Interview de Florent Mothe

Propos recueillis par IdolesMag.com le 21/01/2013.
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Florent Mothe, Je ne sais pas

Florent Mothe est de retour. Après avoir campé pendant près de deux ans le rôle d’Antonio Salieri dans la comédie musicale « Mozart l’Opéra Rock », empoché un NRJ Music Award et fait les belles heures de la bande FM avec « L’Assasymphonie », l’artiste revient sur le devant de la scène avec un premier single, « Je ne sais pas », disponible depuis le 21 janvier dernier, et un album annoncé pour le 25 mars prochain chez Warner. Nous sommes donc allés à la rencontre de Florent afin qu’il nous explique pourquoi il avait voulu prendre son temps pour créer ce très attendu premier album solo et ne pas le sortir dans la foulée de « Mozart ». Il ne manquera pas d’évoquer la prestigieuse équipe qu’il a réunie autour de lui, de Vincent Baguian à Lionel Florence, en passant par Pierre Jaconelli, Ycare, Elia et Dove Attia. Rencontre avec un artiste sensible et instinctif.

IdolesMag : Ton single « Je ne sais pas » est sorti aujourd’hui (notre interview a été réalisée le 21 janvier dernier) et ton premier album solo est attendu pour le 25 mars. Dans quel état d’esprit es-tu ?

Florent Mothe : Je suis assez soulagé d’être arrivé au bout de la réalisation de cet album. Je suis content que ça sorte. Les gens autour de moi sont contents aussi pour moi parce qu’on a pris le temps de le faire cet album…  Tous les amis et la famille me félicitent d’en être arrivé là. Et puis, on verra comment ça marche, hein ?!… Mais je suis déjà très content que ça sorte.

Pendant longtemps, le projet a été repoussé. Que s’est-il passé ? Était-ce un problème de planning ou bien, toi, as-tu voulu peaufiner certaines choses ?

Il a été annoncé l’année dernière, mais très sincèrement, je l’ai découvert en même temps que les gens ! (rires) Ce n’était pas du tout une annonce officielle. Ce qui est vrai, par contre, c’est que j’ai pris le temps pour composer l’album que j’avais envie de faire. Je faisais déjà beaucoup de musique avant de rentrer dans « Mozart l’Opéra Rock ». Je voulais vraiment que cet album sonne pour moi comme la continuité de ce que je faisais avant. Justement en me disant que ça marche ou que ça ne marche pas, je me disais que je serais content d’avoir fait l’album que je voulais. Si ça marche tant mieux, et si ça ne marche pas, je n’aurai pas de regret, parce que c’est vraiment l’album que je voulais faire. C’est vrai que tout ça prend du temps… Et puis, à la sortie de « Mozart », il y avait beaucoup de pression. La maison de disques aussi voulait un truc assez particulier et c’est pour cette raison qu’on a pris notre temps.

Toutes chansons sont-elles nouvelles ? Sont-elles toutes post-« Mozart », ou bien y en a-t-il quelques-unes plus anciennes ?

Eh bien, en effet, il y a quelques chansons plus anciennes. De tête, je pense à deux titres en particulier qui datent d’avant « Mozart », de quand j’habitais encore au Canada, puisqu’avant de rentrer dans « Mozart », j’ai y habité pendant trois ans. J’y travaillais, je faisais de la musique, j’avais une petite amie là-bas et je voyageais. J’ai ramené des chansons que j’ai réussi à travailler et à mettre sur cet album. Et puis, bien entendu, il y a plein de chansons post-« Mozart » qui découlent soit de collaborations avec par exemple Dove Atttia, parce que j’ai beaucoup travaillé avec Dove pendant et après « Mozart », avec Vincent Baguian aussi, qui est l’auteur de « L’Assassymphonie » avec qui je suis devenu très ami. Il y a d’autres rencontres aussi, comme avec Ycare que j’ai rencontré pendant « Mozart ». Je suis fan de sa musique. On est devenus très copains et on a composé des chansons ensemble. Je suis ravi et très fier d’avoir pu les mettre sur cet album.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de retravailler avec Vincent Baguian et Dove Attia ? N’as-tu pas eu peur de t’enfermer dans un genre ?

Non. J’ai voulu retravailler avec eux tout simplement parce que j’aime ce qu’ils font. Dove Attia a un côté artiste que les gens ne connaissent pas trop, on connait plus son côté producteur. Son côté artiste me touche beaucoup, il a une grande sensibilité. Et puis, il était intéressé par ma musique, donc c’était un échange. Vincent Baguian c’est la même chose. On s’est vraiment trouvés tous ensemble. Ce sont deux personnalités très différentes l’une de l’autre. Moi-même, je suis très différent d’eux deux. Mais nous sommes vraiment complémentaires. Vincent, c’est un vrai auteur. C’est vraiment quelqu’un qui travaille et qui aime ça, écrire des chansons. Il a pris le temps avec moi pour ne pas aller trop vite.

Quand on sort d’une aventure comme « Mozart », j’imagine qu’on doit avoir la tête un peu ailleurs. As-tu rapidement su dans quelle direction tu allais aller pour ce premier album, ou bien as-tu un peu tâtonné ?

J’ai beaucoup tâtonné. Beaucoup… (rires) Quand on rentre dans un projet comme « Mozart », il faut se laisser un peu façonner pour rentrer dans la peau du personnage. Et quand on finit un tel projet, il faut réussir à en sortir. Ça prend un petit peu de temps. On a un peu la tête dans les étoiles… Il faut réussir à revenir sur terre gentiment. Et ça, ça prend un petit peu de temps. Ce qui est vrai aussi, c’est que je savais un peu que j’allais prendre du temps pour faire cet album. Tu vas me dire que c’est facile de dire ça aujourd’hui, mais réellement, je l’ai pensé dès le début. Quand Christophe Maé est sorti du « Roi Soleil », son album était prêt et il est sorti dans la continuité. On espérait beaucoup, en tout cas les gens qui travaillent sur mon projet, que ça se passerait un peu de la même façon. C’était un peu la success story… Mais moi, je savais que ça ne se passerait pas comme ça. Je savais qu’il faudrait que je prenne mon temps et voilà… Je l’ai pris et je ne regrette rien !

Tu as donc réuni autour de toi toute une équipe, mais tu signes quelques titres également. Composes-tu beaucoup ?

Je compose beaucoup, mais j’aime surtout beaucoup travailler avec les autres. Et puis je me rends compte aussi que ceux qui réussissent le plus, en tout cas ceux que j’admire le plus, sont ceux qui travaillent le plus. Le succès avant le travail, ça n’arrive que dans le dictionnaire. Ce qui arrive, c’est toujours l’inverse. Dove m’avait donné le conseil de ne jamais perdre le fil, de toujours continuer à travailler, et ne jamais hésiter à travailler avec d’autres personnes surtout. J’ai toujours trouvé que c’était un très bon conseil. Et j’ai essayé de l’écouter au maximum.

Et avec Vincent Baguian, comment avez-vous fonctionné ? Lui as-tu soufflé des thèmes  ou bien te connaissait-il finalement assez bien pour savoir ce que tu avais dans le ventre et ce que tu avais envie de raconter ?

C’est un peu des deux. Que ce soit avec Vincent, ou avec mes autres auteurs puisque j’ai aussi travaillé avec Lionel Florence (et notamment sur le premier titre), Pierre-Yves Lebert et Jérôme Attal. Avec les autres auteurs, comme je les connaissais moins, on a eu de nombreux échanges pour qu’ils sachent où je voulais aller. Mais avec Vincent Baguian, comme c’est un ami, il s’est un peu passé les deux choses. Notre façon de travailler, c’était de nous retrouver pour bavarder, pour échanger, pour écouter des maquettes, pour poser du yaourt sur les mélodies. On mettait quelques mots sur les sonorités d’abord, et puis ces mots débouchaient sur des sujets ou des thèmes. Et parfois, l’intuition de Vincent en tant qu’auteur lui permet de trouver des thèmes dont il saura qu’ils seront pertinents parce qu’il me connait et parce qu’il sait ce qu’il peut y avoir au fond de moi. C’est un homme aussi un tout petit peu plus âgé que moi, avec un peu plus d’expérience, donc il est passé par où je suis passé. Avec Ycare, c’était un peu tout l’inverse. Ycare, c’est quelqu’un qui travaille beaucoup à l’instinct. Pareil, comme c’est un ami, on se retrouve, pas forcément pour travailler d’ailleurs, mais pour passer un petit bout de temps ensemble, comme on le fait avec ses amis. Et puis, on prend la guitare et voilà… Souvent ce sont tout de même des mots qui amènent des thèmes. Je suis content pour cet album parce qu’on n’a jamais intellectualisé les choses. On ne s’est jamais dit qu’il faudrait parler de ci ou de ça. Personne ne m’a jamais dit « parle de ça, ce serait bien pour toi… » Non. Ça a été un peu plus instinctif. Des mots sont sortis et puis des thèmes sont apparus. Parfois, on écrit presque une chanson en entier et le thème n’est pas encore clairement défini, comme un sculpteur travaille une matière brute et puis lui donne un sens à la fin.

Quels thèmes vas-tu aborder justement dans cet album ?

Eh bien, il y aura des chansons d’amour, bien entendu. Avec Ycare, justement, on a écrit une chanson qui s’appelle « Arrête ». C’est une chanson d’amour a priori, parce qu’après, on peut prendre ce qu’on veut dans la chanson, c’est une chanson qui parle d’une dispute d’une puissance incroyable dans un couple. Donc, il y a des chansons d’amour et de désamour. Et puis, il y a des chansons un peu plus rebelles, va-t-on dire. Je pense à un titre comme « Rock in chair ». C’est l’histoire de quelqu’un qui reste pépère et qui se balance, dans son rockingchair, de la façon dont tournent les choses dans ce monde où tout va parfois beaucoup trop vite et où tout prend rapidement une tournure trop violente. Il y a aussi une chanson qui s’appelle « Tais-toi et chante », écrite par Pierre-Yves Lebert, qui parle un peu du système, pour faire large, de l’open space, de l’argent qui fait tourner le monde, de l’uniformité dirons-nous. Et puis, il y a des chansons un peu plus légères, comme « Mes éléphants roses », par exemple. Elle parle de la vie d’un homme qui marche tout droit, qui ne se drogue pas, qui ne boit pas, qui a priori ne voit pas d’éléphants roses. Mais lui, ses éléphants roses, il les trouve sur internet via les sites pornographiques… On a essayé comme tu le vois de traiter de sujets assez actuels. Pour en revenir à ta précédente question, « Mes éléphants roses », ce sont les mots qui nous ont directement amené vers ce thème. Jamais on ne s’est dit qu’on allait écrire une chanson sur le porno sur internet. On n’aurait jamais pu avoir cette idée… (rires) Mais en utilisant ces mots, « Mes éléphants roses », on en est arrivé là…

Florent Mothe - DR

Ce titre, « Je ne sais pas », comment se retrouve-t-il en premier extrait ? Est-ce un choix de ta part ? Un choix de l’équipe ?

C’est en effet un titre que m’a présenté l’équipe de chez Warner. C’est une chanson composée par Elio et dont les mots ont été écrits par Lionel Florence. C’est une chanson coup de cœur. Quand on travaille sur un album, on fait plein de chansons et on en écoute plein. J’essaye de n’être fermé à rien. Ce n’est pas très intéressant de rester focalisé uniquement sur ta musique. Et donc, j’écoute beaucoup de chansons des autres. J’ai trois chansons d’autres auteurs compositeurs sur mon album dont celle-là. Et puis voilà, ça a été un véritable coup de cœur quand je l’ai entendue. Ça a marché tout de suite. Après, avec Pierre Jaconelli, on a essayé de faire des arrangements qui correspondaient à l’album. Comme c’est une chanson très efficace qui plait beaucoup, on a décidé de l’exploiter en premier single.

Pierre Jaconelli a donc réalisé l’album. Qu’est-ce qui t’a donné envie de travailler avec lui ? Que t’a-t-il apporté musicalement ?

Eh bien, c’est un peu comme pour les textes. Je te disais tout à l’heure qu’on avait essayé de ne pas trop intellectualiser les choses, on a laissé les choses venir d’elles-mêmes. C’est ce qu’on a fait pour la musique avec Pierre. Une fois que j’ai eu toutes les chansons en maquettes guitare-voix, il a fallu commencer à chercher un réalisateur. On a fait des essais avec différentes personnes pour voir si ça collait. Avec Pierre, on s’est rencontrés, on n’a pas beaucoup parlé, on s’est mis à jouer et tout de suite, ça a collé. Ça marche à l’instinct avec Pierre aussi. On a commencé par cette chanson dont je te parlais, « Arrête », écrite par Ycare et moi-même. Ça a collé tout de suite. Et quand on ressent quelque chose comme ça, on essaye d’y aller à fond. C’est ce que je me suis dit. Après, j’ai adoré travailler avec Pierre et je pense que ça a été réciproque, donc tant mieux.

Il y un côté très animal, très instinctif dans cet album. Rien n’a été calculé.

C’est pour ça que ça a pris du temps. Et puis, je me dis que quand on fait des calculs, on se trompe toujours quelque part. il y a toujours une donnée qui nous échappe. Donc, non, je n’ai rien voulu calculer.

Tu as publié une vidéo de la version acoustique de « Je ne sais pas ». Va-t-il y avoir un clip à proprement parler ?

Oui ! On est en train d’y réfléchir et de travailler dessus. Il y a donc un vrai clip qui arrive très bientôt.

Tu as posté une web-série sur l’enregistrement de l’album sur ton facebook. Était-ce important de tenir les fans au courant de l’avancement du projet ? J’imagine que c’était aussi une façon de garder le contact.

Je n’aime pas parler pour ne rien dire. Et pendant toute cette année où j’ai travaillé de mon côté, mais sans savoir forcément où on allait aller, je ne tenais pas forcément les gens au courant de l’avancée du projet. Je trouve que ça n’a aucun intérêt de parler pour ne rien dire. Par contre, quand on s’est retrouvés cet été en studio avec Pierre Jaconelli, au studio Gang, on trouvait que ce serait bien d’immortaliser ce moment parce qu’il se passait quelque chose. Et donc, on s’est fait une première vidéo où Nikos Aliagas m’a fait l’honneur de venir écouter mes chansons. On a présenté cette petite vidéo pour les fans, et puis, ça s’est transformé à la rentrée puisqu’on voyait que l’album était vraiment en train de se dessiner. On avait un peu envie de s’amuser puisqu’on avait beaucoup travaillé et on est partis dans l’idée de monter ce genre de projet. On a donc fait cette web-série. Et puis aussi, ça me permettait, maintenant que j’avais des choses à dire et des choses à faire écouter, de tenir les fans au courant. Et comme c’est tout de même pour eux qu’on fait ça, et que j’ai eu la chance d’avoir beaucoup de fans très fidèles sur « Mozart », j’avais envie de leur rendre cette affection en leur faisant écouter des extraits de l’album, en leur expliquant comment je travaillais. Et puis, moi-même étant musicien et fan de musique, ça m’intéresse beaucoup ce genre de vidéos.

Vis-à-vis des fans qui t’ont découvert et aimé dans « Mozart », t’es-tu posé beaucoup de questions sur la direction à prendre pour ce projet solo ? Pour ne pas les déstabiliser, mais ne pas rester enfermé dans un rôle… La transition a-t-elle été difficile ?

Oui, c’est assez difficile… En même temps, les gens sont assez intelligents pour comprendre que quand on joue dans une comédie musicale, on campe un rôle et on joue la comédie. Heureusement d’ailleurs que je ne suis pas comme Salieri dans la vie de tous les jours !! (éclats de rire) Je ne suis pas un salaud ! Mais musicalement, c’est là qu’est la difficulté. Je sors de« Mozart » avec plein de fans et plein de gens qui ont été touchés par ce que je chantais. J’ai eu la chance de chanter, entre autres, une chanson magnifique qui m’a beaucoup servi, « L’Assasymphonie », et qui je l’espère, me servira encore. Les gens m’ont connu avec ça, donc, il faut réussir à trouver sa propre identité tout en ne reniant pas ce qu’on a fait avant. Toute cette année, j’ai essayé de sortir du personnage, et c’est aussi une des raisons pour laquelle je voulais un peu prendre mon temps. Enfin… pas prendre mon temps, mais prendre le temps qu’il fallait pour arriver à me trouver. La plus grande chance que j’ai aujourd’hui de toucher les gens, c’est en étant sincère. Et tout d’abord en étant sincère avec moi-même. Quand je fais quelque chose, je veux toujours que ça me touche d’abord, sinon, je ne pourrai jamais toucher les gens avec.

Quand tu étais gamin, on écoutait quoi chez toi ?

On écoutait pas mal de choses… (rires) Le premier artiste que j’ai écouté, en tout cas, c’est ce qu’on m’a raconté, c’est Jean-Jacques Goldman. Quand j’étais tout minot, à trois ou quatre ans, je chantais « Quand la musique est bonne ». Mon père écoutait pas mal de musique classique, Mozart, Beethoven, Chopin, Debussy, etc… et puis aussi pas mal de variété française, du Goldman, du Bashung, Starmania (ça a beaucoup bercé mon enfance), France Gall et Michel Berger… Mes parents m’ont aussi introduit à des musiques anglo-saxonnes type Elton John. Et puis, quand j’ai eu neuf, dix, onze ans, j’ai découvert le Rock’n’Roll avec Guns N’ Roses. C’était le début des années 90. Ça a été un véritable coup de foudre. Et donc, moi, mon éduction musicale, après avoir écouté ce genre de choses, donc du classique, de la variété française et de la variété anglo-saxonne, je suis allé vers le rock avec les gens de mon âge. Au collège et au lycée, j’ai monté des groupes de rock. Après, j’ai fait de la musique en école de musique. Là, j’écoutais beaucoup de jazz et de blues.

L’écriture des premières chansons remonte à quel âge ?

Quand j’ai monté mes premiers groupes.

Que représentait pour toi l’écriture d’une chanson à cette époque ?

C’était pas très bien en tout cas ! (rires) Je pense que j’étais à la recherche d’une identité. On était toute une bande de copains, on faisait du rock. Ado, plutôt que d’aller jouer dans la rue ou jouer aux jeux vidéo, on faisait de la musique. Je me souviens d’ailleurs très bien que j’ai laissé tomber les jeux vidéo pour la musique. Je pense que tout ça était bien entendu un exutoire, mais c’était aussi un jeu, parce qu’on s’amusait beaucoup à faire ça… C’était une rébellion aussi parce qu’on jouait tout de même du rock ! Et puis, c’était un rêve aussi puisque j’avais déjà envie de faire ça. Je suis vraiment tombé amoureux de la musique quand j’étais môme. Donc, ça représentait beaucoup de choses pour moi, et c’est toujours la même chose aujourd’hui.

Toi qui as beaucoup fonctionné en collectif (tu as commencé en groupe, puis tu as eu une petite période en solo avant de te lancer dans l’aventure « Mozart »), as-tu eu une certaine appréhension à te retrouver seul, d’une certaine façon, sur le devant de la scène ?

On appelle ça un projet solo, parce qu’il porte mon nom, Florent Mothe. Mais ce n’est pas un vrai projet solo. Comme on en a parlé tout à l’heure, j’ai collaboré avec plein de gens. Pour le coup, je conçois ce projet comme un projet d’équipe. C’est le projet d’une équipe entière, que ce soit les auteurs et compositeurs avec qui je travaille, donc Vincent Baguian, Elio, Lionel Florence, Dove Attia, Ycare et Pierre Jaconelli et puis, j’ai mon manager. C’est quelqu’un qui a mon âge. Il s’est lancé dans la musique du côté management quand moi je me suis lancé dans la musique du côté artistique. On se retrouve aujourd’hui. Les gens avec qui j’ai monté des groupes quand j’étais jeune sont soit dans la musique ou autour de la musique et ils travaillent avec moi. Et donc, si j’étais vraiment tout seul, j’aurais certainement un peu plus peur. Mais on travaille en équipe, comme un groupe. Après, bien entendu, il y a le fait de monter tout seul sur scène avec sa guitare. Oui, là, je suis sous les  projecteurs, mais c’est le travail de toute une équipe qui est sous les projecteurs. Donc, oui, c’est un projet solo, parce qu’il porte mon nom et que je chante seul avec ma guitare, mais je ne suis qu’un interprète de chansons qu’on a composées en équipe, et grâce à cette équipe, je n’ai pas si peur.

Tu vas t’envoler très bientôt pour la Russie et l’Ukraine où tu vas reprendre ton rôle de Salieri dans « Mozart l’Opéra Rock ». Qu’est-ce que ça te fait de réendosser son costume ?

Ça me fait hyper plaisir et notamment de chanter des chansons que je chantais juste dans le spectacle, par exemple, « Le bien qui fait mal » ou « Victime de ma victoire ». Parce que « L’Assasymphonie », je l’ai beaucoup chantée. Ça me fait toujours autant plaisir de la chanter mais je me réjouis plus chanter les autres chansons puisque je les ai chantées un peu moins. Et puis, c’est surtout un heureux évènement que de se retrouver une nouvelle fois avec la troupe. On se connait depuis très longtemps, et ça fait un petit moment qu’on a arrêté de jouer ensemble. Et puis, on est super contents d’aller voir les fans russes et ukrainiens parce qu’ils nous suivent depuis le début. Beaucoup sont venus nous voir à Paris. Et puis, surtout, c’est un projet d’une envergure gigantesque. On est 110 sur scène. Il y a un groupe de rock, il y a un orchestre symphonique de 50 ou 60 personnes et une chorale de 40 personnes. Et ça, c’est un rêve de jouer dans ce genre de concert-là. Chanter avec un orchestre symphonique, c’est grandiose. J’ai d’ailleurs encore un peu de mal à m’imaginer là-bas. En plus, je suis à fond dans mon album, donc… On commencera à répéter une fois que nous serons là-bas. Quand j’y pense, ça me réchauffe le cœur. Les Russes ne font pas les choses à moitié !

Avant de te quitter, je voulais juste te demander si le visuel qui accompagne le single est un clin d’œil aux Dieux du Stade…

(éclats de rires) Non, ce n’est pas un clin d’œil aux Dieux du Stade ! Je n’oserais jamais… faire comme eux ! (rires) On cherchait un visuel. Ce sont des idées qui viennent, ou pas d’ailleurs, comme ça. C’est l’idée de l’œil au beurre noir qui est venue en premier. En fait, on a cherché ce qu’on pourrait faire autour des photos de l’album. On a fait une session pendant laquelle on a essayé d’illustrer toutes les chansons de l’album par quelques photos. Soit en rappelant le texte avec certains accessoires, soit en prenant le contrepied de temps en temps. Et puis, l’idée de l’œil au beurre noir est venue pour cette chanson, et c’est raccord avec le clip qui arrive. Moi, ce qui m’intéressait aussi, c’était de trouver une image qui frappe et qui saute aux yeux, qui se démarque un tout petit peu. Je comprends très bien la problématique du marché qui fait qu’on doit voir notre visage sur une pochette, pour qu’on nous identifie. Mais juste plaquer une photo de mon visage, ça ne m’intéressait pas parce qu’en plus on vit dans un monde où on est abreuvé d’images et de vidéos. Il fallait que je montre quelque chose d’un peu différent. Et j’aimais bien l’idée de l’œil au beurre noir… Quoi qu’il arrive, qu’on me reconnaisse ou pas, on va voir cet œil au beurre noir, et j’imagine que ça va susciter des questions à celui qui regarde la photo.

Et l’album, il a un nom ?

Pas encore ! Enfin… Mais il arrive très bientôt de toute façon…

Propos recueillis par IdolesMag le 21 janvier 2013.









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