Interview de The Sophia Lorenians

Propos recueillis par IdolesMag.com le 06/12/2013.
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The Sophia Lorenians - DR

The Sophia Lorenians, groupe emmené par le chanteur Bruce Sherfield, le guitariste Jeff Blanco et le machiniste Samuel Alhaouthou, ont gardé de leur égérie une certaine idée du glamour et de la séduction. Leur premier EP, « Jogging Musique », a particulièrement émoustillé nos sens. Nous avons donc été à la rencontre de Jeff, le guitariste, afin qu’il nous parle de ce projet audacieux. The Sophia Lorenians se produiront notamment le 26 au Nouveau Casino (Paris 11ème) et le 15 mars aux Cuizines à Chelles (77). Rencontre avec un Sophia Lorenian, curieux habitant de la planète Sophia Loren…

IdolesMag : Dans quel état d’esprit êtes-vous tous les trois à quelques jours de la sortie du EP?

Jeff Blanco de The Sophia Lorenians : C’est une grosse effervescence. On a beaucoup de répétitions. On est en train de caler les lumières pour le live. On est dans les derniers préparatifs, en fait, puisqu’il y a la sortie du EP. On a pas mal de promo aussi et on prépare la date au Nouveau Casino le 26 février. Donc, effectivement en ce moment, on est en pleine effervescence.

The Sophia Lorenians, Jogging MusiqueQuand vous bossez sur un titre, pensez-vous directement live ou bien cela vient-il après ?

C’est très variable. En fait, on ne fabrique pas les chansons en se disant que telle chanson est pour le studio et telle autre pour le live. Pour nous, le live et le studio sont vraiment deux démarches différentes. On a plusieurs recettes pour fabriquer les chansons. Ce ne sont pas toujours les mêmes. On peut partir de batteries ou alors Sam ramène une instru avec un sample de clavier ou une grille, ou je sors un truc avec ma guitare. On trouve toujours des idées comme ça. Après, la manière dont ça se construit, ce n’est pas qu’on se dit que c’est pour le live ou pour le studio, on fabrique la chanson avec l’arrangement qu’on décide. Là, en ce moment, et notamment par rapport à la promo, on a beaucoup d’acoustique. Et finalement les gens se rendent compte que ce qu’ils entendent sur le disque c’est produit, évidemment, c’est l’effet disque, mais ils se rendent compte que les chansons existent de façon assez basique en guitare/voix ou clavier/voix. Du coup, le live amène autre chose que le studio. Ce sont des étapes complètement différentes et les chansons ont leur existence aussi bien en studio qu’en live.

Allez-vous vite sur scène avec les nouvelles compos ?

Oui. On n’hésite pas longtemps. Quand on a un truc qu’on veut tester, on le teste rapidement. Là, par exemple, on a une nouvelle chanson assez récente. On s’est dit qu’elle marcherait très bien dans le set et qu’elle aurait une belle efficacité en live même si elle n’a pas été créée pour ça. On s’est dit que ça valait le coup de la jouer en live même si pour l’instant elle n’existe pas sur le EP. Il y a des chansons aussi qu’on a testées en live et qu’on nous redemande de jouer aujourd’hui alors qu’elles ne font pas partie des cinq qui figurent sur le EP. C’est important de jouer les chansons en live, quoi qu’il arrive.

Comment avez-vous choisi les cinq titres qui figurent sur le EP ?

On est partis d’un titre fort, « Put Your Arms Around Me » et après, on a essayé de donner des échantillons de notre univers sachant qu’il y avait cinq titres et qu’on ne pouvait pas se livrer totalement. Maintenant, on a voulu montrer qu’il y avait une balance dans ce qu’on faisait. On a une définition pour la musique qu’on fait, c’est de la « pop backwards », de la pop à l’envers. C’est-à-dire que quand tu lis pop dans un sens, c’est pop et quand tu le lis à l’envers, c’est pop aussi. C’est un peu notre position, entre le côté masculin et le côté féminin. On a une dualité dans les Sophia Lorenians qui se ressent notamment sur les sessions acoustiques. On a des chansons sur lesquelles on va aller vers des trucs très dancefloor et puis des choses où on va être un peu plus légers. Sur le EP, c’est un peu le virage qu’il peut y avoir entre « Put Your Arms » et « Her Day », par exemple.

En parlant de ce son des Sophia Lorenians, justement, j’aurais aimé savoir si dès le départ vous avez été dans cette direction, ou bien si vous avez un peu tâtonné ?

On a tâtonné un petit peu avant de savoir exactement où on voulait aller. On avait eu tous les trois des groupes auparavant. J’ai eu un groupe avec Bruce avant et Sam aussi a eu un groupe avec Bruce. C’était plus dans le style hip hop et on a cherché à vraiment se détacher de cet univers-là. Et ce que nous proposait Bruce, puisque c’est lui l’instigateur du projet, c’était effectivement des chansons plus couplet-refrain avec des mélodies, des constructions et des grilles harmoniques. Ce n’était pas vraiment ce qu’on faisait avant, on produisait beaucoup de choses énergiques avant. Donc, on a essayé de faire la balance avec ça. Il y a toujours ce truc entre le côté masculin et le côté féminin qui revient, comme tu vois. On voulait beaucoup d’énergie et en même temps de la sensualité, de la fragilité et de la sincérité. Ce sont les éléments qui sont toujours un peu en confrontation dans notre musique.

The Sophia Lorenians - DR

Vous vous connaissiez tous auparavant, mais quand le groupe est-il vraiment né ?

Ce qui s’est passé… c’est que le groupe tel qu’il est aujourd’hui, Sam, Bruce et moi, il date de 2009. Mais le projet The Sophia Lorenians a commencé un peu avant avec Bruce qui habitait alors à la maison. Du coup, je le voyais bosser sur l’ordi… On est tous les trois un peu producteurs et on a tous les trois des espèces de petits studios dans lesquels on peut composer… Il y a un premier morceau qui est sorti et qu’il a réussi à mettre sur un label. Le titre est passé sur radio Nova, c’était « Locomotion ». J’ai vu ce morceau naître à la maison et j’ai enregistré les voix avec lui, mais à l’époque ça restait son projet, son petit bébé. Après, il a eu besoin de collaborer et il nous a appelés avec Sam. C’est à ce moment-là qu’on a intégré le projet.

The Sophia Lorenians, dédicace pour IdolesMag

Quelles sont vos influences musicales aux uns et aux autres ?

C’est très très variable. Sam, il aime beaucoup le R’n’B des années 90, il aime l’électro, le groove. Bruce, lui, il va aimer la folk, le gospel, l’électro aussi et des choses très soul. Moi, j’aime beaucoup l’électro, le hip hop, j’ai aussi une grosse culture rock des années 90, le grunge et ce genre de choses, les Pixies, Nirvana… Et en même temps sur les Sophia Lorenians, on se rejoint un peu tous sur la musique qu’on fait où finalement il y a de temps en temps des petites touches un peu mineures ou des trucs qui vont aller vers des choses un peu pop/folk ou même un peu indie. C’est assez variable. Nos influences sont finalement assez diverses, mais si je devais choisir quelque chose qui nous réunit tous et qui pourrait définir les Sophia Lorenians, je dirais Michael Jackson. Je ne sais pas si c’est forcément évident sur le EP, mais ce le sera sur l’album. Mais c’est quelqu’un qu’on aime chacun et une musique qu’on transfère dans The Sophia Lorenians.

Comment avez-vous choisi le nom du groupe, « The Sophia Lorenians » ?

En fait, c’est comme si on était les habitants d’une planète qui s’appelait Sophia Loren. Par exemple, quand tu es Canadien, en anglais, ça devient Canadians. C’est donc une façon de définir qu’on vient de cette planète. Et dans cette planète, Sophia Loren est comme une muse, comme une icône avec de la sensualité et du mystère. C’est une immense chanteuse, même si le grand public ne le sait pas forcément. Il connait ses chansons, mais il ne sait pas que c’est elle qui chante. Elle a un mystère autour de sa position parce qu’elle fait partie des comédiennes et des stars un peu iconiques des années passées, et en même temps, elle a toujours autant de charme et de sensualité. C’est un peu tout ça qui nous définit aussi…

Comment bossez-vous ? Tous ensemble ou chacun de son côté ?

Là encore, c’est variable. Mais en général, l’un de nous arrive avec une idée, que ce soit une gratte, un clavier ou une mélodie de voix. On arrive, on le fait écouter aux autres et s’ils accrochent, on embraye autour de cette idée de départ, de cet embryon. Après, ça nous arrive aussi de trouver des bouts de titres quand on est ensemble. Notamment quand on était en studio pour l’enregistrement du EP, ça nous est arrivé de nous retrouver dans la cabine du bas pendant que ça mixait en haut et de partir sur une mélodie pour se retrouver après avec une chanson. La semaine dernière, on a fait une télé à Besançon. On était dans la voiture et on répétait notre set acoustique. On s’est mis à jouer des trucs et hop, on a fait une chanson. Ce n’est pas forcément une chanson aboutie dans le sens arrangements et tout ça, mais en tout cas il y a un couplet, un refrain et une mélodie. On a le début de ce qui va devenir plus tard une chanson.

Au départ, il y a quelque chose de très spontané.

Oui. C’est très instinctif. C’est quelque chose qu’on cherche même si effectivement, on aime les choses assez léchées sur la production studio. On a besoin aussi d’avoir ce côté assez brut dans nos titres. C’est ce qu’on retrouve en live. Un truc très instinctif où on ne se pose pas de question et où on n’essaye pas de faire des démonstrations techniques. On a juste une chanson et une émotion à faire passer. C’est brut. On essaye de garder le feeling. C’est peut-être un peu naïf, il faut parfois s’avouer les choses, mais en tout cas oui, on aime ce qui est instinctif.

The Sophia Lorenians - DR

Pourquoi avez-vous intitulé cet EP « Jogging Musique » ? Pour son côté catchy ?

(rires) Un peu ! En fait, c’est parce qu’on s’est rendu compte que les cinq titres du EP pouvaient s’apparenter à une journée. Il y a des morceaux qui sont plus sous la forme d’une petite ballade, le côté quand tu te réveilles comme « Her Day ». Après, tu as une chanson pour aller au boulot qui peut être « The Shadow ». Ensuite, tu as une chanson qui peut t’entraîner un peu comme « Put Your Arms »… Il y a différentes étapes. Et puis aussi, les titres contenus sur cet EP peuvent se danser sur plusieurs tempos. Ce sont des chansons qui restent de toute façon assez entraînantes. On pensait notamment à une course, un jogging ou des gens qui font du sport. Ce sont des chansons avec un certain tempo, même si certaines sont mélancoliques. Il y a toujours un groove qui fait qu’il y a toujours un truc entraînant sur les cinq titres.

Pourquoi avoir fait le choix d’un visuel graphique ?

Au départ, on voulait mettre une photo, mais on s’est dit qu’on allait attendre encore un tout petit peu. On a voulu garder un peu le mystère et jouer justement sur le côté Sophia Loren et donc ne pas tout montrer tout de suite. On ne voulait pas non plus apparaître comme un boys band. Que les gens nous identifient tout de suite, ce n’était pas ça qui nous intéressait au départ. En tout cas, on ne voulait pas que les gens identifient nos personnes dans le groupe tout de suite, mais plutôt qu’ils identifient notre nom avec notre musique. Et effectivement un logo va plus facilement les orienter sur la musique plutôt que sur la manière dont on est sur la photo… si on est beaux, si on est bien habillés… C’est quelque chose qui est nécessaire et qui va venir. Ça vient déjà par le live. Mais on voulait au départ plus référencer notre musique sur un logo et un nom et effectivement laisser les gens découvrir notre musique par ce biais-là.

Et le papillon ? Quelle symbolique faut-il y voir ? Celle d’une chrysalide qui devient papillon ?

C’est aussi une création du groupe. C’est un « papillon Ghetto-blaster », dont sort la musique. C’était pour garder cette fraîcheur, ce butinage et montrer le fait qu’il y a eu une chrysalide qui a explosé pour devenir un papillon. C’est l’impression qu’on a eu tous les trois en se rencontrant et en montant le projet.

Un album est forcément en préparation. Ou en est-il ? Est-il prêt ? Presque prêt ? Pas prêt du tout ?

Il n’est pas prêt. Maintenant, on a tout de même déjà beaucoup de titres et beaucoup de morceaux enregistrés qui sont maquettés mais pas encore produits. Ils sont déjà bien avancés. Et on a plein d’idées en plus en ce moment. C’est vrai que l’effervescence qu’il y a autour de la sortie du EP fait qu’on est beaucoup ensemble en ce moment et qu’il y a plein de choses qui sortent, notamment pendant les répétitions et toutes les phases de travail. Alors, forcément, cet album, beaucoup nous demandent quand il va sortir. Je pense que pour la rentrée, on devrait avoir quelque chose de prêt. On ne sait pas si ça sortira à ce moment-là, mais on aimerait avoir quelque chose de concret à cette époque.

Va-t-il être dans la même veine que le EP ou allez-vous emprunter d’autres chemins ?

Ça va aller dans la continuité, mais comme on aura plus de place, on va certainement aller vers des choses un peu plus expérimentales, pas forcément orientées sur un titre single. On voudrait montrer que finalement malgré le contexte actuel du monde de la musique, on peut encore sortir de bons albums où on défend tout un univers, un album où effectivement on peut passer d’une chanson orientée très dancefloor à une chanson très minimaliste où on se focalise plutôt sur le texte et l’émotion qu’elle dégage plutôt que la puissance sonore. Pouvoir faire cette balance, c’est vraiment ce qui nous intéresse sur le format album. Pouvoir montrer que les Sophia Lorenians écrivent et produisent des chansons et qu’en fonction de notre état du moment, on décide de les arranger comme-ci ou comme ça. Ce qui nous intéresse surtout, c’est de faire des chansons.

The Sophia Lorenians - DR

Y a-t-il un titre pour lequel tu as, toi, un peu plus de tendresse qu’un autre sur cet EP ?

C’est « Her Day ». C’est un morceau à part entière de notre univers et en même temps, je pense qu’il y a des gens qui ne vont pas comprendre qu’on mette un morceau comme celui-ci à côté d’un « Put Your Arms » alors que c’est nous qui avons écrit ces deux titres. « Her Day », c’est un morceau qu’on n’avait pas forcément énormément pré-produit avant de l’enregistrer. On a passé du temps en studio. Il y a toutes nos voix sur ce morceau, ce qui n’est pas le cas sur le reste de l’EP. On a cherché des choses peut-être un peu moins évidentes que sur les autres titres. Ce n’est pas le single de l’EP, c’est clair, mais pour moi, c’est une belle chanson qui a une belle couleur. C’est risqué, peut-être, mais si je devais en choisir une, ce serait celle-là.

Comment êtes-vous tous les trois en studio ? Travaillez-vous beaucoup en amont pour y rester le moins de temps possible ou faites-vous la majeure partie du travail quand vous y êtes ?

Ça dépend. Mais en général, on a beaucoup bossé et pré-produit avant, donc, ça va très vite. Après, quand tu rentres dans des phases de recherche, ça peut prendre effectivement du temps. Et ça prend souvent plus de temps que ce que tu avais pensé au départ. On a donc ces moments… pas de doute véritablement, mais pendant lesquels tu te poses, tu réfléchis, tu enregistres des trucs… et où finalement, tu prends pas mal de temps pour avoir un peu de recul. Tous ces questionnements, on a tendance à les soulever avant pour éviter justement de nous égarer en studio. Si tu commences à douter et à passer trop de temps sur certaines choses, il n’en sort pas forcément que du bon.  Donc finalement on essaye de garder un côté instinctif et en même temps de bien préparer les séances de studio pour savoir où on va aller. On n’a pas non plus envie de tenter trop de choses en studio. Tout ça a été fait avant. Du coup, quand on arrive en studio, on a tendance à vouloir finaliser et aller là où on veut.

Avec quel artiste rêverais-tu de faire un duo ? Ou rêveriez-vous de faire un duo ?

Je pense que ce serait assez différent pour nous trois… Moi, dans les artistes récents, j’aimerais beaucoup qu’on fasse un duo avec Gotye parce que j’aime beaucoup son univers. Et je trouve qu’il fait un travail magnifique au niveau des voix, comment il les mélange, etc... Et ça reste aussi des chansons un peu comme les nôtres, elles peuvent être jouées en acoustique et en même temps être très orchestrées. Son univers m’intéresse beaucoup. J’aimerais beaucoup confronter le nôtre avec le sien…

Vous êtes un groupe encore très jeune. Vous projetez-vous dans le futur ? Quand je dis futur, je ne pense pas à un futur proche, mais plutôt à 5 ou 10 ans.

C’est aussi ce qui fait la force du projet aujourd’hui, c’est qu’on a une attitude assez juvénile par rapport au groupe et par rapport à tout ce qui se passe. On prend les choses comme elles viennent et on est contents de cette émulation et du fait d’être tous les trois ensemble et qu’on fasse de la musique qui nous plaise. Je t’avouerai qu’on ne s’est pas posés en se demandant où on en serait dans 5 ou 10 ans. Non…

Propos recueillis par IdolesMag le 6 février 2013.
Photos : DR
Site web : http://thesophialorenians.com/









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