Interview de Peio

Propos recueillis par IdolesMag.com le 23/11/2012.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag.com.








Peïo © Jean-Baptiste Millot

Le lauréat 2012 du Concours Andrée Chédid du poème chanté, Peïo, sort son premier album, « L’Ombre et la Lumière », un opus à la fois lumineux et mélancolique qui nous a beaucoup plu. Nous avons donc été à la rencontre de son créateur afin d’en savoir un peu plus sur lui et son parcours et pour qu’il nous explique comment il a pu réunir autour de lui une équipe aussi costaude (Seb Martel, Pierre Sangra, Dominique Ledudal et Toma Milteau). Michel Butor, le poète qu’il a mis en musique, a tellement aimé sa chanson qu’il lui a donné la permission de mettre en chanson tous ses poèmes ! Rencontre avec un artiste qui s’affranchit progressivement de ses barrières et qui prend son envol…

IdolesMag : Ton premier album arrive dans les bacs. Dans quel état d’esprit es-tu ?

Peïo : Je suis super impatient ! Je suis super content. C’est vraiment beaucoup beaucoup de travail. Ça fait vraiment longtemps que je porte ce projet. Je suis impatient et heureux en fait. Je suis heureux parce que c’est un peu pareil qu’une naissance. C’est quelque chose que je porte et que j’ai en moi depuis très longtemps. Je suis très content d’être arrivé à réaliser ça…

Quand a-t-il été réellement question d’enregistrer un album ?

Ça a été une maturation très longue. J’ai commencé à penser à cet album il y a 4/5 ans. Je voulais vraiment prendre mon temps. Déjà pour écrire des chansons qui sont abouties et que je sois content de porter. Et puis aussi parce que je voulais m’entourer de gens qui allaient m’aider à réaliser ça. J’avais vraiment une idée très précise de ce que je voulais. En particulier, un album de chanson française mais qui soit capable d’aller dans des plates-bandes un peu différentes. Et pour ça, j’avais besoin de m’entourer de gens comme Seb Martel ou Pierre Sangra, des gens qui avaient une histoire et un parcours qui permettaient d’apporter à mon album, pas ce qui lui manquait, mais ce que je cherchais.

Peïo, L'ombre et la LumièreLes as-tu rencontrés il y a longtemps Seb Martel et Pierre Sangra ?

Pierre, c’est un ami que je connais depuis quelques temps. Entre guillemets, il fait partie de mon « entourage personnel ». Et Seb Martel, je l’ai rencontré par l’intermédiaire de mon tourneur qui venait de faire la tournée de Rokia Traoré. J’avais vraiment adoré son album. C’est fabuleux sur les voix et la réalisation. Je trouve qu’elle a fait un parcours inverse du mien. Elle est partie d’une musique du monde pour aller vers quelque chose de plus folk/blues. Comme j’étais parti dans un truc un peu folk/blues/chanson et je que voulais aller vers un truc plus musique du monde sans que ce soit quelque chose de trop schématique, je voulais faire quelque chose qui m’appartienne vraiment. C’est Seb Martel qui avait réalisé son album. J’avais trouvé ses guitares fabuleuses. Donc, via mon tourneur, je l’ai rencontré. Et puis, ça c’est très bien passé entre nous. On a été manger ensemble. C’est comme ça, au fur et à mesure, que j’ai rencontré l’équipe qui m’accompagne. Parce qu’il y a Pierre et Seb, mais il y a aussi Toma Milteau à la batterie, qui est quand même un super batteur. J’ai vraiment une équipe fabuleuse pour un artiste comme moi qui se lançait et qui n’avait pas forcément des références énormes au départ. J’ai réussi à réunir autour de moi des gens plutôt costauds. Il y a aussi Dominique Ledudal qui a fait les enregistrements. Tout s’est toujours passé sur le contact humain. Et puis aussi, je pense que l’idée d’un album de chanson française, mais pas simplement, intéressait tout le monde. Cette idée d’aller chercher un peu plus loin dans le jazz, ça intéressait. Je sais par exemple que Toma à la batterie, lui trouvait ça vraiment bien parce qu’il avait un champ de liberté en particulier pour faire des rythmiques et des percus un peu différentes de ce qu’il faisait sur des albums de chanson française classique.

C’est chouette pour un premier album d’avoir une équipe aussi costaude autour de toi. Toutes les chansons sont super bien habillées en fait.

C’était vraiment ça qu’on cherchait. J’étais capable d’écrire des chansons, j’étais capable de les chanter mais je n’étais pas capable de leur offrir cet écrin. Cette espèce de truc qui raconte une histoire et qui a une vraie couleur. J’ai vraiment fait preuve d’humilité sur ce coup parce que je voulais que chacun donne ses idées. Chacun est venu avec sa propre histoire et chacun a apporté son histoire à mes chansons. Du coup, cet album, je l’assume complètement. C’est vraiment un aboutissement. C’est pour cette raison qu’il a mis tant de temps avant d’arriver, parce que tu t’imagines bien que mettre autant de gens ensemble et prendre le temps qu’il fallait, ce n’était pas évident. C’est un album qui a été enregistré en trois semaines. Aujourd’hui, dans le monde du disque, enregistrer en trois semaines, c’est énorme. On a voulu prendre le temps parce qu’on voulait vraiment faire quelque chose d’abouti.

Es-tu à l’aise en studio ? Est-ce un endroit qui t’électrise ?

J’adore ça. On est tous enfermés dans une petite pièce. On bouffe très mal. Et il y a une espèce de bouillonnement artistique, c’est assez grisant. Alors, évidemment, trois semaines, ça permettait de laisser des idées aller jusqu’au bout et de se tromper. Si ce n’était pas la bonne idée, on allait ailleurs. D’ailleurs, on avait fait une résidence avant, en fait. On avait loué un gîte, on s’était tous rencontrés avant de nous retrouver en studio.

C’est chouette de faire une résidence avant d’entrer en studio.

Oui, parce qu’on a pu manger ensemble, on a pu parler de nos vies respectives. Ça nous a permis de nous rencontrer. Du coup, quand on est rentrés en studio, il y avait une belle osmose entre nous. Alors, bien évidemment, c’était parfois difficile entre nous parce qu’il y a eu de gros moments de tension. Par exemple, Seb, il a une aura pas croyable. Donc, parfois, il tirait le truc jusqu’à lui. Et moi, je résistais pour dire non, parce que je ne voulais pas aller sur des terrains qui n’étaient pas les miens. Je voulais vraiment faire quelque chose qui me ressemble. Mais j’aime ces moments-là, parce que je sais qu’au bout, ça aboutit toujours à quelque chose de super. J’ai beaucoup aimé aussi la partie où j’enregistre juste les voix, où là, j’étais en tête à tête avec Dominique. On était à Paris, ça durait parfois des nuits entières et c’était fabuleux. Il me poussait vraiment vers le haut. Parfois, je sentais qu’il voulait que je sorte quelque chose de moi auquel je n’aurais pas pensé. C’était un vrai plaisir. C’était super.

Peïo © Jean-Baptiste Millot

Le groupe était bien soudé.

Oui, il y avait une véritable cohérence dans l’ensemble. Et ce n’était pas gagné au départ ! (rires) C’était vraiment une super expérience. Là, je bosse déjà sur plein de nouvelles idées. Le truc aussi, c’est que ce genre de moments-là, ça te stimule ta création à toi, ça ouvre de nouveaux champs. Quand tu vois des gars comme Seb Martel travailler, d’un coup, tu apprends plein de choses. Et tu comprends que les limites que tu te posais sont faites pour être reculées. C’est ça qui est formidable de travailler avec des gens qui ont une grosse expérience, ils font tomber les barrières et les préjugés que tu peux avoir quand tu es un jeune artiste. Tu as parfois des préjugés, et là, avec ces gens-là, tu apprends à ne plus en voir. Et c’est justement ce qui  fait que tu vas chercher toujours plus loin. Tu vas aller chercher des bouts de guitare complètement énigmatiques, tu ne vas pas bazarder sur ta musique, mais tu vas être capable de trouver des notes qui vont vraiment mettre en valeur cet ensemble. Une chanson, c’est une alchimie vachement complexe pour arriver à un ensemble voix / chant / musique et l’image que tu souhaites lui donner. Je suis un vrai passionné comme tu vois !

Pourquoi as-tu fait le choix d’appeler cet opus « L’Ombre et la Lumière » ?

Eh bien… C’est un peu « L’Ombre et la Lumière » parce que dans ce genre de projet, je me suis rendu compte que tu étais tout le temps en train de passer de phases d’excitation complètes où tu vas être sur scène, où tu vas rencontrer des gens et être dans une dynamique et des phases où il ne se passe désespérément rien, où tu ne sais plus où tu vas, où tu n’es pas sûr que ce que tu crées est bien. Tu es constamment entre l’ombre et la lumière, en fait. Pour moi, cet album racontait cette histoire aussi.

Et puis entre les thèmes que tu abordes et les arrangements, il y a, je trouve aussi, ce jeu d’ombre et de lumière.

Oui. Exactement. Il y a effectivement des chansons comme « Rose » qui sont très lumineuses et presque naïves et d’autres, comme « Un Homme aux Pieds d’Argile » ou « Gibraltar » où tu tombes sur quelque chose de beaucoup plus lourd. Finalement, cet album a été très inspiré par « Bleu Pétrole » de Bashung. Je l’aimais beaucoup. J’avais en moi cette espèce d’énorme mélancolie par rapport à la violence que le monde ou la vie en général peut nous envoyer et à la fois cette espèce d’optimisme permanent en moi. « L’Ombre et la Lumière »… c’était une évidence finalement !

À plusieurs reprises, tu évoques l’Afrique dans des chansons comme « Gibraltar » ou « Les Femmes Peulhs ». Est-ce un continent auquel tu es attaché ?

C’est particulier… Il faut tout de même que je te dise que toute cette aventure a commencé parce que j’ai rencontré un gars qui s’appelle Alexandre  [Tolub]. C’est quelqu’un qui s’est trouvé sur ma route quand j’ai commencé à monter le projet. C’est l’un des auteurs-compositeurs du projet avec moi. Et c’est lui qui a la patte africaine. Moi, je suis très attaché aussi à l’Afrique déjà parce que j’adore la musique africaine. Je suis passionné aussi par les griots, toute cette caste qui transmet la musique. Et puis quand tu entends les rythmes et les mélodies de la musique africaine, c’est assez hallucinant. D’ailleurs le folk et le blues viennent de là-bas. Alex, lui, il a vécu en Afrique et donc, il m’a, par l’intermédiaire de ses chansons, complètement transmis cet amour pour l’Afrique. Je n’ai jamais été en Afrique Noire, et  grâce à lui, j’ai vraiment eu l’impression d’y être. Il y avait une espèce d’humanité dans ce qu’il disait, donc, c’était un peu comme si j’y avais été également. Et puis, l’Afrique, c’est un continent qui stimule mon imaginaire…

Qu’est-ce qui vous a donné l’envie d’écrire des chansons ensemble avec Alexandre Tolub ?

En fait, au début, on était tous les deux un peu des exilés. On s’est rencontrés parce qu’on avait envie tous les deux de faire de la musique. Moi, je jouais de la trompette et de la guitare. Il y a une dizaine d’années, on était plus à faire des reprises et des choses comme ça. Et puis, tout d’un coup, on a eu cette espèce de révélation qui fait qu’on a eu un besoin d’écrire des chansons. C’est vraiment comme si tu te rendais compte que tu avais toujours eu en toi cette envie, mais tu étais passé à côté parce que tu avais trop d’autres choses à faire à côté. On a commencé à écrire. Et ça a été une sorte de balancier permanent, et ça l’est toujours aujourd’hui. Sur certaines chansons, j’écris la musique et pas le texte, parfois c’est l’inverse et c’est lui qui compose. On est arrivés à une sorte de symbiose artistique parfaite. Dans la vie de tous les jours, on est très différents l’un de l’autre. Mais quand on crée ensemble, il y a quelque chose qui se passe, on forme comme une identité. « Peïo », c’est moi, mais ça représente cette entité. Et d’ailleurs aujourd’hui, il écrit des choses pour moi. il est capable d’écrire des choses que je ressens parce qu’aujourd’hui, il me connait très bien. Donc voilà, ça a commencé de façon assez classique comme beaucoup d’autres projets, et puis, on a eu cette envie et ce besoin de créer ensemble. Je suis plus solaire et Alexandre est beaucoup plus sombre et beaucoup plus introverti. On se complète bien et dans un parcours artistique, c’est important.

Tu as rencontré Ben Harper il n’y a pas si longtemps.

Oui ! J’aimais beaucoup sa musique et ce qu’il faisait. Mais il m’avait dit que l’admiration c’était une chose, mais que ce qui était mieux, c’était de créer soi-même des choses. Là tout d’un coup, j’ai eu une espèce de révélation et je me suis rendu compte que moi aussi je pouvais exprimer des choses que j’avais en moi. Et c’est devenu mon mode de communication pour exprimer mes émotions. Et j’ai découvert le bien-être que ça procurait d’écrire des chansons.

Peïo © Jean-Baptiste Millot

Tu as mis en musique « L’Attrape-Rêves » de Michel Butor pour le Printemps des Poètes.

Oui. Dans ce concours, le poème est imposé. Le challenge consistait à écrire une mélodie et une musique dessus. Il y a eu plus de 500 personnes qui ont participé à ce concours. À cette époque, j’étais dans un moment de ma vie où il ne se passait pas grand-chose, et donc, j’ai trouvé le défi absolument fabuleux. Ce qui a été excellent, c’est que dès que j’ai lu le texte, de façon immédiate, j’ai eu une idée de chanson. Et c’est marrant parce que comme Michel Butor me l’a dit, j’ai été le seul à faire un truc rock. Tous les autres ont fait des trucs folkeux plutôt cools avec du piano. Et moi, j’ai fait un truc nerveux parce que je voyais la tension dans le texte qu’il avait écrit. J’ai donc écrit un truc assez rock. Et c’est Pierre Sangra qui m’a aidé pour la réalisation. Pierre a plutôt un très bon bagage musical et il connait plein de choses. Ensemble, on a commencé à construire le truc et je ne me suis pas posé de question. Je ne l’avais pas fait pour être lauréat dans le fond, je l’avais fait parce que j’avais envie de le faire. Et puis, un jour, je reçois un coup de fil du Ministère de la Culture pour me dire que j’étais lauréat ! (rires) J’ai un peu pleuré, j’étais très ému. C’était quand même une grande reconnaissance. Après, j’ai joué à l’Alhambra avec les Têtes Raides, j’étais super fier. Et super fier que cette chanson-là ait pris cette direction-là. Et pour tout te dire, cette chanson n’était pas du tout prévue dans l’album au départ, elle est vraiment arrivée à la dernière minute. C’est un peu un truc de fous.

Que de jolies choses arrivent quand on ne s’y attend pas, c’est vraiment chouette.

C’est vrai. Je vais même te dire que du coup, j’ai écrit à Michel Butor. Je lui ai envoyé mon album. Et il a été vraiment touché par les chansons. Il a tout de même eu le Prix Renaudot le bonhomme ! C’est un vieux monsieur de plus de 80 ans qui ne répond qu’au courrier. Tu ne peux que lui écrire. Donc, il m’a envoyé une de ses cartes postales et ses cartes postales, ce sont des collages qu’il fait. Et quand tu déplies le collage, tu arrives sur son visage. Il m’a envoyé un message en me disant qu’il me donnait l’autorisation d’écrire des chansons sur tous ses textes.

C’est quelque chose que tu envisages de faire dans le futur ?

Oui. Tout à fait. C’est quelque chose que je vais faire, c’est sûr. Je ne sais pas quand. Peut-être pas tout de suite, mais peut-être demain ou dans quelques années, mais oui, je vais le faire. Déjà « L’Attrape-Rêves », c’est un super texte, mais j’ai lu d’autres de ses textes et ce sont des choses qui m’inspirent complètement. Avoir à ta disposition des textes aussi fabuleux, c’est extraordinaire. Et puis, c’est un défi aussi. Et j’aime les défis.

En ayant un carcan avec un texte d’un autre auteur, ça permet peut-être aussi de dépasser ses limites et d’aller explorer d’autres terrains…

Exactement. Mais de toute façon, c’est comme ça que j’entends la musique. C’est un espace de liberté absolu et quelque part, j’ai envie de ne me fixer aucune limite. C’est pour ça aussi que j’ai voulu travailler avec des pointures sur cet album. Tu ne peux pas t’imaginer le nombre de gens qui nous ont dit que de toutes façon Seb Martel ne viendrait jamais jouer avec nous, qu’il était trop important pour nous… Il y a toujours des gens qui te rabaissent dans le fond. Et moi, quand on me dit ça, je n’ai qu’une envie, c’est d’y aller. Parce que c’est ce que je ressens.

De toutes les chansons qui figurent sur l’album, y en a-t-il une pour laquelle tu as un peu plus de tendresse qu’une autre ?

J’en aurais deux à vrai dire. Il y a d’abord « Un Homme aux Pieds d’Argile », parce que c’est une chanson qui me touche beaucoup. Déjà le texte que j’ai écrit me touche beaucoup. Et puis la deuxième, c’est « Rose », parce que ça parle de ma petite filleule, à l’époque où je n’avais pas d’enfant. [Peïo vient tout juste d’être papa pour la deuxième fois] C’est l’époque où je me disais que j’aimerais bien en avoir mais que ce n’était pas sûr. Et donc, celle-là est très importante pour moi parce que chaque fois que je la chante, je vois ma petite filleule sourire. Là, j’ai une vraie tendresse quand je chante « Rose ». C’est quelque chose qui me touche beaucoup. Mais je suis en train de me dire en te répondant que dans le fond, je les aime toutes les chansons, parce qu’elles ont toutes une histoire. Elles font toutes partie de ma vie maintenant.

Écris-tu beaucoup en moyenne ?

C’est très aléatoire. J’ai beaucoup plus de facilité à écrire quand je ne suis pas bien. (rires)

Peïo © Jean-Baptiste Millot

Tu crées dans la douleur !

(rires) C’est un peu ça. J’ai besoin de ne pas être trop en forme. C’est plus dur pour moi d’écrire des chansons positives que des chansons mélancoliques. C’est surement dû à mon attachement à des gens comme Elliot Smith que j’aime beaucoup. Mais dans le fond, j’écris énormément. Aujourd’hui avec Alexandre, on a au moins une cinquantaine ou une soixantaine de textes dans les tiroirs. C’est d’ailleurs très frustrant de n’en avoir que neuf sur l’album. Sachant qu’en plus on a en enregistré treize…  Il y a des choix qui ont dû être faits. Peut-être qu’on retrouvera ces titres en titres cachés ou en bonus quelconque…

Et aujourd’hui, es-tu déjà reparti sur de nouvelles chansons ?

Ah oui ! Là, je suis reparti pour rencontrer d’autres musiciens. En avançant, les rencontres continuent. Et dans le fond, toute cette histoire, ce ne sont que des rencontres. Ce qui ressort quand les gens écoutent l’album, c’est qu’il est attachant. Je pense que c’est parce qu’il est sincère et qu’il est entier.

Tu viens de terminer le tournage d’un clip…

On n’a pas vraiment voulu faire un clip, on a voulu faire un film. Ce sera un format un peu clip, mais on avait toujours cette envie de tirer le projet vers le haut. C’est un fil en fait, on raconte des histoires et les gens sont pris dans cette espèce de lumière. J’ai toujours été touché par des artistes comme Noir Désir ou Dominique A., des gens qui avaient de vraies personnalités et de vrais univers. Bashung, c’était la même chose. Quand tu écoutes l’ensemble de leurs chansons, tu te rends compte que ces gens avaient un cap. Et je trouve que c’est vachement important

Parle-moi un peu du clip de « Petite Fleur »…

Si je devais le résumer je dirais que c’est un monde onirique et féérique pour raconter le temps qui passe et le destin auquel chacun est confronté. Je pense que ça rappellera très vite, si on a un peu d’imagination, le lapin d’ « Alice au Pays des Merveilles » qui court on ne sait pas vraiment après quoi. Le clip a été réalisé par Seb Kosmos qui a réalisé des clips pour Shaka Ponk ou JP Nataf.

Tout ce travail du rapport de l’image à la musique, c’est quelque chose qui t’intéresse, toi ?

Oh oui ! Là, je reviens donc du tournage du clip et je peux te dire que j’ai adoré ça ! J’ai très envie de persévérer là-dedans. Peut-être faire quelques mini-métrages. On est en train d’évoquer l’idée d’aller à Tanger pour filmer Gibraltar… Donc, oui, c’est quelque chose qui me passionne ! Le seul problème c’est que j’ai des journées qui ne sont pas assez longues. J’avais écrit le synopsis de base de « Petite Fleur », et quand j’ai lu le synopsis final transformé en un truc très visuel et très graphique, j’ai adoré. Il me tarde de retravailler sur d’autres projets. Mais après, il y a toujours les mêmes problèmes : les problèmes de budget.

Peïo © Jean-Baptiste Millot

Avant de te quitter, je ne peux pas ne pas te demander pourquoi tu as choisi de t’appeler Peïo, et non Pierre, ton prénom à la ville.

Ah oui ! (rires) Peïo, c’est donc Pierre en Basque. En fait, j’ai mes grands-parents qui sont là-bas. J’y ai passé pas mal de temps. J’ai beaucoup bougé dans ma vie, je n’ai jamais vraiment vécu au Pays Basque, mais j’y ai passé énormément de temps. L’histoire de Peïo, c’est que dans une autre vie, j’étais maître-nageur (rires). je travaillais sur les plages d’Anglet. On était deux à s’appeler Pierre et quand il y avait des interventions, on criait « Pierre à Gauche ! » « Pierre à droite ! »… Et ça ne marchait pas ! (rires) C’est là qu’on m’a donné le surnom de Peïo et ça m’est resté. Mes parents ont continué à m’appeler comme ça. Et aujourd’hui, plus personne ne m’appelle Pierre, pas même mes grands-parents. Et donc voilà comme je suis devenu Peïo. Et quand j’ai monté ce projet-ci, je me suis dit qu’il y avait une forme d’évidence, qu’il fallait que je m’appelle Peïo.  

Comme quoi, maître-nageur, c’est un boulot qui mène à tout !

(éclats de rire) Voilà ! Disons que c’était un boulot qui me permettait de payer un peu mes études à l’époque et de mettre un peu de beurre dans les épinards. Et comme j’étais plutôt bon nageur, que j’ai toujours fait pas mal de surf… et que mes grands-parents étaient de là-bas, globalement j’avais tout pour devenir maître-nageur l’été.

Propos recueillis par IdolesMag le 23 novembre 2012.
Photos : Jean-Baptiste Millot









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