Interview de Serge Lama

Propos recueillis par IdolesMag.com le 14/12/2012.
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Serge Lama © Luc Valigny

Serge Lama nous a fait l’immense plaisir de répondre une nouvelle fois à nos questions. Il fête en 2013 ses 70 ans et ses cinquante ans de carrière. Un nouvel album, « La balade du poète », est sorti cette fin d’année. Il comprend notamment trois chansons que Serge a écrites entre 11 ans et demi et quatorze ans (toute l’essence et les questionnements de l’artiste étaient déjà là) et un titre inédit récent. De nombreuses chansons emblématiques de son répertoire ont également été réarrangées, revues et corrigées, parfois même au niveau du texte. Serge s’en expliquera. Pour fêter dignement cet anniversaire, Serge Lama repart également sur les routes de France, Suisse et Belgique dès la fin janvier.  Il fera notamment escale à l’Olympia du 8 au 17 février prochain. Rencontre avec un chanteur (et auteur) majeur de la chanson française.

IdolesMag : Lors de notre précédente interview, en septembre 2011, vous aviez déjà évoqué ces chansons que vous aviez écrites à l’âge de 11 ans et demi. Vous trouviez que ce serait « marrant de les mettre dans un disque ». L’idée de ce disque, et donc d’en publier quelques-unes, était-elle déjà bien avancée ?

Serge Lama : Non. Le projet de mettre des chansons de cette époque-là, il y a longtemps que je le caresse dans ma tête. Et pour vous dire la vérité, dans des disques plus anciens, sans le dire à personne, j’avais déjà glissé des chansons que j’avais écrites à cette époque. Je pense notamment à « Mon Dada c’est la Danseuse ». C’est Serge Lama, La Ballade du Poèteune chanson que j’avais écrite à quatorze ans. Et je l’avais mise dans un disque qui est paru quand j’avais trente-cinq ans, quelque chose comme ça… Mais je n’avais dit à personne que j’avais écrit cette chanson à quatorze ans. Je l’avais donc déjà fait de façon insidieuse, allais-je dire. L’idée m’est vraiment venue avec ce disque-là où tout d’un coup je me suis dit qu’on allait réenregistrer des chansons, refaire des arrangements. Étant donné que c’était ma première chanson et que je la chantais comme ça à des copains de temps en temps, tout d’un coup, je me suis dit « pourquoi ne chanterais-je pas ma première chanson ? » Et puis ma première chanson d’amour aussi, « Comment veux-tu que je la quitte ? » Et aussi ma première chanson un peu rigolote, « Dominika », qui s’adresse d’ailleurs à la même personne que « Comment veux-tu que je la quitte ? » puisqu’il s’agit de la même fille. Je me rappelle très bien de l’histoire parce que ça m’avait beaucoup bousculé à cette époque-là. J’avais déjà le cœur très porté sur les filles… Finalement, on a mis les trois parce que ça se présentait comme ça sur ce disque-là. Vous savez, on fait toujours un petit peu des choses qu’on a en soi depuis longtemps. Vous vous dites un jour que vous devriez le faire. Et puis tout d’un coup, ça finit par se faire, et on ne sait pas vraiment pourquoi finalement…

C’est assez hallucinant quand on lit ces trois textes parce qu’on se rend compte que toute votre essence était déjà là, alors que vous étiez très très jeune…

C’est ce qui m’a étonné aussi. Quand on a le rendu d’un disque, tout prend une autre dimension. Cette chanson, « La balade du poète », je la chante depuis des années. Je la chantais déjà dans la cours d’école du lycée. Et puis particulièrement « Dominika » aussi parce que c’était celle qui faisait rigoler les mecs. Ils rigolaient d’autant plus qu’ils connaissaient la fille. Donc, je chantais ces chansons déjà à cette époque-là. Mais ça, c’est une chose. Quand elles sont passées par l’arrangement de Sergio Tomassi qui pour « La balade du Poète » est particulièrement magnifique, ç’en est une autre. Quand j’ai vu ma petite musiquette entourée de l’arrangement et que j’ai écouté tout d’un coup cette chanson, je me suis dit que c’était vraiment moi qui venait d’écrire ça. J’ai eu une réaction pareille que vous. Tout d’un coup, j’ai entendu ma chanson.

Dans le livret, vous avez reproduit votre premier vers, écrit lorsque vous aviez sept ans, « Le long des murs gris / Le chat blanc s’enfuit ». C’est votre écriture de l’époque. Êtes-vous de ceux qui gardent précieusement les objets et les souvenirs du passé ?

Non. Mais quand malheureusement mes parents ont disparu en 1984 pendant que j’étais dans « Napoléon », il se trouve qu’il a fallu vider la maison. Et mes parents, et essentiellement ma mère, gardaient beaucoup de choses. Alors, j’ai retrouvé effectivement dans des grosses valises et des grosses caisses tout un tas de choses. Il y avait en particulier un cahier bleu dans lequel il y avait beaucoup beaucoup de poèmes et puis quelques chansons. Mais ces chansons-là, en fait je m’en souviens de mémoire. Ce sont des chansons qui me sont restées dans la tête. Comme je les ai rechantées, elles sont restées dans ma mémoire, mais il y en a beaucoup plus de chansons, j’en ai écrites plus d’une centaine à l’époque, mais je ne me rappelle pas de toutes. Celles-ci, je les ai tellement chantée, qu’elles encore bien dans ma mémoire.

Vous avez également réécrit quelques mots, quelques phrases et même parfois quelques couplets de certaines de vos chansons dans cet album. Mais avant d’en parler, j’aurais aimé savoir si vous avez été tenté à un moment donné de toucher également à ces chansons que vous aviez écrites quand vous étiez gamin ?

Non. D’ailleurs, si on les lit bien, on le voit que je ne les ai pas retouchées. Elles sont marquées par les lectures que j’avais à l’époque. On peut se rendre compte que je lisais du Verlaine, de l’Apollinaire, etc… On le voit très bien dans « La balade du poète », notamment. La chanson qui est la plus étonnante au niveau de l’écriture, c’est « Comment veux-tu que je la quitte ? » parce que je ne pense pas qu’à l’époque où j’ai écrit cette chanson je connaissais déjà Aznavour. Ou alors, c’était très récent. Aznavour avait eu un petit succès à l’époque, ce n’était pas une chanson de lui, c’était « Couchés dans le foin ». Donc, je ne pense pas que je connaissais plus que ça Aznavour. Tout ça pour vous dire que « Comment veux-tu que je la quitte ? » est celle qui m’étonne le plus parce qu’il y a là-dedans ma vision du couple assez pessimiste et puis ma solitude, cette vision solitaire et ce besoin d’éternité que j’affirme deux ou trois fois, je ne sais plus exactement combien de fois je le dis « j’ai trop besoin d’éternité ». C’est quand même incroyable à cet âge-là.

Serge Lama © Luc Valigny

C’est vrai. Je n’ai pas envie de dire que ces trois chansons résument votre carrière, parce que ce serait restrictif, mais disons que tout est – déjà – là.

Oui. C’est ce que je me suis dit aussi. Tout est là en devenir. Tout est là, en vrac. Parfois c’est un peu maladroit, mais ça passe.

En parlant de réécriture, qu’est-ce qui vous a poussé à réécrire certains mots ou certaines phrases dans vos chansons (je pense à « D’aventures en Aventures », « La fille dans l’église », « Je t’aime à la folie »…) ? Est-ce que ça vous démangeait depuis un moment ?

(rires) Oui. C’est le mot, ça me démangeait ! Tous les soirs, on chante des chansons qui sont des classiques, comme « D’aventures », et tous les soirs, on bute sur les mêmes trois phrases. On se dit que ces trois phrases ne sont pas celles qui auraient dû être écrites. « D’aventures » a été écrite pour une femme au départ et ça collait bien. « Je les ai même trouvés beaux », ça marchait très bien pour une femme. Mais « elles m’ont même trouvé beau », ça m’obligeait à faire un petit clin d’œil ironique dans la chanson. Et ce n’était pas le moment de faire de l’ironie. Alors, j’ai été longtemps gêné par ces trois phrases-là. Ça faisait un groupe de phrases à cause des rimes. J’ai donc changé les trois et je trouve que c’est beaucoup mieux maintenant, « Bien sûr je lui ai dit toujours / Je lui ai fait la cour / Je lui ai même fait l’amour ». C’est plus évident et c’est dans la logique de ce qui suit alors que « elles m’ont même trouvé beau », non ! Et puis, j’ai toujours trouvé que ça faisait double emploi avec « Superman ». À chaque fois je pensais à « Superman » ! (rires)

Pourquoi ne l’avez-vous pas fait plus tôt puisque ça vous dérange depuis presque toujours ?

Parce qu’on a des scrupules… Et puis, vous savez, mon parrain dans ce métier, c’est un peu Aznavour. Et je sais qu’Aznavour ne bouge pas ses anciennes chansons. Lui aussi trouve que tel ou tel mot aurait été plus judicieux, mais il ne les modifie pas. Comme j’ai beaucoup d’admiration pour Charles, c’est un très grand auteur, je me disais que ça ne se faisait pas… Et puis, dans le fond, je me suis dit que j’avais ma propre liberté et que je n’étais pas Charles. Donc, comme j’avais envie de le faire, je l’ai fait. Finalement, j’ai fini par me dire ça. Et puis, les écrivains le font bien. Il y a des écrivains qui ont trouvé que leurs œuvres de jeunesse étaient bonnes à l’exception d’un paragraphe ou d’un chapitre. Eh bien, ils réécrivaient ce chapitre. Que ce soit Montherlant ou d’autres, beaucoup l’ont fait. Alors, je me suis demandé pourquoi on n’aurait pas le droit de le faire dans la chanson.

Serge Lama © Luc Valigny

Y a-t-il d’autres chansons de votre répertoire que vous aimeriez modifier également ?

Alors ça, il faudrait que je tombe dessus. C’est vrai qu’il y a toujours un truc où je trouve quelque chose d’autre. C’est dans ma nature. Je rebondis toujours sur une chose qui me fait réinventer une autre. Alors, il faut faire attention aussi… Ce que je me donne comme limite, si je refais un jour un disque dans cette optique, c’est que je peux toucher aux couplets mais pas trop aux refrains. Parce que les refrains sont souvent inscrits dans la mémoire collective et là, on touche un peu à la vie des gens. Alors, si je change le refrain de « D’Aventures en Aventures », je pense que ce ne sera pas très bien reçu…

Ce doit être difficile de composer entre ce que vous avez envie de faire avec vos chansons et ce que le public a envie d’entendre…

C’est ça. Il faut toujours garder le respect du public.

Il n’y a qu’un inédit récent sur l’album, « Des éclairs et des Révolvers ». Dans quelles circonstances l’avez-vous écrite ?

Je l’ai écrite très récemment. Je l’ai écrite l’avant-veille de rendre le disque. L’arrangement que Sergio Tomassi a fait sur cette chanson, en principe ce devait être « Les Ballons Rouges » qui allait là-dessus. J’ai donc réenregistré « Les Ballons Rouges » et ça ne résistait pas à l’arrangement. Ça aplatissait la chanson et ça ne marchait pas. Je me suis dit que cet arrangement méritait un autre texte. Et donc quand je suis rentré chez moi à 3 heures du matin, j’ai écrit ce texte en une petite demi-heure. Ça m’est venu comme soufflé dans le dos par quelqu’un. Les mots me sont venus comme ça. Et tout d’un coup, j’ai envie de dire que j’ai écrit cette chanson malgré moi. Bien sûr, je l’ai écrite sur la découpe des « Ballons Rouges ». Et le lendemain, on a mis un à plat de musique qui est devenu comme une sentence et qui, étant écrit comme une sentence, collait mieux avec l’arrangement tellement solide de Sergio. Tout d’un coup, ça a pris de la gueule et la chanson a pris toute sa valeur. Du coup, on a été obligés de rechercher un autre « Ballons Rouges », dans une autre version, ailleurs dans un autre disque puisqu’on voulait que le titre figure sur l’album.

Serge Lama © Luc Valigny

Pourquoi et comment avez-vous choisi les différentes versions des chansons qui figurent sur l’album ?

On a pris les versions qui nous plaisaient le mieux et qui semblaient les plus modernes et les plus intéressantes. Moi, je trouve que la version d’« Une île » qui est sur ce disque est la meilleure que j’ai eue de toute ma carrière au niveau des arrangements parce que j’avais, entre nous, un très mauvais arrangement à l’origine. « Une île », d’ailleurs au départ, n’a pas fait de succès. C’est « C’est toujours comme ça la première fois », qui est sur l’autre face, qui a fait le succès. « Une île » a fait un succès quand je suis devenu une vedette avec « Je suis malade » parce que tous mes disques d’avant ce sont beaucoup revendus avec de gros chiffres. Au départ, « Une île » était une chanson estimée par tout le monde, elle a même eu un prix, « La Rose d’or d’Antibes », mais qui ne passait pas en radio. C’est devenu un tube par la suite. Mais l’arrangement de départ n’était pas bon. Et la version qu’on a prise, extraite du spectacle à l’Olympia « Lama, l’ami » était à mes yeux la plus belle version.

Comme vous me l’aviez expliqué, vous écrivez constamment. Vous devez donc avoir un nombre impressionnant de textes dans vos tiroirs. Pourquoi n’avez-vous pas sorti un album de chansons originales ?

Parce que je fais une rentrée d’anniversaire. Je fête mes 70 ans et mes 50 ans de carrière. Ce que veulent les gens pour un album et une tournée d’anniversaire, ce sont des chansons connues ou du moins des chansons qu’ils ont dans leur cœur. Ma maison de disques au départ aurait souhaité sortir une simple compile. J’étais contre cette idée. Alors, on a coupé la poire en deux et ils ont tout de même donné une petite somme d’argent, ils auraient pu ne pas le faire, et ça m’a permis de faire quelque chose de très original, une chose qui ne s’était jamais faite. Parce que dans le fond, avec les compiles, on se fout de la gueule du public depuis plus de trente ans, et les maisons de disques en particulier. Parce que si on refait les choses, ce n’est pas pareil. Avec le temps, on change de voix, on change de façon de chanter. En quarante ou cinquante ans de carrière, on change forcément. Donc, c’est le moins qu’on puisse donner aux gens, ces nouvelles versions. J’aurais aimé réenregistrer les 39 chansons, ne serait-ce que pour la voix. Parce que peut-être que la version d’ « Une île », on aurait refait la même chose au niveau de l’arrangement puisqu’il n’y avait là pas grand-chose à toucher, mais au niveau de la voix, ça aurait été différent. Ma voix de l’époque n’est plus ma voix de maintenant. Alors, je trouvais qu’il fallait donner quelque chose de plus aux gens parce que j’en ai franchement marre de voir sortir toutes ces compiles partout (et parfois, je ne suis même pas au courant !). C’est vrai que le disque est en perdition, mais c’est aussi de la faute des maisons de disques justement qui se sont fichu un peu de la figure des gens…

On ne retrouve aucune chanson extraite de « Napoléon ». Pourquoi ?

« Napoléon », c’est compliqué ! C’est très spécial. Le disque qui a été enregistré est un de mes disques les plus réussis. Peut-être même le disque le plus réussi de ma carrière parce que c’était tout de même un concept forcément, « Napoléon ». Alors, c’était Loubet qui avait fait les arrangements et qui avait fait un double album. Il l’avait composé un peu comme un truc classique, c’était vraiment une réussite totale musicalement. Et je ne pense pas que je peux faire mieux. Vous voyez ce que je veux dire ? Ce que je pourrais faire, c’est éventuellement rechanter sur ce disque si j’en avais le droit. Mais je ne peux pas faire mieux.

Serge Lama © Luc Valigny

Pouvez-vous me dire un mot sur la tournée qui se prépare ? Vous serez notamment sur la scène de l’Olympia du 8 au 17 février prochain. Peut-on s’attendre à des surprises comme ça avait été le cas pour vos 60 ans à Bercy ?

Non. Ce qui va être spécial, cette année, c’est que le spectacle va être très élaboré. Je vais avoir beaucoup de musiciens avec moi. Je ne vais pas raconter ce qui va se passer, mais ce sera un vrai spectacle très différent de ce que je fais depuis dix ans. Je vais essayer de faire du grand, tout en restant moi-même minimaliste. Mais le reste va être très beau, très grand, comme pour un anniversaire ! Si on fait rentrer des gens « Et maintenant voici Maurane », « Et maintenant voici truc », ça casse le spectacle. Et comme je fais des spectacles très construits, un peu comme des pièces de théâtre, je trouve que ça ne va pas…

On sentait bien cette trame théâtrale dans votre dernier spectacle.

Les chansons s’appellent les unes les autres. Il faut garder ça. C’est essentiel. C’est une évolution qu’apporte l’âge, l’expérience et puis la vision qu’on a de son propre univers et de ses propres chansons. Alors, il faut le respecter et le garder. C’est une chose évolutive.

Vous avez dit que ce serait peut-être votre dernière tournée… Étiez-vous vraiment sérieux en disant ça ?

Vous savez, à partir de mon âge, on ne sait plus ce qui reste devant soi…

Serge Lama © Luc Valigny

Vous n’êtes pas bien vieux tout de même !

« Je ne suis pas bien vieux ! » (rires) Vous savez, ça arrive quand même que des gens disparaissent à 70 ans, ce n’est pas extraordinaire. À 25 ans, c’est plus surprenant. Mais à 70 ans, ça peut arriver. À chaque fois que je chante, je ne me dis pas que c’est la dernière fois, mais je me dis que ça peut l’être…

J’aimerais terminer cette interview avec une phrase que vous avez écrite vers 9/10 ans, « L’ennui est une longue et douloureuse attente ». L’écriture est-elle votre façon de tuer l’ennui ?

Oui. Entre autres. Il y a l’écriture, la lecture. J’aime aussi le cinéma. J’ai besoin de remplir ma vie parce que j’ai une tendance à l’ennui. Et cette tendance avec l’âge est plus supportable que quand j’étais jeune parce que quand j’étais jeune, avec l’énergie que j’avais, c’était terrible. Il fallait que j’accumule les choses. Mais c’est vrai que j’ai un ennui naturel et une nostalgie d’un paradis perdu. Un paradis perdu non pas dans ma propre vie, mais peut-être dans ma vie d’avant. J’ai la sensation que les choses que je regrette, elles ne sont pas de cette vie-là, mais d’une vie précédente…

Quand vous dites que vous avez une tendance à l’ennui, peut-on dire que vous avez peur du vide ?

Peur du vide, je ne sais pas si c’est le mot… je ne sais pas trop quoi vous répondre, là. Je ne crois pas que ce soit vraiment une peur du vide. C’est vraiment un calme plat… Comme le disait Baudelaire « D’autres fois, calme plat, grand miroir. De mon désespoir ! »… Je vis dans ce calme plat, ce grand miroir de mon désespoir…

Propos recueillis par IdolesMag le 14 décembre 2012.

-> Site officiel : http://www.serge-lama.com/









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