Interview de John Mamann  

Propos recueillis par IdolesMag.com le 10/07/2012.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag et/ou Dehmar SARL.

John Mamann - DR

Après avoir sorti un premier album, « Mister Joe », en 2010, le compositeur de « Il nous faut » d’Elisa Tovati et Tom Dice, de « Assis par Terre » pour Louisy Joseph, « Autoportrait » pour Johnny Hallyday et « 8ème merveille » pour Florent Pagny (entre autres), John Mamann revient avec un nouveau single « Fais pas la Gueule John » dans lequel il évoque les petits soucis du quotidien. Séduits par le ton de cette chanson, nous avons été à la rencontre de John afin qu’il nous en dise un peu plus sur son deuxième album qu’il est en train de peaufiner et qui sortira au mois d’octobre. Nous ne manquerons pas d’évoquer sa future collaboration avec Johnny, ses projets avec RedOne, ni sa participation aux côtés de Florent Pagny en tant que coach dans l’émission « The Voice ».

IdolesMag : Est-ce qu’il a été rapidement question d’un album après la sortie du premier [« Mister Joe » en 2010] ?

John Mamann : Dans mon esprit, oui. Automatiquement, tu penses à ça, tu te projettes. Sans rien enlever de l’appréciation de l’instant présent, tu penses à faire un autre album. Ce n’est pas une priorité dans ta tête, mais tu te dis très vite qu’il faut y penser. Quand l’aventure du premier commence à s’éteindre, tu prends un petit coup de respiration et tu te dis « allons-y »… si tu en as envie, bien évidemment. Mais dans mon cas, j’en avais besoin, c’était une nécessité pour moi de refaire un album. C’était une vraie envie profonde. Donc, je suis relativement rapidement reparti sur la créa du deuxième.

Savais-tu dans quelle direction tu voulais aller ? Quel angle tu allais explorer ?

Je suis quelqu’un qui vis vraiment l’instant présent. Au moment où j’ai commencé à prendre ma guitare pour faire des chansons pour cet album, j’ai reçu certains textes et certains thèmes. J’avais des idées et des thématiques aussi, des envies de raconter certaines choses. Je pense avoir pris un peu plus de recul sur la vie, donc, j’appellerais ça un peu l’album de la maturité, par rapport au premier. Et puis après, ça se fait en musique…

John Mamann, Fais pas la gueule JohnComposes-tu tout le temps, tous les jours ou bien plutôt avec parcimonie ?

Je compose tous les jours, tous les jours… Plus ou moins bien, d’ailleurs ! (rires) Mais j’ai ce besoin d’avoir un contact avec l’instrument. Il m’arrive aussi d’avoir des périodes où tu n’as plus trop d’idées… C’est la crainte de la page blanche. Tu n’as rien qui sort. Du coup, tu essayes de prendre un peu de recul et quelques jours après, tu as comme une attraction, tu es comme aimanté, tu as besoin d’aller vers l’instrument. Tu as besoin d’aller toucher le piano ou la guitare et qu’il se passe quelque chose. Ça fait du bien aussi quelques fois de couper, pour recréer cette niaque et cette envie de composer.

Tu voyages pas mal. Composes-tu un peu partout ou bien as-tu besoin de conditions particulières, comme être tranquille chez toi ?

Non, quand ça vient, ça vient. Que je sois sur un long courrier en avion ou dans le tram, je prends mon IPad et je vais commencer à faire des mélos. Si j’ai une mélodie qui me vient en voiture, je prends mon enregistreur vocal et je pose la mélo dessus, ou une idée qui me passe par la tête. Je n’ai pas vraiment d’endroit particulier. Après, oui, c’est sûr que la configuration quand je suis chez moi avec ma guitare, en détente, c’est autre chose. Mais c’est vraiment quand l’envie me vient. Et je le fais par rapport à où je me trouve. Je ne suis pas un maniaque du confort quel qu’il soit pour composer.

Tes premières compos et mélos, elles remontent à quel âge ?

Je crois que c’est en même temps que j’ai commencé à parler (rires). J’ai toujours chantonné des choses et eu envie de faire des chansons. J’ai grandi avec un papa chanteur et compositeur [Maurice Mann], entouré d’instruments, donc, je n’ai pas de souvenir sans musique.

Est-ce lui qui t’a donné le goût de la musique ?

Complètement !

Poser la voix sur les mélos, et donc chanter, c’est venu assez tôt également ?

Ça se fait très naturellement, parce que quand tu composes une chanson et que tu as envie de mettre une mélodie sur des accords ou sur une harmonie, il faut que tu le fasses avec ta voix, à moins que tu n’aies envie de le faire avec un autre instrument ou de jouer la ligne mélodique sur ton piano. Moi, j’ai constamment cherché à créer des mélodies avec ma voix. Je pourrais presque te dire que ma voix est mon premier instrument…

Pour ce nouvel album, quelle équipe de musiciens as-tu réunie autour de toi ?

Je bosse  beaucoup avec JPHT, Jan Pham Huu Tri, qui est le guitariste, réalisateur et compositeur qui m’accompagne un peu partout depuis quelques années. On s’est beaucoup enfermés tous les deux. Et puis, il y aura aussi des collaborations nouvelles, qui seront de vraies surprises. Ce sont des gens que tout le monde connaît très certainement, mais dont je ne dévoilerai le nom qu’à la sortie de l’album… (rires)

John Mamann - DR

Quelle couleur musicale vas-tu lui donner ?

Pop/rock, acoustique, du rock avec du groove. Ça va être dans l’ambiance de « Fais pas la Gueule John », et après ce sont les mélodies qui apporteront des émotions ou pas.

Avec quels auteurs as-tu travaillé cette fois-ci ?

J’ai travaillé avec entre autre Lionel Florence, et beaucoup d’autres auteurs…

Comment travailles-tu avec eux généralement ?

Ça dépend. J’ai découvert un nouvel auteur qui s’appelle Maurice Lindet dont j’ai reçu des textes. À chaque fois, il met un peu le doigt dans le mille, donc c’est assez magique. Quand je lis ses textes, la mélodie me vient assez facilement. Et puis, à côté, il y a un autre exercice ou je fais une sorte de yaourt et j’envoie à divers auteurs en espérant récupérer le texte du plus inspiré d’entre eux. Souvent, on parle de thèmes, on corrige et on change ensemble en fonction de ce que j’ai envie de dire et comment j’ai envie de le dire. Donc, ce sont les deux exercices possibles. Je pars d’un texte ou c’est l’inverse. Mais dans tous les cas, j’ai besoin de les rencontrer et de parler avec eux, tout simplement sur le plan humain. L’auteur fait la chanson avec toi..

L’écriture te tente-t-elle ?

Ça m’arrive, oui. Sur mon premier album, j’ai écrit deux textes. Pour écrire, j’ai besoin que ça vienne vraiment, que ça m’agresse presque, j’ai envie de dire. Il faut qu’il y ait un truc que j’ai vraiment envie de raconter et qui trotte dans ma tête. Après, je n’ai pas le réflexe d’écrire naturellement, je n’écris pas comme ça pour écrire. Je l’ai fait à un moment donné de ma vie, j’ai écrit plein de trucs, mais ce n’est plus trop le cas aujourd’hui. J’aime les collaborations. En réalité, au-delà du fait de ne pas être particulièrement auteur, j’aime collaborer avec les gens. J’aime les mélanges, voir ce qu’il se passe, j’aime les énergies qui s’installent dans un projet. Donc voilà, il y a l’auteur, le compositeur, le réalisateur, les musiciens… et c’est le mélange de tout ça qui est excitant.

« Fais pas la Gueule John », est-il représentatif du reste de l’album ?

Tout à fait. Dans la musique, dans le groove général, dans l’idée, dans l’humour… il est très représentatif de moi, ce titre. J’ai fait un album pour moi ! (rires)

John Mamann - DR

Ça veut dire quoi « j’ai fait un album pour moi » ? Qu’il est plutôt centré sur toi ?

Du moins sur ma façon de raconter des choses qui touchent tout le monde. La chanson dit « Fais pas la Gueule John », mais John, c’est tout le monde. Elle raconte le quotidien du commun des mortels et le triste fait que très souvent les gens sont minés ou font tout simplement la gueule pour des conneries. J’en ai fait une chanson… Je me suis privé pour ne pas mettre le mot « tout le monde ».

Quels autres thèmes vas-tu aborder dans l’album ?

Plusieurs approches de l’amour et des relations amoureuses. Il y a pas mal de chansons là-dessus, qui parlent des rencontres, de l’amour, des séparations, de la vie en général, ce qui peut nous arriver, ce qui m’est arrivé aussi… C’est un petit peu le bilan de trente ans d’existence ! (rires)

Trente ans, c’est jeune tout de même pour faire le bilan !

C’est jeune, oui. Donc, ce sera un album court !! (éclats de rires) Trêve de plaisanterie, il y aura le nombre de chansons que j’ai senti de faire pour cet album. Je me suis arrêté au moment où j’ai senti que j’avais raconté ce que j’avais envie de raconter. Donc, je l’ai fait comme une histoire. Je n’ai pas calculé le timing ni le nombre de chansons. Je ne suis pas là-dedans. Je me suis vraiment fait plaisir.

As-tu laissé beaucoup de titres de côté pendant l’enregistrement ?

On en laisse toujours, malheureusement. C’est toujours un choix très difficile de retirer certains titres. Il y en a qui malheureusement de par le thème ou le style musical ne cadrent pas avec les autres. Donc, on essaye toujours de choisir ceux qui nous plaisent le plus et c’est toujours compliqué de choisir entre tous ses enfants…

Tu as pas mal composé pour les autres. La démarche est-elle très différente ?

La démarche de composer est la même. La différence, c’est que quand on compose pour quelqu’un, on essaye de faire un travail de tailleur. Ce n’est pas pareil d’être tailleur que de s’habiller soi-même. Voilà, toute la différence est là, mais ça reste des vêtements et ça reste de la musique. Il y a donc le plaisir de faire de la musique, et ensuite, de se mettre au service de l’artiste pour qui on compose. Quand je suis en mode compositeur, je fais tout pour mettre en valeur l’artiste avec qui je collabore. Donc, c’est sûr que si un matin je me lève, que j’ai envie de faire du reggae et que je dois travailler sur l’album d’une chanteuse à voix pop, eh bien malheureusement, c’est compliqué ! (rires) On se met au service de l’autre. Le plus intéressant dans ce métier, c’est de faire de la musique pour les gens qui nous attirent. Donc, automatiquement, on s’imprègne de son univers et on a une vision de ce qu’on aimerait faire pour cette personne. C’est là que réside le travail de compositeur. Je me concentre sur ce que j’ai envie de l’entendre chanter, ce qui pourrait aller à sa voix, ce qui pourrait coller à son univers… et tout ça dans mon propre style mélodique. C’est comme faire un jam, quoi !

John Mamann - DR

Tu ne pourrais donc pas composer pour quelqu’un que tu ne connais pas.

Ce serait plus compliqué. Je pense que je n’aurais juste pas d’idée. Tu composes pour quelqu’un. Si tu ne le connais pas, il n’existe pas pour toi. Comment veux-tu lui écrire une chanson ? C’est pour cette raison que quand des gens me disent « tiens tu devrais écrire pour tel ou telle artiste », si je ne le ou la connais pas, je demande à le ou la rencontrer. C’est hyper important. La relation humaine et l’aventure humaine, c’est ce qui prime sur tout. Il n’y a rien qui sort si je n’ai pas en face de moi quelqu’un avec qui il se passe quelque chose.

J’aimerais qu’on revienne un instant sur « Assis par terre » de Louisy Joseph, qui a été un des tubes de 2008…

Ça a été mon tout premier projet, Louisy Joseph. C’est la première fois que j’avais une chanson qui était diffusée sur les ondes et qui glissait en dehors de chez moi et de ma douche… (rires) Donc, forcément, ça a donné à certaines personnes l’envie de me proposer de leur faire des chansons. Et c’est comme ça ensuite que tu rentres dans le métier et que tu essayes de faire des chansons et d’en faire encore… Donc, « Assis par terre », c’est une aventure très positive pour moi.

Qu’est-ce qui t’a poussé à sortir ton premier album solo ?

Après, ça s’est fait un peu naturellement. Quand je faisais mes démos et mes maquettes, je les ai toujours présentées avec ma voix. Je pose ma voix sur les titres. Et comme toujours, l’artiste fait écouter la maquette à son producteur et un jour, un producteur m’a passé un coup de fil en me disant qu’il aimait bien ma voix, qu’il aimait bien ma façon de chanter les titres. Il m’a demandé si j’avais un univers bien à moi et si j’avais des titres pour moi. Je lui ai répondu que oui, donc, il a voulu les écouter. Ça s’est fait comme ça…

Tu as composé « Autoportrait » pour Johnny Hallyday. Comment s’est passée ta rencontre avec Johnny ?

(rires) Magique ! J’ai été agréablement surpris de rencontrer un homme aussi généreux, aussi cool, aussi vrai et attendrissant. C’est tout ça qui est ressorti de ma rencontre avec Johnny. Ça a été un peu magique. J’ai reçu un texte qui s’appelle « Autoportrait », et quand j’ai lu cette chanson, j’ai compris qu’il n’y avait qu’une personne qui pouvait la chanter. J’ai commencé à composer et puis j’ai remis la maquette à des gens que je connaissais. Il m’a appelé quelques jours plus tard en me disant « rencontrons-nous ». Nous nous sommes rencontrés et voilà, c’est aussi simple que ça… (rires) C’est comme ça qu’est né « Autoportrait », de la bouche de Johnny… Un grand moment !

Tu vas faire partie de l’équipe qui travaille sur son nouvel album.

Je propose des chansons, oui, en effet. J’ai pour habitude de ne pas parler des projets qui ne me concernent pas directement. Mais il y a des chansons et j’en propose actuellement pour ce projet. J’ai d’ailleurs co-composé un titre avec lui !

Comment avez-vous travaillé tous les deux ?

On était ensemble assis sur un canapé avec deux guitares et on s’est fait plaisir, tout simplement.

John Mamann - DR

On parle souvent de la co-écriture, moins de la co-composition. N’est-ce pas un exercice difficile ?

C’est comme dans tous les métiers et tous les domaines. C’est une histoire d’égo. Si tu mets l’égo de côté et que tu prends du plaisir avec quelqu’un, et que tu te dis « tiens on va faire une chanson », il n’y a aucun problème. Comme je te le disais, j’aime beaucoup les collaborations. Je pense qu’on n’est pas grand-chose tout seul dans ce monde. J’adore collaborer, rencontrer des gens, faire des choses avec d’autres, pour qu’ils puissent m’amener un plus, et que je puisse leur en amener un aussi. je trouve ça génial. Dans mon cas, comme je suis habitué à travailler en équipe, je n’ai aucun problème avec ça. Bien au contraire…

On ne peut pas ne pas évoquer un instant « The Voice ». Quels souvenirs gardes-tu de cette aventure ?

Un super souvenir. J’ai passé un super moment aux côtés d’un pote. J’ai rencontré des artistes super. J’ai découvert une émission et des voix. Et j’ai rigolé, beaucoup rigolé… (rires) C’est un très bon souvenir… surtout que je suis très client de la rigolade !!

As-tu accepté tout de suite ?

Tout de suite.

Qu’est-ce qui t’a séduit dans le concept de l’émission ?

Avant toute chose, ce qui m’a séduit très personnellement, c’est que Florent [Pagny] m’appelle et me demande de participer avec lui à cette émission. Il m’a dit qu’il était coach et qu’il devait avoir un collaborateur pour gérer des histoires de battle, choisir des chansons et prendre des décisions sur qui on garde et qui on ne garde pas… il m’a dit que ça lui ferait plaisir que cette personne, ce soit moi. J’ai dit « Banco ! Avec plaisir ! » Surtout, ce qui m’a séduit, au-delà de l’aventure humaine, c’est que mon ami m’appelle et me demande de venir. Après, j’ai été agréablement surpris de me retrouver dans une émission sympa et de faire de belles rencontres.

Aurais-tu été tenté, il y a quelques années, par un télé-crochet de ce style-là ?

On me pose souvent la question depuis que j’ai fait « The Voice »… En tout cas, ma réponse, c’est que de tous les télé-crochets et de toutes les émissions musicales de télé-réalité, c’est la seule peut-être qui m’aurait attiré. Je trouve que le fait d’être choisi sans discrimination et de se positionner uniquement sur le choix d’une voix, c’est pas mal…

Cette étape-là passe très vite. Après, le physique rentre en compte très rapidement…

Oui. Mais c’est tout de même une étape primordiale et indispensable. Donc, après, il y a une compétition comme dans la vie. La vie est une compétition au quotidien. Quand je fais une chanson pour quelqu’un, cette personne en reçoit peut-être 3, 10, 20, 30 ou 50 et elle fait un choix après. Je n’ai jamais trop aimé l’idée de dire « tiens, il me faut une chanson d’un tel ou tel autre ». Ce qui est embêtant dans ce métier, c’est que parfois on se crée un monde, et que certains veulent absolument une chanson de tel mec. Non ! Écoutons des chansons, d’abord… Si on aime le style de telle personne, et s’il arrive à nous proposer quelque chose qui nous correspond, c’est super. C’est la même chose dans « The Voice », on ne te choisit pas parce que t’es une super jolie fille ou que tu es super beau gosse. Non. On a aimé ta voix, on n’a pas aimé ta voix. On a buzzé, on n’a pas buzzé. Cette idée me plaît. Après, je ne suis pas fan de la télé-réalité en général et ce n’est pas mon délire. Mais je trouve que « The Voice », c’est bien fait.

John Mamann - DR

Vas-tu travailler sur l’album de Stéphan Rizon, le gagnant de la première saison ?

Je ne pense pas. Ce n’est pas d’actualité en tout cas…

Il y a pas mal de scènes qui se profilent. Que représente la scène pour toi ?

C’est l’aboutissement. C’est un des meilleurs moments. La création et la scène sont les deux plus beaux moments de mon métier. C’est pour ça que je fais ce métier, c’est pour aller sur la scène, pour rencontrer un public, pour chanter, pour prendre du plaisir, pour ressentir des émotions, pour en donner… La scène, c’est le moment de vérité. C’est l’artiste face à ses chansons et son public. C’est Waow ! C’est The Best !

Tu me dis que les deux moments que tu préfères sont la création et la scène. Et tout ce qui est studio, alors ?

Non, quand je dis création, j’inclus le studio dedans. Bien entendu, tu as la création de base qui est la composition et l’écriture, ensuite tu as la réalisation. Ce sont des moments super agréables. Les moments de mixes, par contre, sont plus ennuyeux et plus emmerdants que le reste… Ce que je voulais dire c’est que ce que j’aime, c’est tout ce qui est création de la composition jusqu’à la livraison finale d’une chanson. Après, tout ce qu’il y a autour, ce n’est pas ce que j’aime le plus dans ce métier… Le côté showbizz, strass et paillettes, ça ne m’excite pas du tout !

La promo, ce n’est pas trop ton truc non plus.

Ça fait partie du travail. La promo, je l’accepte et je la fais pour la simple et bonne raison qu’il y a des gens qui croient en toi, qui diffusent tes chansons, qui t’écoutent ou qui te donnent accès à des choses auxquelles tu n’as pas accès toi tout simplement. Donc, c’est normal que tu les remercies en répondant à leurs questions ou en allant les trouver pour chanter ta chanson. Après, tout ce qui se dégage parfois de ce métier, tout ce côté un peu délirant surréaliste et le côté curieux et impersonnel, je ne suis pas fan…

Je ne peux pas ne pas te demander si tu avais des idoles dans tu étais ado, ou bien si la notion d’idole ne te plaisait pas trop…

Je n’ai pas eu des idoles, j’ai eu des guides. Je ne suis pas quelqu’un qui a un tempérament de fan, mais je suis quelqu’un qui, quand il a de l’admiration, il a de l’admiration à fond. J’aime découvrir des univers. Il y a des artistes qui m’ont guidé dans ce métier, qui m’ont donné envie d’emprunter la même voie. Je pense à Quincy Jones, The Beatles, Michael Jackson, mon père aussi avec qui j’ai découvert la musique. Tous ces gens-là sont mes guides quelque part…

John Mamann - DR

Te souviens-tu du premier album que tu as acheté personnellement ?

Moi-même, c’était « Thriller » de Michael Jackson. Mais ce n’est pas vraiment le premier album que j’ai eu… disons que c’est le premier album que j’ai acheté avec mes propres sous. Mais la musique a toujours été là dans ma vie. Je n’ai pas été la chercher, elle était là dans mon enfance. J’avais juste à me promener dans l’appartement pour trouver des disques, des cassettes, des 33 tours ou des 45 tours… Donc, je fouillais et j’écoutais. Je cherchais la mélodie qui pourrait me faire du bien. C’est un vrai souvenir que j’ai de quand j’étais gamin, je fouillais dans des caisses et des armoires, pour trouver la chanson ou la mélodie qui me plairait.

Le support physique a-t-il encore de l’importance à tes yeux ?

Ah oui ! Pour moi, c’est super important. Je suis très attaché aux disques. Je suis né avec des disques. Après, j’apprécie l’instantanéité du digital. Mais je suis partagé… Je me souviens quand j’étais gamin… j’écoutais une chanson à la radio, j’asseyais au mieux de la retenir. Puis, je courrais chez le disquaire en espérant qu’elle soit arrivée chez lui… ça, c’est un plaisir fou ! Je suis triste qu’il y ait plein de gamins qui ne l’aient jamais connu et qui ne le connaitront jamais… Aujourd’hui, tu prends ton téléphone, tu pousses sur une icône et hop, ça télécharge. Alors, oui, c’est génial, ça va plus vite, mais c’est un autre délire… J’aime bien palper les choses.

Avant de te quitter, j’aimerais savoir quels sont tes autres projets, en dehors de l’album et de la scène.

Écoute, mes projets c’est continuer à créer des chansons, rencontrer d’autres artistes, collaborer un maximum avec des gens intéressants… Après, le reste, ce ne seront que des surprises ! (rires)

On parle beaucoup d’une collaboration avec RedOne…

En effet, je travaille avec RedOne et je fais des chansons dans son équipe. Je suis songwriter dans son équipe.

Qu’est-ce qui t’a plu chez lui, dans son univers ?

J’ai eu la chance de le rencontrer. Il a un univers très très vaste. C’est quelqu’un qui à la base, on ne le dirait pas comme ça, mais vient du rock. Donc, c’est un rocker amoureux des mélodies comme moi. Après, ce qui me plait chez lui, c’est son côté avant-gardiste. Et puis, la joie de pouvoir avoir accès à des artistes incroyables, ça m’attire… C’était une belle rencontre qui s’est faite tout naturellement. C’est en tout cas un immense compositeur. Alors, bien sûr il a le côté « très gros producteur », mais avant toute chose, c’est un immense compositeur. C’est un type hors du commun.

Propos recueillis par IdolesMag le 10 juillet 2012.








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