Interview de Baptiste Giabiconi  

Propos recueillis par IdolesMag.com le 27/09/2012.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag et/ou Dehmar SARL.

Baptiste Giabiconi © Justin Wu

Baptiste Giabiconi sort son premier album, « Oxygen ». D’abord disponible par l’intermédiaire du site vente-privee, ce premier opus sera dans les bacs le 15 octobre prochain. Après avoir été le mannequin vedette de Karl Lagerfeld et après avoir enflammé vos soirées du samedi dans l’émission de TF1 « Danse avec les stars », Baptiste nous prouve avec cet album que sa passion pour la musique n’est pas feinte et est bien réelle. Au cours de notre entretien, il nous expliquera que la musique aura été pour lui une vraie bouffée d’oxygène à un moment de sa vie où il perdait ses repères, d’où le nom de l’album. Il se produira notamment le 22 octobre prochain sur la scène du Divan du Monde. Rencontre dans les étoiles avec un jeune homme qui a bien la tête sur les épaules !

IdolesMag : Tu rentres de New-York où tu viens de tourner le clip de « Speed of Light ». Comment s’est passé le tournage ?

Baptiste Giabiconi : Ça s’est super bien passé. Il y avait vraiment une très très bonne ambiance. Comme tu le dis, j’ai eu la chance d’aller tourner ce clip à New-York. Encore une fois grâce aux internautes et aux producteurs qui ont misé sur cet album sur My Major Company. On a tourné dans un très beau lieu, on était dans un loft désaffecté. On a fait de super plans, je pense, avec les musiciens derrière. On en a également faits dans la ville. La lumière était vraiment chouette là-bas. Ce sera très très joli, je pense. Et le réalisateur, c’est Mark Maggiori.

As-tu un rapport particulier avec New-York ? Une chanson de l’album s’appelle « New-York »…

J’y suis allé pour la première fois il y a trois ans et je suis tombé un peu amoureux de cette ville, de son énergie, de tout ce qu’elle peut dégager. J’ai voulu qu’un titre de l’album porte ce nom car il y a toute une histoire d’amour autour de cette ville…

Baptiste Giabiconi, OxygenL’album vient d’être mis en vente sur le site vente-privee.fr, et il sera dans le circuit traditionnel dans quelques semaines. Dans quel état d’esprit es-tu, parce qu’il a tout de même mis un bon moment avant de voir le jour ?…

Oui. Mais il a mis le temps qu’il fallait, je crois. Avant, c’était trop tôt. Et là, on arrive vraiment au bon moment. Je voulais faire participer tous mes fans. Si j’avais vraiment voulu le sortir plus tôt, je n’aurais pas pu mettre en place tout ce qui a été mis en place aujourd’hui. Ce sont deux années  qui auront été bénéfiques dans le fond. Pouvoir partager cet album avec mon public, faire pas mal de plateaux à travers la France et l’Europe… Pouvoir faire des show-cases, pouvoir aller à la rencontre du public… Je crois qu’au jour d’aujourd’hui, toute cette attente a été bénéfique. Les gens me connaissent un peu, ils savent que j’arrive avec un album. Je ne suis plus un inconnu musicalement pour eux. C’est un peu comme un fruit qui a besoin d’arriver à maturité pour être cueilli.

Depuis combien de temps travailles-tu sur cet album ? On a coutume de dire qu’un premier album, on travaille dessus depuis toujours.

C’est un peu vrai. Ce premier album représente un peu toute mon adolescence, mon parcours, mes obstacles, mes joies, mes tristesses… Du coup, c’est un peu tout ce qui ressort de ces moments. J’ai voulu les coucher sur du papier, et ça a donné l’album « Oxygen ». J’ai eu un parcours un peu atypique, cet album le retrace en quelque sorte. Je repense à tout ce qui a pu m’arriver, toutes les rencontres que j’ai pu avoir, et qui ont un peu changé le cours de ma vie…

Tu co-signes sept titres. L’écriture est-elle un besoin pour toi ?

C’est un réel besoin. J’ai écrit sept titres sur l’album, mais je suis toujours en train d’écrire. Quand je pense à un truc, je prends un bout de papier, et je note ce qui me vient. Après, ça peut me donner des pistes pour écrire des chansons…

L’écriture représente-t-elle pour toi un exutoire, une échappatoire ou un jeu finalement ? parce qu’écrire une chanson, c’est aussi une forme de jeu…

Oui, c’est certain que jouer avec les mots est amusant, mais à la base, l’écriture, je la conçois vraiment comme un exutoire. Ça fait un petit moment que j’écris maintenant. Il y a des moments où j’ai envie de partir dans un autre univers, voir autre chose… Et tout ça me donne des idées.

Baptiste Giabiconi © Justin Wu

Depuis quand écris-tu ?

J’ai commencé à écrire comme beaucoup de gamins vers 13/14 ans. C’étaient des trucs qui n’avaient pas vraiment grand sens au départ. Après coup, ça a un peu changé… Mais les premières lignes que j’ai écrites à 13/14 ans, elles m’ont servi quelque part. Après, avec la maturité et un peu d’expérience, on arrive à ajouter des choses à ce qu’on avait pu trouver.

La quasi-totalité de l’album est chanté en anglais. Écris-tu en français ou en anglais ?

En français, bien évidemment. C’est en français que la pensée me vient le plus facilement. Après, avec mon producteur, Pete « Boxsta » Martin, on a eu un très très bon rapport et donc, on a su retranscrire mes mots en anglais. On a réussi à travailler en duo parfaitement.

N’est-ce pas un regret pour toi de ne pas avoir vraiment placé plus de tes propres mots dans ta langue maternelle ?

Non. Là, je suis vraiment satisfait du résultat. C’est venu naturellement, l’anglais, et puis, il y avait aussi l’envie de me développer un peu à l’international. Et donc, ça passe par l’anglais. Là, je vais avoir pas mal de promo en France, en Europe et même en Asie... Mais ça ne veut pas dire que je ne chanterai pas en français dans l’avenir. Si on a mis un peu de français, c’est aussi pour faire un petit clin d’œil à mes fans français. C’est une façon de les remercier d’être là, d’avoir été là aussi ! Ils m’ont apporté beaucoup et continuent à le faire aujourd’hui encore. Mais dans un prochain album, pourquoi ne pas chanter en français ? Rien n’est fermé, tout reste ouvert.

Baptiste Giabiconi © Justin Wu

Tu as réuni autour de toi une équipe plutôt costaude. Je pense notamment à Pete « Boxsta » Martin (Robbin Williams, Missy Elliot, Sugababes…) et Tom Coyne (Beyoncé, Adele…). Qu’est-ce qui t’a donné envie de bosser avec eux ? Les connaissais-tu depuis longtemps ?

J’avais un peu entendu parler de ce gars, Pete « Boxsta » Martin, de sa touche, de son univers. Et c’est vrai que ça m’intéressait beaucoup beaucoup de travailler avec lui. Son travail est très pointu. Musicalement, il est très fort. Maintenant, ni mon producteur ni moi ne le connaissions personnellement. On lui a simplement envoyé un petit mail en pensant qu’il n’allait jamais nous répondre, vu qu’il avait pas mal de projets à côté… Et puis, il nous a répondu et il nous a dit de passer le voir dans son studio à Londres pour discuter un peu avec lui. C’est ce qu’on a fait. On a pris l’Eurostar et on est partis là-bas. Il nous a reçus super bien, il était vraiment adorable. Il m’a demandé ce que je voulais, dans quelle direction je voulais aller, mon univers, mes influences musicales, etc… Très rapidement, le contact est très bien passé entre nous. En sortant de son studio, il nous a proposé une session d’écriture et de compo quinze jours plus tard. C’est parti comme ça.

Ça a été super vite à partir du moment où tu l’as rencontré, en fait.

Ah oui ! Super vite ! Il s’est passé quelque chose. Je crois beaucoup au destin. Il n’y a pas de hasard dans la vie. Le bon Dieu fait bien les choses. Il ne faut pas essayer de trop provoquer les choses. Il faut qu’elles se passent naturellement. Si quelque chose ne se fait pas, c’est que ça ne devait pas se faire, du moins à ce moment-là. Je vois les choses comme ça.

Il y a trois featurings : un avec J2K, Tania Foster et Master Shortie. Qu’est-ce qui t’a donné envie de chanter avec ces artistes-là ?

Je connaissais un peu J2K en tant qu’artiste, mais pas personnellement. Pete, lui, avait travaillé sur un de ses albums, idem pour Tania Foster. Du coup, on s’est dit que ce serait super de faire quelque chose avec eux. Et puis, il a fait le nécessaire pour que ça se fasse et ça s’est fait. Encore une fois, ça s’est fait tout naturellement. Les trois étaient très motivés et contents de le faire. Ça a été une super rencontre en studio. On a bien bossé ensemble. C’était vraiment enrichissant. C’était intéressant aussi de s’ouvrir sur d’autres cultures, sur d’autres univers… ça apporte énormément.

Baptiste Giabiconi © Justin Wu

Pourquoi as-tu donné le nom de « Oxygen » à ce premier album ? (outre le fait qu’il y ait un titre qui porte également ce nom.)

Tout simplement parce que « Oxygen », ça symbolise la bouffée d’air qui m’a manqué un petit peu. Mes parents ont divorcé quand j’avais onze ans. J’avais un rapport très fusionnel avec mon papa. C’est lui qui m’a transmis son amour pour la musique. On était tout le temps ensemble à écouter les Stones, AC/DC, etc… en voiture. Après mes parents se sont séparés. Et moi, ça m’a fait mal. Je ne l’ai plus vu pendant quelques temps. Et le manque que j’ai ressenti, j’ai essayé de le combler en me réfugiant dans la musique. C’est ce qui me retenait encore un petit peu à lui. Donc, voilà, j’ai choisi « Oxygen » par rapport à cette histoire. Après, les gens le prendront comme ils veulent, mais moi, ça a un rapport avec l’histoire que je t’ai racontée. Et puis, « Oxygen », c’est un mot fort. On le comprend en anglais et en français. Mais c’est surtout ce que j’ai ressenti au plus profond de moi-même, ce manque pendant l’adolescence.

Y a-t-il une chanson pour laquelle tu as un peu plus de tendresse qu’une autre ?

Il y a une mélodie qui m’a touché de suite, c’est « Bring me some flowers ». C’est une mélodie que je trouve vraiment touchante. La première fois que je l’ai entendue, je me suis dit « Waouw ! Cette chanson, il me la faut ! » Je crois que j’ai dû l’enregistrer en moins de trois heures. Elle coulait de source. C’était tellement une évidence pour moi, que ce soit dans l’interprétation ou dans le ressenti que j’avais par rapport à elle. Les paroles m’ont touché aussi. Toutes les chansons ont leur particularité, mais, comme tu me poses la question, celle-là m’a particulièrement touché.

Tu donnes l’image d’un garçon qui fonce. Comment as-tu appréhendé le studio ? N’as-tu pas un peu eu l’impression d’être comme un lion en cage ?

Ah non ! Pas du tout ! Pour moi, le studio, ça a été vraiment un moment extraordinaire. J’ai vraiment adoré. Je sais que certains artistes n’accrochent pas trop sur ce moment-là. Si dans la nuit une petite mélodie m’avait trotté dans la tête, le matin, quand j’arrivais au studio, on se mettait au piano et on travaillait dessus. Voir une chanson naître, couplet et refrain, pour moi, c’est ça la musique. C’est de la recherche, c’est essayer d’approfondir. Et à chaque fois qu’on trouve quelque chose, on ressent des trucs à l’intérieur de soi et on se dit que c’est incroyable. Il y a deux heures, on n’avait rien. Et là, on se retrouve avec une chanson. On se rend compte qu’en deux heures on peut faire des choses formidables. Et à la fin de la journée, quand on arrive à avoir un titre plus ou moins fini, on se dit que c’est de la magie quelque part.

Baptiste Giabiconi © Justin Wu

Tout ce travail de recherche de sons et de notes, ça t’intéresse !

Oui, c’est ce qui me fait rêver.

Quand tu étais gamin, la célébrité te faisait-elle rêver ou bien t’était-elle complètement étrangère ?

Elle ne me faisait pas rêver du tout. Jamais je ne me suis dit que je voulais devenir célèbre. J’étais très heureux dans ma vie et dans ce que je faisais. J’avais ma passion pour la musique, j’avais mes potes, on faisait des bœufs ensemble. Je ne voulais pas devenir absolument chanteur. Les choses se sont faites naturellement… Je n’ai rien provoqué. Simplement, des gens se sont mis sur mon passage et j’ai ressenti quelque chose de sincère. J’ai décidé de monter à Paris et de voir ce que ça allait donner. J’avais ma famille et ma maman, je me suis donc dit que si ça ne marchait pas, je reviendrais là d’où j’étais venu, près d’eux.

Tu es mannequin, tu es un beau gosse comme on dit…

… C’est gentil … [dit-il timidement]

Tu sais que le mélange des genres n’est pas toujours très bien perçu en France. N’as-tu pas peur que les gens ne s’arrêtent à l’idée du « mannequin qui veut chanter » et n’aillent pas voir plus loin ?

Non, pas du tout. Et d’ailleurs, on en a la preuve. Je ne suis pas d’accord avec ce que tu dis. Les français sont ouverts, et de plus en plus. Ils ont pris le temps de me découvrir, de m’écouter et de savoir qui j’étais. Et on en a eu la preuve sur My Major Company. Je crois que les gens n’ont pas l’envie de perdre ni leur temps ni leur argent sur quelqu’un qu’ils n’apprécient pas. Sur MMC, on a récolté plus de 200 000 euros en moins de 15 jours. C’est un record dans tout ce qui est label participatif en Europe. Donc, tous ces gens-là n’auraient pas misé s’ils n’avaient pas aimé ma musique. Ils ne vont pas mettre deux mille euros juste parce que j’ai une bonne tête ! (rires) Un gars a même mis 10 000 euros… C’est parce qu’ils croient au projet, parce qu’ils voient que j’ai un vrai univers musical. Au départ, les gens auraient pu avoir une mauvaise image de moi, mais ils ont pris le temps de me découvrir à travers des émissions, d’écouter ce que j’avais à dire et d’essayer de comprendre qui j’étais vraiment. Les gens ont pu grandir et évoluer avec moi. Et moi aussi, j’ai pu grandir et évoluer avec eux. Je suis dans l’optique d’un développement de carrière, je ne suis pas pour arriver avec un one-shot et puis m’éclipser. C’est vraiment un développement de carrière, c’est l’envie de proposer un réel univers musical, c’est du live, c’est de l’acoustique… C’est monter sur scène aussi. C’est tout ça !

Baptiste Giabiconi © Justin Wu

Tu seras sur la scène du Divan du Monde le 22 octobre prochain. Que va-t-il s’y passer ? Vas-tu proposer un show ou un spectacle acoustique ?

Ça va être un vrai concert d’une heure et demi. Je vais chanter pratiquement tout l’album. Il va y avoir tous mes musiciens. Il y aura bien évidemment quelques morceaux très acoustiques aussi. Ce que j’ai envie, c’est d’avoir un côté très très intimiste avec mon public sur ces premiers concerts parisiens. Ça fait deux ans et demi que j’attends et qu’ils attendent aussi. J’ai vraiment envie de partager ça avec eux un maximum.

As-tu le trac ?

Tu sais, des scènes, j’en ai déjà fait pas mal. Là, il y a une particularité c’est que ce sera la première vraie scène parisienne après la sortie de l’album. C’est vraiment merveilleux. Donc, je ne suis pas trop stressé. J’attends ce moment depuis si longtemps que j’ai hâte d’y être ! La scène, c’est vraiment ça que j’aime…

Pour terminer cette interview, pourrais-tu me dire l’endroit le plus insolite où tu as entendu une de tes chansons…

Je les entends souvent dans les supermarchés en faisant mes courses !! (rires) Tu es au rayon fromages et tu entends ta chanson… c’est bizarre ! (rires)

Et la tête des gens ?

Je crois qu’ils ne captent pas trop ! Ils ne font pas super attention à ça…

Propos recueillis par IdolesMag le 27 septembre 2012.








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