Interview de Chris Marques

Propos recueillis par IdolesMag.com le 19/12/2012.
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Chris Marques © SnootyFoxImages

Chris Marques, le célèbre membre du jury de « Danse avec les Stars », va vous apprendre à danser la Salsa, le Jive, le Tango ou encore la Cucaracha. Son DVD est sorti fin de l’année, ce fut l’occasion pour nous d’aller à sa rencontre. Nous évoquerons bien entendu le fabuleux succès de « Danse avec les Stars » et ses trois gagnants : M. Pokora pour la première édition, Shy’m pour la deuxième et Emmanuel Moire pour la troisième. Nous ne manquerons pas non plus de parler des nombreux projets de Chris et de sa compagnie « Dance Rocks ». Pour sa sympathie et sa bonne humeur, nous attribuons à Chris un très bon 10 !

IdolesMag : Dans ton DVD, tu dis que tout le monde peut danser… Quelles sont les qualités d’un bon danseur selon toi ?

Chris Marques : Tout d’abord, un bon danseur, c’est quelqu’un qui est prêt à se lâcher et à lâcher prise. C’est important. Il faut que ce soit quelqu’un aussi qui soit prêt à bien écouter la musique parce que très souvent les gens essayent d’apprendre à danser en apprenant un enchaînement de pas, alors que la toute première chose à faire, c’est vraiment se connecter avec la musique. Il faut écouter la musique. Et puis aussi, et surtout !, il faut avoir le sens de l’humour et de la bonne humeur parce qu’on va faire des erreurs et on va être très très drôle quand on va apprendre à danser ! Il faut pouvoir passer à travers ça…

Chris Marques © SnootyFoxImagesToi qui est un professionnel de la danse, qu’est-ce qui t’a poussé à sortir un DVD pour le grand public ?

Effectivement, c’est un DVD vraiment très grand public. Et j’irais même encore plus loin en te disant que c’est un DVD qui s’adresse à des personnes de tous âges ! Je pense qu’un petit gamin ou une petite fille de 7/8 ans trouvera ça très drôle et apprendra également un petit peu à danser, et que c’est vrai aussi pour la mamie. Ce qui m’a poussé à le faire, c’est l’émission. Il y vraiment une transformation qui s’opère chez les candidats et les stars de l’émission en l’espace de trois mois. On les voit arriver, ils commencent à danser et ils se prennent au jeu. Ils apprennent à danser et ils travaillent dur, il y a un vrai changement à la fin de la saison. Les gens qui arrivent en finale se sentent changés. Ils ont découvert des petites facettes cachées d’eux-mêmes, ils ont découvert des petites choses qu’ils ne connaissaient pas à leur sujet. Je me suis dit que c’était dommage que ce soit réservé aux stars et aux candidats de « Danse avec les Stars ». Pourquoi ne pas offrir un peu la même chose au grand public ? C’est vraiment l’idée du DVD, pouvoir profiter de tous les aspects positifs de la danse de chez soi, dans le confort de son appartement ou de sa maison.

Quand TF1 est venu te proposer d’intégrer le jury de « Danse avec les Stars », as-tu accepté tout de suite ? Parce que juger des candidats, toi qui avais déjà fait pas mal de concours, ce ne devait pas être forcément évident…

Absolument. Mais oui, j’ai rapidement accepté… En fait, je vis à l’étranger, je vis à Londres. J’avais une perspective très différente sur le programme, je connaissais son succès foudroyant et incroyable l’étranger. En 2010 et 2011, ça a été le format le plus vendu au monde en qualité de format télévision. C’était donc un succès incroyable en termes de ventes. En plus de ça, l’émission a une image absolument formidable, elle ne montre que des aspects positifs. Elle est basée sur du positif, du bonheur et du grand spectacle, et ce sont des valeurs qui manquaient  un petit peu sur nos écrans depuis quelques temps. Et donc, quand on m’a proposé de venir le faire en France, alors que j’étais déjà engagé sur l’émission anglaise, j’ai sauté sur l’occasion de le faire. Bien sûr ! Il était impensable que je dise non, c’est certain.

Tu es le membre du jury le plus sévère… N’as-tu pas de temps en temps l’impression de l’être un peu trop, justement ? Parce qu’à part quelques exceptions, les candidats sont des amateurs en termes de danse.

Non. Je n’ai pas l’impression d’être trop sévère. Je dirais que je suis juste. La réalité est que nos candidats travaillent très très très dur. Vraiment, même le plus mauvais des danseurs, le couple qui arrive en bas du classement, a travaillé très dur pendant toute la semaine. Et je trouve que ce ne serait pas juste de les traiter légèrement et ne pas leur dire ce qui va ou ce qui ne va pas et ce qui n’est pas à la hauteur des autres couples. Je justifie toujours mes notes. Je préfère être dur pour justement arriver à de vraies performances en finale, plutôt que de leur dire que c’est très bien alors que ce n’est pas le cas. La danse, c’est quelque chose de très difficile. C’est tout de même une activité qui demande un travail acharné. Et je crois qu’en termes de critique et de juge, je me dois d’être honnête et d’être juste.

Chris Marques © SnootyFoxImages

Pour la quatrième saison de « Danse avec les Stars », je te propose de changer un peu les notations. Tu ne peux plus donner qu’une seule note. Choisis-tu la note artistique ou la note technique ?

Ah ah ah… [Chris réfléchit longuement…] Pour moi, ce qui est très intéressant, c’est que la note technique est beaucoup plus importante sur les cinq ou six premières émissions. Et tout d’un coup, on bascule et là, c’est la note artistique qui fait la différence. Parce qu’à un moment donné, ils arrivent plus ou moins tous à un certain niveau technique. Ils sont tous à peu près là où ils en seront techniquement en fin de saison. Et c’est à ce moment-là l’artistique qui change la donne. J’aurais donc vraiment beaucoup de mal à ne noter qu’avec une seule note. Donc, la réponse, c’est « je ne sais pas quoi te répondre » !!! (éclats de rires)

Peux-tu me dire un petit mot sur les trois premiers gagnants de l’émission : M. Pokora, Shy’m et Emmanuel Moire.

Alors Matt, c’est un artiste qui prouve que le travail finit toujours par payer. Il est prêt à travailler comme un forcené sur tout ce qu’on lui donne et il le fait avec bonne humeur. Il a toujours le sourire aux lèvres, il est toujours prêt à travailler un peu plus dur si besoin est… Ça a été un vrai plaisir de travailler avec lui. Après, on a Shy’m… Pour moi, elle personnifie l’artiste à l’américaine qui sait tout faire et qui est douée pour tout. Elle sait chanter, elle sait danser… Je suis sûr que si on lui demandait de jouer la comédie, elle le ferait avec brio. C’est quelqu’un avec qui on s’éclate en salle d’entraînement. C’est quelqu’un avec qui on peut vraiment explorer des choses qui sont vraiment très difficiles et hors de portée pour la plupart des autres artistes. Et elle, arrive à la faire. C’est formidable de travailler avec quelqu’un comme elle… Et Emmanuel Moire, c’était… je ne sais pas si je dois le dire, mais c’était… mon chouchou cette saison. Je l’admire. Quand on est en mode travail, il veut raconter une histoire, il veut faire passer une émotion, il veut s’exprimer. Il a vraiment compris que la danse était l’activité qui permettait de raconter des choses qu’on ne pouvait tout simplement pas dire. Il a réussi à utiliser son corps pour exprimer des nuances et des subtilités. Et j’ai trouvé ça… magnifique. Il m’a énormément inspiré en tant que chorégraphe en tout cas.

Mis à part les trois gagnants, y a-t-il un ou plusieurs candidats qui t’ont vraiment bluffé, toutes saisons confondues.

Je vais être honnête, Amel Bent m’a bluffé ! Quand elle a démarré il y a trois mois, je ne m’attendais pas une seule seconde à ce qu’elle danse comme elle a dansé lors de la finale. Ça a été vraiment une transformation. Elle a découvert cette subtilité, cette sensualité et cette féminité qui n’étaient pas toujours son premier talent. Vraiment, je l’ai découverte, elle m’a épaté. Après, on a aussi des gens comme Sofia Essaïdi qui, en termes de danse pure, ont été absolument incroyables.

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Les membres du jury ont-ils leur mot à dire sur le casting.

Non, pas du tout. Ce serait, je pense, une erreur de demander à un juge de donner son avis sur le casting. Je pense qu’on doit arriver et découvrir les couples sélectionnés. Et hop !

La troisième saison a battu une nouvelle fois des scores d’audience et de popularité. Êtes-vous déjà tous dans les starting-blocks pour la quatrième ?

Non, pas encore du tout. On est vraiment encore à se féliciter du succès de cette troisième saison. On a encore tous un sourire pas croyable jusqu’aux oreilles. Cette troisième saison a été vraiment incroyable et on en est tous très fiers. Et pour le moment, on n’ose pas encore penser à la quatrième saison, si quatrième saison il y a… (rires)

Quand as-tu attrapé le virus de la danse ?

J’ai commencé à l’âge de 13/14 ans. Et j’ai commencé tout simplement parce que je voulais rencontrer des filles. Je me suis dit qu’apprendre à danser, ce serait peut-être une bonne idée. Et mon premier cours de danse, ça a été le déclic. J’ai tout de suite su que je voulais danser toute ma vie.

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C’est devenu professionnel rapidement ?

Presque immédiatement dans le sens où après mon premier cours de danse, j’ai pensé d’une certaine façon et que ça ne m’a jamais quitté. J’ai commencé à danser, j’ai eu ce déclic après une demi-heure. Et j’ai commencé à travailler tous les soirs deux, trois ou même quatre heures. Et ça ne m’a jamais quitté. Bien que j’étais un amateur à cette époque-là, je ne connais pas la danse autrement que professionnellement. J’avais exactement les mêmes réflexes qu’un professionnel et je travaillais déjà autant qu’un professionnel. Donc, ça a été quasi immédiat.

Qui ont été tes idoles à l’adolescence ? Que ce soit dans le monde de la danse ou de la musique ou autre !

Mes idoles ne sont pas incroyablement cool et ne sont pas que dans le monde du spectacle… Mes idoles sont Einstein et Fred Astaire. Michael Jackson m’a aussi beaucoup impressionné. Il y a donc toute une palette de personnes qui m’ont impressionné.

En parlant de Michael Jackson, quel est ton regard sur les shows très chorégraphiés ? Je pense à ceux de Kylie Minoque, Mylène Farmer, Shy’m, Lady Gaga, Madonna…

Je crois que ces artistes dont tu me parles ont tout simplement compris que se tenir sur un point de scène et chanter là pendant deux heures n’est pas forcément donner une expérience totale à son public ! (rires) Et donc, ils ont tous compris qu’il fallait attaquer dans les cinq sens. Il faut montrer de la danse, il faut des lumières incroyables… En résumé, il faut donner des frissons au public. Et automatiquement, pour donner des frissons, il ne faut pas se contenter de chanter sur scène, il faut apporter autre chose. C’est un petit peu l’approche qu’ils ont tous pris.

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Kamel Ouali a mis en scène quelques comédies musicales. Est-ce un exercice qui te tenterait, toi aussi ?

Absolument. Je suis un fan incontesté des comédies musicales à l’américaine. Je comprends bien qu’en France, c’est un style un tout petit peu différent. Les comédies musicales françaises sont un peu de plus grande taille. Elles sont comme retirées du côté théâtral des américaines. Elles ont un côté un peu plus « concert ». J’adore l’idée de mettre en scène une comédie musicale… J’adore l’idée d’utiliser la danse pour apporter une valeur ajoutée à une histoire et la développer. Je trouve ça formidable. Et j’ai bien sûr des projets qui vont dans ce sens…

C’est concret dans ta tête.

Oui ! Très ! (rires)

En parlant de chorégraphie et de troupe, peux-tu me dire un petit mot sur ta compagnie, « Dance Rocks » ?

En Angleterre, j’ai eu une compagnie de danse dès 2003, « Cuban Groove ». C’était vraiment la compagnie qui, tout simplement, présentait au public la danse de salon telle qu’elle était présentée sur l’équivalent de l’émission « Danse avec les Stars » en Angleterre [« Strictly come Dancing », ndlr]. Et je me suis rendu compte il y a un peu plus d’un an que « Cuban Groove », qui continue de faire des représentations, ne représentait plus mes valeurs et mes envies créatives et artistiques. Ce n’était plus tout à fait ce que je voulais faire. Et donc, j’ai créé « Dance Rocks » qui est une compagnie qui est à la jonction de la danse, de la mode et de la technologie. C’est un petit peu mon mode d’expression en ce moment pour montrer toutes les nouvelles tendances que j’aimerais voir dans la danse et le spectacle. C’est donc une compagnie qui s’adresse à des évènements haut-de-gamme assez uniques dans lesquels on peut débarquer avec une quinzaine des meilleurs danseurs de Londres et de France.

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Comme on en parlait tout à l’heure, la danse et la musique sont deux disciplines extrêmement complémentaires… As-tu des velléités de chanteur ?

(éclats de rires) J’aurais envie, bien sûr, mais les capacités ne sont pas là, malheureusement ! Mon père a chanté pendant très longtemps et il a oublié de me transmettre sa voix !! Donc, je peux danser, mais chanter, ce ne serait pas forcément une bonne idée ! Ce ne serait pas un bel album ni un beau single ! (rires)

Tu me dis que ton père chantait. Viens-tu d’un milieu artistique ?

Mon père chantait tout ce qui est musique portugaise et latino-américaine. Ce qui, bien sûr, m’a inculqué un certain sens du rythme et un certain sens de la musique. J’ai eu grâce à lui un ressenti musical très tôt. Mais c’était le seul côté artistique qu’on avait dans la famille…

Quels sont les derniers disques que tu as achetés ?

Malheureusement, je fais tout sur Itunes. Je n’achète plus de disques ! C’est terrible ! J’ai acheté une compilation très bizarre d’une chanteuse qui prend des tubes énormes pop et qui les réorchestre en bossa nova. Mais j’ai acheté plein d’autres trucs. J’ai une sélection musicale assez éclectique, donc il y a un peu de tout.

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Toutes les musiques sont-elles bonnes à danser ? Je pense notamment au « Gangnam Style »…

Bien sûr que c’est bon à danser ! Dès qu’on met le « Gangnam Style », tout le monde a le sourire aux lèvres. Tout le monde commence à bouger. C’est positif ! Donc, oui toutes les musiques ont leur rôle à jouer.

Le DVD qui vient de sortir est consacré aux danses latines. D’autres danses sont-elles prévues ?

Oui, absolument. J’ai une vingtaine ou une trentaine de danses que j’aimerais développer de toute façon. Mais on verra… Il y a peut-être d’autres méthodes plus intéressantes pour développer plus de contenu, plus de danse et un meilleur apprentissage…

Propos recueillis par IdolesMag le 19 décembre 2012.
Photos : SnootyFoxImages

-> Site officiel : http://www.chrismarques.com/









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