter de ce qui peut nous arriver chaque jour.

Après, on a « Nom de Dieu ».

C’est une chanson qu’Alec a écrite aussi et celle-ci pour le coup me représente vraiment très très fort. Ça représente un petit peu ma colère vis-à-vis de tout ce qui se passe dans le monde, toute la misère… et ma sensibilité par rapport à ça parce que je suis touchée par tout ce qui se passe, que ce soit des évènements mondiaux ou des choses qui se passent dans la vie des gens que je rencontre.

En troisième plage, c’est le duo avec Joniece Jamison, « Personne ne m’a dit ».

Cette chanson, je suis vraiment contente parce que ça faisait longtemps qu’on se disait qu’on aimerait faire un duo toutes les deux. Alec nous a écrit ce titre avec une volonté pour moi d’être et de rester Desireless dans cette chanson, que je ne rentre pas dans le côté disco qui n’est pas vraiment le mien ; et en laissant Joniece, elle, à fond dans son côté black/disco. Je trouve que le mélange est assez rigolo.

Joniece, tu la connais depuis les années 80 ou bien l’as-tu rencontrée plus récemment ?

Joniece, je l’ai rencontrée sur la tournée « RFM 80 ». Je ne la connaissais pratiquement pas avant ça. Je connaissais bien évidemment son titre avec François Feldman, « Joue pas », mais je ne la connaissais pas personnellement. Aujourd’hui, c’est quelqu’un que j’aime vraiment beaucoup, qui chante très très bien. C’est une belle personne Joniece. Je l’aime et je la respecte beaucoup.

Desireless © Andreas Stenger

Avant que tu ne travailles avec Alec, tu m’avais confié que vous ne vous connaissiez pas non plus avant d’intégrer la tournée des années 80. C’est assez marrant, parce que vous avez dû faire quelques plateaux télé ensemble tout de même.

Peut-être. Mais en tout cas, Alec et Joniece, je les ai vraiment découverts sur la tournée. Je connaissais leurs titres, c’est tout. On s’était peut-être déjà croisés, mais en tout cas, on ne s’était jamais parlé.

« Desireless in NY », la quatrième plage, on en a déjà un peu parlé.

Voilà, ça suffit ! (rires)

On arrive donc à « Sœur Souffrir » en hommage à Sœur Sourire. Comment est venue l’idée d’évoquer Sœur Sourire ?

C’est vraiment une idée d’Alec, et je trouve qu’il a vraiment écrit un texte super. Et puis, à côté du texte, j’aime beaucoup ce petit côté rétro de la musique. C’est une marche, en fait. Je trouve que ce titre me va vraiment bien. Et puis, parler de Sœur Sourire qui est morte parce qu’elle a été complètement abandonnée et par l’Eglise et par le showbiz, ça m’allait très bien.

Connaissais-tu son histoire ou bien en étais-tu restée à la religieuse qui chantait « Dominique, nique, nique s’en allait tout simplement » ?

Je connaissais évidemment cette chanson, et je savais qu’elle était décédée. Mais je ne connaissais pas plus que ça son histoire. Je l’ai vraiment découverte grâce à la chanson. Beaucoup de gens sont comme moi, ils connaissent « Dominique », mais ils ne savent pas forcément comment Sœur Sourire a terminé sa vie dans la souffrance.

C’est une tragédie.

Effectivement. Grâce à elle, et le showbiz et l’Eglise ont gagné beaucoup d’argent, et tout le monde l’a laissée tomber. C’est horrible. Elle a été acculée et elle s’est pendue avec son amie. C’est horrible…

Sur une petite note un peu plus optimiste l’EP se termine avec « Au bout de ma rue », que tu signes cette fois-ci. C’est un titre très « Desirelessien »…

(rires) « Au bout de ma rue », c’est tout moi. C’est un bout d’une autre chanson qui existe sur un autre album qui représente mon enfance évidemment. Cette enfance qui fait que je suis comme je suis maintenant. C’est un titre que j’aime beaucoup.

C’est une jolie porte de sortie à l’EP.

C’est une chanson sur mon enfance, mais je continue à être comme ça aujourd’hui encore… Je vais jouer à la marelle « Au bout de ma rue ».

Toi qui as écrit beaucoup de tes textes, est-ce que ça n’a pas été difficile de laisser Alec écrire paroles et musiques ?

Pas du tout ! Je trouve qu’Alec a vraiment un grand grand talent d’auteur et de compositeur. C’est vraiment agréable de travailler avec lui. Je regrette qu’on ne continue pas un peu plus cette aventure parce qu’il est vraiment très pris. Et quand il est sur un projet, malheureusement, il le mène à bien, il va au bout de la construction, mais après il n’est plus là… Donc, je me retrouve toute seule avec mes chansons, c’est un peu difficile. Mais peut-être qu’un jour, il m’en réécrira. J’aimerais beaucoup parce que j’aime ce qu’il fait. Il ne se trompe jamais quand il écrit une chanson. Après, bien évidemment, je donne aussi un peu mes idées sur les choses, mais disons qu’en gros, c’est Alec qui a réalisé la plupart des titres.

Ses mots t’ont bien habillée.

Oui. Alec écrit vraiment très très bien. J’ai voulu peut-être changer un ou deux mots par-ci par-là et puis, il y a aussi des chansons que j’ai écrites moi-même, enfin pas sur « XP2 » à part « Au bout de ma rue ». Mais tu sais, j’adore chanter les chansons des autres quand elles me correspondent. C’est hyper agréable de travailler avec des gens talentueux et se mettre au service d’une chanson de quelqu’un d’autre quand c’est vraiment ressenti, quand on se sent vraiment bien dedans.

L’approche de la chanson n’est pas la même.

Tu sais, quand on me présente une chanson, j’adhère ou pas. « Desireless in NY », je n’adhérais pas trop mais Alec m’a un peu forcé la main. Je me suis dit « après tout, pourquoi pas… »

Desireless © Andreas Stenger

Si mes souvenirs sont bons, c’était le premier titre que tu avais dévoilé sur ton player sur Aka, ou en tout cas l’un des premiers.

Oui. De toute façon, c’est la première qui a été faite parce qu’Alec voulait absolument que ce soit le single de l’album. Après, quand on a fait les autres, je me suis battue pour « L’Expérience Humaine » qui est vraiment une chanson où je suis totalement moi-même, où je me sens super bien dans mes pompes.

Tu m’en as déjà touché un mot, mais un « XP3 » ou une « expérience du troisième type » serait-elle envisageable ?

Ça dépend d’Alec. S’il est prêt à travailler pourquoi pas. Mais en même temps, je fais plein d’autres choses, donc… Là, par exemple, je travaille avec Antoine Aurèche sur « L’Œuf du Dragon » qui devrait sortir certainement fin mars. C’est encore un autre projet…

Avant de parler de cet « Œuf du Dragon », j’aimerais encore te demander, avec le recul et maintenant que tout est digéré, ce que tu retiens de cette aventure dans le participatif, et avec Akamusic notamment. Tu as dénoncé le système à l’époque, et ça a fait des étincelles…

Pffff… Ce que je retiens de positif, c’est que j’ai rencontré 576 coproducteurs avec qui je suis toujours en relation et qui suivent ce que je fais. Peut-être pas les 576, mais une énorme partie m’a rejoint sur ma page facebook. Ils sont toujours là. Et puis, voilà, c’était une expérience comme une autre… que je ne réitèrerai pas, évidemment ! (éclats de rires) Ni sur quelconque autre site participatif parce que j’en ai eu la vérification, c’est partout pareil. Je n’ai pas touché un centime sur cet album, pour être précise. Donc, je voulais juste simplement dire aux jeunes artistes : ne vous faites pas avoir par le participatif ! L’idée est vraiment belle. C’est super que des gens qui aiment un artiste l’aident à faire un album, mais le problème, il faut le savoir, c’est que l’album ne verra jamais le jour puisque les médias ne seront pas là pour le relayer. Tous ces sites participatifs ont des équipes qui travaillent aux frais des artistes qui leur offrent leurs créations et aux frais des coproducteurs qui leur donnent de l’argent. Mais tout ça pour rien… ça part dans le vide. On a un album, c’est vrai, mais c’est tout. Alors, ce que je conseille aux artistes et aux coproducteurs, c’est de se passer de tous ces intermédiaires et de faire leur petit business entre eux.

Desireless & Operation if the Sun © Benoit Eon

Alors, maintenant, j’aimerais évoquer un instant « L’Œuf du Dragon », Antoine Aurèche et « Opération of the Sun ». Dans quelles circonstances vous êtes-vous rencontrés ?

Antoine m’a écrit un mail en me proposant de venir chanter une chanson sur un album qu’il était en train de faire. Il voulait savoir si ça pouvait être possible. J’ai beaucoup aimé son mail et la façon dont c’était tourné. Je lui ai dit Ok. Il est donc venu passer une journée à Buis-les-Baronnies avec son petit ordinateur. J’ai chanté sur la chanson « Uchronia ». Il y a deux phrases en anglais et un « lalala ». J’ai vraiment apprécié le travail qu’on a fait ensemble, et la façon dont ça s’est fait. Antoine, c’est quelqu’un de très jeune, il a une trentaine d’années. Il est très efficace et perspicace. C’est un garçon très sensible et très à l’écoute. Donc, on a enregistré cette chanson pour son album. Et le temps passant, on a décidé d’aller plus loin, et on a préparé un petit show pour être sur scène ensemble. « L’Œuf du Dragon » était né. Et là, on continue l’aventure.

Pourquoi avez-vous Antoine et toi fait le choix d’offrir cet EP, « L’Œuf du Dragon » en téléchargement ?

Ce qui nous intéressait surtout, c’était de vendre la prestation live. On est assez pour le fait d’offrir certaines choses au public vu que les médias ne sont plus là pour relayer les créations de tous les artistes et faire connaître des choses au public. Donc, on leur fait des petits cadeaux. Après, ça leur plait ou ça ne leur plait pas… (rires) Mais surtout, on a peut-être la chance que des gens adhèrent à un projet et des chansons.

Desireless & Operation if the Sun, L'Oeuf du DragonEt cet EP qui sort fin mars, que va-t-il contenir ?

Il va contenir entre autre le EP qui est disponible au téléchargement, mais en bien meilleure qualité sonore, plus des remixes, des petits bonus et des nouvelles versions de « John » et « Voyage ». Les titres ont été complètement revisités… Les chansons sont intactes, mais les arrangements sont complètement différents. Et puis, elles ont été rechantées.

Ça te plait de revisiter ces anciens titres ?

Ce n’est pas ce qui me plait le plus. On a fait « Voyage » parce qu’on n’avait pas vraiment le choix. « Voyage », c’est un mythe pour certains, donc, il fallait la faire. « John », justement, c’est autre chose. C’est une chanson qui est très aimée du public, voire plus que « Voyage », mais qu’on n’entend plus du tout. On ne l’a jamais entendue d’ailleurs, à part à l’époque quand c’est sorti. On ne l’a plus jamais entendue sur les radios ni à la télé. Donc, elle n’est pas très usée, contrairement à « Voyage ». On s’est dit que ce serait bien de mettre l’accent sur cette chanson qui a été un peu « oubliée ». Pas oubliée par le public parce qu’il ne l’a jamais oubliée, mais oubliée par les médias. On a donc fait une version très très différente. La chanson est respectée mais l’arrangement a été intégralement refait. J’aime beaucoup cette nouvelle version. Un clip va d’ailleurs sortir en même temps que le CD.

Nous avons longtemps évoqué « XP2 » et « L’Œuf du Dragon », mais je ne peux pas te quitter sans te demander tes autres projets…

Alors là, il va y avoir le deisreless.net qui va se transformer en boutique. Je suis en train d’essayer de clore tous les contrats pour les titres que j’ai faits. Ça va prendre du temps parce qu’il y a encore des contrats qui sont en cours. Ce sera une boutique où les gens pourront télécharger tous mes titres et commander les albums. On va rééditer l’album « I love You », que j’ai fait en 1994 avec Charles France. Il sera disponible en téléchargement, et peut-être aussi en édition physique. Mais pour l’instant, on n’en est pas encore là.

Que va-t-elle contenir cette réédition d’« I Love You » ?

Des bonus, des titres inédits en live, etc…

Et puis, il y a toujours de la scène.

Ah oui ! Je suis un peu partout en France. Surtout sur des galas multi artistes mais où je chante évidemment d’autres chansons que « Voyage » ! Et puis, bien entendu, il y a des concerts avec « L’Œuf du Dragon » et Antoine…

Propos recueillis par IdolesMag le 18 février 2013.
Photos : Andreas Stenger, Benoît Eon
Facebook : http://www.facebook.com/DESIRELESSPAGE
Site web :
http://www.desireless.net









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