Interview de Bastian Baker

Propos recueillis par IdolesMag.com le 11/12/2012.
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Bastian Baker - DR

Le jeune auteur-compositeur-interprète suisse Bastian Baker commence à faire parler de lui ! Son premier album, « Tomorrow May Not Be Better » est un véritable succès, en Suisse comme en France. Nous avons donc été à sa rencontre afin d’en savoir un peu plus sur lui. Il nous racontera qu’il écrit et compose des chansons depuis l’âge de 7 ans et nous expliquera dans quelles circonstances ce premier album a pu voir le jour. Nous évoquerons également un instant sa participation à l’émission « Danse avec les Stars », lui qui n’est pas un pro du tango, et ses nombreux projets actuels : un album avec Noah Veraguth et Stress, « Noël’s Room », destiné au marché Suisse, un DVD Live enregistré au Montreux Jazz Festival, un deuxième album qui commence à prendre forme (Bastian rentre en studio en février prochain) et un concert exceptionnel à l’Olympia (Paris 9ème) le 24 avril prochain. Rencontre avec un jeune homme plein de talent et fort sympathique qui a le vent en poupe…

IdolesMag : Tu viens de sortir ton premier DVD live enregistré au « Montreux Jazz Festival » cet été. C’est tout de même assez génial d’avoir déjà un DVD live alors que tu débutes tout juste ta carrière…

Bastian Baker live at MontreuxBastian Baker : c’est génial d’avoir un DVD live et ce qui est encore plus genial, c’est d’avoir un DVD « live at Montreux » ! Le « Montreux Jazz festival », c’est clairement un des festivals les plus renommés dans le monde. En plus, j’ai grandi à côté, dans une petite ville qui s’appelle Villeneuve. J’ai vraiment découvert la musique à travers ce festival. L’année passée, j’avais joué sur la scène gratuite, j’ai vraiment une relation particulière avec ce festival. Et… mis à part que j’ai déjà dit 15 fois le mot « festival », j’aime vraiment beaucoup ce festival ! (éclats de rire) C’est assez fou d’avoir pu sortir déjà maintenant un DVD. Je ne pense pas que ce soit le meilleur concert qu’on ait fait, mais je pense que c’était tout simplement le plus fou. Stravinsky, il y a des milliers d’artistes de grande renommée qui ont joué sur cette scène. Là, j’étais en ouverture du festival. Et c’est vrai qu’il y a aujourd’hui un très très bel engouement autour de ce DVD. On a fait une dédicace la semaine dernière, il y avait un millier de personnes qui étaient venues. C’était assez incroyable et démesuré. Donc, oui, pour la faire courte, c’est un bonheur de pouvoir sortir ce DVD.

Plus généralement, la scène, qu’est-ce que ça représente pour toi ? Ici en France, tu n’en as pas encore beaucoup fait.

C’est vrai ! Je fais clairement des disques pour aller sur scène. Mais je viens de la scène. En France, je ne suis pas encore très connoté « artiste live », mais en Suisse, on a fait rien que cette année plus de 100 concerts autour de l’album « Tomorrow May Not Be Better ». Et c’est vraiment de là que je viens. La scène, l’interaction avec le public, les énergies qui s’en dégagent, le côté unique de chaque date, le côté spontané, c’est génial. Un album, une fois que tu l’as enregistré, c’est fini. Tu peux jouer quatre soirs de suite les mêmes chansons, ce ne sera jamais le même concert. C’est ça que je trouve assez fantastique aussi. Et j’aime être sur scène, j’aime le frisson que je ressens quand je monte sur scène et quand j’en redescends. Depuis que je suis tout petit, c’est ce que j’aime. Et puis, tout est regroupé dans le live. Tu ne peux pas vraiment tricher. C’est ça que je trouve vraiment important. Le live est essentiel à mes yeux.

J’ai vu sur Youtube que tu avais chanté en début d’année dans un avion… Ça fait quoi de chanter en altitude ?

(éclats de rire) C’était vraiment un drôle de trip, ça ! C’était vraiment marrant cette histoire. Mais dans le fond, le vrai défi, je pense, c’est que je n’étais pas amplifié du tout !! Ça fait du bruit mine de rien un avion. J’ai dû faire le barjot, monter sur les siège à gauche et à droite et courir au milieu de l’avion pour me faire entendre. J’étais le premier suisse à faire ça et c’était vraiment une expérience marrante. J’étais avec un humoriste en plus, Frédéric Recrosio, et on s’est marrés tout le long du trajet. C’était vraiment très très cool. Pour la petite histoire, j’avais déjà essayé de jouer en avion, j’étais en voyage avec mon équipe de hockey avec EasyJet aussi, et on m’avait carrément empêché de jouer. J’avais tout de même sorti la guitare à l’arrache juste pour me taper le trip de jouer dans un avion. Et là, j’ai été invité pour jouer dans l’avion, c’était une jolie façon de boucler la boucle.

Quand tu as commencé à te produire sur scène, avais-tu déjà tes propres chansons, ou bien faisais-tu des reprises ?

Ça a toujours été un mélange des deux quand j’étais plus petit. J’écris des chansons depuis que je suis tout petit en fait. Quand j’avais 7 ans, je faisais déjà des compos. Alors, ça valait ce que ça valait, mais j’écrivais pour mon amoureuse du moment et j’abordais des thèmes qu’on aborde quand on a sept ans. Sinon, dans mes premiers concerts, je jouais principalement des reprises, mais j’ai toujours voulu chanter une ou deux chansons à moi au minimum. Parce que voilà quand j’avais 14/15 ans, on était engagé pour des animations et il fallait que les gens connaissent les chansons que nous chantions. C’est toujours assez difficile dans ce genre de situation d’arriver avec tes propres compos. Mais j’ai toujours voulu instaurer une ou deux chansons à moi.

Quand tu as commencé à écrire des chansons à 7 ans, est-ce que c’était plus un jeu pour toi ou déjà un mode d’expression ?

C’était clairement un mode d’expression. Ce qui est drôle, c’est que j’ai très peu de souvenirs de cette époque. Mais j’ai des souvenirs assez flagrants que c’était le même mode de fonctionnement. J’étais en train de faire quelque chose, quelque chose venait, et je créais. Et c’est toujours comme ça que je fonctionne. Alors, bien entendu, à l’époque, j’écrivais sur la forêt et ce n’était pas très intéressant, mais c’était déjà quelque chose de concerné. Je n’écrivais pas juste pour écrire. Et c’est quelque chose que je voulais partager aussi… Quand j’arrivais en classe le lendemain d’avoir écrit une chanson, je la chantais a cappella devant la classe et je demandais l’avis de mes copains.

Bastian Baker - DR

C’est marrant parce qu’à cet âge-là, on est plutôt assez pudique et on a toujours un peu peur de montrer ce qu’on fait devant ses copains de classe…

Oui, mais c’est parce que je ne me prenais pas au sérieux. Il faut avoir du recul. Je le faisais simplement parce que ça me faisait plaisir. Je n’avais pas l’impression de faire quelque chose de différent ou de faire quelque chose de pas normal. J’avais vraiment l’impression de faire quelque chose que n’importe qui pouvait faire. Et je considère toujours que c’est le cas. J’aimais bien ces moments-là. Je regroupais toute la classe et je chantais. Et puis, déjà à l’époque, j’aimais faire participer les gens. Quand j’étais en première enfantine [maternelle, ndlr], j’avais monté un groupe, et finalement, il y avait plus de monde dans le groupe que de gens qui regardaient dans la classe ! (rires) La prof était devenue un peu notre seule spectatrice ! Ce sont de bons souvenirs…

Et la guitare, tu en joues depuis quel âge ?

J’ai commencé quand j’avais sept ans. J’ai fait une formation classique en fait. C’était le Conservatoire Libre et j’avais une demi-heure de cours par semaine et franchement, je n’étais pas un élève très assidu. Mais je pense surtout que le moment où j’ai vraiment apprécié la guitare, c’est quand j’ai pu joindre la voix à l’instrument pour composer et reprendre des titres. Donc, ma formation musicale, elle est vraiment minime. Aujourd’hui, par exemple, je ne connais toujours pas bien les notes. Je suis complètement autodidacte. J’ai appris en regardant des trucs internet et en faisant des covers. C’est comme ça que j’ai appris la composition.

Chantait-on chez toi ? Viens-tu d’une famille d’artistes ?

Non, je ne viens pas du tout d’une famille d’artistes. Mon père faisait du hockey sur glace en tant que professionnel et ma mère est enseignante. Par contre, on écoutait vraiment beaucoup de musique. Mes parents sont vraiment des passionnés de l’écoute. Il y avait toujours de la musique au salon ou dans la voiture. Ma mère adorait voir des concerts, j’allais avec elle. C’est donc grâce à eux que j’ai découvert Queen, Led Zep, REM, Eagles… Donc, oui, je viens d’une famille où on écoutait beaucoup de musique et où on en écoute encore beaucoup aujourd’hui.

Et toi, tu t’es dirigé vers quelle musique ?

Je me suis dirigé vers la musique du cœur… Je n’arrive pas à mettre de nom sur la musique que je fais. Le premier album était très pop / folk. Après, mes influences ont vachement changé au fur et à mesure que j’avançais dans la vie. Les premières choses que j’ai écoutées à l’adolescence par moi-même, c’étaient des trucs plus acoustiques, c’était du Jason Mraz, du Justin Nozuka, du John Mayer, du James Blunt… Aujourd’hui, ce que j’écoute, c’est un peu plus rock, c’est du Radiohead, du Muse, du Coldplay. Il y a aussi des trucs plus acoustiques comme du Selah Sue, elle cartonne cette fille ! Il y a vraiment plein de choses différentes et j’aime aussi puiser l’inspiration dans plein de musiques différentes. Pour moi, un album où toutes les chansons se ressemblent, ce n’est pas très intéressant ! J’aime bien un peu ce côté plein de choses variées.

Bastian Baker © Heather

J’imagine que quand tu as commencé à écrire des chansons, c’était en français puisque c’est ta langue maternelle. Aujourd’hui tu chantes en anglais. L’anglais, il est venu comment et pourquoi ?

L’anglais est venu par l’école et par les nombreux voyages qu’on a faits avec mes parents dans des pays anglophones, que ce soient les États-Unis ou l’Angleterre. Et fait, ça n’a pas vraiment été un choix. Il n’y a pas un moment donné où je me suis dit « Ok, je vais écrire en anglais parce que ci et parce que ça… » C’était juste plus naturel. J’ai commencé vers 14/15 ans à écrire en anglais. J’ai écrit à cette époque des titres comme « Having Fun » et « Planet Earth » qui sont sur l’album. Et quand j’écris, j’écris à l’oreille. Quand je fredonne ou que je fais des impros, c’est en anglais. J’ai la chance d’avoir une certaine facilité avec les langues, j’ai appris l’italien et l’espagnol aussi. Je détestais les maths, la physique et la biologie ! Mais disons que ça n’a pas été un choix délibéré de chanter en anglais, c’est vraiment par goût. J’aime vraiment ça et je trouve que ça sonne bien. C’est en tout cas comme ça qu’aujourd’hui j’arrive à exprimer ce que j’ai au fond de moi. Mais j’adore le français, et ce n’est en tout cas pas une porte que je ferme. En fait, j’ai un immense respect de la langue française. J’avais commencé l’univ’ en français et en histoire. Je voulais devenir journaliste, c’est marrant. Et je trouve qu’il y a une vraie richesse dans cette langue. Il y a tellement de possibilités de jeux de mots, etc… que je ne veux vraiment pas écrire un truc en français pour écrire un truc en français. Quand je sentirai que ça viendra, je m’y mettrai. À côté de ça, il y a un problème de musicalité aussi. Mettre le français en musique, c’est très complexe. Pour que ce ne soit pas cheap, il faut que le texte soit béton. Je crois que c’est pour ça aussi j’ai une certaine appréhension par rapport au français de temps en temps…

Bastian Baker, Tomorrow may not be betterTon premier album, quand a-t-il commencé à prendre forme dans ta tête ?

Je pense qu’il a commencé à germer quand il a été possible de le faire germer. C’est-à-dire que je n’avais vraiment aucune prétention musicale, je continuais à faire des petits concerts et tout ça et j’ai été découvert par un homme d’affaires qui m’a permis d’enregistrer un single. J’ai donc enregistré « Lucky » individuellement. On a envoyé la chanson aux radios, j’ai été programmé dans un festival et c’est à partir de là que ça a commencé à s’emballer. J’arrivais au bureau tous les jours et on me disait que la chanson était jouée sur telle radio ou telle autre. Ça s’emballait, c’était cool. On a donc pu enregistrer un album. Et pour moi, c’était vraiment le rêve qui se réalisait. Enregistrer un album, c’était quelque chose que j’avais de toutes façons prévu de faire, quelles que soient les conditions et les moyens. J’en avais vraiment envie. Donc, on va dire que ça c’est plutôt bien déroulé… (rires)

Dans « Nobody Should Die Alone », tu évoques la vieillesse, la solitude dans la vieillesse et le temps qui passe. Tu es encore très jeune, ce temps qui passe est-il une chose à laquelle tu penses souvent ?

S’il y a bien un thème qui est récurrent chez moi, c’est ce temps qui passe. Et encore plus sur le premier album que maintenant parce que j’en ai vraiment conscience. Entre ma 18ème et ma 19ème année, j’ai pris conscience de comment on pouvait stagner et de la frustration qui pouvait s’en dégager. C’est vrai que j’ai cherché au travers de la réflexion des manières d’aborder le quotidien différemment afin de vivre plus intensément. Et cette chanson, « Nobody Should Die Alone » est vraiment une chanson très importante pour moi. On vient de sortir le vidéo clip. Le côté solitude de la vieillesse et des dernières années de vie, c’est morose. Cette chanson est née d’une rencontre avec une personne âgée qui mangeait tous les midis au resto de mon père. Tous les midis, j’allais lui dire un petit bonjour. Je discutais cinq minutes avec elle et j’avais l’impression de lui avoir illuminé sa journée. Et donner de la joie comme ça et de voir un sourire, c’est quelque chose d’hyper intense pour moi. C’est aussi de là qu’est partie ma réflexion. Je me suis demandé pourquoi tant de solitude ? Pourquoi les dernières années de la vie ne sont-elles pas plus joviales ? Et puis, tu sais, je suis très proche de ma grand-mère. Je vais la voir souvent. et c’est quelque chose qui est en rapport avec cette chanson également…

De toutes les chansons qui figurent sur l’album, y en a-t-il une pour laquelle tu as un peu plus de tendresse qu’une autre ?

C’est très difficile d’en extraire une parce que chaque chanson est un peu mon bébé. Chaque chanson a sa propre histoire et chaque chanson peut amener une anecdote. Je pense que comme tu me parles de tendresse, je vais te parler d’une chanson acoustique qui s’appelle « Smile ». Cette chanson n’était pas prévue au départ sur l’album. Elle n’avait pas été retenue. Et l’histoire c’est que c’était une journée où nous avions travaillé assez vite et nous avions un peu de temps devant nous. J’ai commencé à balancer l’arpège de la chanson et au final, je l’ai faite comme ça, en une soirée guitare / voix avec la petite guitare qui est encore dessus d’ailleurs. C’est pour ça que cette chanson qui n’était pas prévue se retrouve sur l’album. Les accidents musicaux sont toujours très jolis…

Bastian Baker - DR

Sur la réédition qui vient de sortir, tu reprends « Hallelujah » de Leonard Cohen. Pourquoi as-tu choisi ce titre ? Qu’est-ce qui t’a plu dedans ?

C’est un titre que j’avais d’abord découvert par Jeff Buckley qui, je trouve, magnifiait la version de Leonard Cohen. Je pense que ma génération connait plus cette chanson grâce à la version de Jeff Buckley. Maintenant, c’est vrai que ce n’est pas le choix le plus audacieux quand on veut faire une reprise. C’est une chanson hyper respectée et c’est surtout une chanson qui a été reprise des centaines de fois. Encore une fois, c’est un accident cette reprise. Il faut savoir que j’ai une histoire très personnelle liée à cette chanson. Mon père m’avait demandé de la jouer à l’enterrement de ma grand-mère. Donc, c’est devenu un peu tabou dans la famille après. C’était difficile de venir la chanter dans le salon après ça. Ce qui s’est passé, c’est que quand j’ai participé à « Danse avec les Stars », je savais que j’allais danser sur cette chanson et un jour en studio, j’ai pris la décision d’enregistrer ma propre version. Je voulais faire un truc en guitare/voix sans prise de tête, juste pour l’avoir. Ensuite, ça a été diffusé sur Youtube et Itunes. Des feedbacks hyper positifs sont rapidement arrivés. Et au final, les radios françaises ont commencé à jouer le titre. C’est le titre le plus joué sur NRJ en France. Et c’est incroyable pour moi de penser qu’un titre enregistré dans des conditions minimales passe sur NRJ à côté de titres hyper produits. C’est assez particulier en tout cas. Ce n’était en tout cas pas prévu et ça a shooté mon premier single « Lucky » des radios ! (rires) Mais c’est un titre que j’aime beaucoup et que je joue de plus en plus souvent du coup…

Tu viens de me parler de « Danse avec les Stars »… Qu’est-ce qui t’a poussé à participer à cette émission ? Parce qu’on ne t’imagine pas dansant sur scène, on t’imagine plutôt derrière ta guitare…

(éclats de rire) Ouais, je m’imagine aussi comme ça, tu sais ! (rires) Déjà, la proposition était hyper surprenante. C’est venu de TF1. Je ne connaissais pas du tout l’émission. Quand j’ai entendu le mot « star », je me suis dit que j’étais tout sauf une star ! Je me voyais mal là-dedans. Mais c’est vrai que ça a été un gros sujet de discussion et de réflexion cet été avec mon équipe. On avait commencé par refuser l’invitation et puis finalement il y a eu un tel engouement de TF1 qui voulait que je participe qu’on s’est repositionné un petit peu. Il faut bien se rendre compte que ce n’est pas une télé-réalité où tu es enfermé 24h/24 avec d’autres candidats à te taper sur la gueule. Il y a un vrai défi artistique. Et qu’on le veuille ou non, il y a une vraie corrélation entre la danse et la musique. Et donc, je pense que c’est le défi artistique qui m’a plu. Après, on savait tous que c’était une belle vitrine pour la France. C’est un show d’une qualité très respectable. Et c’est pour ça que je me suis retrouvé à faire du tango… Je suis rentré piètre danseur et j’en suis sorti piètre danseur ! Et je n’ai pas l’intention de mettre des chorés dans mes shows maintenant ! (rires)

As-tu continué à jeter un œil sur l’émission quand tu as quitté l’aventure ?

Non, je n’ai plus regardé. J’ai passé deux mois dans cette émission. Et ce qu’il faut se rendre compte, c’est que comme j’avais une notoriété moins grande que les autres candidats, après l’émission, j’ai eu une actu musicale assez chargée. Parce que pour nous, ce qui était important, c’était de mettre en avant le côté musical de mon projet. Et donc, on a eu beaucoup de choses à faire ! Mon élimination n’a pas donné lieu à des vacances, mais plutôt à une surcharge de travail. Le samedi soir, j’étais chaque fois en concert ou dans des endroits où je ne pouvais pas regarder le programme. J’ai participé à la finale, tout de même. C’était sympa !

Il y a un album qui vient tout juste de sortir en Suisse, « Noël’s Room ». Peux-tu un peu m’en parler ?

Ah oui !... On n’arrête pas de parler d’accidents musicaux depuis le début de cette interview et là, c’est encore exactement ça ! C’est en fait avec deux potes, Stress, un rappeur et Noah Veraguth du groupe Pegasus. Ce qui s’est passé, c’est que nous nous croisions souvent sur les festivals. Et sur les festivals en Suisse, tu joues le jeudi, le vendredi, le samedi et le dimanche si tout va bien, et le lundi et tout le début de la semaine, tu es un peu penaud chez toi en attendant un autre festival… Stress vient de se séparer de sa femme. Ils avaient un fils, Noël, de qui il était très proche. Et Noël est parti aux États-Unis. Il s’est donc retrouvé tout seul dans sa grande maison. Il nous a dit « les gars, j’ai un petit stud’, venez chez moi, on s’la fait tranquille, on s’fait des chansons, on s’fait des barbecues, on fait la fête et on continue de rester dans l’énergie des festivals… » Et c’est vraiment parti comme ça. Au début, on n’avait pas du tout d’idée d’album, on voulait simplement retrouver la musique à l’état pur. On voulait vraiment faire de la musique sans avoir de pression, sans avoir de timing à respecter ni avoir une promo à faire derrière. Je vais même t’avouer que mon manager n’était même pas au courant de ce projet ! Et je pense que c’est cet état d’esprit qui a rendu le projet unique. Ensuite, vu que ce n’était pas un projet personnel, on s’est permis d’aller dans des directions musicales qu’on n’aurait pas forcément prises dans nos carrières respectives. Il y a notamment une chanson, « Robot Girl » où je chante sur une chanson complètement house. C’est vraiment pas quelque chose que j’avais prévu de faire. Mais dans ce cadre-là, c’était cool. C’est quand on a commencé à faire écouter les titres autour de nous que les gens nous ont dit que c’était incroyable et qu’il fallait faire quelque chose. Donc, on s’est dit qu’on allait sortir un album, mais sans se prendre la tête, exactement dans la même optique que le projet. On l’a annoncé juste deux semaines avant la sortie et on a fait deux jours de promo. Donc, ça reste un projet à part dans nos parcours respectifs, mais ça c’est tout de même classé numéro 1 des charts en Suisse à sa sortie, c’est assez incroyable cette histoire… On ne sait même pas si ça va engendrer des lives, on n’en sait rien. Au départ, on l’a juste fait pour se faire plaisir. Si on a fait plaisir aux gens, tant mieux !

Bastian Baker © Heather

Es-tu déjà reparti sur de nouvelles chansons en vue d’un deuxième album ?

Oui ! Complètement. J’ai déjà plusieurs nouvelles compos. On a été pas mal sur les routes ces temps-ci, mais j’ai quand même composé énormément. Le deuxième album est vraiment en train d’être prévu en ce moment. J’entrerai en studio début février, ça va se passer à Londres. Et l’album sera disponible en octobre 2013. C’était vraiment intéressant de bosser sur ce deuxième album avec l’expérience qu’on a pu avoir ces deux dernières années.

Toute l’effervescence qu’il y a tout autour de toi, est-ce que ça te galvanise pour écrire et composer ou bien est-ce qu’à certains moments tu te dis « il faut que je m’y mette » ?

Ça, c’est quelque chose que je n’ai jamais fait, me dire qu’il faut maintenant écrire. Je pense que c’est complètement contre-productif. Je peux rester trois ou quatre mois sans écrire la moindre note ou le moindre mot. Quand je n’ai rien à dire, eh bien, je n’ai rien à dire. Je ne me mets pas cette pression-là. Il y a déjà assez de pression dans le business, donc pas besoin de se mettre des pressions inutiles. Mais l’effervescence dont tu parles, elle est tout de même très subjective. On me voit plus dans les médias et à la télé, c’est vrai, mais là, je suis à Paris, on fait cette interview et il n’y a pas d’effervescence à proprement parler. C’est très tranquille… Par contre, je ne suis pas sûr que l’effervescence ait quelque chose à voir avec le débit de composition.

En règle générale, écris-tu et composes-tu beaucoup ?

J’ai plutôt tendance à écrire peu. J’écris condensé vais-je dire. Je ne suis vraiment pas du genre à laisser des projets traîner et à ne pas finir les chansons. Si j’ai inventé une mélodie et que six mois après il n’y a toujours pas de texte dessus, je me dis que ce n’était pas la bonne mélodie ou pas le bon thème à aborder parce qu’en six mois, il y a des évolutions. Ma musique est exactement comme je suis, c’est hyper spontané. C’est quelque chose qui vient naturellement, comme un jet. Quand j’ai trouvé une mélodie, j’essaye d’écrire un texte très vite. Ou vice-versa.

Propos recueillis par IdolesMag le 11 décembre 2012.

-> Site officiel : http://bastianbaker.com/









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