Interview de Liza Manili  

Propos recueillis par IdolesMag.com le 22/06/2012.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag et/ou Dehmar SARL.

Liza Manili © Dorothée Perkins / Delabel

La coquine Liza Manili vient de sortir son premier album, un premier opus résolument pop qui n’est pas sans rappeler une certaine époque bénie de la pop française avec Lio, Mikado ou encore Elli… Nous avons donc été à la rencontre de Liza afin qu’elle nous parle de ce premier opus pour lequel elle s’est entourée de Séverin, Antoine Léonpaul et Julien Delfaud. Au cours de notre entretien, nous évoquerons également son parcours de comédienne (on la retrouvera notamment à la rentrée dans la suite de « Deux Flics sur les Docks »).  Rencontre avec une jeune artiste pétillante et un peu espiègle…

IdolesMag : Ton premier album est sorti il y a quelques jours. Il a reçu un accueil critique plutôt très sympathique, redoutais-tu cet accueil ?

Liza Manili : Ah oui… Je ne m’attendais pas du tout à ça. Je pensais plutôt me faire casser avec le cliché « comédienne-chanteuse-machin »… Et au final, ça va ! Je suis hyper contente parce que les critiques sont très bonnes. C’est cool.

L’album a mis un bon moment à voir le jour. Pourquoi tant de temps ?

J’ai signé il y a deux ans, c’était en janvier 2010 et après, on a enregistré pendant tout l’hiver. On a terminé l’enregistrement en janvier 2011, donc ça a mis un an entre la signature et la fin de l’enregistrement. Après, il y a eu tout un autre boulot à faire. Il y avait toute l’image à créer. Comme c’est un premier album, ça prend du temps. On a fait une petite tournée cet hiver, on a créé le facebook. On a mis plein de trucs sur internet. En fait, vu que personne ne me connaissait, il fallait préparer la sortie. Il fallait essayer de trouver un public petit à petit et c’est ce qu’on continue à faire encore maintenant.

Liza Manili, son premier albumQuelle est la clé de voûte de ce premier album ?

Je ne sais pas vraiment… Depuis le début, depuis que j’ai commencé à faire des chansons, j’ai tout de suite pensé à l’album. Les mélodies sont venues assez vite. J’ai écrit ma première chanson il y a cinq ans. J’avais rencontré un musicien en studio, j’avais fait de la musique avec lui. J’ai vraiment flashé sur lui, je trouvais qu’il jouait super bien. J’ai écrit ma première chanson, je l’ai appelé et du coup, on en a fait plusieurs ensembles. Ce musicien s’appelle Daniel Marsala. Des amis se sont intéressés assez vite au projet. On a fait quelques concerts et puis j’ai rencontré Séverin. Je me suis retrouvée sur son album « Cheesecake », où je chante la chanson « Les Restes ». C’est comme ça que j’ai rencontré Séverin. Après, j’ai rencontré Antoine Léonpaul. Comme tu vois, ça a été beaucoup de rencontres avant de signer chez EMI. Mais dès le début, c’était prévu que je fasse un album. C’était assez évident, en tout cas pour moi. Et j’ai pris le temps pour le faire pour qu’il soit comme je le voulais. J’avais besoin de me trouver, de savoir exactement ce que je voulais, et savoir avec qui j’avais envie de travailler. Je suis hyper contente d’avoir pu le faire avec Julien Delfaud et Séverin. Ce sont eux qui se sont occupé de la réalisation. Ça a été tout un travail d’équipe, on a travaillé ensemble. Chacun donnait ses idées. Je leur disais quand j’aimais un truc ou quand je ne l’aimais pas.

As-tu rencontré toutes ces personnes en vue de faire l’album ou bien les connaissais-tu auparavant ?

Séverin, je l’ai rencontré pour son album « Cheesecake », donc, forcément après, on se voyait souvent. On s’est donc rencontrés pour son projet à lui, ce n’était pas pour le mien. En fait, toutes les rencontres ont été assez évidentes mais je ne les connaissais pas avant d’écrire mes chansons et de faire de la musique. Je les ai rencontrés pour faire de la musique. C’était vraiment musical. Séverin est un de mes meilleurs amis maintenant. On a fait une tournée ensemble. Il joue tout le temps avec moi. On est tout le temps ensemble. Je m’entends très bien avec Antoine aussi.

Tu as écrit pas mal de textes sur l’album. Écris-tu depuis longtemps ?

J’ai toujours écrit en fait… J’ai toujours écrit des journaux intimes. J’ai toujours chanté sur des mélodies qui existaient déjà. J’ai toujours inventé des paroles. Après, écrire vraiment des chansons, j’ai eu le déclic il y a cinq ans. Là, j’ai écrit ma vraie première chanson. Et après, j’en ai écrit plein d’autres. Mais j’ai toujours eu cette démarche d’écrire ce qu’il m’arrivait, ce que je ressentais. J’ai toujours écrit de toute manière.

Dans quelle démarche écrivais-tu ?

C’était pour moi… pour me défouler ! (rires) J’ai toujours beaucoup écrit de lettres aussi. Écrire, c’était un besoin.

Aujourd’hui, écris-tu beaucoup de chansons ?

Là, en ce moment, je n’écris pas trop. C’est vraiment par période. Il y a des périodes où j’ai plus besoin d’écrire que d’autres. Ça monte d’un coup et je ressens le besoin d’écrire. Il faut que j’exprime ce que je ressens, les émotions qui sont fortes pour moi. J’ai besoin de les décrire. Je m’enregistre beaucoup en ce moment, je prends mon dictaphone ou mon IPhone et je m’enregistre. C’est un peu tout le temps, en fait. C’est mon quotidien.

Quand tu travailles sur une chanson et que tu sens qu’elle ne prend pas tout de suite, es-tu du genre à creuser ou à lâcher l’affaire ?

Je lâche l’affaire. Si je n’y arrive pas, je passe directement à autre chose. Quand j’écris une chanson, c’est quelque chose de très spontané, donc, si je vois que c’est trop compliqué, je le laisse de côté mais je peux y revenir plus tard. En général, j’écris mes chansons d’une traite. C’est assez rare, mais parfois, je reviens sur des mots que j’avais écrits. Si je trouve que c’était pas mal, je peux les retravailler mais c’est assez rare. Je n’écris pas des chansons pour écrire des chansons. C’est vraiment un truc que j’aime faire et que j’ai besoin de faire. Je ne le fais pas dans le but de me dire « tiens, j’ai écrit une chanson aujourd’hui ! » Non, c’est plus une démarche sincère. Ce n’est pas un truc très travaillé. Ce n’est pas calculé.

Toi qui es comédienne, aimerais-tu te lancer dans l’écriture d’un scenario ?

Ah oui ! J’ai déjà écrit des trucs. J’ai déjà écrit un court-métrage. J’ai aussi écrit un scenario de clip… Mais il coûte trop cher mon clip ! (rires) En fait, c’est marrant, parce que la chanson, ça va vachement avec l’image. J’imagine toujours des images quand j’écris une chanson. C’est un peu comme si j’étais dans un petit film. Dans ma tête, j’ai tout le temps des images qui viennent. C’est marrant parce que quand on me raconte une histoire, je m’imagine tout de suite des images, je me fais le film dans ma tête. Donc, écrire une histoire, c’est quelque chose qui m’intéresserait vraiment. J’avais déjà commencé à écrire un scenario, mais je n’ai pas continué… J’ai tout de même toujours l’histoire et l’idée en tête ! Donc, oui, c’est quelque chose qui m’intéresse clairement.

Liza Manili © Dorothée Perkins / Delabel

Le tournage des clips, est-ce quelque chose qui te plait ? C’est tout de même très différent du tournage d’une fiction…

Ah oui ! C’est marrant le tournage d’un clip. C’est décalé, ça va vite. Ça n’a rien à voir avec un autre tournage et pourtant je trouve ça vraiment sympa, il y a aussi un travail de personnage. J’aime bien ce format court. Je trouve ça très intéressant. C’est assez direct, on va à l’essentiel.

Musicalement, savais-tu dès le départ où tu voulais aller ?

Ça s’est vraiment fait en studio. Quand on est arrivés, on avait sélectionné seize chansons sur une quarantaine. On en a gardé quatorze finalement. J’en ai enregistré treize. Et l’album en comporte onze. L’univers musical s’est vraiment créé en répétitions et en studio avec Julien Delfaud et Séverin. Chacun a donné ses idées, ça s’est vraiment fait en équipe. Je ne savais pas où j’allais. Je leur ai fait confiance. Un mois avant de rentrer en studio, je me suis dit « mais qu’est-ce qu’on va faire ? » (rires) Je n’en savais vraiment rien. Et on a travaillé les chansons, retravaillé dessus, on a essayé plein de trucs. Il y en a sur lesquelles rien ne marchait. Par contre, dès que ça me plaisait, je savais qu’il fallait la garder. Donc, l’univers musical s’est vraiment dessiné en studio.

Est-ce que ça t’a plu le travail en studio ?

Ah oui ! J’ai vachement aimé. C’était la première fois, donc, c’était un peu spécial. En plus, c’est hyper long et hyper lent ! On attend beaucoup. On y a passé presque un an. Il y avait beaucoup de travail et beaucoup de choses à faire. Donc, c’était assez intéressant. Par contre, pour les mixes, parfois je ne venais pas. Je voulais absolument garder l’oreille fraîche. C’est Julien Delfaud qui a fait les mixes, et il ne voulait pas que je sois là tout le temps non plus. La musique passe en boucle pendant toute la journée, donc, c’est hyper fatigant et après, on n’a plus le recul nécessaire pour poser sa voix dessus. Donc, souvent, je venais après les mixes. Mais par contre, tout ce qui a été sessions avec les musiciens, je n’ai rien raté. On était tout le temps ensemble.

Finalement, ça t’a plutôt bien plu, le studio.

Ah oui, j’ai adoré. Et puis, j’ai hâte d’y retourner. Je pense que je le vivrai différemment puisque maintenant, je sais comment ça se passe. La scène, ça m’a vachement appris aussi. Toutes ces choses-là, je ne les vivrai pas pareil, ça c’est sûr. Je serai beaucoup plus à l’aise et investie. Déjà parce que je saurai un peu plus ce que je veux, et puis, forcément, j’aurai un peu plus pris confiance en moi. Je me sentirai plus capable, j’oserai plus proposer mes idées… J’ai vraiment hâte de retourner en studio pour retravailler avec eux. C’est hyper intéressant. Et puis, la naissance d’une chanson, c’est vraiment incroyable. C’est assez dingue quand on y pense !

De toutes les chansons, y en a-t-il une pour laquelle tu as un peu plus de tendresse qu’une autre ?

« Christopher Williams », je pense. Après, il y a aussi « Le Petit Train »… Ouh la la… Il y en a plein, je les adore toutes ! Toutes ces chansons, ce sont vraiment mes bébés. Mais par rapport au studio, « Christopher Williams » a été assez dingue. Le titre dure 7 minutes. À la fin, il y a un fade, on croit que c’est fini, et puis, ça remonte. Et ça, c’est complètement une impro des musiciens. Ça a été un moment magique. Ils ont fait un truc, et c’était juste génial. J’ai tout de suite voulu que ce soit la dernière chanson de l’album, je la trouvais tellement super. J’ai toujours chanté en même temps qu’on jouait les titres en live, et là, c’est la seule voix, dans toutes les voix que j’ai enregistrées, qu’on a gardée de ces sessions live. J’étais malade à ce moment-là. C’est vraiment sur cette chanson qu’il y a le plus de live. Après, toutes les autres voix, elles ont été enregistrées au studio Pigalle, où on a fait les percus aussi. Mais au Studio Gang, toute la musique a été jouée live et la seule voix qu’on a gardée, c’était celle de « Christopher Williams ». Donc, c’est assez magique.

On a dû te le dire souvent, il y a une véritable filiation avec Lio, Pascale Borel ou Elli dans tes chansons. Sont-ce des artistes que tu as écoutées quand tu étais plus jeune ?

Oui, complètement. J’adore Lio ! Tu sais, pour moi, la meilleure période de la variété française, c’était  Bashung, Alain Souchon, Etienne Daho, Elli & Jacno, Lio, Taxi Girl, Rita Mitsouko… Et puis, toute la période Françoise Hardy, France Gall… C’est ça la chanson que j’aime. Tout ce qui me plait vient de cette période-là en tout cas.

Écoutait-on beaucoup de musique chez toi quand tu étais gamine ?

Oui, on écoutait plein de musique. On écoutait beaucoup la radio, en fait.

Donc, tu as écouté plein de choses différentes.

Oui, je suis vraiment ouverte musicalement.

Liza Manili © Dorothée Perkins / Delabel

Tu viens de me citer plein d’artistes très différents les uns des autres, mais avais-tu une idole en particulier ?

J’étais pas trop fan en fait… Par contre, tout ce milieu me faisait rêver. C’est clair et net. Depuis que je suis toute petite, j’en rêve. Mais une idole en particulier, non. Par contre, quand je vois une Françoise Hardy, je trouve que c’est quelqu’un de très classe. J’aime bien ce qu’elle dégage.

Ce n’était pas vraiment de la musique de ton époque…

Ben non…

C’était plus la musique de tes parents.

Ouais. Mais après, pour ma musique à moi, j’ai voulu aller dans cette direction-là. C’est cette variété française que j’aime. Celle d’aujourd’hui ne m’intéresse pas trop.

Tu as commencé ta carrière par le mannequinat et la fiction. Est-ce par défaut que tu ne t’es pas lancée dans la chanson tout de suite ?

Non. Parce que j’adore tourner ! Et que je tournerai dans le futur autant que je peux. C’est une chose que j’aime profondément faire. Ce n’est pas du tout par dépit que j’ai débuté dans la fiction. C’est vraiment quelque chose que j’aime faire. Ça fait partie de mon parcours, et je l’espère, de mon futur aussi. J’ai encore envie de vivre plein de choses !

Quels sont tes prochains projets ?

Là, je viens de terminer le tournage d’une série qui s’appelle « Deux Flics sur les Docks ». Les deux premiers épisodes sont passés cet hiver, et là, on vient donc de terminer les épisodes 3 et 4 qui passeront l’hiver prochain. Il y a aussi un autre film que j’ai tourné pour France2 qui s’appelle « Interdits d’enfants ». C’est un film de Jacques Renard. Ça passera aussi à la même période. L’année prochaine, je reprendrai les prochains épisodes de « Deux Flics sur les Docks ». C’est cool. C’est assez marrant de jouer dans une série. C’est assez intéressant parce que notre personnage évolue. En plus, on retrouve les mêmes équipes et le même réalisateur. Et d’ailleurs le réalisateur, Edwin Baily, c’est avec lui que j’ai eu mon premier rôle. Et là, le retrouver aujourd’hui, c’est assez drôle. J’aime bien jouer, c’est un truc qui me plait beaucoup.

Tu as déjà pas mal tourné, et tu tournes encore aujourd’hui. Que représente la scène pour toi ?

Parfois, je n’ai pas envie d’y aller… En fait, ça dépend. Il y a des jours où c’est douloureux, mais après coup, quand tu es sur scène, ce n’est plus du tout douloureux. C’est génial. Il y a des jours où j’ai plus envie que d’autres. Par contre, c’est vraiment là que c’est le plus fort. C’est là que j’ai ressenti les émotions les plus fortes. La première fois que je suis montée sur scène, je me suis dit que c’était ça que je voulais faire. J’ai trouvé ça génial. Et puis, il y a le contact avec les gens…  Quand ils commencent un peu à connaître les chansons et qu’ils chantent avec toi, c’est juste magique. La scène, c’est vraiment un truc d’échange et d’énergie. Je suis la plus sincère possible avec les gens. C’est vraiment quelque chose que j’adore. Et puis, se retrouver avec ses musiciens, c’est juste génial ! C’est un rêve, c’est génial. C’est hyper fort. La scène, c’est probablement ce qu’il y a de plus fort dans ce métier.

Propos recueillis par IdolesMag le 22 juin 2012.

-> Site officiel : http://lizamanili.fr/








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