Interview de Thomas Howard memorial

Propos recueillis par IdolesMag.com le 29/11/2012.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag.com.








Thomas Howard Memorial

Le groupe breton Thomas Howard Memorial vient de sortir son deuxième EP. Nous avons rencontré Yann, le leader du groupe afin qu’il nous en dise un peu plus sur ce groupe qui commence à faire parler de lui. Un support physique reprenant les deux EPs du groupe est disponible depuis le 21 janvier dernier et un premier véritable album est dans les starting blocks.

IdolesMag : Peux-tu rapidement me faire le topo de Thomas Howard Memorial? Dans quelles circonstances le projet a-t-il vu le jour ?

Yann Ollivier de Thomas Howard Memorial : Le projet est né il y a deux ans maintenant. À l’origine, on était deux. C’était vraiment très folk au début. Deux guitares et un chant. On avait monté le groupe pour faire des troquets pendant un été. Au bout du compte, on s’embêtait un peu à deux, donc, on a fait venir des gars qu’on connaissait, des copains pour faire le truc à quatre, avec une batterie, une basse et un clavier. À l’origine, ce n’était pas un groupe qui était fait pour durer mais on est déjà à notre deuxième EP… donc…

Le groupe a vachement évolué musicalement.

Oui, ça a vachement évolué au fil du temps. Au début, c’était très folk et aujourd’hui, on est en plein dans le post-rock.

Qu’est-ce qui a fait que vous ayez évolué vers le post-rock ?

En fait, je pense que c’est le mélange des gens et des genres. On écoute tous des trucs différents. Et dès qu’il y a des nouvelles personnes qui arrivent, elles apportent leurs influences. Chacun met sa patte et du coup, l’évolution se fait naturellement. Ce n’est pas spécialement voulu, d’ailleurs. Mais après, dès que tu ajoutes un clavier et une batterie à une guitare, c’est sûr que tu pars tout de suite vers la pop.

Peux-tu me présenter tes compères ?

Il y a Camille Courtes à la batterie, qui est le cousin de Benoît Picard, qui lui est à la basse. C’est un petit couple bien sympathique. Ils se connaissent très bien, du coup, ça nous fait une rythmique basse batterie assez originale. Ils s’entendent aussi bien musicalement qu’humainement. Et autrement, il y a Elouan qui est à la guitare. Il est arrivé au mois de mars dernier. Pareil, il a amené sa patte. Le guitariste qu’on avait avant, qui joue avec moi dans « Craftmen Club » [l’autre projet musical de Yann] avait un son assez différent, beaucoup plus spatial. Elouan, lui, est un peu plus rock. Au clavier, on a Vincent Roudaut. Il vient de temps en temps nous rejoindre, il n’est pas tout le temps-là, il est un peu le cinquième membre du groupe. Il enregistre nos CDs. Il est là quand il peut en fait.

Comment bossez-vous tous ensemble ? Qui amène quoi ?

Là aussi, c’est pareil. Même ça, ça a évolué. À l’origine, j’amenais mes compos et je disais à Camille de faire la batterie comme ci ou comme ça. Et maintenant, chacun a vraiment pris sa place. Donc, en général en arrivant en répèt’, chacun sait ce qu’il a à faire. On lance un truc au clavier ou à la basse et les morceaux se font tous seuls, assez naturellement. Quand l’idée de départ est là, généralement à la fin de la répèt’ on a un morceau. Et on fait tourner le truc. Moi, je chante en yaourt pour trouver une mélodie de voix et j’écris un texte par rapport aux sonorités que j’ai faites en yaourt. J’ai lu qu’Izia faisait comme ça aussi.

Tous les textes sont en anglais. Est-ce naturel pour toi d’écrire en anglais ?

Non, ce n’est pas du tout naturel ! (rires) Il y a plein de gens qui disent qu’un groupe français doit chanter en français, mais je ne suis pas d’accord du tout. Pour moi, chaque style de musique vient d’un certain endroit. La sonorité anglaise va avec ce style là et je ne le vois pas autrement. En général quand j’écoute des groupes français qui chantent en français, ça ne me plait pas du tout… mais ça n’engage que moi ! Mais donc, comme je te le disais, ce n’est pas une langue naturelle pour moi parce que je ne parle même pas très bien anglais. Mais ça va avec le style. C’est un point de vue.

Thomas Howard Memorial - DR

Tu passes d’abord par le français pour les idées maitresses du titre ou bien tu écris directement en anglais ?

Je m’efforce d’écrire directement en anglais parce que, comme je te le disais, j’essaye de coller aux sonorités que je chantais en yaourt. Quelques fois je mets des mots forts qui deviennent un peu la trame du morceau par la suite. Donc, quand j’ai ces mots-là, je brode autour. Un morceau comme « Wise Guys », je l’ai écrit autour de ces deux mots-là. Après, je fais corriger mes textes pour qu’ils tiennent la route.

Avez-vous beaucoup de compos en stock ? Êtes-vous un groupe prolifique ?

On a pas mal de compos dans les tiroirs, mais comme ça a beaucoup évolué depuis le début, on en a jeté pas mal comme on prenait une autre direction. Il y a pas mal de morceaux folk du début qu’on a enlevés. Là, on en joue pas mal sur scène. On en a six/sept en préparation qui sont presque finis. C’est vrai que ça va assez vite puisque tout le monde compose au final. Tout le monde apporte ses idées. On ne répète pas beaucoup pourtant. On ne répète que deux ou trois heures par semaine.

Pas plus ?

Non, parce que Camille, le batteur, travaille, donc, on ne peut pas répéter tout le temps. C’est vrai que par rapport au temps qu’on passe en répèt’, on avance assez vite.

Ces deux/trois heures par semaine doivent être super intenses…

Oui, et on s’éclate du coup ! On attend le mercredi soir avec impatience pour faire des morceaux qui tuent. On arrive tous avec l’envie de faire des morceaux qui déchirent. On a envie de se faire plaisir, quoi !

C’est ça la musique au départ, c’est se faire plaisir.

Oui. Et c’est un truc qu’on veut garder. Le côté humain est super important dans un groupe. On est tous copains, on fait tous de la musique et on est contents.

Thomas Howard Memorial - DR

Comment avez-vous choisi le nom du groupe, Thomas Howard Memorial ? Par rapport à Jesse James, à un pirate, à un Duc de Norfolk ?

C’est venu comme ça. Ça sonne assez folk d’ailleurs du coup. Mais c’est en rapport au pseudonyme de Jesse James, un grand bandit américain. C’était son nom à la ville quand il était avec sa femme et ses enfants. C’est un peu son pseudonyme de planque…

Qu’est-ce qui vous a plus dans ce personnage de Jesse James ?

Ce qui me plaisait, c’était le côté noir et perturbé du bonhomme. C’est un mec qui était très perturbé dans sa tête, qui avait plein d’idées noires. Il était assez intrigant. J’aimais bien le personnage. Je l’ai  découvert avec le film « L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford ». Je le connaissais un peu avant, mais pas vraiment son histoire.

Quand j’ai écouté le EP la première fois, il y a quelque chose dans ton phrasé qui m’a rappelé celui de Robert Smith à ses débuts. Cure, est-ce un groupe que tu as écouté ?

C’est marrant que tu me dises ça. C’est un groupe que j’ai écouté et que j’écoute encore. De toute façon, c’est un groupe qui a inspiré tellement de monde !

Et plus généralement, quelles sont tes influences ?

Je suis un peu passé par tous les styles de musique. Je suis à un âge où on a presque tout écouté. J’ai écouté pas mal de trucs hardcore, des trucs très bourrins. Et je suis aussi un grand fan de tout ce qui est musique psychédélique. J’aime beaucoup Pink Floyd. Les influences viennent de tout ce que tu as écouté dans ta vie. C’est un mélange des genres. Je n’écoute pas trop les nouveaux groupes post-rock qui sortent maintenant, donc, je ne pourrais pas m’en influencer. Il y a Metronomy que j’aime beaucoup dans les groupes récents. Autrement, pour ce groupe-là, il n’y a pas vraiment d’influence.

Est-ce que tu t’es mis rapidement à la musique ?

C’est venu assez tard pour un zicos. J’ai commencé à 16 ans par la basse. J’ai fait une dizaine d’années de basse. Et à 22 ans, on a monté un autre groupe, « The Craftmen Club ». Ça fait maintenant bientôt trois ans qu’on tourne. J’y joue de la batterie. Je ne faisais pas de batterie quand on a commencé le groupe. Et la guitare, j’ai commencé il y a deux ans maintenant !

Tu es instrumentiste à la base. Qu’est-ce qui a fait qu’à un moment donné tu as eu envie de prendre le micro ?

C’est parce que mon autre pote qui n’est plus dans le groupe, mais qui est dans « Craftmen Club », il lui manquait des dates pour boucler son intermittence. Je lui ai donc dit qu’on allait monter un groupe. J’avais des chansons chez moi.  C’étaient de vieilles chansons, qui devaient avoir 5/6 ans. je lui ai dit qu’on allait aller faire des troquets et ça s’est passé comme ça. Comme lui ne chantait pas, j’ai pris le micro. C’est vraiment venu comme ça. Je n’étais pas très à l’aise et je ne le suis toujours pas d’ailleurs. Mais je commence à me détendre un peu !

Les deux EP qui sont sortis ont tous les deux une pochette graphique. Pourquoi ne pas avoir fait le choix de mettre vos têtes ?

Parce qu’on a envie de montrer vachement d’images. On a plus envie de soigner l’image et la musique que de montrer nos têtes. Ce n’est vraiment pas le but. L’image est super importante de nos jours. Aujourd’hui, c’est important d’être identifié graphiquement. Le premier EP, c’était une barbe sur la pochette. On aimait bien l’idée. On va essayer de décliner tout ça visuellement sur scène. On est encore aux balbutiements du groupe, donc on réfléchit beaucoup à toutes ces questions.

Le 21 janvier, les deux EP seront réunis sur un même support physique.

Oui, on s’est dit que ce serait bien de les sortir en même temps sur le même support physique. Plutôt que de faire une sortie du dernier, « How to Kill Kids ? », on s’est dit que ce serait mieux de sortir les deux en même temps. Le dernier EP sera aussi trouvable seul, mais sur les concerts.

Thomas Howard Memorial - DR

Est-ce que ça n’a pas été trop difficile de faire cohabiter des titres de deux époques différentes sur un même opus ?

Je ne sais pas… C’est vrai que c’est assez spécial. Sur le premier, il n’y avait pas Benoît à la basse. le deuxième EP, rythmiquement, au niveau de la basse et de la batterie, ça n’a rien à voir avec le premier, mais je trouve que ça montre aussi l’évolution d’un groupe. Ce sont deux EP très différents. On pourrait même croire que ce sont deux groupes différents. D’ailleurs autant dans le son que dans le jeu, c’est très différent. Je trouve ça intéressant.

Va-t-il y avoir d’autres titres sur ce support physique ?

Non. Il y aura juste les titres des deux EPs.

Est-ce que tu penses où sera le groupe dans quelques années ? Ou bien refusez-vous de vous projeter dans le futur ?

On se projette pas mal. Avant, on le faisait moins. Mais plus on avance, plus chacun apporte des choses et du coup, on est tous excités à l’idée de faire plein de choses. C’est surtout le manque d’argent qui nous empêche d’aller très vite. On aimerait mettre des décors sur scène et des choses comme ça. Là, l’objectif, c’est de sortir un album l’année prochaine. Mais c’est toujours pareil, on attendra d’avoir 10 morceaux béton. On veut qu’à nos yeux, il n’y ait rien à jeter, que tous les morceaux soient super. On ne veut pas proposer des morceaux moyens. On prendra vraiment le meilleur du meilleur, quitte à faire 20 morceaux et n’en garder que dix. Et après, on espère monter une tournée parce que c’est dans le fond ce qu’on aime faire, être dans un camion sur la route entre copains.

Vous allez vite sur scène avec vos nouvelles compos ?

Oui. Même parfois quand elles ne sont pas totalement prêtes. On va assez vite sur scène avec les chansons, ça permet de les faire tourner correctement. Et quand on arrive en studio, si on les a bien jouées en live, on les joue beaucoup mieux.

Propos recueillis par IdolesMag le 29 novembre 2012.









+ d'interviews
Vidéos




Retrouvez-nous sur Facebook
Retrouvez-nous sur Twitter
Concours
 
Retour en haut