Interview de Ben Falinski, Ivyrise

Propos recueillis par IdolesMag.com le 08/02/2013.
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Ivyrise, DR

Le groupe britannique Ivyrise, emmené par son charismatique leader Ben Falinski, sort son premier album.  Au cours de notre entretien, Ben nous expliquera dans quelles circonstances Ivyrise a vu le jour et pourquoi le groupe a enfin décidé de sortir un album, alors qu’il tourne depuis de nombreuses années chez nos voisins britanniques. Nous parlerons également de la reprise de Ben et Leslie du titre de Jean-Jacques Goldman « Je te donne », et ne manquerons pas d’évoquer les projets du groupe. Rencontre avec un artiste sensible au cœur du projet duquel l’émotion est le maître mot.

IdolesMag : Avant de parler plus en détail de ce premier album qui sort, peux-tu me dire en quelques mots dans quelles circonstances vous vous êtes rencontrés tous les quatre ?

Ben Falinski de Yvirise : Je devais avoir 22 ans quelque chose comme ça, je finissais mes études dans le Nord de l’Angleterre. Je suis allé à Londres dans le but de monter un groupe. J’y ai d’abord rencontré Mark Nagle qui joue de la basse. À l’époque, il était au lycée de la musique à Londres (« The Academy of Contemporary Music ») avec Josh Key et Dan Tanner. Nous nous sommes rencontrés à cette époque et nous nous sommes dit que nous allions monter un groupe tous les quatre. On voulait vraiment démarrer cette aventure. On croyait que c’était une bonne idée ! (rires) Et c’est à ce moment-là qu’on s’est mis à faire des scènes.

Ivyrise, DR

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire de la musique ensemble ? Aviez-vous les mêmes influences et les mêmes envies artistiques ?

Ivyrise, leur premier album éponymeDes fois oui, des fois non ! (rires) Mais en fait, ce qu’on voulait faire avant toute chose, c’était monter un groupe. En Angleterre, on a vraiment la culture et la tradition des groupes de rock et de pop. Pour moi, c’était clair, je voulais tenter l’aventure en groupe. Je ne voulais pas me lancer tout seul. Je voulais que nous soyons quatre, comme ça se fait souvent en Angleterre. Les trois autres garçons avaient exactement la même vision du groupe que moi. Et on a commencé à créer nos chansons et à les chanter sur scène.

Vous avez effectivement en Angleterre une culture du groupe beaucoup plus marquée qu’ici en France. Comment se fait-il que tu sois le seul à apparaitre sur la pochette de l’album ? Pourquoi n’avoir pas joué le collectif jusqu’au bout ?

C’est une bonne question ! Mais on a pris la décision à quatre. Pour mieux vendre l’album en France, puisque j’assurais la promo du titre « Je te donne » avec Leslie, on a trouvé que ce serait une bonne idée de montrer uniquement le visage du chanteur comme ça arrive souvent. On avait plein d’options en fait… on a pensé à un moment donné à mettre un dessin en guise de visuel, et ne pas mettre de visage du tout. Mais on a pris la décision de mettre mon visage comme je suis le chanteur du groupe.

Comment avez-vous choisi le nom du groupe, « Ivyrise » ?

On voulait trouver un mot qui n’existait pas avant. On voulait que quand on tape ce mot sur google, on ne trouve que nous. Pour nous, ça a marché… « Ivy » en anglais, c’est le lierre qui pousse vers le ciel sur les façades des maisons. Et « Rise », ça veut dire monter. Donc, ces deux termes représentaient bien notre envie de monter et d’aller plus loin. C’est un choix collectif, ce nom de groupe. Il nous représentait bien.

Ivyrise, DR

Au niveau de la création, ça se passe comment ? Qui amène quoi ? Je pense que c’est toi qui écris tous les textes.

Oui. En fait, c’est moi qui crée les chansons au piano. Et quand elles sont faites, je les amène au groupe et on commence à faire les arrangements et les instrumentations. C’est vraiment à ce moment-là que ça devient « Ivyrise ». Là, on est déjà en train de travailler sur des titres pour le deuxième album, donc, on est en plein dedans. Ça continue. On ne s’arrête jamais en fait, on est tout le temps en train de créer des chansons. On est toujours en train de bosser. On se développe comme ça.

Quand tu écris les chansons, consultes-tu les autres membres du groupe pour savoir de quoi ils aimeraient que les chansons parlent, ou bien la création de base, c’est ton domaine et c’est toi qui décides ce que tu veux écrire.

En fait, ils me laissent faire ce que je veux. Souvent, ce qui arrive, c’est que je leur amène genre dix chansons pour avoir leur avis et savoir ce qu’ils en pensent. Après, on en travaille ensemble peut-être deux, voire trois. Je leur donne beaucoup d’options en fait, et eux ils font le tri dans mes chansons. C’est en parlant ensemble qu’on décide de quel titre on va garder et quel titre on va abandonner. Mais c’est vrai aussi qu’ils me laissent tranquille quand je crée. Ils n’ont pas besoin de venir me dire ce que je dois faire ou pas. Je mets toute mon émotion dans les chansons et ce n’est pas la peine d’essayer de me pousser dans une direction qui ne me conviendrait pas. Après, quand je leur livre mon travail, ils font le tri.

Ils te font confiance, en fait.

Oui, c’est tout à fait ça !

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Depuis quel âge écris-tu des chansons. Depuis que tu es tout petit ou depuis l’adolescence ?

J’ai commencé à jouer du piano à l’âge de cinq ans. Je l’ai fait jusqu’à mes douze ans, onze peut-être. Quand j’ai commencé à écrire de la musique, ma mère était très malade. J’avais beaucoup d’émotions et de sentiments que je devais exprimer. Et c’est grâce à la musique que j’ai pu exprimer mes émotions à ce moment-là. Je me suis mis à apprendre à écrire des chansons. Ça m’a pris un bon moment. Il m’a fallu au moins deux ans pour pouvoir écrire une vraie chanson. J’ai trouvé que c’était vraiment quelque chose que j’aimais bien. Donc, j’ai continué à le faire plus tard. Je me souviens très bien que je faisais des concerts devant mes parents dans le salon. Je donnais des concerts à l’école aussi. Je me suis dit rapidement que c’était ce que je voulais faire dans la vie. Ça me faisait plaisir.

Tu dis dans ta bio que si tu ne pleurais pas en écrivant une chanson, c’est qu’elle était bonne à jeter. Est-ce encore le cas aujourd’hui ?

Oui, ça continue d’être comme ça. Quand je suis au piano et que je suis en train de créer un truc, ça peut prendre deux, trois, quatre, cinq heures… et peut-être même qu’à la fin, ça n’aboutira à rien… à un moment, quand il y a une mélodie ou une parole qui arrive, elle emporte avec elle beaucoup de sentiments, ça porte l’émotion que j’ai en moi. Et quand ça arrive, je sais que c’est quelque chose à suivre. Il faut que je suive les accords et ce genre de choses. C’est la vérité quand je dis que toutes les chansons qui figurent sur l’album sont toutes des chansons qui m’ont provoqué une réelle émotion quand j’étais en train d’écrire les paroles, les accords ou la musique… En ce moment, comme je te le disais tout à l’heure, ça continue encore avec l’écriture des chansons pour le deuxième album.

Tu parles parfaitement français… Serais-tu tenté d’écrire un jour un titre en français ?

(rires) Ouais, pourquoi pas ! Je suis déjà en train d’écrire quelques trucs en ce moment. Mais en fait, je parle beaucoup mieux le français que je ne l’écris. (rires) C’est une langue très difficile à coucher sur le papier… Mais c’est sûr que je vais essayer d’écrire des titres en français, peut-être avec l’aide de quelqu’un d’autre. On va voir… On a le temps.

Le groupe existe depuis quelques années maintenant, vous avez beaucoup tourné. Quand a-t-il vraiment été question de sortir un album ?

On a, c’est vrai, passé pas mal de temps à faire de la scène en Angleterre. Ça fait trois ou quatre ans qu’on n’arrête pas. C’est ce qui nous a permis notamment de trouver le style de la musique d’Ivyrise. Et à un moment donné, on s’est dit « Voilà, on a un style bien à nous ! On peut maintenant penser à faire un album… » Parce qu’un album, ce n’est pas rien ! C’est treize ou quatorze chansons qui doivent former un ensemble. Et ce n’est pas toujours facile au début de trouver des titres qui collent ensemble. Il y a trois ans, on a fait la première partie de Bon Jovi à Twickenham. Et c’est à ce moment-là qu’on s’est vraiment dit que c’était important de sortir un album. On n’avait pas vraiment de maison de disques, on n’avait pas de manager, etc… On s’est donc mis en tête de faire un album et on a travaillé dans ce sens-là. On a mis à peu près deux ans avant de trouver une maison de disques. On a fait plein plein de maquettes. Et quand on a trouvé un label ici à Paris, on avait tout ce qu’il fallait pour se lancer dans l’aventure d’un album. On s’était préparés pendant longtemps, et on était prêts. Ça représente à peu près quatre ans de travail.

Pourquoi avez-vous fait produire votre album en France, alors que vous êtes tous anglais et que vous étiez déjà un peu connus en Angleterre ?

C’est au fil des rencontres que ça s’est dessiné. J’ai rencontré un mec à Paris qui avait un studio et qui a voulu enregistrer la maquette de « Line Up The Stars ». À l’époque, on n’avait pas de maison de disques en Angleterre, et personne ne voulait nous signer. On tournait et on jouait devant quelques personnes, mais ça ne marchait pas vraiment pour nous. Après, on est partis à Paris pour enregistrer la maquette et donc, on a passé pas mal de temps ici. Le chef du label de My Major Company a entendu la maquette et l’a adorée. Il nous a proposé de signer en France avec eux. Et nous, on a dit oui parce qu’on aimait bien l’équipe chez My Major. Et voilà, on est là…

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L’album a été signé en France, mais il a été enregistré au Texas !

Oui ! On a enregistré dans une ville qui s’appelle El Paso.

Pourquoi avoir choisi d’aller là-bas ?

Parce que le producteur de l’album, Janson Perry, avait passé un moment là-bas avec un autre groupe et il avait trouvé que le studio était vraiment très bien. Ce n’était pas trop cher non plus. Il y avait vraiment tout ce qu’il fallait pour faire un bon album. Donc, on est partis un mois là-bas pour enregistrer l’album. On est revenus à Londres pour terminer l’album. C’est là qu’on a fait les mixes. Et la masterisation s’est faite à Nashville aux États-Unis. Ça s’est fait un peu partout, comme tu peux le remarquer…

Ce premier album est-il comme tu l’avais rêvé ?

Oui. On est très fiers de ce qu’on a fait. On aime beaucoup les titres qui figurent dessus. On les a bien choisis, je crois. On a eu beaucoup de chance aussi de mettre le titre « Je te donne » dedans. On l’a mis en cinquième position, justement pour montrer aux gens qu’on est très fiers d’avoir enregistré cette chanson. Comme je te le disais, les chansons qui figurent sur le disque représentent quatre ans de boulot. Ce sont des chansons qui nous correspondent à nous quatre. C’est le style de notre groupe. On a pris la décision de faire les instrumentations comme ça. On est exactement pareils sur scène. Quand tu entends les chansons sur scène, c’est pareil. C’est vraiment notre identité. J’espère que les gens qui auront écouté l’album et qui seront venus nous voir sur scène diront « voilà, c’est un groupe honnête qui partage ses chansons avec beaucoup d’émotion ». Surtout que ce sont des chansons que nous avons écrites nous-même… Donc, pour nous, oui, on a fait tout ce qu’on pouvait pour que ce soit le meilleur album possible.

Il y a deux duos sur l’album. Un avec Leslie, « Je te donne », la reprise de Goldman. Et un second, avec Dania Giò, une jeune artiste genevoise, « Line Up The Stars ». Les connaissais-tu ? Te les a-t-on présentées ? Comment ça s’est passé ?

Quand on a pris la décision de sortir le duo en France avec Dania, elle venait de signer avec notre label. C’est My Major Company qui nous l’a présentée, ils trouvaient que ce serait bien qu’elle nous rejoigne sur ce titre, que ça pourrait bien marcher en radio en France. On a dit « OK, c’est cool. » Elle a donc enregistré les parties en français qui ont été adaptées par Samuel Nomdedeu et François Honoré. Après, on a fait le mix en Angleterre et ça sonnait vraiment bien. Il y avait une belle énergie dans le titre.

Leslie et Ivyrise, Je te donneEt avec Leslie ?

Ce n’est pas nous qui avons décidé de ça. Quand on nous a appelés, on nous a dit que la production avait eu l’idée de reprendre « Je te donne » avec Leslie. Ils m’ont demandé si je la connaissais. Je la connaissais de nom, comme j’avais un peu vécu en France, mais pas personnellement. Je connaissais ses chansons et ses albums, et donc, j’ai tout de suite accepté la proposition.

En parlant de Jean-Jacques Goldman, est-ce un artiste qui fait partie de ta culture musicale ? Connaissais-tu bien ce qu’il a fait ?

Je ne dirais pas que je le connaissais bien, mais je connaissais l’histoire de ses chansons. Je connaissais bien « Je te donne » évidemment, qui mélangeait le français et l’anglais. J’aime beaucoup ce qu’il fait. Je trouve qu’il est très honnête dans sa démarche. Donc, c’était un grand honneur pour moi de faire partie de ce tribute. On a refait « Je te donne » qui est une chanson assez mythique en France. Je voulais vraiment faire la reprise dans une démarche honnête également. Je voulais qu’on soit fidèles à l’original, mais qu’on apporte un petit côté moderne et 2013 à la chanson. Je me souviens que j’avais l’album « Entre Gris Clair et Gris Foncé » quand je vivais en France, donc je connaissais bien ces chansons-là. Et puis, bien évidemment, je connaissais les chansons qu’il avait faites avec Céline Dion. Elle est très populaire chez nous aussi. Donc, oui, je connaissais son œuvre, et ça me fait vraiment très plaisir de me dire que j’ai fait une reprise de Goldman…

Quand tu as vécu à Paris, tu as chanté dans le métro. Quels souvenirs en gardes-tu ? Était-ce une bonne école ?

C’est ça, c’était une bonne école. Ça m’a appris que le chemin pour devenir chanteur et musicien n’est pas si simple que ça… (rires) Pour moi, c’est un cheminement qui dure depuis longtemps dans ma tête. J’ai fait des trucs qui n’étaient pas très bien au début, qui étaient difficiles à faire. Quand je chantais dans le métro, tout le monde passait devant moi et personne n’écoutait ce que je faisais… Pour moi, tout ce qui se passe autour du groupe en France en ce moment, j’en suis vraiment reconnaissant. Parce que je suis monté d’un cran ! Pas beaucoup, mais je suis monté quand même ! (rires) ça fait plaisir de pouvoir se dire qu’il y a quelques années je chantais dans le métro et qu’aujourd’hui j’ai la chance de pouvoir sortir un album. Il y a du chemin qui a été fait…

Ivyrise, DR

Avant de te quitter, j’aimerais te demander s’il y a une chanson dans l’album pour laquelle tu as un peu plus de tendresse qu’une autre. Quand je dis tendresse, je pense plutôt à ce qui s’est passé autour de la chanson qu’à ce qu’elle évoque.

C’est « You Know Me ». C’est une chanson que j’ai écrite juste avant la naissance de ma fille. J’ai écrit cette chanson pour elle et pour ma famille. Et pendant l’enregistrement, on a eu des choristes qui sont venues chanter dessus. C’était formidable. C’était donc aux États-Unis, le soir, le soleil baissait. On a vraiment vécu un moment très spécial, avec beaucoup d’émotion et de sentiment. Pour moi, c’est une chanson qui raconte une histoire d’amour et une histoire d’amitié, mais il y a aussi un petit espoir pour le futur et pour demain.

Propos recueillis par IdolesMag le 8 février 2013.
Photos : DR









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