Interview de Nyls

Propos recueillis par IdolesMag.com le 05/12/2012.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag.com.








Nyls © Mauro Balletti

Le premier album de Nyls, « Kairos », nous avait interpellés. Nous avons donc voulu aller à sa rencontre afin d’un savoir un peu plus sur lui. Au cours de notre entretien, Nyls nous racontera qui il est et comment il en est arrivé à écrire des chansons. Il nous expliquera aussi dans quelles circonstances ce premier album a pu voir le jour. Très catchy dans son ensemble, « Kairos » ne manque pourtant pas de profondeur. Rencontre avec Nyls, un artiste à la sensibilité exacerbée, qui a, grâce à cet album, pu tourner la page sur de nombreux fantômes sans pourtant les avoir oubliés…

IdolesMag : Avant de parler musique et de ton premier album, j’aimerais faire un peu connaissance avec toi et en savoir un peu plus sur ton parcours… Quel genre d’enfant étais-tu ?

Nyls : Un enfant curieux, malicieux et très sensible à la fois. Avide de questions sur la vie, et sur des sujets que les « grands » n'abordaient pas facilement.

As-tu rapidement été attiré par la musique ?

Dès mon plus jeune âge la musique a occupé une partie de ma vie sans que je ne sois forcément conscient de ce que celle-ci m'apportait. Mais je me souviens avoir très vite été fasciné par les disques et certains artistes.

Nyls, KairosViens-tu d’une famille de mélomanes ? Qui écoutait-on chez toi ?

J'ai grandi au son d'artistes comme Daniel Balavoine, Serge Gainsbourg, Michael Jackson, ou encore Madonna que ma mère affectionnait beaucoup. Ces artistes m'ont inévitablement influencé, tous à leur propre mesure, certains plus que d'autres bien évidemment. Mais ma famille n'est pas vraiment mélomane, la musique n'a jamais eu une place primordiale au quotidien. Par la suite ce ne fût d'ailleurs pas facile pour moi de faire un tel choix de vie quant à ma profession, mais je n'aurais laissé personne décider à ma place, et ce métier pour moi est une évidence à ce jour.

As-tu eu des idoles à l’adolescence ? Qui étaient-elles ? Sont-ce ces artistes qui t’ont donné l’envie de devenir chanteur ?

Je me souviens qu'adolescent j'étais fasciné par ce que proposaient Michael Jackson et Madonna en terme de musique/visuels/clip. C'était un tout très important déjà à l'époque pour moi. J'ai toujours admiré les artistes dotés d'une certaine polyvalence, que ce soit dans la composition, l'écriture ou la danse. Michael et Madonna en sont à mes yeux les ambassadeurs.

En as-tu encore aujourd’hui, des idoles ?

Bien sûr ! Même si ma façon de les admirer a changé, j´ai toujours la même impatience de découvrir leurs créations ! Avec le temps, mes goûts ont aussi évolué, je me suis ouvert à d'autres artistes, d'autres genres musicaux vers lesquels je ne me serais pas forcément tourné il y a de cela quelques années. Je pense à Tori Amos, Zola Jesus, GugGus...et j'en passe. J'aime également beaucoup Everything But The Girl et Donna Lewis.

À quel âge remontent tes premiers textes et tes premières compos ?

J'ai écrit mes premiers textes alors que j'étais au lycée, mais je dirais qu'il s'agissait plus de poésies que de chansons. J'étais -et je suis toujours- fasciné par des auteurs comme Sylvia Plath, Anne Sexton...

Voyais-tu l’écriture plus comme un jeu ou une échappatoire ?

Je pense que c'est un mélange des deux. Malgré l'immense satisfaction et libération que procure l'écriture d'un titre, je pense qu'il ne faut pas se voiler la face et accepter aussi qu'il s'agisse d'une forme d'échappatoire. Il y a derrière chaque artiste une fêlure, une plaie, que l'on tente tant bien que mal de refermer. Il me serait difficile d'imaginer ma vie aujourd'hui sans la musique. Elle m'aide à vivre mieux, voire même à vivre, tout simplement.

Que représentait la musique pour toi ?

Un pur moment de rêve, de projection, de plaisir tout simplement. Un moment durant lequel le temps s'arrêtait. Et continue de s'arrêter.

Quel est ton parcours à l’adolescence et ta vie de jeune adulte ? Des groupes au lycée comme beaucoup ? Ou bien étais-tu plutôt un solitaire ?

Bizarrement je n´ai jamais eu l'envie de faire partie d'un groupe. Peut-être une envie égoïste, je ne sais pas. J'enviais en tout cas certains de mes camarades jouant ou chantant dans des groupes, mais au fond de moi je sentais que je devais « naître » artistiquement d'une façon différente qu'au sein d'un groupe.

Nyls - DR

Comment as-tu rencontré Alexander von Perl ? C’est un peu le début de l’histoire, je pense…

Tout à fait, même si rien n'était gagné d'avance. Sur les conseils de certains amis, j'ai appris à l'époque qu'un casting était organisé sur Paris, par une société de production qui recherchait des visages masculins pour former un groupe de 2/3 chanteurs. Lorsque je suis arrivé sur place, j'ai immédiatement compris que je n'étais pas à ma place, tant au niveau du genre musical recherché que de la perspective du projet. Toutefois, je me suis présenté aux épreuves, et j'en ai profité pour remettre un CD contenant quelques démos à Alexander. Le lendemain il m'a rappelé en me disant « j'ai quelque chose de mieux à te proposer », et m'a alors fait rencontrer Frédéric Messel, un ami à lui, alors président du label Icon Records France. Nous nous sommes tous les trois rencontrés, et avons  longuement parlé sur les envies musicales des uns et des autres.

Dans quelles circonstances est né réellement ce projet d’album ?

Lors de cette rencontre, Frédéric (Messel) m'a demandé quel regard je portais sur tous ces télés-crochets qui au final semblent plus porter préjudices aux artistes qu'autre chose. J'ai été franc et lui ai dis que malgré le respect que j'ai envers les artistes qui s'y présentent, je ne pourrais m'y voir, tout simplement parce que l'idée d'être en compétition avec quelqu'un d'autre ayant un chemin de vie différent du mien m'est absurde. La seule personne avec qui je suis en compétition, c'est moi-même.

Suite à cela, il m'a alors proposé d'envisager l'idée d'un EP 5 titres. Je lui ai alors répondu : « Pourquoi n'en mettre que 5 alors que j'en ai 15 de prêts ?! » Il a alors demandé à les écouter, ce que nous avons fait dans la foulée. A l'issue de l'écoute, il s'est tourné vers moi et m'a dit « Ok. Je vois que tu as des choses à dire. C'est bien dans ce métier ! ». Je pense qu'il a de suite compris que je ne voulais pas être le chanteur d'un seul single, et qu'il faut énormément penser et travailler en amont afin de -peut-être- avoir la chance de perdurer dans ce métier.

Retrouve-t-on sur cet album des chansons que tu avais écrites auparavant ? Ou bien sont-elles toutes « récentes » et ont-elles donc été écrites en vue d’enregistrer l’album ?

Malheureusement presque toutes les démos avec lesquelles nous avons commencé à travailler ont été écartées du projet, non pas par manque de qualité, mais plus par souci de cohérence. C'est dommage car certaines d'entre elles avaient, je pense, des mélodies vraiment accrocheuses et des thèmes intéressants. On aurait de quoi sortir un album entier d'inédits ! Mais qui sait, peut-être auront-nous l'occasion de les inclure sur un autre projet, même si de façon générale, je n'aime pas revenir en arrière. Il y a tellement de choses à créer...

As-tu rapidement su dans quelle direction musicale tu voulais aller ?

Oui. Même si je n'ai pas été entièrement libre à ce niveau-là, ce que je peux concevoir dans la mesure où il s'agit de mon premier album. Mais de façon générale, je suis content de ce que nous avons réussi à tisser : des titres cohérents avec pour chacun une réelle identité et émotion.

Nyls © Mauro Balletti

Quelle équipe as-tu réunie autour de toi ? Sont-ce des gens que tu connais depuis longtemps ? Avec qui tu rêvais de travailler ? Ou qu’on t’a présentés ?

J'ai rencontré Chris Alyan par le biais d'un ami commun. A l'époque il n'était pas encore question d'album. Puis lorsque le projet s'est affiné, nous nous sommes mis à travailler plusieurs titres, dont la majorité ont été retenus pour sur le disque. C'est quelqu'un que j'apprécie beaucoup et auprès duquel j'ai pu évoluer artistiquement. Chris a été le seul co-compositeur présent avec moi en studio, car nous habitions tous les deux la même ville à l'époque.

J'ai ensuite rencontré Ayham Dalal. Ce fût un coup de foudre artistique immédiat. Je connaissais ses travaux de remixes officiels ou non pour d'autres artistes, et lorsque je l'ai contacté, il a répondu présent. Lui et moi avons une sensibilité musicale très proche, et nous nous comprenons de façon instantanée. Je suis très fier d'avoir pu travailler avec lui sur deux titres de l'album que j'affectionne tout particulièrement, « Avance » et « Le Temps Qu'il Faut ». Ces deux titres ont évolué lentement mais sûrement au fil des mois que nous peaufinions l'album, et je ne compte plus les démos de ces deux titres que nous avons travaillées ! Une des démos du titre « Avance » a d'ailleurs été choisie pour figurer sur l'album en tant que remix, le « Motion Dream Mix ». Tout ce que produit Ayham est bon, il est dur de faire des choix par la suite ! Nous n'avons, en tout cas, pas fini de collaborer, et quelques surprises sont encore à venir... !

Alessandro (New Puzzle) fût une rencontre inattendue...un peu comme les autres sans doute. Je l'ai contacté, un peu comme pour Ayham, suite à l'écoute de plusieurs de ses remixes. Il a immédiatement dit oui et depuis m'épaule incroyablement dans ce projet. Il a je crois, remixé tous les titres de l'album ! J'aime son côté « club » dans sa façon de produire ses remixes... il réussit toujours à trouver LE gimmick accrocheur qui donnera ce côté club addictif au titre. Et travailler avec lui s'est avéré d'une facilité déconcertante ! Il a très vite cerné ce qui me plaisait dans l'essence de la musique club.

J'ai rencontré Benjamin par le biais du label. Nous étions alors en phase de bouclage de l'album. Il avait été contacté à la base pour remixer le titre « Avance » (le « Hot Water Remix »), puis finalement c'est très naturellement que nous avons mutuellement eu envie de travailler l'un avec l'autre. Il est la seule personne qui a su me remettre en question lors de ce processus créatif. Ce fût parfois douloureux (rires) mais je l'en remercie, car sa franchise, son talent et son amitié m'ont permis d'aller dans une direction artistique que je ne soupçonnais pas. Nous avons encore beaucoup de chose à faire ;) 

Il y a aussi beaucoup d'autres personnes avec qui j'ai eu l'immense chance de travailler. Je pense à Joao De Lima (Digitaliks) et Noisy Mustard.

Concernant l'aspect visuel du projet, j'ai eu, une fois de plus, la chance de travailler avec un ami et graphiste exceptionnel, Marco Contini, qui a par le passé designé des pochettes de disques devenues emblématiques pour de grands artistes italiens notamment.  Je lui dois énormément, car sans lui ce projet ne serait très certainement pas ce qu'il est aujourd'hui. Il m'a notamment présenté au photographe Mauro Balletti, une icône de la photographie italienne, mentor visuel de la légende Mina, qui a accepté de réaliser le shoot de l'album. Un honneur immense pour moi que de débuter dans ce métier avec une telle équipe.

Pour ce qui est des personnes avec qui je rêverais de travailler...il y en a tellement... je pense à Nute Nicholson pour la photographie. Côté musique, j'aime beaucoup ce que fait Kleerup, Royskopp, Robyn...le choix est vaste. Mais une de mes plus grande et folle envie de collaboration serait Marilyn Manson. C'est un artiste incroyable.

L’album a été enregistré entre Homs, Paris, Milan et Los Angeles. Pourquoi une multitude de lieux et ne pas avoir concentré le tout en une seule place ?

Principalement pour des raisons de planning. Toutes les personnes travaillant sur ce disque avaient également d'autres projets en parallèle, et il était très difficile de faire en sorte de pouvoir tous nous retrouver au même endroit et ce au même moment. Et puis je crois que ces diversités de lieux, de cultures, ont su donner au disque une empreinte particulière, tout en restant cohérent, ce qui était très important pour moi. J'aime métisser, mélanger, peut-être parce que je suis moi-même culturellement métissé.

L’imagerie qui entoure la sortie du disque est très soignée. Est-ce quelque chose qui a presque autant d’importance à tes yeux que la musique ?

C'est pour moi une évidence. Quand on sait le coût et le travail qu'implique la production d'un disque, je trouverais cela presque irrespectueux que de faire sortir un disque dont l'imagerie ne serait pas soignée. D'autant qu'entre publier une horrible pochette et une pochette travaillée, l'argent n'entre absolument pas en ligne de compte car les outils utilisés sont les mêmes. Seul le temps, la motivation et la créativité font la différence selon moi.

L’imagerie est très travaillée et pourtant, il n’y a pas de clip. Pourquoi ce choix ? La timidité ? Un manque de moyens ?

De la timidité sans doute. A mes yeux, un clip, c'est aussi important qu'une chanson. C'est, je dirais, presque un acte intime que d'être exposé à l'objectif d'une caméra. Pour ce qui a été du travail des titres, j'ai eu la chance de ne m'entourer que de personnes très riches humainement, qui m'ont fait me sentir en toute confiance. C'est aussi pour cela que j'ai réussi à livrer des textes qui sont certainement personnels. Pour la vidéo, c'est dans la même optique que je désire voir les choses. Je n'ai malheureusement pas eu la chance de rencontrer la personne qui saura me mettre en confiance dans un tel contexte. Mais pour la petite anecdote... il y a bel et bien eu un clip de tourné pour le 1er single, « Avance », au sein de studios parisiens non loin du splendide... J'ai préféré que le clip ne voit pas le jour car il ne correspondait pas à la vision que je voulais refléter du titre... et ce certainement à cause d’un manque d'écoute du réalisateur...j'avoue que l'expérience ne m'a pas laissé un bon souvenir... mais je suis ouvert à toutes propositions ! (rires)

Nyls - DR

Pourquoi as-tu choisi d’intituler ce premier album « Kairos » ? Que représente ce temps opportun à tes yeux ?

Lorsque j'ai entrepris l'écriture de l'album, je n'avais pas encore d'idée précise quant au titre de celui-ci. Toutefois, je voyais que la thématique du temps qui passe et de l'envie de se délivrer de certains moments de vie passée en ressortait. En m'informant, j'ai alors découvert cette notion du « Kairos », que l'on pourrait définir à mi-chemin entre le Destin et le Carpe Diem. L'idée du Destin seul comme fil de vie m'a toujours effrayé, car si tout est Destin on pourrait se demander alors où se trouve la liberté de choix, de l'être tout simplement? A l'opposé, le Carpe Diem ne m'a jamais vraiment rassuré aussi, car l'idée de pouvoir fracturer sa vie et tout ce que l'on peut porter en soi en l'espace d'un instant ne m'a guère enchanté... Le "Kairos" se trouve quelque part entre ces deux notions, il représente le moment opportun pour dire ou faire ce qui semble approprié. Une forme de compromis entre les deux. Un équilibre. Et je pense que c'est ce que je cherche dans le fond quand je crée: une forme d'équilibre entre mon passé, l'instant présent et le futur.

Tu es encore bien jeune, mais le temps qui passe te fait-il peur ? Le futur te fait-il peur ?

Le futur me fait peur à bien des niveaux...surtout lorsque l'on écoute l'actualité... Artistiquement parlant, difficile de dire... c'est quelque chose d'un peu paradoxal,  car j'ai conscience que pour durer dans ce métier il faut travailler dur tout en sachant anticiper certains pièges. Pourtant, j'avoue que de façon générale je peine à me projeter à plus de quelques mois en avant!

Qu’est-ce qui t’inspire généralement ?

Ce qui m'inspire? Les autres, la vie tout simplement. Bien évidemment ce que je peux vivre aussi, mon ressenti quant à ce que j'observe autour de moi, que cela me concerne directement ou indirectement. Il est, je pense, difficile de rester insensible à la détresse qui nous entoure, même si l'on ne peut en assumer la responsabilité. Une chose est sûre, je ne me sens aucunement "blasé" par l'actualité, souvent bien trop violente...difficile de garder les yeux ouverts...pourtant il le faut, ne serait-ce que pour continuer à voir les jolies choses qui parsèment notre quotidien!

Dirais-tu que ce premier album est autocentré ou plutôt dirigé vers les autres ?

Au risque de paraître égoïste... je dirais qu'il a été, du moins pendant l'écriture, autocentré. En même temps, il faut savoir parfois prendre du recul sur ses pensées, ses opinions, ses émotions tout simplement. Mais le partage et le retour de l'autre prennent bien heureusement le dessus sur cet aspect assez centriste. Je crois que tout ceci n'a de sens que lorsque l'on réussi à partager cela avec les autres. Il m'arrive de recevoir des témoignages sur Facebook ou par le biais de mon site, de personnes me disant simplement s'être reconnus dans telle ou telle chanson. Et c'est à la fois un sentiment étrange, mais aussi un geste d'amour incroyable, car l'on se sent immédiatement moins incompris. C'est quelque chose qui me touche énormément.

Cet album est-il autobiographique ?

Question à risques (rires) ! Plus sérieusement, j'assume chacun de mes mots et ne cacherai pas que cet album est entièrement autobiographique. Chaque chanson représente pour moi un moment de vie...En ce sens ce fût un album libérateur... j'ai tourné la page sur de nombreux fantômes, sans toutefois les oublier. Mais aujourd'hui je suis certainement plus serein que je ne l'étais il y a quelques années.

Nyls © Mauro Balletti

Certains textes jouent sur l’ambigüité, je pense notamment à « À califourchon ». Y a-t-il une envie de ta part de choquer au bon sens du terme, ou du moins d’interpeller comme certains artistes ont pu le faire par le passé ?

Choquer pour choquer non, mais je pense définitivement que certaines mentalités en France doivent avancer. J'ai dernièrement été choqué de voir certain(e)s manifestant(e)s en faveur du Mariage pour tous se faire rouer de coups par des opposants. C'est quelque chose d'inacceptable et d'insupportable, plus encore dans un pays comme le nôtre fondé sur des valeurs d'équité et de tolérance.

Pour ce qui est de « A Califourchon », c'est à la base un titre qui ne devait pas figurer sur l'album. Non pas que j'en avais honte, mais je me demandais surtout comment ce titre allait trouver sa place au milieu de thématiques plus émotionnelles que charnelles dans l'album (rires). La démo du titre était d'ailleurs complètement différente, on a dû revoir l'instrumentation afin que celui-ci puisse s'insérer dans la tracklist du disque.

« À califourchon », justement, a été censuré sur iTunes. Que penses-tu de la censure actuelle ? De la bien-pensance de notre société ?

J'ai trouvé cela d'une absurdité déconcertante. L'on voit des choses bien plus violentes à la télé à des heures de grande écoute qui ne sont en aucun cas censurées... Mais je crois que cela reflète à mon sens notre société actuelle... en manque de repères...incohérente et désinformée quant au bien-être des citoyens.

Y a-t-il une chanson qui te tient un peu plus à cœur que les autres ? Pourquoi ?

Je pense que mon titre préféré de l'album est « Promets-moi ». C'est une chanson emplie d'une espèce de « nostalgie ensoleillée »... un sentiment qui m'habite souvent. J'ai n'ai jamais réussi à voir les choses de façon générale en mode binaire. La vie, l'amour, la joie, les moments difficiles...tout est à mes yeux intimement connecté et il m'est difficile d'entrevoir certaines émotions de façon monochrome. Beaucoup de personnes parlent de leur recherche du Bonheur, pour ma part ce sont des bribes que j'essaie de collecter à différents moments de ma vie. Parfois ces bribes arrivent au milieu d'une tourmente, et c'est aussi en cela que la vie est incroyable. Un bonheur triste en somme. 

Ce premier album correspond-t-il à toutes tes attentes ? As-tu dû faire des concessions ?

Pas entièrement. Mais c'est aussi mon premier album, et vu sous cet angle là je pense que j'ai déjà eu énormément de chance de pouvoir le réaliser et le faire sortir dans de telles conditions, surtout quand on connaît l'état actuel du milieu discographique. Quant aux compromis, je crois que l'on en fait tous, et tous les jours. La règle n'a pas échappé à ce premier album. Bien que les textes et les mélodies aient émané de ma personne, il est  évident qu'il s'agit aussi d'un travail d'équipe, en l'occurrence d'une équipe sans qui je ne serais pas là aujourd'hui. Donc de façon générale ces compromis se sont plus traduis par la forme de conseils. Je dois en tout cas avouer que certains choix opérés par le label se sont avérés de bon augure. Toutefois, je regrette que certains des titres figurant sur l'album aujourd'hui et à l'époque réenregistrés en Anglais n'aient pas vu le jour...

De nombreux Maxi Cds avec remixes ont été édités, l’album est sorti en digipack édition limitée, restes-tu attaché au support physique ?

Ce fût toujours quelque chose d'important pour moi, car je trouve personnellement plus agréable d'avoir un bel objet à regarder plutôt que quelque chose de bâclé et de peu esthétique. Puis je pense vraiment que la musique ne fait pas que s'écouter, mais qu'elle se regarde aussi. C'était donc pour moi une évidence que la forme soit autant travaillée que le fond.

Nyls - DR

As-tu la culture du remix ?

Complètement ! Je suis né dedans ! J'ai grandi au son de MTV qui alors, à la fin des années 80/début des années 90, diffusait énormément de clips remix. Je me souviens notamment d'artistes telles que Mariah Carey, Janet Jackson... qui proposaient des clips en version remix...c'était un concept complètement inédit en France... L'envie pour moi de remixer un titre est aussi importante que celle de le créer. J'aime l'idée de compléter un titre en lui apportant d'autres facettes, identités. C'est un peu comme une personne, ce serait réducteur à mon sens que de la réduire à un seul visage. Je pense que chaque chanson a son Dr Jekyll et son Mr Hyde et mérite de l'exprimer!

Que va-t-il se passer pour toi dans les prochains mois ? Des scènes sont-elles prévues ?

Les prochains mois s'annoncent chargés, mais c'est plutôt bon signe non ? L'exploitation de « Kairos » continue avec un tout nouveau single, « Comme une trace » qui sera accompagné de la sortie d'un EP Remix, puis parallèlement à ça nous continuons la création de nouveaux titres.

Pour l'instant malheureusement pas de tournée prévue. Je pense qu'un album, c'est un peu léger pour permettre la mise en place d'une tournée telle que j'aimerais l'envisager en tout cas. Peut-être davantage de dates en Club....Beaucoup me demandent effectivement « à quand un live ? »... je suis impatient mais je ne veux rien faire dans la précipitation. Je veux être en mesure de pouvoir offrir aux personnes venant me voir quelque chose d'esthétique et de travaillé. Quoiqu'il en soit nous y pensons de plus en plus...

Que représente la scène pour toi ? Une angoisse ? Un réel plaisir ?

J'avoue impatiemment attendre cela, même si j'appréhende aussi ce moment, car je n'ai pas envie de décevoir, ni de me décevoir. C'est, j'imagine, un moment de stress et d’exaltation à la fois. Une chose est sûre, chaque jour ma hâte d'aller à la rencontre du public grandit.

L’album va sortir au Japon. Es-tu déjà allé rendre visite à nos amis nippons ?

Je n'en reviens toujours pas d'avoir ce privilège. Ce fût une réelle surprise pour moi lorsque le label m'a annoncé que l'album bénéficierait d'une sortie japonaise. Il sera pour l'occasion revisité au niveau de l'image et de son contenu. Je ne suis malheureusement jamais allé au Japon mais je répondrai présent si invitation il y a!

Que représente la culture japonaise pour toi ? Leur art de vivre très différent du nôtre…

C'est un pays qui a toujours attisé ma curiosité. Ses habitants ont toujours su faire preuve de beaucoup d'humilité, de discrétion, et ce sont des qualités que j'apprécie énormément. Plus récemment, lorsqu'une partie du pays s'est vue frappée par ce terrible tsunami, j'ai été touché de voir combien, même dans un moment si difficile, les habitants ont su s'entre-aider dans une humilité incroyable. Notre pays devrait prendre modèle sur certaines de leur valeurs...

Nyls - DR

J’ai lu quelque part que tu dessinais aussi. Que t’apporte le dessin au quotidien ? L’apaisement ?

J'aime le dessin. J'ai tout un tas de croquis à la maison...de tous formats (!)....c'est presque obsessionnel...Je suis  cependant loin d'avoir le niveau d'un professionnel. Mais je m'en fiche, c'est un moyen d'expression comme un autre et j'aime l'idée de la main apprivoisant un crayon comme la voix apprivoiserait le micro. Toutefois je voue un réel amour à la Peinture. Je dévore les expositions lorsque je le peux. J'ai toujours été fasciné par des artistes peintres ayant mis sur toile leur vie, ou le reflet de ce qu'elles auraient pu être, telle la projection d'un rêve que l'on sait impossible. J'aime des artistes comme Frida Khalo, Salvator Dali, Gauguin...et j'en passe. Encore une fois j'aime ce mélange de bonheur et de tristesse. Des couleurs parfois gaies, vives mais qui témoignent aussi d'une souffrance qui l'est encore plus.

Que peut-on te souhaiter pour le futur ?

D'avoir encore la possibilité de partager ma musique avec celles et ceux qui veulent bien l'écouter ! Et surtout de pourvoir monter sur scène...

Nous avons eu un mal fou à caler une interview car tu es constamment en studio, un jour en Italie, un jour en Allemagne, un jour à Paris… Cet album-ci étant bouclé, j’imagine donc que tu travailles déjà sur le suivant. Peux-tu déjà m’en parler un peu ?

(Rires) Ma vie se résume à une immense valise en ce moment, c'est vrai ! Souvent, beaucoup de personnes n'ont pas conscience du travail qui se cache derrière un album, des visuels et tout ce qui relie ces deux parties. Mais j'ai la chance d'avoir autour de moi une équipe fantastique, d'une créativité sans limites avec laquelle nous avons effectivement commencé à travailler sur un 2ème album qui sera...surprenant par ses sonorités, que je crois inédites en France ! Mais avant, il y aura quelques surprises...

Dans quelle direction penses-tu aller ?

Sans trop en dévoiler, tout ce que je peux dire c'est qu'il ne s'agira pas d'une direction mais de directions. Je suis un vrai « musicophage » et j'ai envie de m'essayer à plusieurs choses. Mais dans un futur proche, disons que l'on me verra là où l'on ne m'attendait peut-être pas !   

Propos recueillis par IdolesMag le 5 décembre 2012.
Photos : Mauro Balletti, DR

-> Site officiel : http://www.nylsmusic.com/









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