Interview de Chico  

Propos recueillis par IdolesMag.com le 30/07/2012.
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Chico & Les Gypsies © Henk van Cauwenbergh

« Chico & les Gypsies » fêtent cette année leurs 20 ans d’existence ! Quoi de mieux que de célébrer cet anniversaire en chansons ? Chico a donc invité ses amis sur un disque de duos. Pas moins de 13 artistes sont venus les rejoindre, des plus attendus aux plus improbables. On retrouve ainsi Charles Aznavour, Julien Doré, Big Ali ou encore Daniel Guichard ! Nous avons donc été à la rencontre de Chico afin qu’il nous en dise un peu plus sur ce projet qui sent bon les retrouvailles et l’amitié. Rencontre avec Chico dans les Alpilles, à Saint-Rémy-de-Provence…

IdolesMag : Dans quelles circonstances ce projet de « Chico & les Gypsies… and Friends » est-il né ?

Chico : Depuis des années, je fais de la musique… Après les « Gipsy King », j’ai monté le groupe « Chico & les Gypsies ». Et cette année, je voulais fêter les 20 ans de la création de ce nouveau groupe. Je me suis dit que quand même, ce serait sympa de faire un évènement qui marque un peu le coup. Et du coup, j’ai eu cette idée de faire des duos parce que j’ai plein d’amis comme Gérard Lenorman ou d’autres qui nous ont demandé de venir faire un duo sur leurs albums. Et donc, pour cet anniversaire, je me suis dit que ça valait le coup de faire l’inverse, et demander à des artistes, des amis ou des gens que j’apprécie de venir partager avec nous ce gâteau d’anniversaire musical. Le résultat a été extraordinaire. Tous ceux que j’ai appelés ont répondu présents tout de suite. Et ça a été pour moi un moment extraordinaire.

Quand on regarde la liste de vos invités, certains sont plus connus du grand public que d’autres et tous évoluent dans des univers musicaux très différents les uns des autres. Aviez-vous cette envie au départ de mélanger les styles ?

Complètement. Pour moi, cet album devait être une mosaïque de musique et de chanteurs différents. Je ne voulais pas prendre une seule ligne et la garder. Je voulais aller vers des artistes connus et d’autres moins connus. Tous les artistes qui sont venus sont des coups de cœur que j’ai eu envie de partager avec le public.

Chico & Les Gypsies... & FriendsOn va donc survoler la liste des invités qui figurent sur votre disque. Pouvez-vous me dire un mot sur chacun d’eux ?

Avec grand plaisir !

Vous venez de m’en parler, commençons par Gérard Lenorman avec qui vous chantez « Vous les Femmes ».

Gérard nous a demandé de participer à son album de duos. Nous avons chanté avec lui « Si j’étais président ». Comme on a fait pas mal de télés ensemble, qu’on s’est croisés dans plein d’endroits différents et que c’est quelqu’un de très sympathique, j’ai évidemment pensé à lui. C’est un très grand artiste. C’est quelqu’un d’exceptionnel. Tout de suite, il a répondu présent et on a voulu reprendre cette chanson « Vous les femmes » en hommage à toutes ces femmes sans qui nous ne serions pas là. On a donc partagé cette chanson en français et en espagnol. Et le résultat est plutôt très sympathique.

Reprendre « Vous les Femmes », était-ce un choix de vous ou de lui ?

C’est moi. C’est une chanson d’Iglesias que j’adorais et nous connaissions une version espagnole. Je me suis dit que ce serait super sympa d’avoir ce regard d’hommage envers toutes ces femmes…

On retrouve aussi Daniel Guichard sur « Le Gitan ».

Alors, Daniel Guichard, c’est quelqu’un que je connais depuis plus de trente ans. Je le connaissais déjà à l’époque où il chantait « le Gitan ». Pareil, comme c’est un copain, je l’ai appelé. « Le Gitan » avait sa place dans ce projet. Ce qui est marrant, c’est que j’avais donc pensé à lui et un jour, il me téléphone et me dit qu’il va faire Drucker et qu’il aimerait qu’on l’accompagne sur « Le Gitan ». On l’a fait, on a refait un peu les arrangements et ce jour-là, je lui ai parlé de cet album de duos et je lui ai proposé de prendre cette chanson. Et tout de suite, il m’a dit qu’il le ferait avec un grand plaisir !

Entre nous, c’est une des chansons les plus réussies de l’album.

Elle est géniale ! Samedi dernier, on l’a encore chantée ensemble. De temps en temps on joue chez moi, on organise des dîners-spectacles, et on l’a chantée ensemble. C’était vraiment génial. Et puis, lui, c’est un tel personnage ! Il est extraordinaire…

On a un peu l’impression de redécouvrir la chanson, alors qu’on la connait par cœur.

C’est ça. Toutes les chansons qu’on a reprises, de les avoir revisitées à notre manière, on dirait presque que ce sont des créations. En l’occurrence, même Daniel a eu l’impression de redécouvrir sa chanson. Quand il a entendu la première maquette avec les nouveaux arrangements, il m’a dit « Chico, c’est génial ! » Il l’a faite écouter à plein de gens et tous avaient la même impression. À partir de là, on a foncé et le résultat est là.

Plus attendu, on retrouve Charles Aznavour sur « T’Espero ».

Charles Aznavour, c’est aussi un très bon ami depuis longtemps. Je l’ai connu à l’époque d’Eddie Barclay. Pendant très longtemps, on a joué à Saint-Tropez, on était un peu les troubadours de Saint-Tropez, on faisait plein de soirées privées et surtout les fameuses soirées blanches qu’organisait Eddie Barclay. Souvent, Charles Aznavour était là. On s’est donc connus à cette époque. Après, on s’est retrouvés sur des scènes internationales dans différents pays. Et là, depuis quelques années, on est voisins puisqu’il habite à Mouriès et que moi, j’habite à Saint-Rémy-de-Provence. On habite donc tous les deux dans les Alpilles et on se rencontre très très régulièrement. Et souvent, quand on va dîner ensemble, comme on a toujours une guitare qui traine, on se fait de la musique pour se faire plaisir. Et de temps en temps, Charles se lâche et participe avec nous !! Il était donc évident que Charles fasse partie de l’aventure. Mais déjà avant cet album, on avait enregistré un album où on reprenait les plus grandes chansons de Charles Aznavour. Et là, c’était extraordinaire parce que évidemment, il a chanté avec nous, mais c’est également lui qui nous a donné toutes les paroles en espagnol. C’était le plus souvent des chansons que lui avait chantées en Amérique de Sud ou dans les pays latinos. On a ainsi pu voir dans quel esprit lui les chantait en espagnol et à partir de là, on a revisité ses chansons. C’est un bel hommage qu’on lui a rendu et lui a tout fait pour concrétiser ce projet. C’est un lien d’amitié très très fort qui nous lie avec Charles.

Florent Pagny vous rejoint sur « Djobi Djoba »…

Florent Pagny, je l’adore ! C’est tout de même un des plus grands chanteurs de la chanson française. Pareil, lui aussi, je l’avais rencontré sur plusieurs scènes. Et lui, il parle très bien espagnol. J’ai donc pensé à lui pour « Djobi Djoba », mais j’avais peur qu’il n’accepte pas, parce que je sais qu’il est toujours en voyage à droite et à gauche. Il est très peu en France, sauf quand il vient faire de la promo. J’ai donc posé la question à son bureau pour savoir s’il était OK pour le projet. Et le lendemain, ils m’ont répondu en disant que Florent était enchanté et ravi de la faire.

D’une manière générale, est-ce vous qui avez proposé des titres précis à vos invités, ou bien sont-ce eux qui ont formulé leurs souhaits ?

En général, c’est moi qui ai proposé les chansons. Et tous ont accepté. C’est à chaque fois tombé pile parce qu’ils l’adoraient. Pour l’anecdote, il y en a une, sans le faire exprès, que j’ai donnée à Julien Doré, « Marina ». Lui, était fan depuis des années et tout le monde nous disait qu’il nous adorait. L’année dernière, on a fait la fête de la musique en Belgique à Bruxelles et nous avons fait un duo ensemble. C’était une autre chanson. Bref, je trouvais que Julien avait toute sa place dans ce disque, je lui envoie donc « Marina ». Et lui, il me rappelle tout de suite en me disant qu’il était ravi de le faire et qu’en plus c’était le nom de sa femme… (rires) Je lui ai dit que c’était un signe, alors ! On a donc fait cette chanson ensemble, et pour le public, et pour sa femme.

Chico & Les Gypsies © Henk van Cauwenbergh

Il est très chouette et surprenant aussi ce duo avec Julien Doré.

Il est génial Julien. En plus, vous avez entendu son grain de voix ? C’est super !... Et je pense qu’il a pris un réel plaisir à le faire. Nous, en tout cas, nous nous sommes régalés à le faire avec lui ! Il y a beaucoup d’amour dans ce disque. Et on le ressent à l’écoute des chansons je pense. Il y a eu beaucoup de plaisir et beaucoup de partage pendant l’enregistrement. Ça n’a pas été un calcul de business en se disant on va en vendre autant, etc… Non ! Pas du tout ! C’est une invitation à laquelle des artistes et des amis ont répondu. Et on a partagé des moments extraordinaires.

On le sent quand on l’écoute.

Je suis ravi qu’on ait pu immortaliser quelques moments avec de la vidéo parce que c’était exactement ça. C’était que du bonheur !

Vous faites un duo avec Patrick Fiori également, « My Way ».

Un grand chanteur, extraordinaire lui aussi. Il me restait « My Way ». J’ai appelé Patrick en lui disant qu’il me restait une chanson, et que ça nous ferait plaisir qu’il vienne la partager avec nous. Il m’a répondu « si tu ne me l’avais pas demandé, franchement, ça m’aurait vexé ! » Il est venu et on s’est régalés… Il a une telle voix !... Vous avez vu comment ça se marie bien avec les arrangements gipsy ?

Ça sonne effectivement super bien. Comme tous les titres, d’ailleurs.

(rires) Franchement, je vais vous dire, c’est tout ce que j’aime, cette fusion entre les uns et les autres venus d’horizons divers, c’est tout ce que j’aime. On a fait venir un chanteur de Raï, Big Ali, Lucenzo, Charles Aznavour, Nana Mouskouri…

Vous reprenez « Volare » avec Nana Mouskouri.

Oh la la… Cette petite voix douce et belle qu’elle a ! C’est vraiment charmant. Et à côté de ça, il y a le chanteur qui a cette voix très chaude, très gitane, très latine. Le mariage est génial. Ce paradoxe est vraiment beau… Nana, elle m’avait proposé de faire partie de son album de duos l’année dernière et malheureusement pour une question d’emploi du temps, on n’a pas pu le faire. On s’est revus chez Drucker quand mon projet était en train de se faire. Elle nous a dit que c’était vraiment dommage qu’on n’ait pas pu venir, parce qu’elle nous aimait beaucoup. Elle m’a fait une telle déclaration que je lui ai dit que tout n’était pas perdu, que j’étais en train de faire un album et que si elle voulait venir, ça nous ferait très plaisir. Elle m’a répondu, « Comme ça, je te pardonne ! » (rires) J’ai trouvé ça vraiment touchant.

Dans un autre style, vous chantez « Don’t Let me be Misunderstood » avec le Collectif Métissé.

Ah, c’est super joli ce qu’on a fait ensemble ! C’est une fiesta géniale. La chanson collait bien avec eux. Ce titre, on le chantait déjà il y a trente ou trente-cinq ans quand on chantait à Saint-Tropez. Il faisait toujours un carton. J’avais rencontré par hasard sur une plage le producteur de l’époque qui nous avait dit que ce que nous faisions était génial, mais que le jour où nous mettrions dedans une basse et une batterie, ça serait d’enfer. C’est vrai que quelques années après quand on l’a fait, j’ai repensé à ce qu’il nous avait dit en flashback. Et je me suis dit qu’il avait raison… C’est une chanson qui a marqué toute une époque. Dans la musque gipsy, elle marquait une ouverture pour le grand public. C’est une espèce de trait d’union entre ce qu’on fait nous et le grand public.

Lucenzo vous rejoint sur « Bamboleo ».

Lucenzo, c’est un copain. C’est vraiment un grand ami. J’ai adoré le dernier album qu’il a fait et qui a fait un carton. Il nous a demandé d’y participer. Ça s’est super bien passé. Et naturellement, quand on fait un partage dans un sens, on se dit pourquoi ne pas en faire un dans l’autre. C’était génial avec Lucenzo, parce que c’est quelqu’un de jeune, latino et qui adore aussi notre musique.

Dans un style tout à fait différent, Big Ali chante avec vous « Baila Baila Morena ».

Big Ali, c’est son producteur qui m’a appelé l’année dernière pour faire une création avec lui. À la base, ça devait figurer sur son album. La chanson qu’on a faite avec lui, on l’a créée ensemble. Comme l’album n’était pas terminé, qu’ils avançaient tranquille, comme je faisais mon album, je leur ai proposé de mettre le titre sur notre album. Son producteur a dit « banco, pas de problème ! » On a fait une scène ensemble. Big Ali c’est franchement un gros bébé. Il est d’une gentillesse… mais quand il arrive sur scène, c’est une vraie tornade. C’est le top.

Chico & Les Gypsies © Henk van Cauwenbergh

Il y a Cheb Aïssa (« Salam Alaikoum »)

C’est quelqu’un que je connais depuis des années et qui est un ami aussi. Pour moi, il a une des plus belles voix de raï d’aujourd’hui. On a d’ailleurs fait tout un album avec lui, « Cheb Aïssa featuring Chico et les gypsies ». Et ce duo fait partie de son album qui est sorti au début du mois de juillet. Pareil, comme j’ai adoré travailler avec lui, je lui ai proposé de prendre un titre et de le mettre dans notre album. Il a accepté. Entre temps, on a été jouer en Algérie et au Maroc avec lui. On a fait des trucs super. Il faut voir comment ça se passe… Et le mélange des deux styles est extraordinaire.

Vous chantez un duo avec Sanaï, votre fille, « Tu Sabes »…

Oui ! Comme on chante ensemble à la maison, on se fait aussi des concerts de temps en temps. Elle est venue à l’Olympia. Naturellement, il fallait que je partage un duo avec ma fille. Vous vous imaginez la fierté pour moi ? Que ma fille vienne chanter un titre avec moi à côté de Charles Aznavour et de tous ces artistes ? Pour moi, c’est une énorme récompense. Franchement, ce disque, j’ai l’impression que c’est un cadeau ou même un gâteau d’anniversaire. Chaque titre représente un morceau de ce gâteau et on le déguste, on le partage et on le savoure ensemble. Que ma fille soit avec moi, c’est la personne la plus proche que j’aie, j’en suis ravi. Je suis content de pouvoir partager cette reconnaissance à travers tous ces artistes de ces 20 ans de carrière. Mais dans le fond, je le fais depuis 35 ans puisque j’étais dans Los Reyes et Gipsy Kings.

L’album se termine avec un duo avec Sofia Essaïdi, « Shape of My Heart ».

Elle, c’est toute la douceur. C’est l’émotion à l’état pur. Je l’ai croisée sur un plateau chez Drucker et je lui ai proposé de venir chanter un titre avec nous. Je ne savais pas trop lequel… J’avais repéré « Shape of My Heart » pour le projet, je le lui ai donc envoyé en lui demandant ce qu’elle en pensait. Elle m’a envoyé un texto en me disant qu’elle adorait. On l’a donc fait ensemble en studio et on s’est vraiment bien marré. On a pris un réel plaisir à le chanter. Et à la base, c’est tout de même une superbe chanson. Ce titre, il fait partie des perles rares.

Y a-t-il des artistes que vous avez contactés et qui n’ont malheureusement pas pu venir pour des raisons d’emploi du temps ou autre ?

Oui. Roberto Alagna par exemple. Il y a eu Victoria Abril aussi et notre « Rockeuse de Diamants », Catherine Lara. Tous ont répondu présents, mais après, au niveau du timing, ça a été compliqué. Quand j’y repense, je me dis qu’ils avaient tous envie de participer et j’en suis content. Roberto Alagna, par exemple, quand l’album est sorti, m’a envoyé un mot très gentil. Il était super content que le projet ait abouti, malheureusement sans lui, mais ait abouti tout de même. Il était vraiment très heureux de ça.

Avez-vous changé des chansons lors de l’enregistrement ? Ou bien, vous en êtes-vous tenu au strict cahier des charges ?

Le cahier des charges comme vous dites n’était pas imposé à fond. Si les titres ne correspondaient pas ou si l’artiste ne le sentait pas, on aurait pu passer à autre chose. Mais franchement, tous les titres que j’ai envoyés ont été acceptés. À chaque fois, j’imaginais bien l’artiste l’interpréter. Et je ne me suis pas trop trompé dans le fond…

Comment s’est passé l’enregistrement ? Est-ce que ça n’a pas été trop difficile de réunir tout le monde sur une période donnée ?

Vous vous imaginez bien qu’on l’a fait par étapes. Les enregistrements de base, je les ai tous faits dans le sud, dans un petit studio à Martigues près de chez moi. Ensuite, pour les duos, on a souvent été à Paris ou en Belgique pour certains. On a suivi un peu l’emploi du temps de chacun. Après, j’ai été mixer tout ça en Allemagne, à Cologne. Je trouve que le son qu’on a réussi à avoir, c’est le top ! En même temps, je suis content, parce que ça rafraîchit cette musique gipsy. Il y a des titres comme « Bamboleo » qui ont plus de 25 ans aujourd’hui. Et quand on l’écoute, on prend notre pied, comme si c’était le premier jour. Chaque titre, je l’ai redécouvert. Et toutes les réactions que j’ai vont dans ce sens…

Vous avez dépoussiéré, tout en gardant l’essence, en somme.

Voilà ! C’est ça. Comme je le disais à tous les artistes qui sont venus, l’important, c’était l’âme. Je voulais que chacun amène son âme à lui dans les chansons. Et c’est vraiment ce qu’il s’est passé. C’est pour ça qu’il y a tant d’amour dans ce disque. Quand je dis âme, je pense aussi à l’amour, évidemment, au plaisir, à l’émotion…

Chico & Les Gypsies © Henk van Cauwenbergh

Peut-on rêver d’un grand concert avec la plupart des protagonistes de ce disque ?

Franchement, pour moi, ce serait le rêve absolu. Mais déjà, pour une très très grande partie, on va se retrouver chez Drucker pour une spéciale à la rentrée. Ce « Vivement Dimanche » sera diffusé le 16 septembre. Donc, déjà, cette émission va donner un aperçu. Après, il y aura un Olympia, peut-être un Zénith… Mais oui, évidemment que pour moi, ce serait génial de retrouver tous ces artistes sur scène.

Je ne peux pas vous quitter sans vous demander quelles étaient vos idoles quand vous étiez ado…

J’ai adoré Johnny Hallyday, Tina Turner… J’ai toujours aimé le blues et le Rythm’n’Blues. John Lee Hooker… Tout petit, c’étaient des gens qui me faisaient rêver. Mick Jagger aussi m’a fait rêver. Pour moi, c’est quelqu’un qui habitait sur une autre planète. Il est venu me trouver un jour que je jouais à Cannes, et il m’a dit qu’il m’aimait, qu’il adorait ce que je faisais ! Ce sont vraiment des signes d’encouragement et de bonheur. Arriver à charmer des charmeurs, vous vous imaginez ?... Parce qu’on revient de loin tout de même avec la musique gitane. Aujourd’hui, tout paraît évident, mais quand on a démarré il y a 30 / 35 ans, ce n’était pas la même chose. Il a fallu une certaine éducation, dans tous les sens du terme ! En même temps, ça a été une aventure extraordinaire…

Comment l’expliquez-vous cet engouement pour la musique gitane ?

C’est tout simplement parce que la musique gitane est la musique qui symbolise le plus la fête. Elle n’a pas de barrière de langage, puisqu’on va dans le monde entier. Elle n’a pas de barrière sociale puisqu’on joue pour les riches et les pauvres. Et elle n’a pas de barrière de génération. Il y a très peu de musiques qui réunissent tout le monde comme la musique gitane. Et nous, on en fait partie. Tous les matins, quand je me lève je remercie de Seigneur pour ce cadeau.

Vous avez parcouru le monde entier, vous avez rencontré plein de gens. Vous avez rencontré le Dalaï Lama, l’Abbé Pierre ou Mick Jagger dans un autre style. Quelle est pour vous la rencontre qui vous a le plus marqué ?

Vous en avez cité quelques-unes, mais franchement, j’ai rencontré des gens que je ne pensais jamais rencontrer même en rêve. Et pour moi, celle qui a été la plus forte, et en même temps qui a été un signe et qui m’a beaucoup touché à l’époque, c’est Charlie Chaplin. J’étais très jeune, on s’appelait Los Reyes à l’époque, ce n’était même pas encore les Gipsy Kings. J’ai eu la chance de jouer dans un restaurant à Lausanne en Suisse. Et le patron m’a dit que si on revenait ce soir, Charlie Chaplin serait là… Vous vous imaginez Charlie Chaplin ?!... On revient donc le soir et on joue pour lui. Et lui qui avait fait rire le monde entier, quand on a joué, il s’est mis à pleurer. De vous en parler, ça me donne encore la chair de poule. Pour moi, ça a été une révélation de voir que cette musique pouvait toucher un homme comme lui… ça a été « La » rencontre !

Propos recueillis par IdolesMag le 30 juillet 2012.








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