Interview de Nadéah

Propos recueillis par IdolesMag.com le 20/11/2012.
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Nadéah - DR

Après un premier album très prometteur sorti l’année dernière, « Venus Gets Even », et avant un deuxième qui est en préparation, Nadéah revient sur le devant de la scène avec un EP, « Whatever Lovers Say ». L’occasion pour nous d’aller à sa rencontre afin d’en savoir un peu plus sur cette jeune fille née en Australie devenue aujourd’hui une véritable parisienne après un petit crochet par Londres. On a pu la voir récemment dans le projet « Nouvelle Vague » de Marc Collin. Rencontre avec Nadéah qui aime autant le Pinot Noir que les grands auteurs français…

IdolesMag : Avant de parler de l’album et du EP qui viennent de sortir, j’aimerais un peu repasser en revue certains points de ton parcours, si tu le veux bien.

Nadéah : OK !

Tu es donc née en Australie. Est-ce qu’on écoutait beaucoup de musique chez toi quand tu étais enfant ?

Oui. Mais c’était essentiellement des choses classiques, comme The Beatles ou du Bob Dylan et des choses comme ça.

Toi, vers quelle musique t’es-tu dirigée ?

Vers le jazz, le rock et l’epic-rock. Du folk aussi. J’aimais les songwriters.

Nadéah, Whatever Lovers SayÀ quel âge as-tu commencé à écrire des chansons ?

Vers 12 ans.

Qu’est-ce qui t’a attirée dans un premier temps ? Les textes ou la musique ?

Tout est arrivé en même temps, je composais au piano. Et c’est quasiment toujours comme ça.

Et pour cet album, « Venus Gets Even », ça s’est passé comment ?

J’ai fait les deux ensemble. C’est la musique qui me dicte ce qui se passe émotionnellement. Ou ça peut être une phrase qui vient comme ça… mais jamais un texte entier. Mais ça peut arriver. Si c’est un truc électro, je peux écrire les paroles sur mon IPhone. Mais la plupart du temps, c’est la musique qui m’inspire et qui me donne une idée d’où je vais aller avec le texte.

On a coutume de dire qu’un premier album est très centré sur soi-même. Est-ce le cas pour le tien ?

Non, c’est plutôt un album qui parle des autres. Il parle forcément toujours un peu de toi quelque part parce que c’est toi qui écris les chansons. Mais il évoque plutôt mon regard sur les autres. J’aime bien écrire sur ce que je vois. Ce sont plutôt des anecdotes, des histoires, pas nécessairement les miennes.

Ce premier album solo, est-il comme tu l’avais rêvé ?

C’est difficile à dire parce que j’aurais eu du mal à imaginer un truc aussi riche musicalement. Je n’aurais jamais pu le faire si je n’étais pas venue à Paris et si je n’avais pas été inspirée par Paris, son architecture, etc… et si je n’avais pas rencontré les gens que j’ai rencontrés. C’est assez abstrait et assez riche.

Nadéah - DR

Tu es donc née en Australie, tu vis actuellement à Paris après avoir fait un petit crochet par l’Angleterre. Qu’est-ce qui t’a attirée à Paris ?

Au début, le désir d’habiter à Paris est venu de ma mère. Quand j’avais sept ans, elle m’a quittée pendant trois mois pour venir à Paris. Elle m’envoyait des cartes postales de Paris. Elle m’envoyait aussi des sachets de chocolat chaud, etc… Donc, avant toute chose, c’est l’alimentation qui m’a fait venir à Paris : le pâté, les croissants, etc… C’était le rêve pour moi. Après, ça a été l’architecture. J’ai toujours été fan des arts déco. Je trouvais que Paris était un des endroits où niveau artistique c’était le plus riche. Quand je suis arrivée, je prenais des photos des bouches de métro. Je trouvais ça sublime. Et tout ça dans une ambiance de folie.

Quel regard jettes-tu sur la culture musicale et littéraire française ?

Bien sûr, je connais les grands chanteurs. J’aime beaucoup Brel, enfin, lui il est belge, mais bon… (rires) Il y a Gainsbourg aussi que j’aime beaucoup. Dans les écrivains, j’aime beaucoup Baudelaire, mais je ne l’ai pas beaucoup lu. Marguerite Duras, j’aime bien aussi, mais je ne la connais pas trop. J’aime beaucoup la musique française, mais je ne suis pas une grande connaisseuse.  Je ne la connais pas assez en profondeur.

Toi qui es anglophone, penses-tu comme certains artistes que le français ne sonne pas si bien que ça dans les chansons ?

Nous n’avons pas le même regard sur les chansons françaises. Nous on trouve ça sophistiqué, élégant et hypnotique. C’est très classe le français. Quand on te parle de « French Touch », c’est « Waow ! ». C’est beau. On n’a pas du tout le même regard sur le français par rapport au fait que la langue sonne ou ne sonne pas. On trouve que ça sonne, c’est tout.

Et toi, un jour, aimerais-tu avoir dans ton répertoire des chansons en français ?

J’ai déjà chanté en Français. J’ai écrit une chanson en français.

Ça a été facile pour toi d’écrire en français ?

Non ! (éclats de rires) Pas du tout ! Cette chanson s’appelle « L’exterminateur ». Elle parle des petites bêtes qui habitent dans la tête des gens. J’ai tenté là d’écrire une autre chanson en français, mais c’est quand même assez difficile…

De toutes les chansons qui figurent sur ton album ou sur le EP qui vient de sortir, y en a-t-il une pour laquelle tu as un peu plus de tendresse qu’une autre ? Quand je dis tendresse, je ne parle pas forcément du thème que tu abordes dans le titre, mais plutôt les conditions d’enregistrement ou quelque chose qui se serait passé autour de la chanson ?

Oui… C’est « Nobody but you » parce que ça fait peut-être quinze ans que je n’ai plus touché un piano. Je n’avais pas de piano à ma disposition. Mon dernier petit ami avait un piano à la maison et quand on s’est séparés, je lui ai demandé de me laisser son piano. Il l’a fait et du coup, j’ai composé « Nobody but you ». C’est la première fois que je rejouais du piano. J’ai recomposé des morceaux sur le piano. Et j’étais très contente de ça…

Nadéah - DR

Cet EP, « Whatever Lovers Say », fait-il à tes yeux plus partie du précédent album, de celui qui arrive ou bien le vois-tu plus comme un pont entre les deux ?

C’est plutôt une parenthèse entre les deux. Il fait un peu partie du premier album, mais tous les titres qui figurent dessus ont été écrits après la sortie du disque. Il m’a fallu un an pour que je trouve le son que je voulais et la manière dont je voulais les proposer au public. J’ai donc proposé cet EP pour les faire patienter jusqu’au deuxième album, qui sera très différent du premier. On l’entend déjà dans cet EP. Le son est différent. Je ne voulais pas attendre un an de plus avant de leur faire écouter certains titres.

Où en es-tu dans ce nouvel album ?

J’ai déjà des idées et j’ai déjà quelques morceaux mais je suis encore à la recherche d’une direction. Je sais que le EP qui vient de sortir en est assez proche. Sur le premier album, je voulais quelque chose qui parle des années 30 et des années 50 avec des anecdotes. Je parlais d’alcoolisme, de maladie mentale… Le prochain album sera plus clair. Je veux que les paroles soient plus simples.

Quels thèmes vas-tu aborder ? Le sais-tu déjà ?

Le thème principal va être l’amour. Avant, je n’aurais jamais voulu écrire un morceau sur l’amour, j’étais trop fière pour ça. Et là, je me lance 100% dedans.

Tu as commencé à écrire des chansons au piano, puis finalement « Venus Gets Even », tu l’as composé à la guitare. Et là, aujourd’hui, tu recomposes au piano…

Oui. C’est bizarre parce que l’album précédent, je l’ai composé à la guitare, mais je l’ai transféré au piano parce qu’on avait pour l’enregistrement un grand piano à queue et donc, j’ai voulu en profiter. Et pour cet album, je n’ai pas de piano mais j’ai loué un studio pour composer dessus, mais je crois qu’on va transférer à la guitare ! (rires) J’aime les mélanges en fait.

Tu as tourné un chouette clip dans les rues de Paris pour « Whatever Lovers Say ». As-tu une anecdote de tournage à me raconter ?

Il t’a plu ?

Oui, il était plein de fraicheur, très chouette.

Ah… ça me fait plaisir ! Parce que mon manager, lui, il ne l’aime pas ! (rires) En fait, on n’avait plus de sous, du coup, j’ai demandé à un de mes meilleurs amis et le frère de mon petit ami de faire le clip. On est allés filmer à 7 heures du matin au Louvre. C’était génial d’aller jouer près des pyramides. Et puis, j’ai essayé de trouver des trucs à faire dans la rue, qui collaient avec les paroles. C’était bien, ce tournage !

Je trouve qu’il y a une belle énergie dans clip.

Moi aussi ! (rires)

Nadéah - DR

Avant de te quitter, je ne peux pas ne pas te demander quels souvenirs tu gardes de l’aventure « Nouvelle Vague » avec Marc Collin ?

Wonderfull ! Ça a été génial ! Jouer à Londres, devant un public à l’écoute, c’était un concert génial. Ça a toujours été un plaisir. Il y avait beaucoup de chanteuses et beaucoup d’invités. Après ça, je pouvais arrêter Nouvelle Vague maintenant. (rires)

Une toute dernière question… Aimes-tu toujours autant le Pinot Noir ? [Nadéah a écrit la chanson « Pinot Noir & Poetry for breakfast »]

(éclats de rire) Je n’ai plus le droit de le boire… [dit-elle tout timidement]

C’est dommage !

Oh oui, c’est très dommage ! Peut-être dans ma prochaine vie ou peut-être au Paradis, je pourrai en boire autant que je veux ! Et j’aurai alors le temps de lire beaucoup plus de livres en français !! (rires)

Propos recueillis par IdolesMag le 20 novembre 2012.

-> Site officiel : http://www.nadeah.com/









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