Interview de Natasha St Pier  

Propos recueillis par IdolesMag.com le 26/06/2012.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag et/ou Dehmar SARL.

Natasha St Pier © Klaus Roethlisberger

Bonne Nouvelle ! Après un best-of et une tournée piano-voix avec laquelle elle a sillonné les routes de France pendant deux ans, Natasha St-Pier revient avec un nouvel album particulièrement réussi, le bien nommé « Bonne Nouvelle ». Nous avons donc été à la rencontre de Natasha afin qu’elle nous parle de ce nouvel opus pour lequel elle a complètement changé d’équipe. C’est Siméo qui est aux commandes. Elle ne manquera pas de nous parler de ses projets, dont une nouvelle tournée, et de revenir sur certains points de sa carrière. Rencontre avec une artiste pétillante et épanouie qui le fait savoir à travers ses chansons !

IdolesMag : Vous avez toujours tout au long de votre carrière affiché une certaine bonne humeur…

Natasha St-Pier : … oui!

Mais avec cet album-ci, j’ai vraiment l’impression que vous resplendissez. Est-ce que je me trompe ?

C’est vrai qu’il se passe beaucoup de très belles choses dans ma vie en ce moment, autant ma vie professionnelle que personnelle.  Donc, forcément, ça se ressent dans mes chansons.

Natasha St-Pier, Bonne nouvelleEt dans la pochette aussi…

Effectivement ! C’est la première fois que je fais des photos de pochette d’album en extérieur. Donc, forcément, au bord de la mer et avec le soleil, ça inspire un peu les vacances et la bonne humeur…

Si on excepte le best of sorti il y a trois ans, votre dernier album de chansons originales est sorti il y a quatre ans maintenant. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ?

Simplement parce que je ne trouvais pas les chansons qui m’inspiraient et qui me donnaient l’envie de me lancer dans un nouveau projet d’album. Parce qu’un album, c’est toujours un projet qui prend énormément d’énergie. J’avais donc envie d’être certaine du choix des chansons, et d’avoir cette espèce de magie qui donne des ailes.

Vous changez complètement d’équipe. Vous avez fait appel à Siméo. Qu’est-ce qui a motivé ce changement ? Une envie d’aller explorer de nouveaux horizons musicaux ?

Même pas. Si les chansons étaient arrivées de la part de Pascal Obispo, j’aurais continué à travailler avec son équipe. Mais lui était en train de préparer une comédie musicale, il avait la tête ailleurs. Et donc, j’aurais pu attendre un an ou même deux ans avant de refaire un album… Et si j’ai travaillé avec une autre équipe, c’est complètement par hasard. J’ai rencontré Siméo dans un bureau, il venait proposer des musiques de films et moi, je venais pour une réunion. On s’est parlé, il m’a fait écouter ses chansons et là, j’ai eu un coup de foudre. Et c’est ce coup de foudre-là qui a déclenché l’envie de faire cet album-là. Ç’aurait pu être plus tôt, comme ç’aurait pu être plus tard avec qui que ce soit d’autre… Il n’y a pas eu de recherche d’équipe. C’est vraiment le hasard qui a fait les choses.

Siméo, vous ne le connaissiez pas, en fait.

Non. Pas du tout. Je l’ai rencontré et il m’a proposé d’écouter les chansons « Par cœur » et « J’aime ça ». Ce sont donc les deux premières chansons que j’ai écoutées, et ce sont ces deux chansons qui m’ont donné l’envie de faire cet album-là.

Comment avez-vous travaillé ensemble ? Lui avez-vous soufflé des idées ou bien lui avez-vous laissé carte blanche ?

En fait, le hasard a voulu qu’on soit presque voisins. On habite à une rue d’écart à Paris. Et sachant la taille de Paris, c’est vraiment très drôle ! C’est aussi la première fois que je travaille avec quelqu’un qui a le même âge que moi, et du coup, on s’est vu plutôt comme des amis, comme des gens qui veulent se connaître. Il n’y a pas eu ce processus qui veut qu’on raconte sa vie à l’auteur, qu’on lui donne des idées, qu’on cherche ensemble un thème… ça a vraiment été de vivre au quotidien ensemble, et après, je donnais des flashes, je pense, à Siméo pour écrire des chansons !

Vous co-signez un texte avec Siméo, « Pour ne jamais t’oublier ».

Oui. C’est un texte que j’avais écrit en amont. Siméo l’a retouché pour qu’il soit un peu plus généraliste parce que comme c’était une histoire très personnelle, c’était difficile d’ouvrir cette chanson-là aux autres. L’implication de Siméo dans cette chanson a été de faire qu’elle parle justement à plus de gens.

Natasha St Pier © Klaus Roethlisberger

Quand on regarde toute votre discographie, vous avez somme toute assez peu écrit de textes. Seriez-vous tentée d’écrire un peu plus dans l’avenir ?

Non. On me pose cette question-là à chaque album parce que j’en écris ou co-écris un de temps en temps, que ce soit pour moi ou pour les autres. Mais non, ce n’est définitivement pas une activité qui me passionne. Je le fais quand j’ai vraiment envie de le faire ou quand je ne trouve personne qui arrive à mettre les mots sur ce que j’ai envie de dire. Écrire, c’est pour moi un processus qui n’est vraiment pas agréable. Donc, je ne pense pas que je vais poursuivre dans cette ligne-là plus que ce que je ne fais maintenant ! Ça arrivera de temps en temps, quand j’en ressentirai vraiment le besoin, mais pas plus ! (rires)

Ça a le mérite d’être clair, parce que certains artistes ont peur de montrer leurs textes, alors qu’ils écrivent. Mais vous, vous n’en avez pas envie tout simplement.

Je n’aime pas le processus d’écriture, je trouve ça trop frustrant. Et en plus, je pense que le fait que j’ai grandi dans une double culture anglophone/francophone me limite un peu. Parfois j’ai des idées en anglais, mais une fois traduites en français, ce n’est pas beau. Ou vice versa. Enfin, ce n’est pas un processus agréable pour moi, l’écriture.

Pouvez-vous un peu me parler de l’équipe de musiciens que vous avez réunie autour de vous ?

Oui ! C’est Siméo qui les a tous trouvés. Ils étaient soit des amis, soit il avait entendu dire qu’ils étaient très bons ! On s’est entourés de très jeunes musiciens pour cet album. Et je trouve que c’est sympa aussi parce que ça donne la chance à des musiciens qui débutent. Par exemple, notre batteur Anthony [Giordano] est sur Paris depuis pas si longtemps que ça. Il a pourtant fait des trucs géniaux. Je suis vraiment contente de tous ces gens qu’on a réussi à introduire sur l’album. Les pianistes aussi. ce ne sont pas des gens que je connaissais avant, mais ce sont vraiment de belles rencontres.

Natasha St Pier © Klaus Roethlisberger

Vous reprenez le duo avec Mickaël Miro qui figurait déjà sur son album, « Juste comme ça ». Pourquoi avoir fait le choix de sortir ce titre en deuxième extrait ?

Je pense que c’est une chanson d’été. Avec l’été qui arrive, je trouve que c’était le moment de la sortir. Ce n’était pas un titre que je voulais sortir à l’automne, ni Mickaël d’ailleurs. Et puis, c’était tout simplement le bon moment pour nous. Il faut bien se dire que quand on est deux artistes, pour sortir un titre, il faut que ce soit le bon moment pour l’un comme pour l’autre en termes de promo. Si lui avait été en train de faire un autre single, ç’aurait été compliqué. Quand lui est prêt, si moi je suis sur un autre single, c’est aussi compliqué. Il fallait trouver ce temps-là, le bon timing dans nos emplois du temps pour que nous soyons disponibles tous les deux pour assurer la promo de cette chanson ensemble. Il fallait aussi que nos deux maisons de disques s’entendent, puisque nous n’avons pas la même et qu’ils peuvent eux aussi avoir envie de travailler des titres différents. Et là, le contexte a fait en sorte que tout tombait bien. Lui avait la place, moi aussi, les maisons de disques étaient d’accord, donc, on s’est lancé !

Un clip est-il en préparation ?

Oui. On tourne le clip le 3 juillet.

Pouvez-vous déjà m’en toucher un mot ?

Non… Je vous laisse la surprise ! (rires) En tout cas, j’espère vraiment que les gens vont aimer ce clip. C’est un clip qui a été co-écrit avec les idées de Mickaël, les miennes et celles du producteur, Franck. C’est un gros mélange de tout le monde en fait. On s’est tous assis autour d’une table et on a discuté de ce que la chanson nous disait à chacun d’entre nous. Et on a essayé de trouver une idée un peu originale…

Tout ce travail de l’image autour des chansons, et notamment les clips, vous intéresse-t-il ?

Oui. Ça m’intéresse pas mal. En fait, c’est assez bizarre parce que c’est ce qui m’intéressait le moins quand j’ai commencé ma carrière. J’étais plutôt une sportive qui préférait mettre des jeans et des T-shirts ou des joggings et des baskets… Me retrouver dans un monde hyper glamour où l’image était importante, a été très difficile au début. Puis avec  le temps, je pense que je me suis laissée séduire et j’ai appris à aimer ça. Et aujourd’hui, c’est quelque chose qui me plait.

Sur l’édition canadienne, on retrouve un autre duo, avec Jonathan Roy cette fois-ci, « La Route ». Jonathan n’est pas encore très connu ici en France, mais je trouve que le duo s’intègre  particulièrement bien dans l’album. Pourquoi ne figure-t-il pas sur l’édition française ?

C’est une belle chanson, elle est très colorée. D’ailleurs, il existe deux versions de cette chanson. Il y a la version de Jonathan qui figure sur son album, et la version qui figure sur le mien qui a été retravaillée par Siméo justement pour qu’elle soit dans le même esprit que les autres chansons. Elle ne figure pas sur l’édition française simplement parce que ça n’intéressait pas Sony…

Natasha St Pier © Klaus Roethlisberger

Il y a une chanson, « La Princesse », dont le texte attire tout de suite l’oreille… [« Et tous les jours elle lutte / entre la princesse et la pute/ Le lundi elle s’adore le mardi elle se rebute… »]…

… Ouiiii !

Elle est pleine d’humour, un peu décalée, pas gnangnan. Avez-vous hésité un instant avant de l’accepter quand Siméo vous l’a proposée ?

Moi, je l’ai acceptée tout de suite, mais je suis la seule ! Mon équipe de management a tout de suite dit que je ne pouvais pas chanter ces paroles-là. La maison de disques a elle aussi été un peu refroidie… Sauf une personne, mon directeur artistique qui trouvait ça marrant. On s’est donc demandé ce qu’on allait faire de cette chanson. J’ai dit « On la maquette et on verra après. » On l’a donc maquettée et une fois posée et chantée, tout le monde a été unanime sur le fait que la chanson était sympa. Donc, on n’a pas vraiment eu besoin de convaincre l’équipe plus que ça. Ça n’a pas été trop dur d’imposer la chanson pour Siméo et pour moi. il a juste fallu qu’on la maquette. Entre lire des mots sur le papier et l’entendre chantée, je pense qu’il y avait une différence.

Y a-t-il une chanson pour laquelle vous avez un petit peu plus de tendresse qu’une autre, ou en tout cas que vous aimez mieux chanter ?

Une des chansons que j’aime le mieux chanter, c’est « J’aime ça ». Il y a une rythmique un peu particulière. J’ai l’impression de pouvoir faire danser les mots sur la mélodie. Je m’amuse réellement à la danser… enfin, à la chanter ! Le lapsus est révélateur. C’est vraiment comme si cette chanson-là m’envahissait totalement. C’est une des chansons que je préfère chanter. Après, dans les thèmes, il y a une chanson qui s’appelle « Une petite fille » qui est une de mes préférées. C’est Siméo qui a fait le texte encore une fois. S’il y avait un texte que j’aurais aimé écrire sur cet album, c’est celui-là.

Est-il un peu d’actualité ? [le refrain dit « Plutôt qu’un bijou / Si tu veux nous rendre heureux / Offre-moi une petite fille / Et un peu de temps pour nous deux »…]

Elle est un peu d’actualité… forcément un peu. Mais les choses arriveront quand elles arriveront ! (éclats de rires)

Votre album sort dans le circuit traditionnel le 9 juillet. Vous proposez un titre inédit, « Tu verras »,  à ceux qui l’achèteront sur le shop de votre site web. Pourquoi ne se retrouve-t-il pas sur le disque ?

Parce qu’on ne voulait pas mettre trop de chansons sur l’album non plus. On voulait avoir une chanson de plus à offrir comme ça. Au lieu de se dire qu’on ferait la chanson plus tard, on a décidé de faire les chansons toutes en même temps, pour garder le même esprit. Vous savez, c’est très difficile de recréer après coup l’esprit d’un album. Six ou sept mois après, les choses ont bougé et ont changé. Tout le monde a fait d’autres choses à côté. Et quand on se retrouve tous ensemble, ce n’est pas toujours évident de retrouver la même énergie de groupe. Donc, on a enregistré la chanson. Et on s’est dit qu’elle était là, et qu’on pourrait quand on en aurait envie, la proposer aux gens, comme un cadeau, comme une surprise…

Avez-vous laissé beaucoup de chansons de côté ?

Non, pas du tout.

Natasha St Pier © Klaus Roethlisberger

L’album est tout d’abord sorti par l’intermédiaire du site web vente-privee.com. Pourquoi avoir fait le choix de le sortir dans un circuit de distribution parallèle, ou en tout cas différent ?

Parce que je me suis aperçue en faisant la tournée piano/voix…  Comme c’est une tournée qui n’est pas lourde techniquement parlant, on peut aller dans des salles moins grandes. Il faut savoir que quand on arrive avec des décors, des éclairages, des instruments, des musiciens, on a souvent besoin d’une ouverture de plateau de onze, douze mètres, voire plus, et d’une hauteur sous plafond particulière pour accrocher le décor… On ne peut pas se permettre de présenter des spectacles différents à des gens qui vont payer le même montant leur place de spectacle. Du coup, dans ce souci de vouloir présenter le même spectacle à tout le monde, on ne peut pas aller dans toutes les salles puisque ça ne rentre pas. Avec mon spectacle piano/voix, j’ai pu me permettre d’aller dans plein de petites salles et plein de petites régions. J’ai donc pu me rendre compte que les gens dans ces villes-là, ils sont souvent un peu délaissés, parce qu’ils sont plus ou moins proche d’une grande ville où on va jouer avec les grands spectacles. Et dans la même optique, ils sont plus ou moins éloignés des magasins de disques. En plus, je ne vais rien vous apprendre, il y a de moins en moins de magasins de disques en France, et même dans tous les pays du monde. Avant, on avait tous notre petit disquaire dans chaque ville. On pouvait facilement aller acheter des albums. Aujourd’hui ce n’est plus le cas et il y a même certains endroits où il faut avoir une voiture si on veut aller acheter un album. Évidemment, il y a des sites comme ITunes où on peut acheter de la musique. Mais moi, je fais partie de ces gens qui n’aiment pas avoir les versions MP3 des chansons. Donc, je voulais que les gens, même les plus éloignés, puissent avoir accès à l’album dans sa version physique, c’est-à-dire avec sa pochette et tout et tout… Et vente-privee.com me permet ça, alors que beaucoup d’autres sites ne le permettent pas puisque ce qu’on reçoit quand on a acheté l’album, c’est la version MP3. Du coup, en travaillant avec vente-privee.com, je m’adresse vraiment à tout le monde. Quand les gens commandent le CD, ils le reçoivent directement chez eux, qu’ils aient un magasin de disques où non près de chez eux. Et en plus, ils reçoivent la version physique.

Et puis, le prix de vente proposé sur vente-privee.com est de 6€ port compris, c’est aussi un avantage…

Je pense que si le site vente-privee.com est intéressé par ce deal-là, alors qu’ils doivent distribuer l’album, n’importe quel magasin pourrait proposer le même deal ! Le problème aujourd’hui, c’est que les magasins n’ont pas envie de proposer des albums au public à ce prix-là… Parce que pour moi, en tant que chanteuse, ça ne change rien ! À partir du moment où l’album est vendu, je touche la même chose que l’album soit vendu par l’intermédiaire de vente-privee.com ou dans un quelconque magasin. La preuve étant que les magasins de disques font de temps en temps des opérations à 5.99€… Donc, ça c’est le choix du magasin, c’est le choix de la personne qui va mettre en vente l’album.

Vous venez de me parler du spectacle piano/voix avec lequel vous tournez depuis deux ans, va-t-il y avoir un spectacle spécifique autour de « Bonne Nouvelle » ?

J’ai commencé à travailler sur un projet. Les gens avec qui j’ai envie de travailler sont en tournée jusqu’en septembre/octobre, et même début novembre. Donc, on n’a pas vraiment pu monter le spectacle. On ne pourrait prendre la route que fin novembre. Et finalement, tout ça me paraît un peu compliqué, alors, je me demande si je ne vais pas repousser le début de cette tournée-là à début 2013, pour pouvoir répéter en novembre et décembre, sans faire de cassure ni de coupure, parce que j’ai vraiment envie de travailler avec les gens avec qui j’ai toujours travaillé, et notamment Jean-Luc Léonardon avec qui j’ai fait tout le spectacle piano/voix. Il a fait tous les arrangements de ce spectacle-là. J’ai vraiment envie de pouvoir travailler avec lui donc je vais l’attendre.

Allez-vous rester dans une optique piano-voix ?

Non ! Absolument pas ! Même si Jean-Luc sera là, le spectacle sera dans une optique complètement différente. On a une très bonne idée, je pense. Après, il faut voir si c’est montable et si ça peut prendre la route. En tout cas, on a plein d’idées, et on a très envie de les essayer…

Natasha St Pier © Klaus Roethlisberger

En début d’année, vous avez repris le rôle d’Elvira dans la comédie musicale « Don Juan » de Félix Gray au Canada. Qu’est-ce qui vous a poussée, dix ans après « Notre-Dame-de-Paris » à réintégrer une troupe ?

La comédie musicale, c’est une expérience que j’avais vraiment beaucoup aimée avec « Notre-Dame-de-Paris », et j’avais envie de la revivre. J’avais envie de la revivre avant d’avoir une famille et des enfants à charge, pour vraiment être tranquille et ne vivre que ma comédie musicale. C’est-à-dire, ne pas avoir à sortir de cet esprit de groupe, de colonie de vacances, pour rentrer le soir à la maison et  m’occuper de ma vie de famille. J’avais vraiment envie de pouvoir revivre ça encore une fois. Et donc, ayant maintenant la trentaine, je pense que la famille viendra bientôt. L’occasion de le faire s’est présentée avec « Don Juan ». En plus, c’est un très beau spectacle et le rôle était beau. J’avais envie d’un plus gros rôle, parce que celui de Fleur-de-Lys, ce n’était que trois chansons. Je n’avais pas envie de revivre l’expérience avec uniquement trois chansons. J’avais vraiment envie d’avoir un rôle principal avec beaucoup de travail. Même si ça demande beaucoup d’énergie, ça offre en même temps beaucoup de possibilités à un artiste pour évoluer. Voilà, c’était donc le bon moment et le bon rôle.

Aviez-vous des idoles quand vous étiez ado ?

J’en ai eu plein ! Et à des époques différentes. Comme la plupart des ados, j’ai eu mes phases ! (rires) J’ai eu ma phase Céline Dion, j’ai eu ma phase Cindy Lauper, puis ma phase Janet Jackson. Il y a eu la phase Paula Abdul quand j’ai commencé à prendre des cours de danse. J’ai eu ma phase U2 quand j’ai décidé que j’étais une adolescente rock ! Après, j’ai eu ma phase un peu sixties/seventies où je me suis mise à écouter la Motown et tous ces artistes-là. J’avais même adopté le look un peu hippie de l’époque, ce qui faisait bien marrer mes parents. Donc, oui, comme plein d’ados, je suis passée par plusieurs phases où j’écoutais en boucle un, voire deux ou trois artistes. Je n’écoutais que ceux-là.

Aujourd’hui, avez-vous encore des idoles ?

J’ai encore des idoles aujourd’hui, oui… Mais j’avoue qu’il n’y a plus une personne qui représente entièrement un idéal. Mais il y a encore quelques personnes que j’admire et qui me font rêver.

Quel est le premier disque que vous avez acheté personnellement ?

Le premier disque que j’ai reçu, c’était une cassette d’ailleurs, j’avais 8 ans et c’était pour mon anniversaire. J’avais reçu un walkman. Il faut savoir qu’à l’époque, c’était quand même la mode !! (rires) Et en plus, on n’avait pas besoin de retourner la cassette pour écouter l’autre face, il était autoreverse… C’était le grand luxe ! (rires) On m’avait offert la cassette de France Gall.

Quel album était-ce ?

C’est l’album où on ne voyait que sa tête et qui avait une bande jaune dans le bas. [L’album « Babacar »] Je ne sais pas si c’était un best of, mais je ne pense pas. Il y avait « Ella elle l’a », « Babacar »…

Natasha St Pier © Klaus Roethlisberger

L’avez-vous réécouté récemment ?

Je ne l’ai pas réécouté récemment, mais c’est drôle, l’autre jour, j’étais en train d’attendre et je chantais une chanson de France Gall. Et dans ma tête, je me rappelais tellement bien de cet album, que je pouvais enchaîner sur la chanson qui suivait sur le disque ! (rires)

Vous me parlez de France Gall, je ne peux pas ne pas évoquer un instant l’Eurovision. Vous avez représenté la France en 2001, et vous avez terminé en quatrième position, ce qui est plutôt une très très bonne place ! Quels souvenirs gardez-vous de cette aventure ?

Un excellent souvenir parce que j’avais très très peur de la réaction des gens en France. J’ai été très bien accueillie et ça a été un bon tremplin pour ma carrière. En fait, je pense que le public français a beaucoup aimé cette chanson, « Je n’ai que mon âme ». Et là-bas, c’est toujours un bon moment à vivre. Franchement, ça dure une semaine, ça a été une semaine avec beaucoup de travail et beaucoup de promo, mais c’est super intéressant.

Vous avez 12 ans de carrière ici en France, et plus de 2 millions d’albums vendus. Quel regard jetez-vous sur l’évolution de votre métier de chanteuse ? Parce qu’en douze ans, il s’en est passé des choses …

Je pense que je suis arrivée au bon moment. Et finalement, ça doit être très dur aujourd’hui quand on est un jeune artiste et qu’on arrive dans ce milieu-là pour en vivre. Je ne sais même pas si on peut faire ce métier-là uniquement quand on est un jeune artiste qui débute…

Propos recueillis par IdolesMag.com le 26 juin 2012.

-> Site officiel : http://www.natasha-stpier.com/








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