Interview de Amaury Vassili

Propos recueillis par IdolesMag.com le 18/10/2012.
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Amaury Vassili © Klaus Roethlisberger

Amaury Vassili revient avec  un troisième album, « Una Parte di Me », dans lequel il revisite les plus grandes œuvres classiques, de Brahms à Chopin en passant par Tchaïkovski, Mozart ou Borodine. Amaury nous expliquera dans quelles circonstances est né ce projet en italien, alors qu’un album en espagnol avait été un temps envisagé. Nous reviendrons également quelques instants sur sa participation à l’Eurovision. Amaury nous avouera qu’il serait partant pour y retourner. Rencontre avec un jeune ténor de 23 ans qui a fait du lyrique pop son domaine de prédilection.

IdolesMag : Quand t’es-tu remis à travailler sur ce projet précisément?

Amaury Vassili : Là, ça mûrit depuis quelques temps puisqu’en effet, après l’Eurovision, je me suis concentré quelques petits mois sur la réédition de mon précédent album, « Cantero ». Et puis, finalement, après avoir fini de travailler sur cette réédition studio, j’ai commencé à avoir avec mon équipe une réflexion sur ce troisième album. On a vraiment pris notre temps. Et je pense que c’était nécessaire puisqu’un troisième album, ça peut être tout ou rien ! Je dis ça à tous les albums… le deuxième, c’était la même chose. Quand on sort d’un succès, il faut assurer derrière. On a toujours  un petit peu de pression en plus sur nos épaules. (rires) Mais cet album, « Una parte di me », j’en suis très très fier puisque, à mes yeux, c’est mon meilleur album. L’évolution continue. J’espère que le public pourra en déduire la même chose ! (rires) J’en suis très content de cet album, donc, il y a certes le petit stress de la sortie, mais je pars quand même serein parce que je sais que j’ai fait du bon boulot, que je suis fier de ce que j’ai fait et que j’estime que c’est quand même le principal : se plaire dans son métier.

Amaury Vassili, Una Parte di MePendant un temps, il était question de sortir un album en espagnol. Pourquoi as-tu abandonné la piste ?

J’étais parti sur la piste espagnole pour la bonne et simple raison qu’à la base, je me disais qu’on allait repartir sur un troisième album où on allait me proposer des chansons, le cursus normal pour le troisième album d’interprète. Je pensais que ça allait être ça. Et puis finalement, je me suis impliqué beaucoup plus que ce que je n’imaginais avant de commencer à travailler dessus. J’ai commencé à co-composer, j’ai essayé d’amener des petites mélodies et des petites choses…

Tu revisites cette fois-ci les grands airs classiques de Mozart, Brahms, Chopin, Tchaïkovski…

Il faut savoir que cet album est composé de 13 chansons dont 12 thèmes classiques ont été abordés, en passant par Chopin, Brahms, Mozart, Bach, Tchaïkovski ou encore Borrodine. Donc, on a pris tous les plus grands compositeurs. Toutes ces mélodies sont dans l’inconscient collectif. On a tous entendu la 40ème de Mozart au moins une fois dans sa vie. C’est d’ailleurs de la 40ème de Mozart qu’est extrait le premier single. Tout le monde a un jour entendu ces thèmes classiques. Et nous, de ça, on a cherché à travailler autour pour créer un univers toujours à mi-chemin entre le classique et la pop. Et surtout, on a incorporé une section rythmique, guitare/basse/batterie, qui était absente sur les deux albums précédents. On a eu vraiment une envie de modernité. Mais sans envie de fracture puisqu’on n’a pas du tout envie de perturber le public. Bien au contraire, parce qu’on est très content de ce qu’on a réalisé jusqu’à maintenant…

Tu parles toujours d’équipe…

Oui, je dis « on » ou « nous », parce que nous sommes une équipe. Ce troisième album a bien entendu été créé par Amaury Vassili, mais il a été créé aussi par les trois autres personnes qui sont autour de moi depuis mes 19 ans et qui sont la base de tout ça. Je pense à Quentin Bachelet, qui est le réalisateur de l’album et qui a composé plusieurs titres. Je pense aussi à Davide Esposito qui est l’auteur/compositeur avec qui je travaille depuis le début. Et puis, il y a aussi Daniel Moyne qui est mon manager et qui me conseille dans mes choix. Daniel compose aussi d’ailleurs. Ces trois personnes sont là depuis le début et nous travaillons vraiment en équipe. On a eu des discussions assez longues, parce que je dois t’avouer que pour moi c’était un travail tout nouveau. Mais c’était très agréable, surtout qu’avec un troisième album, on sait qu’on a d’une certaine manière un peu plus les mains libres. Donc, on a envie de créer quelque chose d’encore plus original. Et à côté de ça, on a envie de conquérir toujours plus de public. Je pense que c’est bien de pouvoir se lancer dans un projet comme celui-ci où on n’est pas seulement interprète, où on est mis à contribution à chaque étape. Et notamment au niveau de l’écriture. Je n’en ai pas encore parlé. J’ai donné des pistes de textes à Davide pour qu’il puisse écrire sur différents thèmes pour ne pas parler que d’amour. Alors, bien entendu, j’en parle toujours, il y a toujours des chansons d’amour. Mais il y a d’autres chansons avec d’autres types de textes. J’avais envie de parler d’autre chose. Comme tu vois, il y a une évolution un peu partout et j’espère que mon public me suivra dans ces choix sans problème.

As-tu hésité un moment avant de te lancer dans un répertoire clairement classique ?

Dans cet album, on ne peut parler de classique que pour les thèmes utilisés. On n’est pas du tout sur de la reprise ou de quoi que ce soit de copier. Pour moi, la musique classique est le socle de toutes les musiques. Tout part de là. Ce que j’ai toujours trouvé dommage jusqu’à maintenant, c’est que finalement les chanteurs lyriques n’étaient satisfaits que quand ils avaient un rôle dans un opéra ou que quand ils chantaient des pièces magistralement connues, mais il n’y avait jamais un processus de création autour de la musique classique. Et nous, c’est vraiment ce qu’on a essayé de faire. On a vraiment essayé de se servir de ces immenses compositeurs pour créer un répertoire que l’on peut qualifier de classique mais qu’on pourrait aussi classer dans la variété internationale. Et tout ça, c’est uniquement grâce à ce que ces grands compositeurs nous ont apporté. Ce style-là me convient parfaitement, parce qu’on touche un peu tous les publics. On va pouvoir toucher l’oreille du jeune de cité qui a peut-être entendu du Mozart dans une chanson de rap, puisque c’est très habituel que les instrus de rap reprennent des morceaux classiques. Et en entendant les titres à la télé, il va se dire que c’est une reprise de Rhoff ou quelqu’un d’autre. Quoiqu’il arrive, ça va éveiller les gens qui vont entendre les titres. Ils vont se dire qu’ils connaissent ou qu’ils ont déjà entendu cet air-là, que ce soit dans une pub ou dans une autre chanson… Et donc, peut-être que ça va amener une réflexion différente que celle que les gens ont tout le temps à propos du classique, à savoir que c’est une musique de vieux… On essaye de casser les codes dans le fond.

Amaury Vassili © Klaus Roethlisberger

Ce sont des mélodies que tout le monde a entendues au moins une fois.

C’est toujours bon de parler au plus grand nombre. Et puis, il faut dire que ça me permet aussi d’avoir une petite chance de continuer à percer à l’étranger. Puisque ces grands compositeurs sont connus dans le monde entier. C’est une dimension qui n’est pas négligeable pour un artiste français. Ça m’ouvre certaines portes que la langue française ne m’aurait peut-être pas ouvertes.

L’album va sortir à l’export, j’imagine.

Oui.

Va-t-il s’agir du même album ou bien certains titres vont-ils être modifiés ?

Je pense que ce sera le même, clairement. Après, peut-être qu’on retirera la version française de la chanson de Borrodine qu’on a faite avec Les Petits Ecoliers Chantant de Bondy. Cette chanson-là, comme on l’a enregistrée en français et en italien, je pense qu’à l’international, ce sera la version italienne qui sera choisie. Après, pourquoi ne pas réenregistrer quelques titres si on me le demande. Mais on n’en parle pas encore pour le moment. Là, comme je te le disais, on est tellement fiers de cet album que je pense que dans son intégralité, il peut être exporté.

Peut-être y trouvera-t-on d’autres duos, avec des vedettes « locales » ?

Pourquoi pas ? C’est une possibilité envisageable. C’est quelque chose que j’imagine très bien. J’ai notamment quelques contacts avec des artistes et des chefs d’orchestre au Japon. On pourrait faire un échange de bon procédé ! (rires) Que j’aille me produire là-bas et que lui vienne se produire en France. Il y a plein de choses qui émergent petit à petit. Et tout ça, c’est grâce à cet univers qui est si particulier et qui intéresse énormément de monde. Je vis une belle vie, dans le fond ! C’est magique ! C’est chouette d’être artiste.

En parlant de duo, on retrouve deux duos sur ce nouvel album, un avec Sofia Essaïdi et l’autre avec Dominique Magloire. Les connaissais-tu depuis longtemps ? Qu’est-ce qui t’a donné envie de travailler avec elles deux ?

Depuis longtemps, ce serait mentir, puisque j’ai tendance à prendre les choses les unes après les autres. J’avais envie d’un duo avec une chanteuse qui avait des influences un peu plus pop. C’était vraiment une volonté. On a beaucoup réfléchi. On voulait quelqu’un qui ait le naturel et les couilles, disons le mot tel qu’il est, pour rentrer dans mon univers, tout en gardant sa personnalité. Sofia, c’est une amie, je la connais depuis un moment. Elle est adorable, on s’entend très très bien. En studio, clairement, elle nous a mis sur le derrière. Elle a exactement trouvé ce que nous on voulait. C’était jackpot ! On voulait qu’elle apporte sa vraie personnalité et c’est ce qu’elle a fait.

Amaury Vassili © Klaus Roethlisberger

Et Dominique Magloire ?

C’était mon idée de départ. J’avais envie d’un autre duo, avec une chanteuse classique cette fois-ci. Je m’étais mis en tête un peu ce qu’avait fait Freddie Mercury avec Montserrat Caballé, « Barcelona ». Et je me suis dit, pourquoi ne pas mélanger un chanteur lyrique-pop avec une chanteuse complètement classique ? Je l’avais déjà fait avec Katherine Jenkins. Dominique, je la connaissais depuis un moment aussi, et puis, je l’ai redécouverte grâce à l’émission The Voice dans d’autres registres. C’était un peu le duo que je voulais. Les grandes stars ne sont généralement pas les plus disponibles. Et puis, je suis dans une optique de partage, et c’est vraiment ce que j’ai ressenti en faisant ces duos avec Sofia et Dominique. Il y avait du sentiment, c’est le plus important. Faire un duo pour faire un duo, c’est bien, mais si c’est impersonnel, s’il n’y a rien à raconter derrière, c’est tout de suite moins intéressant.

« Une parte di me » bénéficiera de deux éditions, dont une collector avec un DVD bonus. Que va-t-on retrouver sur le DVD ?

On retrouvera mes quatre premiers clips, plus une petite vidéo qui explique un peu comment cet album est né, comment je suis, avec qui j’ai collaboré. On donne un peu des explications, on y voit des proches. Toute mon équipe parle également du projet. On a vraiment voulu faire un petit film pour présenter le projet au public, pour montrer tout le travail qui est fait en amont.

Est-ce que c’est important pour toi de partager ces moments privés avec le public ?

Tout est bon à partager. Je pense que le rapport qu’un artiste doit avoir avec son public ne doit pas se résumer au contact visuel qu’on a quand on est sur scène. Ça se passe aussi dans la rue, ça se passe un peu partout.

Avant de parler de la scène, j’aimerais revenir un instant sur l’Eurovision. Avec le recul, quels souvenirs gardes-tu de cette aventure ?

C’était mortel. J’ai toujours dit que je retournerais au front si je le pouvais. C’est une aventure superbe, ça m’a beaucoup plu.

Ah bon ? Tu y retournerais ?

Ah oui. À la suite de l’Eurovision, il y a eu plein d’articles qui partaient dans tous les sens. Ça ne représentait pas du tout ce que je ressentais. Tout le monde le sait, et on peut le dire, l’Eurovision, c’est pipé d’avance. C’est clair. Il y a plein de trucs qui se passent sur place, des arrangements, etc… Mais quand on passe au-dessus de tout ça, qu’on le sait et qu’on est prévenus, on profite quand même. Et puis, franchement, j’ai vécu quelque chose d’énorme en étant favori. Pendant les deux mois qui ont précédé l’Eurovision, ça a  été l’euphorie complète. J’avais les journalistes tout le temps avec moi. Ça a été une exposition maximale. Et puis, j’ai fait des rencontres fantastiques. Et notamment des rencontres artistiques avec des gens avec qui j’ai envie de faire des duos dans le futur. Pour moi, ça ne m’a apporté que du bon, clairement. Et quand je dis que j’ai envie d’y retourner, c’est pour la simple et bonne raison qu’il n’y a pas trente-six mille occasions dans la vie où on peut se produire devant des millions et des millions de téléspectateurs. Donc, il faut en profiter autant que possible. Je suis quelqu’un de très positif en général, donc, je garde les bons côtés de l’Eurovision, même si le soir, juste après la défaite, j’ai pu avoir des paroles qui ne me correspondaient pas. Je pense que quand on a mis tant d’espoir et de volonté dans une aventure, et qu’on perd, c’est normal qu’il y ait une déception. Avec le recul, elle disparait pour laisser place à la satisfaction d’avoir fait quand même ce qu’il fallait, malgré le résultat. Du coup, je n’ai qu’une envie, c’est recommencer !

Amaury Vassili © Klaus Roethlisberger

Tu étais peut-être un peu trop « le » grand favori. Dans la salle de presse, les journalistes ne parlaient que de toi.

(rires) Et surtout, les gens ne savaient tellement pas où me mettre avec ma chanson !!… Mais tu sais, je ne suis pas sûr que j’aurais eu les opportunités que j’ai à l’heure actuelle si je n’y avais pas participé. Je suis même prêt à parier que je ne les aurais pas eues. En France, on aurait gagné, j’aurais eu une côte de popularité soudaine énorme. Mais sur l’international, je ne pense pas que ça m’aurait ouvert autant de portes. Je me suis renseigné un petit peu sur les gagnants de mon année, et… ce n’est pas facile ! Ce n’est pas parce qu’on gagne l’Eurovision que tout se simplifie du jour au lendemain. Mais c’est vrai qu’en France, comme on n’a pas gagné depuis très longtemps, c’est sûr que ça aurait été génial. Il ne faut pas cracher dans la soupe. Mais il faut quand même savoir que pour le reste du monde, ça n’apporte pas beaucoup plus.

Avant de te quitter, je voulais évoquer un instant la scène. On annonce une grande tournée. Peux-tu déjà m’en parler ? Dans quelle salle parisienne vas-tu te produire ?

La salle à Paris, je ne la connais pas encore. Mais il va y avoir une tournée, ça c’est sûr. On va essayer de mettre en place une grosse tournée pour continuer dans le bon sens. Mais là, je ne suis pas encore porté sur la tournée, je suis à fond sur la promotion de cet album. J’ai envie que ça fonctionne, et je pense, du moins je l’espère, qu’on est armés pour que le public apprécie. Je touche du bois !

La tournée, tu y penseras dans un deuxième temps.

Oui, c’est ça. L’album sort à peine, c’est donc un peu difficile de se dire qu’on se penche déjà sur la tournée. Mais pour être honnête avec toi, ce matin, j’avais un rendez-vous à propos de la tournée tout de même… (rires) Donc, on y pense, on est en pleine réflexion mais il n’y a encore rien de concret au niveau des dates !!

Propos recueillis par IdolesMag le 18 octobre 2012.

-> Site officiel : http://www.amauryvassili.com/









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