Interview de François Raoult

Propos recueillis par IdolesMag.com le 13/11/2012.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag.com.








François Raoult © Vincent Flouret

Finaliste de la dernière édition de la Nouvelle Star, François Raoult avait marqué les esprits. Il faut dire que le bonhomme avait de l’énergie à revendre et un sacré charisme. Il a sorti à la rentrée son premier album, « Vent de Face », qui nous avait particulièrement plu. Il était donc tout à fait normal que nous allions à sa rencontre afin de parler de cet opus avec lui. François a été élevé entre les mers du sud et celles de son Finistère natal, c’est un éternel voyageur. Il est bien évidemment beaucoup question de voyage dans ce premier album, qu’il soit géographique, temporel ou intérieur. Rencontre avec un breton qui chante aussi bien Brest et Paimpol qu’Addis-Abeba et les bords du lac Rose au Sénégal…

IdolesMag : Cet album, « Vent de Face », ressemble-t-il au premier album dont tu rêvais ?

François Raoult : Il ressemble au premier album dont je rêvais, mais ce n’est pas la finalité de la musique que je voudrais faire. C’est-à-dire que c’est une première étape, il fallait que je me présente, que je raconte des petites histoires, que j’installe un peu le personnage pour que les gens comprennent qui j’étais. Par la suite, ça va devenir un petit peu plus déluré, un petit peu plus rock et un peu plus loufoque. L’idée, c’est ça. Il y aura toujours de la belle chanson française et de la belle chanson à texte dans mon répertoire et dans mes futurs albums, parce que c’est ça que j’adore et que j’écoute. Je suis fan de Gainsbourg, de Bashung, des Innocents, etc… et sur scène, c’est un peu autre chose. Sur scène, j’ai toujours aimé sauter partout, me dépenser. Et ça, ça ne s’entend pas trop sur cet album-là. Sur scène, on le joue beaucoup plus rock. On va dire que ma musique va évoluer vers quelque chose de plus rock encore. Mais pour l’instant, oui, il me représente beaucoup, ce premier album.

François Raoult, Vent de FaceLe grand public t’a connu par le biais de la « Nouvelle Star », où tu faisais des reprises. Est-ce que ça a été difficile d’imposer ton propre style ?

Oui… Les gens ont une autre image de moi. J’ai déjà eu des réflexions du genre « Oh… on s’attendait à quelque chose de beaucoup plus rock », « On s’attendait à ce que tu gueules plus »… C’est vrai qu’à la « Nouvelle Star » je passais toutes les chansons en force, que ce soit force émotionnelle ou vocale. C’était ma façon de me défendre parce que je n’avais pas de technique vocale et je ne savais pas vraiment ce que c’était de chanter avant d’entrer dans l’émission. J’ai appris tout ça pendant les primes. Et après, on a bossé pendant deux ans sur l’album. J’ai continué un peu les cours de chant, mais pas trop non plus pour ne pas dénaturer mon timbre. Et j’ai appris à poser ma voix, à me poser moi aussi et à ne plus avoir forcément à me cacher derrière le passage en force pour faire passer des émotions. Maintenant, ça se passe plus naturellement et donc, c’est vrai que certains peuvent être un peu surpris par ça sur l’album. Cet album, on l’a vraiment bichonné. C’est un petit cocon. C’est très arrondi. Mais sur scène, ça devient beaucoup plus tranchant. Ceux qui pensent avoir perdu le mec de la « Nouvelle Star » en écoutant l’album, il faut qu’ils viennent sur scène parce qu’ils le retrouveront pour le coup comme je pense qu’ils l’espéraient sur l’album.

Travailles-tu sur cet album depuis la sortie de l’émission ou bien contient-il des chansons que tu as écrites il y a plus longtemps ?

Il y en a quelques-unes plus anciennes. Elles ne sont pas forcément sur l’album, mais elles sont dans le répertoire. « Papillons de Nuit », je l’ai écrite avant la « Nouvelle Star ». « La Parisienne » aussi. Elle, elle n’est pas sur l’album, mais on la reprend sur scène. Sinon, toutes les autres chansons, je les ai écrites ou composées après. Seul ou avec des gens. Avant, je travaillais seul et je n’avais pas forcément l’âme d’un auteur-compositeur, c’est pour ça que j’ai voulu travailler avec d’autres personnes. Je ne me sentais pas la légitimité de faire tout tout seul dans mon coin. Je voulais quelque chose de qualité, je voulais que les gens s’y retrouvent et ne soient pas lésés par un travail bâclé. C’est pour ça que ça a pris autant de temps. Il fallait que je trouve des auteurs qui me correspondent, qui apprennent à me connaître et qui racontent des choses avec des mots que j’aurais pu employer. Les auteurs qui ont travaillé sur cet album sont des amis très proches désormais. Ils se reconnaissent en moi et je me reconnais en eux. Et c’est pour ça aussi que les chansons sont aussi personnelles.

Comment as-tu travaillé avec les autres auteurs ?

On travaillait toujours en face à face. On se faisait des réunions de travail en se bloquant des après-midi. J’ai eu la chance de rencontrer Jean Fauque notamment, l’auteur de Bashung, et il m’a beaucoup appris sur l’écriture pendant ces deux ans. Il travaille beaucoup avec Bertrand Soulier qui est devenu un de mes meilleurs amis maintenant. On a passé des après-midi à boire des coups, à papoter, à gratouiller sur les guitares, à lancer les petites mélodies qu’on avait et les petits bouts de phrases. On mélangeait tout ça. Et puis parfois, sur certaines autres chansons, des auteurs m’ont filé un petit coup de main. J’avais par exemple écrit un texte, mais je sentais qu’il manquait quelque chose. J’ai encore un peu de mal à retoucher ce que j’ai fait. C’est un peu, je pense, le problème du débutant. On a toujours peur de perdre quelque chose que nous on pensait bien. Donc, Bertrand ou d’autres personnes passaient derrière pour arrondir les angles et faire en sorte que ce soit plus compréhensible et moins hermétique.

François Raoult © Vincent Flouret

Dans « D’Addis-Abeba », tu évoques Rimbaud. Est-ce un auteur que tu as beaucoup lu ? Et plus généralement, aimes-tu la poésie ?

J’adore la poésie. J’aime beaucoup Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, et tant d’autres encore… Rimbaud n’est pas celui que j’ai le plus lu bizarrement. J’ai lu une biographie pour vraiment savoir qui il était avant qu’on écrive cette chanson. J’ai lu ses poèmes. J’aime l’idée qu’il a écrit tout ce qu’il avait à écrire avant ses dix-huit ans, et qu’après il soit parti, qu’il ait quitté son pays et sa ville… Et moi, ce n’est pas forcément la même chose, mais un peu. Le jour où j’ai senti que je n’avais plus rien à faire en Bretagne et que j’avais besoin de prendre mon envol, j’ai ouvert mes ailes et je suis parti vers autre chose. J’ai un peu laissé ma famille derrière moi, parce que c’est loin. Je suis parti mener ma vie à moi aussi. Lui, malheureusement, son retour, il l’a fait dans un cercueil. Moi, j’espère le faire avant en ayant réalisé mes rêves ! (rires) Pouvoir dire à mes amis et à mes parents « voilà, vous voyez j’ai bien fait de partir… »

Tu me parles de la Bretagne, « Aux frais des quatre saisons » est un véritable hymne à la ville de Brest. Était-ce important pour toi de la chanter, cette ville ?

En fait, une de mes chansons favorites, c’est « Brest » de Miossec. C’est un artiste que j’adore. Et c’est vrai que je voulais avoir mon « Tonnerre de Brest » à moi, mais je ne voulais pas non plus que ce soit à tout prix. Un jour, j’ai composé cette petite mélodie qui ressemblait à un petit chant de marin moderne. Et après, j’ai commencé à balancer plein de mots, et ça parlait de Brest et de mon enfance. Ce n’était pas vraiment fait exprès. Après, Bertrand est arrivé pour me filer un coup de main pour faire en sorte que ce soit un peu moins personnel et que les gens puissent s’y retrouver. Donc voilà, disons que ce n’était pas vraiment un désir à la base, mais que ça s’est fait naturellement. C’est de là que je viens, c’est ce qui a fait que je suis devenu l’homme que je suis aujourd’hui. Il fallait en parler, mais il fallait que ça se fasse naturellement.

François Raoult © Vincent Flouret

Pour la réalisation, tu as fait appel à deux Benjamin : Benjamin Constant et Benjamin Tesquet. Pourquoi as-tu pensé à eux ? Que t’ont-ils apporté musicalement ?

En fait, un jour, j’étais au Studio des Variétés à Paris où je prenais des cours de chant. J’ai discuté avec une fille à l’accueil qui s’occupait de gérer tous les artistes qui passaient. On discutait de tout et de rien et dans la conversation, elle m’a parlé de Benjamin Constant et Benjamin Tesquet. En rentrant chez moi, j’ai fait une recherche sur Youtube et j’ai trouvé une vidéo de Benjamin qui avait trafiqué un piano en mettant des clous dedans etc… J’ai trouvé cette créativité assez magnifique, donc, j’ai appelé mon label pour leur demander de prendre un rendez-vous avec eux. Il s’avère que Benjamin Tesquet, le deuxième larron, connaissait très bien Bertrand Soulier aussi. On s’est donc rencontrés. Au bout d’un quart d’heure, on était déjà en train de boire des coups. Donc, sur l’humain, ça passait super bien entre nous. Et l’humain passe avant tout pour moi. Au final, ils m’ont apporté énormément de choses. Benjamin Tesquet a un vrai passif popeux. Il a vraiment l’esprit pop. Il m’a écrit un texte aussi, « Bornes Out ». C’est un vrai poète aussi. C’était vraiment super sympa de travailler avec lui parce qu’il ramenait toujours cette petite touche de poésie. Et puis Benjamin Constant, c’est un vrai génie surdoué. Il peut tout jouer, tout faire. Il fait des harmonies pas croyables. Il passe parfois des heures a expérimenter des sons de caisse claire… On a mis des punaises sur un piano pour en faire un piano bastringue… On a fait plein de choses extraordinaires à la recherche de sons. On a passé trois mois ensemble. C’était vraiment extraordinaire.

Et toi, avec ton énergie, comment t’es-tu retrouvé en studio ? Comme un lion en cage ?

Ah non. C’est un endroit que j’adore. Comme je te l’ai dit, on partageait les mêmes valeurs de la bonne bouffe et de l’apéro. On buvait des coups, on passait des nuits entières au studio à papoter. Et quand on avait une idée, on l’expérimentait. C’était génial. Et puis, je voulais aussi être là à chaque seconde. Je voulais absolument coréaliser l’album. C’est un petit problème que j’ai, s’il y a une sonorité qui ne me plait pas dans le morceau, je ne peux pas le chanter. Donc, il fallait que je sois constamment là pour valider. Et puis, je voulais vraiment prendre part au projet de A à Z. Il y a toujours le fait que j’ai envie d’en découdre et de passer derrière le micro. C’est vrai que quand on entend un mec passer des heures sur une caisse claire ou se repasser les pistes de guitare pour savoir laquelle on va choisir, on attend beaucoup. Mais ça fait partie du job !

François Raoult - DR

Et Lokua Kanza avec qui tu chantes « Teranga », comment est-il arrivé sur le projet ?

Cette chanson a été écrite quand j’étais au Sénégal. J’étais allé voir un ami qui habite là-bas. J’y suis parti en voyage un mois. On a fait le tour du Sénégal avec un sac-à-dos. J’ai rencontré plein de gens, et en fait le texte de cette chanson est un condensé de toutes les phrases que j’ai entendues en parlant avec les gens que j’ai rencontrés là-bas. J’ai voulu laisser ça tel quel. Cette chanson, je l’avais écrite à la base comme un duo. Benjamin Constant et Danièle Molko ont contacté Lokua et deux jours après, il était au studio. Il a été super touché par la chanson, le texte et la mélodie. Ça a été une vraie aventure de fous parce que quand il a fait sa dernière prise en studio, c’est une forme d’ad lib, il s’est tellement lâché que c’était incroyable. Il était très tard dans la nuit, on avait tous les larmes aux yeux dans le studio. C’était un moment magique. C’est vraiment un grand chanteur et un grand artiste. Je ne serai jamais assez reconnaissant envers lui qu’il soit venu sur cet album…

Quand Pierre-Dominique Burgaud t’a amené le texte de « L’ombre de moi-même », l’as-tu accepté tout de suite ou as-tu hésité un instant ? (Dans cette chanson, François se met dans la peau d’un travesti)

En fait, pour être très honnête, c’est moi qui ai demandé de la chanter. La chanson a été composée par Bertrand. On était dans les après-midi où nous travaillions ensemble. Il a commencé à jouer cette mélodie au piano. Et j’ai commencé à chanter une mélodie de voix et il s’avère que c’était celle à laquelle il avait déjà pensé. Bertrand m’a dit qu’il y avait un texte de Burgaud qui avait été écrit sur cette mélodie. Il est allé le chercher, on l’a chanté et c’était une évidence pour moi de chanter cette chanson. Quand je te disais tout à l’heure que toutes les chansons avaient été écrites pour moi, il y a juste celle-là qui existait avant, mais le jour où je l’ai chantée pour la première fois, je l’ai trouvée énorme.

François Raoult - DR

De toutes les chansons qui figurent sur l’album, pour laquelle as-tu le plus de tendresse ? Quand je dis tendresse, je ne pense pas forcément au thème qu’elle évoque, mais peut-être de quelque chose qui s’est passé autour de la chanson.

Écoute… si je réfléchis bien, il y a « Teranga », le duo avec Lokua Kanza dont on parlait tout à l’heure. Cette chanson me rappellera toujours ce voyage avec mes potes au Sénégal. C’était un super moment pour nous. Je l’ai composée sur les dunes de l’arrivée du Paris-Dakkar, tout près du lac Rose. J’ai encore cet enregistrement pris à l’arrache sur les dunes sur mon IPhone. Il faisait nuit, on avait les étoiles au-dessus de nous, on buvait des coups… J’ai donc un attachement tout particulier pour cette chanson-là.

Il y a une chanson très nostalgique que j’aime beaucoup, ce sont « Les Souvenirs de Petit Garçon ». Quand est-elle née cette chanson ?

Comme mon père était Marin d’État, j’ai beaucoup voyagé. Je n’avais pas de véritable port d’attache comme peuvent avoir ceux qui sont restés toute leur jeunesse dans la même ville. À part bien sûr Brest… Mais mon véritable port d’attache quand j’étais jeune, il était dans les Côtes d’Armor, chez mes grands-parents à Paimpol ou à Tréguier. Ce sont deux bleds paumés, mais voilà… je passais toutes mes vacances là-bas, tous mes étés. C’était là-bas que je faisais des cabanes dans les arbres, que je faisais de la pêche avec mon grand-père. Cette chanson, c’est un hommage à mon enfance et plus particulièrement à mes grands-parents qui ne m’ont pas élevé, puisque j’avais mes parents, mais qui m’ont appris tant de choses… Et notamment les vraies valeurs bretonnes. J’ai passé les plus beaux moments de mon enfance là-bas. Je resterai toujours attaché à cet endroit. J’y retourne de façon régulière. Mes grands-parents ont d’ailleurs été super émus quand ils ont entendu cette chanson. Ils ont tout de suite compris ce que je voulais dire… Et je suis très content d’avoir pu leur offrir ça.

Quand tu étais gamin, on écoutait beaucoup de musique chez toi ?

Pas plus qu’ailleurs en fait. On n’écoutait pas plus de musique que ça. La seule différence, c’est qu’on faisait de nombreuses réunions de famille en Bretagne, et chez mes grands-parents une fois de plus. Eux, par contre, ils chantent dans une chorale depuis des années. Et à chaque repas, tout le monde prend la parole à un moment ou à un autre pour chanter une chanson. Et ça dans tous les mariages et tous les repas de famille… Donc, depuis que je suis tout gamin, j’entends mes parents chanter, mes oncles et mes tantes… Même s’ils chantent mal ! (rires) Et quand on était gamin, même si on ne connaissait pas les chansons, on essayait de se démerder avec les paroles. On chantait de vieilles chansons bretonnes ou locales, je pense que c’est ça qui m’a un peu mis dedans.

François Raoult - DR

Et toi, tu as commencé à écrire des chansons à quel âge ?

J’ai commencé à écrire des textes et des petites mélodies vite fait quand j’avais 13 ans. C’est l’époque où tu commences un peu à ramer avec les filles… C’est ça qui a été le déclencheur, je pense… (rires)

Et à l’époque, tu le prenais comme un jeu ou plutôt quelque chose de sérieux ?

Ah non, c’était sérieux. J’ai toujours eu un journal intime. Ça fait un peu gonzesse de dire ça, mais j’ai toujours tenu un journal intime depuis mes 10/11 ans. J’en ai retrouvés il n’y a pas si longtemps, c’est assez drôle. Tu as l’impression que le monde te tombe sur la gueule alors que ce ne sont que des petits bobos. J’écrivais déjà à cette époque. Je pense que j’avais besoin de me confier. Ça a continué en devenant plus grand. Ensuite, j’ai écrit dans des journaux. J’ai commencé à gratouiller des poèmes et des chansons. Après, j’ai tout arrêté quand je suis rentré en école de commerce. Et c’est là que j’ai commencé à plonger un peu. Je commençais à me sentir beaucoup moins bien. Je me demandais ce que je foutais là… J’ai fait une dépression pendant quelques temps. Et c’est vrai que le jour où je me suis remis à chanter, et bien, tout a été beaucoup mieux. Je pense que ça a toujours été indispensable pour moi. Il a toujours fallu que je sorte ce qu’il y avait dans ma tête pour que ça tourne. Alors, à l’époque, c’était sur des petits carnets. Et aujourd’hui, c’est sur des CDs. J’écris aussi pour les autres… J’ai besoin de me confier en permanence, en fait.

Écrire pour les autres, est-ce un exercice qui te plait ?

Ah oui, j’adore. Parce qu’en fait ça me permet de dire des choses que je n’arriverais peut-être pas à assumer. C’est peut-être plus facile de les faire chanter par les autres. Et puis j’ai une empathie assez développée. Quand je rencontre des gens et que je les apprécie, j’arrive à cerner certaines de leurs failles. J’arrive à mettre le doigt dessus assez facilement. Il faut savoir prendre du recul sur ce qu’on écrit. Et c’est pour cette raison que je pense que jamais je n’écrirai mes chansons tout seul, parce qu’à un moment, il faut qu’on accepte le dialogue avec l’autre pour avancer et aller plus loin.

François Raoult © Eric Vernazobres

Deux ans après, quel regard jettes-tu sur ton aventure au sein de la « Nouvelle Star » avec le recul ?

C’est l’expérience la plus importante de toute ma vie. Je n’ai aucun mal à le dire. Je n’ai aucune honte de l’avoir faite cette émission. Sans elle, je ne serais pas là et je ne serais pas aussi bien que je le suis dans ma vie personnelle. Ça a été une vraie thérapie. Je l’ai vraiment pris comme une thérapie personnelle. Je me suis coupé du monde pendant trois mois, de ma famille, de mes proches. J’ai digéré chaque jour qui passait. J’ai mieux compris petit à petit ce que j’avais ressenti pendant des années avant. J’arrivais à donner des réponses à des questions que je me posais depuis des années. C’était vraiment cool. Et puis, je me suis fait des amis incroyables. Il y a déjà Luce que je revois énormément. Et puis surtout des gens de la production et des journalistes avec qui j’ai noué des liens. Si j’ai rencontré des gens aussi incroyables et qui aujourd’hui encore m’accompagnent dans ma vie professionnelle, c’est grâce à la « Nouvelle Star ».  Comme je l’ai dit le soir de la finale, où j’ai perdu, « aujourd’hui est le premier jour du reste de ma vie ». Ce n’était pas faux. Ça a été un grand tournant dans ma vie.

On a évoqué brièvement la scène tout à l’heure. Qu’est-ce que ça représente à tes yeux finalement ?

C’est un peu comme après chaque prime de la « Nouvelle Star ». Chaque concert me permet de faire le point sur les questionnements que je peux avoir. Après chaque concert, je me sens mieux parce que j’ai trouvé des réponses. Et je repars sur une nouvelle page blanche. C’est le temps entre chaque concert qui est difficile à gérer. Si je pouvais partir en tournée, je serais le plus heureux du monde.

Une tournée se profile.

Oui, de toute façon, si je devais rester en studio tout le temps, j’aurais fait autre chose ! J’ai besoin d’aller au contact des gens. Comme tous les artistes, je pense, j’ai besoin d’avoir ma dose d’amour et de reconnaissance. Et surtout, j’ai besoin de cracher à la gueule des gens ce qui se passe en moi. Même si je chante toujours les mêmes mots, ils n’ont pas toujours la même signification pour moi quand je les chante. Et j’aime voir dans le regard des gens qu’ils se reconnaissent dans les chansons, que ça leur fait du bien aussi. Si ça peut donner des réponses à leurs questions et aux miennes, c’est parfait. La scène, c’est un peu comme un accouchement, au début, ça fait mal, on a peur. Je ne stresse pas, je n’ai pas vraiment le trac, mais bon, jusqu’à la dernière seconde avant de mettre le pied sur scène, je suis envahi d’une peur incroyable. Et puis, quand je mets le pied sur scène, il se passe vraiment un truc. À la première bonne note qui libère bien, c’est parti !

François Raoult © Eric Vernazobres

L’année dernière, tu as enregistré « Il nous faut », en duo avec Elisa Tovati. Cette version n’est finalement jamais sortie dans le commerce, elle figure juste sur un CD promo. C’est la version bilingue avec Tom Dice, « You and I » qui a vu le jour. Comment as-tu vécu cette histoire ?

Ça m’a fait bien ch***, honnêtement ! (rires) Mais je comprends bien le truc, j’ai fait une école de commerce, je sais très bien comment ça se passe. J’ai pu apprendre petit à petit comment on fonctionnait dans le milieu. La version avec Tom Dice est très différente de ce qu’on avait fait nous auparavant. Finalement, il n’y a rien à dire. Ils ont eu raison de sortir cette version puisque ça a cartonné, que ça a super bien lancé son album et qu’ils en ont vendu des tonnes. C’est passé partout, ils ont pu faire plein de concerts grâce à ça… Mais c’est vrai que j’aurais moi aussi bien aimé la vivre cette aventure…

Avant de te quitter, j’aimerais qu’on revienne sur ton album et qu’on évoque un instant la pochette. Pourquoi as-tu fait le choix d’un dessin ?

J’avais en tête l’idée d’un carnet de voyage. J’écris toujours mes textes dans des petits carnets, je fais des dessins, etc… Je voulais garder cette idée pour la pochette et le livret de l’album. Donc, j’ai rencontré un graphiste qui s’appelle Arnaud Roussel qui est aussi dessinateur. On a fait ça très gentiment. On a discuté ensemble, on a eu plein d’idées et c’est sorti comme ça. La galette du CD, c’est aussi le dessin d’un ami qui s’appelle Red Grooms. Quand je l’ai rencontré, il m’a proposé de me faire ce dessin. C’était un super cadeau.

Propos recueillis par IdolesMag le 13 novembre 2012.

-> Site officiel : http://www.francoisraoultofficiel.com/









+ d'interviews
Vidéos




Retrouvez-nous sur Facebook
Retrouvez-nous sur Twitter
Concours
 
Retour en haut