Interview de Charles Baptiste

Propos recueillis par IdolesMag.com le 08/10/2012.
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Charles Baptiste © Arnaud Pyvka

Alors qu’il a sorti un premier EP en février dernier, « Premiers Aveux », Charles Baptiste s’apprête à sortir son premier album « Sentiments Inavouables » en début d’année 2013. « Si vous aussi, vous passez vos week-end cachés dans votre chambre à écouter des 33 tours de variété française des années 70, sortez au grand jour, Charles Baptiste vous comprend. N’ayez pas peur ! » La messe est dite ! Nous avons donc été à la rencontre de Charles Baptiste afin de mieux cerner le personnage, fort sympathique au passage ! Charles Baptiste livre intelligemment des chansons qui peuvent paraître légères au premier abord mais qui ne le sont pas tant que ça…

IdolesMag : Tu revendiques être un chanteur de variété. C’est assez rare à l’heure actuelle, où le terme « variété » semble un peu banni du vocabulaire…

Charles Baptiste : Oui… (rires) Le côté chanson française renvoie peut-être un côté un peu pesant de la sacro-sainte trinité Brassens-Brel-Ferré. C’est un peu comme si on te demandait si tu avais lu Kant ou Hegel pour pouvoir rentrer dans la discussion ! (rires) Alors qu’avec la variété française, il y une légèreté qui n’empêche pas d’aborder des sujets profonds. C’est même une forme. Ce n’est pas seulement un artifice de me revendiquer de la variété française, c’est vraiment dans mon style d’écriture. Je cherche une simplicité dans l’expression de mes sentiments les plus profonds. Souvent, quand je n’ai pas le temps, je le dis de façon un peu expéditive : la variété française, c’est chanter de façon légère des choses profondes.

Et puis, chanter de la variété, ce n’est pas une tare ! Loin de là !

Charles Baptistes, Premiers AveuxJe comprends que le mot ait été un peu galvaudé… Il y a la variétoche, il y a toute cette époque des années 80 où là, il y avait des pures chansons de variété. Parfois, c’était des one-shot. Il y a donc un truc qui renvoie un goût un peu industriel, de produit fabriqué. Alors que quand tu regardes fondamentalement les artistes qui passaient dans les émissions de variété des années 70, c’étaient des mecs qui chantaient… Et puis, à l’époque, on n’avait pas la technique qu’on a aujourd’hui, il fallait qu’ils assurent ! Il y a tout un truc qui fait que le terme variété renvoie à une industrialisation de la chanson, alors que c’est plus une forme de légèreté et d’insouciance, qui n’empêche pas l’émotion.

Et puis, la variété est populaire.

Quand tu dis populaire, ça me fait d’abord penser à « pop ». Pour moi, la variété, c’est un peu la chanson pop française, en fait. C’est une autre façon de dire les choses. Quand tu écoutes Julien Clerc chanter, bien sûr qu’il a été influencé par Brel, mais quand tu écoutes les instrumentations de « Terre de France », tu sens que Dominique Blanc-Francard a essayé de refaire les instrumentations de Neil Young période « Harvest ». Quand Berger se met à chanter, qu’est-ce qu’il essaye de faire ? Du Elton John en français… Mais en essayant de faire claquer le français. Un peu comme Souchon et Voulzy qui étaient complètement fans de McCartney et compagnie. Donc, la variété française, finalement, c’est de la chanson pop en français. Dans mon disque, c’est ce que j’ai essayé de faire. J’ai mis des batteries qui claquent, des chœurs, des violons parfois à la limite du disco qui sont un peu virevoltants et pas uniquement un violoncelle qui sous-tend une mélodie dramatique…

Une musique qui donne la pêche n’empêche pas d’avoir un réel propos derrière…

Il y a deux sentiments importants chez moi, c’est l’exaltation et l’enthousiasme. Je suis toujours très facilement émerveillé par les choses de la vie. Et je crois que la musique doit te porter avec enthousiasme et légèreté.

Es-tu né dans une famille de mélomanes ?

Oui, une famille de mélomanes à fond… mais plutôt des mélomanes orientés « Deutsche Grammophon » (éclats de rires). On m’a donc mis au piano très tôt. J’ai écouté beaucoup de musique classique. Mon père qui faisait un peu de résistance à la maison, me faisait écouter une cassette de Julien Clerc sur le chemin de l’école. Julien Clerc évoque donc des choses très intimes en moi. Ce sont mes premiers contacts avec la chanson. Il y avait aussi une cassette de Gainsbourg qui traînait, qui apportait le côté un peu dangereux… (rires) Quand je regardais la pochette, j’avais un peu peur, alors que Julien Clerc apportait une espèce de goût d’ailleurs… de goût de la liberté finalement très différent. Et donc, jusqu’à mes treize ans, je n’ai écouté que de la musique classique et ces deux chanteurs…

Charles Baptiste © Arnaud Pyvka

Et là, à treize ans, que se passe-t-il ?

Ma mère m’a amené à la Fnac rue de Rennes à Paris. Il faut savoir que je viens de province, je viens du Béarn. C’était donc un voyage touristique que nous faisions à Paris avec ma mère. Nous étions dans les rayons de la Fnac, et là, elle me sort « The Dark Side of the Moon » des Pink Floyd en me disant « Charles Baptiste, il est temps que tu écoutes de la musique électrique ! » (rires) À partir de là, j’ai découvert tout l’univers des Pink Floyd et des choses un peu différentes. J’ai écouté beaucoup de rock progressiste des années 70.

Le piano au départ, ce n’était pas vraiment une envie de ta part ?

Tu sais, quand tu es enfant, tu as envie de quoi ? De pains au chocolat ! Jouer du piano, tu ne comprends pas forcément à quoi ça sert. Au fur et à mesure, ça a été un truc assez naturel chez moi, où dès que j’arrivais à la fin du travail d’un morceau, j’étais quand même tout fier de le montrer autour de moi… Le premier morceau que j’ai joué dans une audition, c’était « Le Petit Cavalier » de Robert Schumann… (rires)

À 13 ans, tu découvres Pink Floyd, mais qui étaient tes idoles à l’adolescence ?

Mes idoles, ça a été Roger Waters et David Gilmour. David Gilmour même en premier. En six mois, j’ai connu toute la discographie des Pink Floyd et je savais faire tous les solos de Gilmour en air guitar en chantant toutes les mélodies. Ça a été mon idole absolue. En plus, c’était un beau gosse, ce Gilmour ! Pendant longtemps, j’ai eu un peu de mal à faire du piano mon instrument, justement à cause de mon idole…

À quel âge as-tu commencé à écrire des chansons ? À l’adolescence ?

Au départ, j’avais un grand-père très lettré. Il m’a donné le goût de la littérature, tout ce qui est Balzac, Kundera, etc… J’écrivais donc surtout des poèmes. Par contre, à 16 ans, tu formes un groupe de rock et tu écris des chansons… Mais la vraie écriture de chansons en français m’est venue vraiment vers 20 ans. Là, j’ai commencé à assumer le fait de dire des choses qui pouvaient tendre vers l’impudeur parce que tout de suite chanter en Français, c’est un risque. Il y a une épaisseur de sens dans chaque mot. C’est donc vers l’âge de 20 ans que j’ai eu l’envie d’assumer de tomber dans l’impudeur et dans la révélation. C’est d’ailleurs pour cette raison que mon premier EP s’appelle « Premiers Aveux ». J’ai toujours un peu l’impression qu’une chanson c’est une forme d’aveu. En l’occurrence, ce sont souvent des aveux de faiblesse. Et la chanson te permet de te rendre un peu plus fort et permet aussi de dire aux gens qui vivent ce même genre de faiblesse qu’ils ne sont pas les seuls à vivre comme ça. C’est un peu l’idée de dire « moi aussi je suis comme ça. Avec cette chanson, on va se sentir un peu moins seuls tous ensemble. »

Charles Baptiste © Arnaud Pyvka

Que s’est-il passé entre tes 20 ans et ces « Premiers Aveux » ?

Il s’est passé les années qu’on appelle dans les fiches wikipédia « les débuts, premiers succès, premiers échecs » (rires). Ce sont des années à tourner dans des rades à Paris et en province, à essayer de trouver des plans, à appeler des rockers à Marseille puis à bordeaux pour s’échanger les plans pour aller y jouer et y être hébergé. J’ai tout de même eu un certain succès avec un groupe de rock. Je tournais sous mon nom. J’ai eu un léger succès qui m’avait attiré l’intérêt de quelques maisons de disques un moment. Et puis finalement, non, plus personne… Et on recommence… (rires) Après, on décide qu’on arrête la guitare, parce que finalement, la guitare, on se rend compte que ce n’est pas forcément le meilleur instrument. On assume enfin le piano. On fait des rades avec de moins en moins de gens…  Dans des caves où il y a cinq personnes dans le public avec des vieilles dames qui s’endorment et d’autres qui viennent te mettre une claque sur scène… La routine, quoi ! Et puis au bout de six/sept ans de ça, à un moment, un ange gardien arrive et dit qu’il y a peut-être quelque chose à faire… C’est la rencontre magique. Tu as enfin un impresario. Enfin, aujourd’hui c’est complètement galvaudé, on dit un manager, un directeur artistique ou un producteur. Et donc, à cette époque, j’ai rencontré un éditeur et un tourneur qui m’a fait tourner énormément. Là, j’ai pu tourner en première partie de gens formidables : la Grande Sophie, Michel Delpech, Bénabar, Art Mengo, Guillaume Grand, Carmen Maria Vega, Emily Loizeau… En deux ans j’ai dû faire quelque chose comme 70 dates.

Les quatre chansons qui figurent sur le EP sont-elles récentes ?

Oui. Ce sont des chansons assez récentes. Quand je dis qu’on met du temps, ça veut dire qu’on abandonne certaines choses. C’est un chemin naturel. Il y a des choses que tu peux chanter à 23 ans et que tu ne peux plus chanter plus tard. Moi, aujourd’hui, je vais avoir 30 ans, je ne vais pas chanter la même chose qu’à 20, ni de la même manière. Je dis toujours aux copains que si tu es dans un groupe de rock et qu’après 25 ans, ça n’a pas marché… arrête ! (rires)

Charles Baptiste © Arnaud Pyvka

La pochette du EP est dans un esprit très Berger/Sanson. Est-ce que c’était voulu ?

Non pas vraiment. Déjà, franchement, je ne connais pas bien les images de Berger et Sanson. Je connais les chansons qui passent sur Nostalgie et Chante France, mais je n’ai même pas d’album d’eux… Je n’ai jamais trop écouté. Mais ça fait partie de l’inconscient collectif, en tout cas musicalement, pas en terme d’image. Moi, la pochette, je l’ai voulue comme ça parce que dans la vie de tout un chacun, il faut savoir être soi radicalement. Je m’appelle Charles Baptiste, c’est un double prénom, ça n’a pas toujours été facile à porter. (rires) Je ne vais pas m’affranchir de ça. Donc, je voulais approfondir cette chose-là et être Charles Baptiste de façon radicale. Pour un disque qui s’appelle « Premiers Aveux », le meilleur décor, c’est un peu ce qui rappelle la bourgeoisie de province, qui a à la fois une élégance un peu intemporelle et qui est à la fois complètement sclérosée dans ses non-dits et sa culpabilité ancestrale. J’ai essayé de retrouver ça, mais en apportant une espèce de truc qu’on a dans les pochettes de la fin des années 70 un peu punk. On décale les photos, elles sont très flashy. Tout d’un coup, on a l’impression que ça a été pris sur le vif. Alors qu’un portrait classique aurait été pris différemment.

Le EP est composé de quatre titres. Tu en proposes un gratuitement sur ton site, « On veut des tubes »… Il est dédié à qui ce titre, déjà ?

Il est dédié au public auprès duquel je m’engage, s’il continue à me suivre les trente prochaines années, à jouer éternellement les tubes qu’ils auront élus dans mon répertoire !

Y a-t-il un album en préparation ?

Forcément.

Pour quand est-il prévu ?

Il est prévu pour février/mars 2013. Et il s’appellera « Les Sentiments Inavouables ».

Charles Baptiste © Arnaud Pyvka

Quels sont ces « Sentiments Inavouables » ?

Justement, tu en as déjà quelques-uns sur le EP. « Piquez-moi avant », c’est l’idée de sentir en soi qu’on devient de plus en plus conservateur et replié sur soi au fur et à mesure qu’on avance dans la vie. C’est quelque chose qu’on tait. Les gens ont plus envie de dire qu’ils sont très ouverts et qu’ils ont envie de rencontrer des gens. La chanson « Dans ma chambre d’adolescent », c’est un type qui se rend compte que l’adolescence était un moment atroce et horrible et que c’était bien d’en sortir. « Aussi cool que toi », c’est un mec qui avoue qu’il ne se sent pas du tout à l’aise, parce qu’il a l’impression de ne pas être celui qu’il avait prévu de devenir. Après, il y aura d’autres chansons dans l’album, comme « Je ne quitterai pas ma femme pour toi », sur la notion de l’infidélité consommée ou non consommée. Doit-on dire ce genre de chose ? Il y a une chanson qui s’appelle « En route pour l’Oscar », qui est  l’aveu  d’un type qui a raté sa vie et qui voit que son amour de jeunesse, elle, est en train de réussir et est sur tous les plateaux télé. Ce sont tous des aveux… inavouables !

Tu en es où dans l’album ?

Je suis en train de finir la production. Je suis donc en train de peaufiner, mais je n’ai pas encore fait les voix. Là, je suis en train de peaufiner les violons et des tout petits détails de ma mémoire, comme dirait Julien Clerc…

Ce travail de studio, te plait-il ou bien le trouves-tu plutôt rébarbatif ?

Eh bien écoute… Finalement je trouve ça bien… avec les méthodes d’aujourd’hui ! Au départ, j’aurais été terrorisé si j’avais dû enregistrer un disque dans un studio à l’ancienne, avec les grandes consoles de mixage, avec des mecs qui ont enregistré depuis les années 70 avec les plus grands de la chanson… qui se demanderaient à quoi ressemblent mes chansons ! (rires) Et qui se foutraient royalement de ma gueule, parce que je n’y connais rien en technique. Alors que là, j’ai fait quelques prises en studio, mais j’ai fait beaucoup de choses dans ce qu’on appelle des « home studio » avec juste un laptop dans une petite chambre. Et en fait, ce processus me plait énormément. Il faut savoir ne pas se perdre, sinon, on peut se retrouver dans la situation d’Axel Rose qui a essayé pendant 20 ans de faire mieux que « Appetite for Destruction » ! (rires) Mais j’avais envie de prendre le temps pour la production. Là où il y a la magie de l’instant en concert, une magie inestimable, sur disque, on achète sa mémoire pour les trente prochaines années. Un disque, c’est quelque chose de définitif. Après, tu ne peux pas dire « Ah non, désolé, je n’étais pas en forme ce jour-là »… Quand tu sors un truc, tu as intérêt à ce qu’il soit parfait. Il faut bien prendre son temps, pour ensuite durer pour l’éternité…

Charles Baptiste © Arnaud Pyvka

Les chansons qui figurent sur l’album, tu les joues déjà sur scène. N’as-tu pas un peu peur qu’elles ne perdent un peu de la fraîcheur ?

Ah Ah… (rires) Le truc, c’est que la scène permet aussi de tester les chansons. On ressent dans le public ce qui passe et comment le message est reçu. Ce n’est pas pour ça que je ne vais mettre sur l’album que des chansons que les gens adorent. Il y a forcément des chansons personnelles que j’ai envie de voir sur le disque et qui ne fonctionnent pas forcément sur scène. Il y a des chansons de scène et des chansons de disque.

C’est tout de même important à tes yeux de voir l’impact que la chanson a sur le public avant de la graver.

Oui… En fait, parfois, j’affine des paroles ou des choses comme ça. Dans le ton que j’adopte dans « Premiers Aveux » et « Sentiments Inavouables », je cherche aussi à incarner des humains. Au sens où il y a toujours une part d’ombre et de lumière dans chaque être. Il y a toujours un côté un peu drôle, étrangement drôle… et l’étrange se transforme parfois en émotion mélancolique. C’est un truc pas évident. Mon grand maître dans cette optique, c’est un anglo-saxon, c’est Randy Newman. Ou un mec comme Morrissey, qui sait manier l’ironie avec autant d’émotion que de drôlerie. Et ça, parfois, ce n’est pas évident. Si je n’ai pas une réaction à la fin d’une phrase précise, qu’elle n’a pas eu assez d’impact, je peux modifier un truc ou l’autre. Mais c’est vraiment à la marge… Pour aller sur scène, il faut tout de même des chansons qui tiennent la route ! (rires)

C’est quoi la scène pour toi ? Une grande partie de plaisir ou une grande partie de souffrance ?

C’est une grande partie de souffrance au sens où c’est quelque chose de terrifiant. La dernière demi-heure, les dernières quinze minutes, il ne faut pas venir me parler, je suis la personne la plus odieuse qui soit. D’ailleurs, tout le monde est prévenu et je m’enferme tout seul quelque part. Mais par contre, une fois qu’on est sur scène, on partage des moments tellement fort et, je l’espère, inoubliables. Donc, je me donne tout entier et j’adore vraiment ça. C’est un moment d’échange fondamental.

Charles Baptiste © Arnaud Pyvka

Quels sont les artistes qui t’ont le plus marqué, toi, sur scène ?

Sur scène… ne rigole pas. Je vais te dire un truc grotesque, mais le truc qui m’a le plus marqué au monde sur scène, c’est un concert de Magma ! (éclats de rire) Je me suis dit que ces mecs étaient tellement sincères et radicaux, que c’était comme ça qu’il fallait être sur scène. Les mecs, ils sont dans une langue étrangère, et ils font deux morceaux par concert. Un de cinquante minutes et un de quarante-cinq minutes. Même si tu n’aimes pas leur musique, tu es obligé d’être fasciné et transporté. Quelque part, à chaque fois que je monte sur scène, j’essaye de me dire que même si quelqu’un n’aime pas la chanson et la variété française, je vais essayer de le convaincre qu’il se passe quelque chose de sincère. Et la sincérité va tout emporter.

Si je te posais la question stupide de savoir quelle chanson tu emporterais sur une île déserte, que me répondrais-tu ?

Ce n’est pas une question stupide, voyons ! Déjà aller sur une île déserte, c’est formidable !! Ça n’arrive plus dans la chanson française de pouvoir s’acheter une île déserte comme Antoine… (rires) Je pense que si je devais prendre une chanson, je prendrais « Utile » de Julien Clerc.

Tu es très très Julien Clerc, en fait.

Ah oui, je suis un obsessionnel ! (rires) Et puis, elle est formidable cette chanson… « À quoi sert une chanson si elle est désarmée ? »… Je pense que je prendrais cette chanson, sinon, ce serait de la musique pure.

Et si c’était un morceau de musique au sens large ?

Ce serait la première improvisation de Keith Jarrett sur le « Köln Concert ». Sur une île déserte, je ne suis pas sûr que je prendrais une chanson. Quoique j‘aurais peut-être envie d’entendre la voix d’un autre être humain. En plus, ce morceau de Keith Jarrett, c’est un piano seul, c’est un morceau de 22 minutes qui est immense et très instinctif. Il a un côté très intellectuel et très animal. Je suis dans une démarche comme ça aussi…

Que va-t-il se passer jusqu’à la sortie de l’album ?

Là, je n’arrête pas. Je vais faire les premières parties d’Emily Loizeau, de la Grande Sophie, de Thomas Dutronc, de Higelin… Et puis, je vais faire quelques sessions. Là, je commence à tourner mes premiers clips. Enfin, disons que j’enregistre des vidéos sur mes musiques pour enrichir mon image en ligne.

Ça t’intéresse tout ce travail de l’image ?

De toute façon, on est forcés de la travailler. Il faut vivre avec son temps. Mais quelque part, c’est intéressant parce que ça permet aussi d’approfondir les choses. Je crois qu’aujourd’hui les gens n’écoutent plus vraiment la musique, je crois qu’ils la regardent… C’est pour ça que je m’implique totalement dans la création de ces vidéos. C’est moi qui les écris. Et je travaille avec une réalisatrice formidable. Je ne pourrais pas laisser l’écriture à quelqu’un d’autre. Je me sentirais dépossédé de ma matière.

Propos recueillis par IdolesMag le 8 octobre 2012.

-> Site officiel : http://www.charles-baptiste.fr/









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