Évènement ! Après 21 ans d’absence discographique, Daniel Guichard revient avec un nouvel album. Nous avons donc profité de la venue de Daniel à Bruxelles fin septembre pour le rencontrer et parler de ce nouvel opus dont il est très fier et qui s’annonce très enthousiasmant. Daniel repart également sur les routes cet automne, il fera notamment escale en Belgique, le 9 novembre à Marche-en-Famenne et le 10 au Cirque Royal de Bruxelles. Daniel nous avouera même qu’il prévoit d’enregistrer ce nouvel album intégralement en chinois l’année prochaine. Rencontre sans chichis et sans langue de bois avec Daniel Guichard. IdolesMag : Il y a deux ans, lorsque nous nous sommes rencontrés, vous m’aviez dit que vous ne vous étiez plus lancé dans l’aventure d’un album parce que les chansons que vous aviez ne le justifiaient pas. Daniel Guichard : Je persiste et signe! (rires) Quelle est ou quelles sont justement les chansons qui justifient aujourd’hui la sortie d’un nouvel album ? Après 21 ans ! Je suis allé écrire des textes de chansons avec Michel Jouveaux en Corse et j’ai surtout utilisé le talent de mes deux proches, c’est-à-dire Jacques Chiniard avec qui je travaille depuis… Oh ! On ne peut même pas dire qu’on travaille ensemble, il est comme mon petit frère ! Ça fait presque vingt ans qu’on bosse ensemble, mais ça fait quinze ans qu’on galère comme des malades. Mais on s’en fout ! Il habite à côté de chez moi et tous les jours on travaille ensemble. On cherche, on enregistre, on fait des trucs. Ça passe ou ça ne passe pas, mais ce n’est pas grave. Et puis, j’ai mon fils Gabriel qui a arrêté sa scolarité il y a quatre ans parce qu’il voulait faire de la musique, du cinéma, du théâtre, des courts-métrages, etc… Donc, je lui ai dit, « on va essayer de convaincre maman, mais tu as intérêt à être dans les bons ! » Je l’ai donc un peu mis dans le schéma. J’ai critiqué ce qu’il faisait. Je l’ai aidé à formater des chansons et… il a fait des putains de mélodies ! Je considère qu’il est vraiment doué. S’il n’avait pas été doué, je n’aurais pas bossé avec lui parce que ce n’aurait pas été un service à lui rendre. Donc, en ayant de bonnes mélodies de Gabriel Guichard ou de Jacques Chiniard, et en faisant les paroles avec Michel Jouveaux, on a plié dix chansons.
Travailler en famille, parce que c’est un peu ce que vous avez fait, est-ce plus facile ? Oui ! C’est plus facile. Mon fils est formaté comme Jacques ou Michel. C’est pareil. Michel, ça fait quarante ans qu’on se connaît. On écrit des phrases, on trouve ça nul, on cherche, et puis on trouve. C’est une vraie partie de ping-pong à la seconde. C’est-à-dire qu’on n’est pas en train de s’extasier sur ce qu’on écrit. Il arrive quelques fois que nous soyons contents l’un et l’autre des mots et des rimes qu’on fait. Et là, ça fonctionne. On a fait « Le Gitan » ensemble, et plein d’autres chansons. Notre façon de visualiser ce qu’on est en train de faire, ce n’est pas de faire de l’autosatisfaction, mais quand on est contents, on est contents ! On se sert la main et hop, on passe à la phrase d’après. Pour la musique avec mon fils, on a fait pareil. Il a fait un truc qui était bien, je l’ai aidé un peu et il a assuré. Donc, à partir du moment où il assure, je lui ai dit OK, on écrit une chanson sur sa mélodie.
Vous partez donc de la mélodie. Oui, oui. Vous savez, je pars d’un principe simple, c’est que quand on ne sait pas ce qu’on va faire, il vaut mieux faire sur ce que les étrangers comprendraient. Une chanson, c’est la mélodie d’abord. Quand vous ne comprenez pas la langue, la mélodie, vous la comprenez. Donc, on commence par travailler et sélectionner les mélodies. Une fois que le choix a été fait, on est partis dans les textes. Il y aura 14 chansons sur l’album. Il y en avait quatre que j’avais déjà enregistrées et que je chante depuis un moment sur scène. Il y a « ça ira demain », « Sans Amour », « Vivre ma vie », etc… Celles-là existaient déjà, mais je les ai améliorées. Elles sont complétement différentes au niveau des chœurs. On est partis sur un schéma d’une douzaine ou d’une quinzaine de chansons. Et on en a écrit dix. Tout ce travail s’est fait sur une longue période ? Non, pas tant que ça, sur quatre/cinq mois. Entre mai et septembre de l’année dernière. Vous avez enregistré chez vous. Oui, j’ai la chance d’avoir un studio chez moi !
Le choix d’avoir un studio chez vous, c’est pour vous sentir « comme à la maison », une question de facilité,… ? C’est avant tout pour une raison d’économies ! Parce qu’à moins que vous n’ayez les numéros du loto, ça coûte un bras d’enregistrer un album ! Et je ne suis pas certain qu’avec les meilleurs techniciens du monde j’arriverais à faire le meilleur disque du monde. Je crois que l’incertitude et le doute font partie de la réalité. Et le fait d’avoir le studio chez moi, ça aide beaucoup. Quand j’ai pris l’équipe de cuivres qui étaient avec moi sur la scène de l’Olympia (ils sont dix-huit/dix-neuf quand même !), ils sont venus pour un titre, puis je trouvais que ça sonnait vachement bien, donc on les a repris pour une autre chanson. Ils jouaient exactement ce que je voulais leur faire jouer. Ils jouaient exactement mes orchestrations, mes idées. On en a refait une autre, puis une autre, et je leur ai dit, « Allez hop ! Tout le monde à l’Olympia ! » On a mis en forme certaines chansons. Une fois l’Olympia fini, je pensais que j’irais vite terminer l’album. Et puis non. Je me suis pris le temps, j’ai recommencé ce qui ne me plaisait pas, j’ai restructuré un tour de chant. Et puis, j’en suis arrivé à donner une configuration des chansons qui me plaît, les unes par rapport aux autres. Vous aimez le studio ? Ou bien y êtes-vous un peu comme un oiseau en cage ?
J’imagine que sans contrainte, on est plus créatif également. Oh oui ! Et puis, humainement, c’est important. Et puis, vous savez, je travaille avec une équipe. Ce sont des gens qui m’aiment beaucoup et que j’aime beaucoup. Donc, on y va. On n’a pas de sous ? Eh bien, on va le faire quand même ! Et ça, ça fonctionne… Donc, en fait tous les musiciens qu’on retrouve sur les disques sont les musiciens qui vous accompagnent sur scène. Ah oui. On pourrait faire des choses spéciales en studio, différentes des versions de scène. Ça se fait beaucoup. Moi-même, je l’ai beaucoup fait. Mais c’est compliqué. Il faudrait beaucoup d’autres musiciens… Donc, toutes les chansons qui sont là sur ce nouvel album, de la première à la dernière, ce sont les orchestrations que je voulais faire. Ce sont mes musiciens, et donc, ce sera réalisé exactement de la même façon sur scène.
Sur scène, vous ne présentez jamais vos musiciens. Pourquoi ? Je ne le fais jamais, effectivement. Des fois, ça m’arrive de présenter les prénoms comme ça, mais de toute façon, ils sont aussi vedette quand ils sortent du spectacle. Il y a des tas de gens qui leur tombent dessus et qui leur demandent des autographes. En fait, il y a deux raisons qui font que je ne les présente pas. C’est d’abord parce qu’ils s’en foutent. Je les présente tout de même quand leurs parents sont dans la salle ! Là, c’est important. (rires) Et deuxièmement, présenter les musiciens lors d’un spectacle, ça peut casser le rythme du tour de chant. Un tour de chant, c’est une espèce de mécanique qui se met en place avec une progression permanente. Et la progression, elle est pour nous, mais surtout, elle est pour ceux qui sont assis et qui sont heureux d’être venus. Si vous commencez à casser cette progression avec un truc interminable qui est « je vais vous présenter un tel, un tel un tel… », ça casse tout ! Vous avez devant vous une salle debout, des gens qui sont contents, qui tapent dans les mains, qui en veulent et tout, vous n’allez pas casser l’ambiance en présentant Pierre, Paul ou Jacques. Ils s’en foutent ! Ils les aiment bien mais ils s’en foutent ! Ce qu’ils veulent, c’est une chanson. Ils ne veulent pas que le rythme baisse. Donc, si je n’ai pas eu l’opportunité de les présenter au cours du tour de chant au fur et à mesure, même un par-ci et un par-là, je ne le fais pas. Parce qu’alors le spectacle retombe.
Oui, toujours. Même là, pendant l’interview, j’en ai un peu. Ma mère était très superstitieuse et elle me disait toujours que l’argent va à l’argent. Donc, avec son accent russe, ça donnait [Daniel prend l’accent russe] « Je ne veux pas que tu chantes sans argent parce que l’argent va à l’argent ». Elle me donnait des sous en me faisant promettre que je garderais toujours cet argent sur moi. C’était il y a plus de vingt ans. Je le lui ai promis et j’ai toujours mis un peu d’argent dans ma poche, que je fasse une télé, une radio, une interview ou un spectacle, j’ai toujours un peu d’argent dans les poches… Vous avez longtemps fait vos tournées en camping-car. Est-ce encore le cas aujourd’hui ? Le camping-car, c’est un outil de travail qui me sert de loge. J’y mets tous mes costumes et tout ce dont j’ai besoin. Quand je pars quelques jours et qu’il y a quatre ou cinq spectacle, je vous garantis que d’avoir un endroit où toutes vos affaires sont rangées, ça rend service. C’est ma loge. Vous serez les 9 et 10 novembre en concert en Belgique. Vous souvenez-vous de votre tout premier concert en Belgique ? Non, pas le tout premier… Mais je pense qu’une salle importante pour moi, ça a été l’Ancienne Belgique. C’était au tout début des années 70. Je me rappelle très bien des tables. On avait dû faire cette salle au tout début, à l’époque de « La Tendresse » et « Faut pas pleurer comme ça ». Après, j’ai fait beaucoup d’autres salles, beaucoup de bals, beaucoup d’autres endroits, mais j’ai un souvenir très précis de l’Ancienne Belgique.
Ah non ! Je n’arrive pas à me prendre au sérieux. Je ne prends pas ce métier au sérieux, je ne prends pas les choses au sérieux, mais je les fais sérieusement. C’est-à-dire que je pense que les chansons sont importantes pour des gens qui trouvent des mots qui les font sourire, qui les font rêver, qui les font aimer, qui les font pleurer… Les chansons, ça sert à ça. Ce n’est pas plus que ça. Et je suis admiratif devant Aznavour, Lama ou Jonasz qui écrivent tout le temps. Je vois ces gens qui sont en perpétuelle écriture, qui jouent avec les mots… Je ne sais pas faire ça. Je me suis préoccupé dans la vie de plein de choses parallèlement à ça et donc, la prise en considération de la réalité de la vie m’a empêché d’être trop glandeur. Mais ça m’a empêché aussi d’être trop rêveur. Est-ce un bien ou un mal, je n’en sais rien… Mais c’est vrai que c’est sympa d’être constamment à la recherche d’idées et de mots. À une époque, je l’ai été, mais c’est fini.
De toutes les chansons que vous avez enregistrées pour ce nouvel album, y en a-t-il une pour laquelle vous avez un peu plus de tendresse ? Aujourd’hui, il y en a deux qui me suggèrent une préférence. C’est une préférence relative, certes, mais c’est une préférence tout de même. C’est « Dans le cœur », même si ce n’est pas la plus belle du disque. C’est une succession d’images qui rejoignent un peu tout ce que j’ai pu voir dans ma vie, tous les paysages, les bords de mers, les lagons… Et le plus beau voyage que j’ai, c’est certainement la femme que j’aime et mes enfants. Il y en a une autre qui s’appelle « Reste », que j’ai écrite avec Michel et mon garçon, Gabriel. C’était au moment où mon beau-père est décédé. Ce sont donc deux chansons qui me tiennent vraiment à cœur. Ce sont mes préférées de l’instant, mais quand le disque sortira et que je les chanterai sur scène, ce ne seront certainement plus mes préférées. Elles seront des chansons parmi d’autres que je chanterai avec l’émotion de l’instant. À l’Olympia, le public vous a fait bisser des nouvelles chansons… J’imagine que ça vous a fait plaisir ! Oui ! Il y a eu « Notre Histoire », « À coup de poings », « Reste »… C’est assez inhabituel. Si nous étions des chanteurs arabes avec des chansons orientales à la Oum Kalsoum, je vous dirais que la chanson est magnifique Vous bissez « Mon Vieux » aussi. C’est autre chose, ça ! Ils applaudissent, mais ils ne crient pas « Bis » ! Là, c’est moi qui la bisse pour les faire chanter. Il y a une espèce de pudeur là-dedans. Les gens qui sont là se disent « Tu nous as eus, on va t’avoir ». C’est-à-dire « Tu nous as émus, tu nous as touchés, tu nous as fait pleurer, donc, on va t’applaudir jusqu’à ce que tu sois gêné. » On est obligé d’être gêné quand les applaudissements durent une éternité. Donc, là, on refait la chanson, mais pas dans le même esprit que quand il y a eu « bis ». Chico & Les Gypsies ont repris avec vous « Le Gitan » et en ont fait une nouvelle version… Oui ! Et j’ai pu comprendre qu’elle était bien appréciée. Je joue bien le jeu avec eux, ce sont des potes. Me mettre en mode gitan, ce n’est pas très compliqué pour moi. Elle vous plaît cette nouvelle version ? Ah oui, je la trouve très bien.
Vous le faites tout de même assez rarement avec vos titres. Oui. Ce n’est pas que je n’aime pas, mais je ne suis pas très duo. J’ai fait des duos chez les Carpentier. Demain, si vous chantez, on peut se faire un truc ensemble sur un plateau télé, mais ça restera occasionnel et exceptionnel. Je n’irais pas faire un disque de duos. Si d’autres veulent reprendre « Mon Vieux » ou « La Tendresse », ils font ce qu’ils veulent. On avait parlé longuement de « Mon Vieux » il y a deux ans, on ne va donc pas trop revenir dessus. J’aimerais évoquer un autre titre que les gens adorent, c’est « La Tendresse ». Elle avait été écrite pour Mireille Mathieu au départ… Oui ! Elle avait été écrite par Patricia Carli pour Mireille Mathieu. L’idée de Patricia était que ce titre devait s’appeler « La Tendresse ». Elle avait demandé à Jacques Ferrière d’écrire un texte pour Mireille sur sa mélodie. Les paroles, c’était [Daniel se met à chanter] « La Tendresse, c’est tout d’abord un léger fil qui se balance au gré du vent, entre deux cœurs… » Ça me gonflait, je ne me voyais pas chanter ça ! (rires) Et Léo Missir, qui était le mari de Patricia et mon directeur artistique, m’a dit qu’il fallait que je chante ce titre… Il y avait un directeur artistique avec qui j’avais de super rapports, il s’occupait d’Aznavour, de Ferré, de Lavilliers, c’était Richard Marsan. Et il m’a dit « Si Missir te dit que c’est un tube, c’est que c’en est un ! » Je suis donc allé voir Léo en lui disant que je ne pouvais pas chanter ce texte-là, que c’était impossible. Il m’a dit « Fais ce que tu veux ! ». Je suis rentré chez moi, et puis, 20 minutes après, j’avais écrit le texte que je chante encore aujourd’hui. Je ne sais pas si c’est ce jour-là ou le lendemain, mais j’ai rencontré Patricia Carli sur le marché, nous étions voisins. Je lui ai montré le texte et elle m’a dit qu’elle ne l’aimait pas ! (rires) Mais ce n’est pas grave, c’est juste une anecdote. Ça peut se comprendre parce qu’elle avait quelque chose de très joli, de très poétique, de très arachnéen qui se baladait au gré du vent, et ma chanson ce n’était pas ça… La chanson n’a pas marché tout de suite… Non, elle a marché à la fin de l’année. J’ai eu des doutes, mais je pense que le temps était nécessaire. Le titre a dû sortir au début de 1970. Ça a commencé à faire des vagues en fin d’année et c’est courant 1971 que ça a commencé à fonctionner. On a dû sortir « Faut pas pleurer comme ça » fin 71 puisque j’ai fait l’Olympia en 1972 avec Mireille Mathieu.
Ce n’était pas par obligation. Ça m’intéressait, j’avais des potes qui y étaient et qui m’ont dit que c’était sympa. De fil en aiguille, je me suis retrouvé avec quelques milliers de personnes qui venaient. Il y a des gens formidables. J’ai mis plein de chansons à disposition. Il y avait aussi des gens qui voulaient un ami de plus… (rires) Quand on fait la part des choses, les réseaux sociaux, c’est pas mal. Mais c’est un peu l’auberge espagnole ! Vous vous en occupez personnellement ? Oui. Sauf ces derniers jours, comme je suis en Belgique, c’est mon fils Raphaël qui l’alimente. Mais comme on se voit tout le temps ou qu’on se parle au téléphone, quand je ne suis pas là, c’est lui qui fait circuler les informations. On a deux trois potes qui répercutent les informations. On a un petit groupe très sympa. Certains découpent les émissions télé auxquelles je participe… Là, on a fait une interview hier, et elle est déjà sur le facebook. Les gens peuvent suivre ce que je fais. Et ça, ça me plait.
Le lien avec le public est immédiat. Voilà, même s’ils ne sont pas des centaines de milliers, je m’en fous. Ceux qui sont intéressés, ont les infos en temps réel et on ne les prend pas pour des cons ! On a aussi un MySpace. Un ami, Bruno, s’en occupait, en disant bien que cette page n’était pas gérée par moi et que si je voulais la récupérer, il la mettait à ma disposition. Je l’ai appelé en lui disant de ne rien changer. Je lui ai donné l’autorisation pour les droits d’auteurs de diffuser mes chansons. Et c’est lui qui continue à s’en occuper. On est très potes, donc, les informations circulent bien. Les réseaux sociaux ont une importance quand ils sont gérés sainement. Et là, c’est le cas. Vous ressortez un album après 21 ans. Qu’est-ce que ça vous fait dans le fond ? Rien ! (rires) Parce que je n’ai pas fait le disque d’une manière raisonnée. Il y a plusieurs paramètres qui ont participé à ce fait que je ne sorte pas de disque. Il y a le fait que je n’avais pas, à mes yeux, les chansons qui me permettaient de me battre. Je veux bien aller à la castagne et aller défendre mes chansons, mais il faut quand même qu’elles soient à la hauteur. C’est très difficile avec des chansons moyennes d’aller dire que c’est la meilleure chanson de l’année. Il faut être conscient de ça. C’est une des raisons. Et puis, il y a une raison Tout arrive au moment où ça doit venir. Exactement. Si ça ne devait pas être fait, et bien, ça ne serait pas avant 22 ou 23 ans peut-être. Ce n’est pas grave. Il faut avoir une certaine humilité et se dire que ça ne manque pas à la nature humaine. Si le disque n’est pas bon ou n’a pas de raison de sortir, le monde continue de tourner et les gens vivent… Sans fausse modestie, vous le savez comme moi, ce nouvel album est très attendu. Certes… Mais il y a une question d’honnêteté. Sur 21 ans, j’aurais pu sortir cinq albums, mais ça aurait été une arnaque. Intellectuellement, je n’aurais pas été dans le coup. J’avais des problèmes de fisc, de pognon, etc… Mais ça, c’est mon problème, ce n’est pas le vôtre. Et donc, je n’aurais pas pu faire un disque avec de la joie de vivre. J’ai fait des disques à des mauvaises périodes de ma vie, je peux vous assurer que ça ne respire pas la joie de vivre. Les gens qui vous aiment, ils vous aiment pour un tas de choses. On ne peut pas passer sa vie dans les emmerdements, dans le noir, dans le gris… Ce n’est pas possible. Mes emmerdes, c’est mon problème. Je préfère partager le sourire. Et puis vous me dites que l’album est très attendu… Oui, mais très attendu par qui ? Par les gens qui m’aiment. Le commun des mortels ne sait pas qui je suis. Mais ça, ça ne me fait pas de peine.
Le grand public vous aime tout de même beaucoup. Oui, mais c’est mon caractère qu’ils aiment bien ! Peut-être plus que mes chansons. Quand quelqu’un vient me dire qu’elle adore ma chanson sur mon papa… Je sais que cette personne est sincère parce qu’elle aime bien la chanson qu’elle a entendu à la radio ou à la télé. Mais elle ne connait pas le titre de la chanson… Elle ne l’a pas acheté. Donc, ces gens-là me connaissent, mais sans plus. Et puis, il y en a un tas qui ne me connaissent pas et c’est pas grave ! Je dirais même tant mieux ! (rires) L’humilité apprend à rester honnête avec les gens qui vous aiment. Et les gens qui vous aiment, si vous leur filez de la daube uniquement pour faire un disque parce que vous êtes fort attendu, vous êtes un escroc. Ma vie est trop courte pour que je m’emmerde avec ça. Si je sors un nouveau disque, j’ai envie qu’on dise que c’est, si ce n’est meilleur, aussi bon que ce que j’ai fait avant. Sinon, ça n’a pas de sens. Et là, on n’a pas à rougir d’une seule chanson. C’est cohérent du début jusqu’à la fin.
Je ne ferai pas ça toute ma vie ! Si ça fonctionne, je reviendrai dans deux ou trois ans. Après, on verra… Ah bon ? Enfin… Je ne me pose pas la question à vrai dire ! Je ne dis pas que je vais arrêter, ni que je vais continuer. J’ai déjà, par le passé, eu des périodes où je ne faisais plus de spectacle. C’était le contexte autour qui ne me donnait plus envie de le faire. Là, ça m’amuse. Mais j’aimerais bien mettre le pied à l’étrier à mes mômes dans l’univers du spectacle. Gabriel, c’est la musique, le théâtre, l’écriture… J’ai une fille qui est dans le comm’. J’ai un garçon, Joël, qui est dans le commerce. Et j’ai Raphaël qui peut- être se branchera ou pas. Et puis, très sincèrement, et vous êtes le premier à qui je le dis, j’aimerais enregistrer cet album en chinois. Je pense qu’avant la fin de l’année, j’aurai toutes les ébauches. J’ai un copain en Chine… Et puis, c’est juste pour rigoler ! Faire un album en chinois à 100%, j’adorerais ça. Donc, je le ferai très certainement. J’ai déjà enregistré des chansons en chinois, mais pas un album en entier. Donc, ça, ça fait partie de mes projets à court terme ! Propos recueillis par IdolesMag le 20 septembre 2012. -> Facebook officiel : http://www.facebook.com/daniel.guichard.officiel Tweet |
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