Interview de Collectif Métissé, Soma Riba

Propos recueillis par IdolesMag.com le 14/12/2012.
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Collectif Métissé, Ya Plus K Danser

Depuis quatre ans maintenant, le Collectif Métissé maintient une cadence infernale ! Quatre albums en quatre ans, sans compter les différents singles. Véritables rois de la fête, ils sortent en cette fin d’année leur quatrième album, « Ya Plus K Danser », comprenant les hit singles « Ma Demoiselle », « Destination Rio », « Z Dance » ou encore « Sexy Lady ». Nous avons rencontré le leader du Collectif, Soma Riba, afin qu’il nous en dise un peu plus sur le groupe, qu’il nous parle de ce nouvel album et de ses nombreux projets !

IdolesMag : Dans quelles circonstances le Collectif a-t-il vu le jour ?

Soma Riba : J’avais écrit un titre, « Laisse-toi aller BB » et j’avais appelé des potes pour faire des voix. Au final, quand la chanson a été finie, on s’est rendu compte que ce n’était pas une chanson pour un artiste tout seul, mais plutôt pour un groupe. Du coup, quand j’ai envoyé le titre aux maisons de disques, ils m’ont tous répondu « il est super ton titre ! Il s’appelle comment ton groupe ? » Et c’est comme ça qu’est né le Collectif Métissé.

Tout a donc commencé par le son et la musique.

Exactement. C’est vraiment le starter du Collectif.

Comment as-tu réuni tous les membres du Collectif ? Sont-ce des gens que tu connaissais déjà ? Avec qui tu avais déjà travaillé ?

Oui, ce sont des gens avec qui j’avais collaboré, avec qui j’avais fait des remixes, des concerts, ou tout simplement des gens que j’avais croisés. On se connaissait tous. C’est beaucoup plus facile pour réunir du monde. Et puis, à la base ce sont tous des gens qui ont une carrière solo, ce sont tous des artistes. Certains chantent, d’autres sont choristes… J’ai réuni des talents individuels pour en faire un groupe, en fait.

En quatre ans, le collectif est devenu incontournable dans le paysage musical français. Comment expliques-tu cet engouement ?

Je crois que l’engouement est dû à notre musique. On fait de la musique qui donne le sourire aux gens et qui leur permet d’oublier les vicissitudes de la vie. Notre musique leur permet de sourire quelle que soit la période. C’est ce qui a fait qu’il y a eu une alchimie qui a bien fonctionné.

Collectif Métissé - DR

Qu’est-ce que tu réponds à ceux qui pensent qu’en temps de crise, il faut chanter des chansons engagées qui dénoncent les choses ?

Je leur dis que s’ils ont envie de dénoncer la crise, qu’ils le fassent et c’est très bien ! Nous, on a envie de donner le sourire aux gens, c’est tout ! (rires)

Tu es un peu le chef d’orchestre du Collectif, mais qui amène quoi ? Comment bossez-vous tous ensemble ?

En fait, on a une équipe qui travaille en studio et qui n’est pas sur scène, avec Fred et Gaëtan. Ensuite, moi, j’écris les thèmes des chansons, je leur donne. Ils donnent alors corps à la chanson et on se réunit tous en studio et on bosse sur les titres.

Combien êtes-vous finalement aujourd’hui ? Sept ou neuf ?

On a beaucoup bougé, mais on est revenus à une base de sept. On a été un temps cinq, puis sept, puis neuf, et là on est repassé à sept. Après, il faut savoir que c’est un Collectif où tout le monde à des projets solos. Donc, tout le monde peut partir et puis revenir. On laisse la latitude à chaque artiste de naviguer comme il veut.

Collectif Métissé - DR

Depuis le départ, la parité n’est pas respectée ! Il y a moins de filles que de garçons…

(rires) C’est d’abord parce qu’on a plus de connections avec d’autres garçons. On vient tous du milieu de la nuit et du clubbing, donc, il y a beaucoup de garçons. Il y a eu un temps trois filles, là on est revenu à deux. Après, les morceaux sont bâtis avec une majorité de voix masculines, ça explique aussi pourquoi elles sont en sous-nombre.

N’est-ce pas trop difficile de gérer sept personnalités différentes ? Déjà les groupes de trois ou quatre, ce n’est pas toujours évident, donc, là, à sept… ça doit l’être encore moins !

C’est difficile parfois, mais pas tant que ça finalement. On est tout de même tous de bonne composition, nous ne sommes pas dans une ambiance de qui va tirer la couverture à l’autre. C’est plutôt très bon-enfant. C’est familial. Et donc, ça se passe plutôt bien globalement.

Dans le dernier album, vous dédiez une chanson à vos fans, « On est là pour nos fans ». Quel rapport entretenez-vous avec eux ?

On a de très bons rapports avec les fans. Il faut bien sûr garder certaines limites parfois, mais globalement, on est très proches d’eux. Soyons honnêtes, les réseaux sociaux nous aident bien aussi ! Maintenant, grâce à eux, on peut garder le contact très facilement. Et puis, on n’oublie pas que si on en est là où nous en sommes aujourd’hui, c’est entièrement grâce à eux ! On ne peut pas les négliger.

Collectif Métissé - DR

Est-ce vous qui vous occupez personnellement de votre Facebook ?

Oui, c’est nous qui nous en occupons personnellement. Je m’en occupe à 80%. Mais tout le monde a accès au compte, donc, s’ils veulent ajouter des choses, ils peuvent le faire. Sinon, il n’y a personne de l’extérieur qui s’en occupe. L’avantage, aujourd’hui, c’est qu’on peut s’en occuper n’importe quand et surtout, en temps réel.

Dans « Destination Rio », vous reprenez le gimmick de « Je vais à Rio » de Claude François. Est-ce un artiste qui a compté pour toi ? Que tu as beaucoup écouté ?

Oui, je l’ai pas mal écouté. Mais ce sont tout de même des souvenirs très lointains puisque j’étais tout petit. Ma sœur l’écoutait beaucoup, grâce à elle, j’ai découvert pas mal de choses. Après, j’ai appris à le redécouvrir. J’ai beaucoup aimé le film « Cloclo » d’ailleurs. Je me suis repenché sur sa discographie et elle est exemplaire. C’est un artiste qui mérite d’être connu et reconnu !

Tu as donc écouté Cloclo grâce à ta sœur, mais qu’écoutait-on d’autre chez toi quand tu étais gamin ?

Chez moi, ils écoutaient beaucoup de variété. Je n’ai pas d’artistes particuliers qui me reviennent en tête. Mais c’étaient des gens comme Sardou, Hallyday, Lama… C’était très variété !

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Et toi, vers quelle musique t’es-tu dirigé ?

J’ai commencé par écouter du rock. Il faut savoir que j’avais un oncle qui adorait le rock. Pour ma communion, on m’avait offert une chaîne Hi-Fi et un tourne disque. Et lui m’avait offert plein de 45 tours de rock. Après, je me suis très très vite dirigé vers tout ce qui faisait danser les gens parce que j’aimais ça. À la base, je suis quand même DJ. J’écoutais tout de même un peu de tout, mais particulièrement ce qui faisait danser les gens.

As-tu eu des idoles à l’adolescence ?

Oui, j’en ai eu plusieurs. J’ai eu Michael Jackson, bien sûr, Madonna, Farmer, Goldman… J’ai eu des idoles de plusieurs veines musicales.

En as-tu toujours ?

Tu sais, je pense qu’il faut rester fan, même quand on est artiste. Sur les plateaux télé, quand je croise des dinosaures de la télé, je suis un peu comme un gamin ! Ça me fait plaisir de les croiser. Et en plus, savoir qu’ils connaissent ma musique, ça me touche vraiment. C’est marrant quelque part.

Collectif Métissé - DR

« Ma Demoiselle », ce n’est pas toi qui l’as écrite, celle-là.

Non, effectivement, c’est Saint-Ange qui l’avais écrite et il nous a proposé de la revisiter. Donc, on l’a remaniée et réarrangée un peu. Comme c’est un garçon qui s’investit beaucoup pour le groupe et que sa chanson nous plaisait, on s’est dit que c’était notre façon de lui rendre hommage. Et puis, surtout, c’est un super titre !

Qui est l’enfant qui dit « Merci ma demoiselle, c’était très bien » à la fin du titre ?

C’est la fille de Fred qui compose pour le Collectif Métissé. Ça reste tout le temps dans la famille, comme tu vois !!

Vous faites une reprise du titre de Cookie Dingler, « Femme Libérée ». Tu l’avais déjà repris ce titre en 2005.

Exactement. En fait, quand on a commencé le Collectif Métissé, on n’avait pas beaucoup de chansons. Et donc, nous nous sommes mis à chanter cette chanson que nous avions remaniée un peu à notre manière. Elle avait un impact terrible sur scène. Et depuis, nous n’arrêtons pas de la chanter. Quand on a attaqué ce nouvel album, la maison de disques nous a demandé pourquoi on ne la mettrait pas sur le disque puisqu’il y avait une grosse demande du public. Du coup, on l’a réenregistrée et on en est très contents parce que c’est une chanson qu’on a réussi à moderniser. Et en plus, elle a un gros impact sur tous les gens, les enfants, les ados, les adultes… Donc, on l’a réactualisée et on est très contents du résultat.

Collectif Métissé - DR

Une autre chanson s’appelle « Stars des Années 80 ». Penses-tu comme certains que les années 80 étaient les années bénies de la musique ?

Disons que c’étaient des années très très fortes musicalement parlant. Il n’y a qu’à voir le nombre incalculable de tubes qu’il y avait dans les années 80. C’est impressionnant. Je pense que c’étaient de très très belles années.

On retrouve « On n’est pas fatigué » d’un certain Soma Riba… Pourquoi as-tu fait le choix de reprendre ce titre de toi ?

En fait, depuis des années, personne ne sait que c’est moi qui l’ai écrite ! (rires) C’est déjà une première chose. Tout le monde pense que c’est  une chanson du domaine public. Et les gens que je rencontre veulent souvent s’approprier le truc. C’est un peu comme un leitmotiv que tout le monde connait. Cette chanson, je l’ai écrite à l’époque quand j’étais DJ et elle est devenue un peu comme un hymne sans que les gens n’en connaissent vraiment l’origine. J’avais donc envie de reprendre la paternité de ce petit slogan que j’avais trouvé à l’époque quand j’étais DJ.

Le featuring que vous aviez fait avec Chico & les Gypsies, « Don’t Let Me Be Misunderstood », se retrouve également sur votre album. Comment s’est passée votre collaboration ?

On avait croisé Chico plusieurs fois et puis un jour il m’appelle en me disant « écoute, je fais un album de duos et je trouve que ce serait bien qu’on fasse un truc ensemble parce que ce que vous faites est très festif, comme nous ». Je lui ai dit que l’idée était pas mal et je lui ai demandé à quel titre il pensait. Il m’a envoyé ce titre, on a bossé dessus en studio et il a trouvé ça génial et on l’a enregistré. On a fait quelques scènes et quelques télés avec lui. Et là, on va faire le Zénith. Je pense qu’on collaborera encore sur deux ou trois morceaux sur le prochain album ou le suivant. On a de toutes façons prévu de recollaborer ensemble parce que le côté gipsy se marie bien avec le Collectif Métissé.

Collectif Métissé - DR

Tu me parles du prochain album alors que le quatrième n’est pas encore sorti…

(rires) En fait, on en a parlé avec Universal récemment et je leur ai dit que je savais exactement ce que je voulais faire pour les trois prochains albums ! Ils se sont mis à rire, mais c’est vrai. On s’est rendu compte que plus ça marchait, plus on avait d’idées et plus on devenait créatifs. Sur celui-là, on a dû laisser des choses sur le côté parce qu’on avait trop de titres et trop de choses à dire. 17 titres, c’est tout de même déjà beaucoup. Donc, oui, j’ai plein plein plein de projets et d’idées qu’on mettra sur les trois prochains albums. Là, je me projette vraiment sur les trois prochains albums.

Tu m’étonnes à peine en me disant que tu as les trois prochains albums en tête, parce quand on regarde le parcours du Collectif Métissé, vous avez une cadence infernale ! C’est minimum un album et deux ou trois singles par an depuis quatre ans… N’as-tu pas peur à un moment donné d’être trop présent tout le temps ?

Je comprends ce que tu dis… Mais quand tu es présent, tu es là, et quand tu n’es plus là… tu es des fois remplacé ! On est dans une génération qui zappe très vite, alors on préfère que le zapping se fasse par lassitude plutôt que d’être remplacés par d’autres ! Par contre, si tu n’es plus là, le zapping n’est même plus possible. C’est le néant, et il ne reste que ce que tu as laissé. Moi je dis que la musique c’est une ligne, on est parfois au-dessus, parfois en dessous. Mais il faut suivre cette ligne et être présent. Le truc, c’est qu’il faut avoir la chance d’avoir de l’inspiration et de pouvoir produire des chansons. Si on n’est pas productif, là, c’est différent, il vaut mieux disparaître un moment. Il y a des gens qui divorcent au bout d’un an et d’autres qui restent pendant trente ans avec la même personne, donc chacun n’est pas constitué pareil. Pour la musique, c’est pareil. Il y en a qui vont se lasser très vite du Collectif et d’autres qui adoreront jusqu’à la fin de leurs jours… Alors, il faut faire plaisir à ceux qui vont nous aimer jusqu’à la fin de leurs jours.

Des ballades et des chansons lentes, y avez-vous pensé ?

On y a pensé, oui, pour ne rien te cacher. Pourquoi pas ? Moi, à la base, j’adore ça. Dans tous les albums solos que j’ai sortis, il y avait plein de ballades parce que j’adore ça. J’adore écrire des chansons lentes, donc pourquoi pas ? Je ne dis pas non, en tout cas. C’est vrai que quand on voit un spectacle du Collectif, on se dit qu’on aurait du mal à placer une chanson lente, mais moi, je pense le contraire. [Soma réfléchit…] Tu viens de me donner une idée que je vais remettre très rapidement au goût du jour avec toute l’équipe, tiens ! (rires)

Collectif Métissé - DR

La scène, j’imagine que c’est la partie la plus importante de votre job.

Pour nous, c’est l’aboutissement de tout et c’est dans le fond ce qu’on préfère. Moi, j’adore créer, mais le réel aboutissement, c’est le contact avec le public. Et là, c’est vraiment le pied. C’est vraiment notre plaisir ultime.

Avant de te quitter, j’aimerais te poser une question d’actualité. Que va faire le Collectif la nuit de la Saint-Sylvestre ?

Il va chanter, et il va faire la fête ! C’est un soir de fête et nous sommes un peu les rois de la fête, donc voilà, on va faire la fête. Et pour nous, faire la fête, c’est être sur scène.

Et ce sera où ?

Ces sera à Bordeaux, on reste sur nos bases !

Propos recueillis par IdolesMag le 14 décembre 2012.

-> Site officiel : http://collectif-metisse.com/









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