Leslie a bien grandi !… Celle que nous avions découverte dans « Graines de Star » sur M6 et qui chantait « Sobri » (avec Amine), « On ne sait jamais », « Le bon choix » ou encore « Je suis et je resterai » au début des années 2000, revient avec un nouveau single « Des Mots Invincibles » dans lequel elle évoque la célébrité qui ne tient qu’à un fil. C’est avec grand plaisir que nous avons été à la rencontre de Leslie. Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre, Leslie est devenue une jeune femme aujourd’hui, tout en gardant son âme d’enfant. Au cours de notre entretien, nous évoquerons l’album sur lequel elle bosse en ce moment et reviendrons sur certains points de sa carrière (notamment son album de reprises de tubes des années 80 qui n’a jamais vu le jour). Rencontre pétillante avec Leslie qui a gardé sa bonne humeur ! IdolesMag : Quand est née cette nouvelle chanson, « Des Mots Invincibles » ? Leslie : Disons qu’elle est née il y a quelques mois. Elle est partie en fait d’une musique de Kore et d’un texte de Siméo. C’est vrai que c’était aussi une réelle envie de ma part d’aborder ce thème de la célébrité sans tabou. C’est une vision assez tranchée de ce qu’est notre métier et de ce que représente le fait de faire une carrière. Le titre est résolument pop. Est-ce une direction musicale que tu voulais emprunter depuis un moment ou bien est-ce assez récent ? C’est assez récent. Mais c’est venu avec d’autres envies qui sont cohérentes avec la pop. Je pense que cet album marque un réel tournant dans ma carrière. Il marque aussi le passage de l’adolescence à la femme que je suis aujourd’hui. La pop convenait parfaitement parce que j’avais envie de faire un album taillé pour la scène, parce que j’avais envie de livrer des messages différents, et parce que, dans la forme, je vouais quelque chose de plus épuré, de plus naturel et de plus ressenti. Même dans ma façon de chanter, elle est différente. Je voulais montrer ce que j’avais à l’intérieur de mon ventre, réellement.
En fait, je l’ai vécu comme n’importe quel artiste peut le vivre dans sa carrière. Nul n’est invincible. Et on est obligés dans nos métiers d’osciller entre des victoires et des défaites. C’est ce qui nous rend plus forts. Et c’est aussi le jeu des strass et des paillettes. Quand on est sur le devant de la scène, on ne peut pas toujours satisfaire le public. Et puis, pour ma part, j’ai commencé très tôt. Et quand on a 16 ans, on grandit avec le public et il y a toujours une forme de cassure avant de renouer avec lui. Il faut expliquer au public que nous aussi, on a grandi. Comme eux. Et qu’on est devenu un homme… ou une femme dans mon cas ! (rires) Le fait d’être devenue une idole très jeune, tu avais 16/17 ans, comment l’as-tu vécu ? As-tu pris cette notoriété de plein fouet ou bien l’as-tu prise avec détachement ? Disons que c’était mitigé. À la fois j’étais très contente de faire un métier qui me passionnait et à la fois, c’est vrai que c’est une partie de mon adolescence qu’on m’a prise. J’étais encore au lycée quand j’ai sorti mon premier album, j’ai enchaîné avec une première année d’études supérieures au moment où je sortais le deuxième. Disons que c’était un rythme de vie assez effréné. Je dirais que j’ai eu peu de place pour vivre une vie « normale » entre guillemets, pour avoir des sorties normales, pour ne pas me sentir épiée… C’est tout de même un peu dur. J’ai dû apprendre aussi à me protéger. Le tournage du clip des « Mots Invincibles » s’est déroulé à Los Angeles, je pense. Oui, tout à fait.
J’avais en tout cas une idée très précise du réal avec qui je voulais travailler. Je voulais que ce soit Mark Maggiori qui signe ce premier clip. J’ai adoré tout ce qu’il avait fait auparavant, que ce soit sur le projet Brigitte ou bien ce qu’il avait fait avec le groupe Pleymo. J’aimais vraiment son imagerie. Lui vivait à L.A. depuis six mois, donc je n’ai pas eu vraiment le choix. Mais en allant à L.A., je me suis dit que l’idée de faire appel à ces icônes pouvait être intéressante. On a donc pensé à des icônes comme Marilyn Monroe. Marilyn était une icône, mais elle est morte d’une façon tellement triste… Et je me suis dit qu’elle illustrait bien tout ce qu’on aborde dans la chanson. J’ai donc soumis cette idée à Mark. Il a trouvé ça génial. En plus, être à L.A., c’était l’occasion rêvée. Sur Hollywood Boulevard, on n’a que de vieux sosies d’Elvis ou Marilyn… Et voilà ! Comme nous sommes en train de parler d’idoles et d’icônes, je ne peux pas ne pas te demander qui étaient tes idoles à toi, quand tu étais ado. Je me souviens que la première artiste qui m’a donné envie de faire de la scène, c’était Janet Jackson. J’étais allée à son concert à Bercy. Je devais avoir 10 ans. C’est mon grand frère qui m’avait offert cette place de concert. Donc, oui Janet faisait partie de mes idoles. Michael aussi bien évidement. Et puis bien d’autres. Ma mère écoutait beaucoup les artistes de la Motown, donc j’ai été bercée sur les rythmes de Marvin Gaye et des Supremes. Tous ces gens étaient mes idoles. J’en ai aussi une grande, qui est Madonna. Je l’aime beaucoup.
Oui, je le connais depuis un bout de temps et ça faisait longtemps qu’on avait envie de faire quelque chose ensemble. En l’occurrence, cette version est vraiment quelque chose qu’on voulait offrir au public comme un plus. Je dirais que c’est plus de l’ordre du cadeau. Et donc, j’aimerais (et je pense que je serai amenée à le faire dans le futur) retravailler avec Youssoupha sur une création commune. On peut donc voir ce featuring comme un début de collaboration. Oui. Tout à fait. C’est une collaboration qui laisse place à une porte ouverte pour le futur. C’est quelqu’un que j’apprécie vraiment humainement. J’aime aussi beaucoup sa plume. C’est vraiment un des artistes qui a marqué le rap ces derniers temps.
Qui dit single, dit album. De qui t’es-tu entourée pour ce nouvel album ? Siméo pour les textes et Kore et Fred Savio comme compositeurs. Kore, tu travailles avec lui depuis le début, qu’est-ce qui t’a donné envie de travailler avec Siméo et Fred ? Effectivement, Kore, je le connais depuis hyper longtemps !!… On collabore ensemble depuis toujours (rires). C’est vraiment quelqu’un qui a une vision, c’est un vrai réalisateur. Il a un son assez unique en France. D’ailleurs, il travaille beaucoup aux États-Unis maintenant avec des artistes américains. Fred, ça a été une belle rencontre. Il m’a apporté ce côté plus organique, plus pop en fait. Et Siméo ?
Tu te focalises donc sur le travail de l’interprète. Ce qui t’apporte aussi certainement une nouvelle forme de liberté. Oui. C’est complètement différent. C’est peut-être aussi pour cette raison que je te disais tout à l’heure que je chantais plus avec mon ventre. Interpréter un texte, c’est encore autre chose, c’est aller puiser la meilleur émotion possible pour mettre en valeur des mots qui ne sont pas les siens. Lui as-tu soufflé des idées ou bien l’as-tu laissé faire ? Chaque fois que j’écris, ou bien là, pour le coup, j’ai des images qui me viennent. Disons que ce que je vois m’inspire plus que ce que je peux écouter. C’est très drôle. Je lui ai soufflé comme ça des thèmes que je voulais aborder et il a su les sublimer. C’est bien d’avoir un message à faire passer, encore faut-il le mettre en forme, et ça c’est tout un métier ! Je m’en rends compte aujourd’hui…
L’album s’appelle « Les Enfants de l’Orage ». Du coup, on comprend bien à travers ce titre qu’on n’a pas perdu l’espoir. J’ai su garder mes yeux d’enfants, malgré l’orage. Il y a des morceaux beaucoup plu engagés, beaucoup pus énervés. Sur ces morceaux-là, on a quelque chose d’un peu plus rock. Les thèmes de l’album oscillent entre ce qui m’habite au plus profond de moi, c’est le côté plus intime, et un côté plus revendicateur qui regarde la société dans laquelle on évolue. C’est une société qui consomme tout rapidement, que ce soit l’amour, que ce soit le matériel ou l’amitié. Ce sont des choses qui touchent les gens de ma génération. D’ailleurs, ce nouvel album, il est vraiment générationnel. L’album est prévu pour le 15 octobre. Où en es-tu dans l’enregistrement ? Il n’est pas encore fini… J’étais encore hier soir en studio. On travaille sur de nouvelles chansons. J’espère pouvoir le sortir à temps, mais rien n’est sûr… (rires)
En studio, es-tu du genre à toujours revenir sur les chansons, ou bien une fois que c’est fini, on passe à autre chose ? Je suis assez perfectionniste, mais je ne pousse pas non plus les choses à l’extrême. J’aime bien aussi que les choses soient naturelles. Je n’aime pas revenir des dizaines de fois sur un morceau. Quand je fais des prises, par exemple, je les fais d’une traite, que ce soit un couplet, un refrain ou un pont. J’aime bien la magie de l’instant. Mais là, en fait, on n’a pas encore fini l’album, parce qu’il y a eu toute cette période de vacances qui m’a inspirée. Je suis revenue avec plein d’idées et je ne peux pas m’empêcher de faire quelques nouveaux titres auxquels je tiens vraiment. Je suis gonflée à bloc. Il fallait que je crée !
Va-t-il y avoir des scènes autour de la sortie de l’album ? Oui. Il va y avoir des plateaux radio et des show-cases assez privés, dont un à Bordeaux en fin de mois. Il y aura aussi un concert pour la radio Voltage le 30 octobre. Mais pour la suite, je vais chercher une équipe de musiciennes. J’ai envie de monter un « Girls Band ». Je prospecte à droite et à gauche et une fois que l’équipe sera montée, je partirai sur les routes ! J’espère que ce sera très vite. Je table plutôt pour l’année prochaine. Quel est ton rapport à la scène ? Une franche partie de plaisir ou quelque chose d’un peu douloureux ?
Avant de te quitter, j’aimerais revenir un instant sur « Futur 80 », un album de 2008 dans lequel tu faisais des reprises de tubes des années 80 (« Mise au point », « Eve lève-toi », « La fièvre dans le sang », « Tes états d’âme Eric », « Canoë Rose », « Johnny Johnny », « Boule de Flipper » etc…). Pourquoi n’a-t-il jamais vu le jour ? Il était pas si mal que ça dans le fond... (rires) L’idée était assez osée. Disons que ça aurait pu être une bonne idée, mais je n’étais pas dans un contexte favorable. À l’époque, j’étais signée chez Capitol. C’était l’époque des licenciements, j’ai donc eu toute une équipe autour de moi qui n’était pas sûre de pouvoir rester. Les attachés de presse changeaient toutes les semaines. Dans cette configuration, je me suis dit que ce serait mieux de ne rien sortir… Et puis, j’ai remarqué parallèlement qu’il y avait une espèce de rejet de la part du public qui n’était pas prêt pour l’écouter. Il y a eu des bons échos d’un côté de la part d’une certaine génération, et puis de l’autre, de mon public, pour qui c’était trop tôt. J’ai préféré tout stopper et me reconcentrer sur la création d’un nouvel album, tout simplement. Propos recueillis par IdolesMag le 13 septembre 2012. Tweet |
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