Le groupe de garage rock « Wankin’Noodles », pur produit de la nouvelle scène rennaise, sort son premier album « Tu dormiras seule ce soir ». Après deux EP en anglais, ils s’aventurent vers le français pour ce premier album. Nous avons rencontré Régis, le chanteur (et un des membres fondateurs des « Wankin’Noodles »), qui nous expliquera dans quelles circonstances a été enregistré cet opus. Il reviendra également sur la formation du groupe et sur ses ambitions. Régis nous avouera même que les membres des « Wankin’Noodles » se considèrent plus comme des branleurs que comme des nouilles !… IdolesMag : Peux-tu me faire rapidement le topo des « Wankin’Noodles » ? Quand le groupe a-t-il vu le jour ? Dans quelles circonstances vous vous êtes rencontrés, etc… Régis des Wankin’Noodles : Le groupe a vu le jour à Rennes il y a maintenant trois ans et demi. Nous sommes tous issus du milieu rennais où nous avions tous déjà plus ou moins des petits groupes. Au départ, on s’est retrouvé dans un projet de « garage rock » très sixties et par après plus seventies et beaucoup plus actuel, tout en gardant ses origines. À la base, on était quatre. Des quatre membres d’origine, ne sont restés que le batteur, Romain, et moi. On s’est séparé de notre bassiste il y a un peu plus d’un an maintenant. C’est Sébastien qui l’a remplacé. On avait un autre guitariste jusqu’à l’enregistrement de l’album, c’était Jean-Sylvain. Il a commencé un autre projet et d’un commun accord avec nous, il a préféré continuer dans sa direction. C’est donc François, un jeune guitariste, qui nous a rejoints. En gros, vous n’êtes pas des amis d’enfance. Vous vous êtes rencontrés dans le milieu musical rennais. Ouais, dans ce milieu de jeunes groupes. Nous ne nous sommes pas connus enfants comme d’autres groupes.
Déjà, on est devenus potes au fur et à mesure par le biais de la musique. Nous sommes vraiment des passionnés de musique. On s’est réunis autour de ce projet parce que c’était quelque chose qui nous parlait bien, qui nous donnait envie de faire ça de cette façon-là. On trouvait que justement, à Rennes comme ailleurs, il n’y avait pas beaucoup de groupes de rock très fort sur le live. Nous, dès le début, on a mis l’accent sur le live. On a joué un peu partout à Rennes. Tous les petits endroits dans lesquels on pouvait jouer, on les a envahis très rapidement. On a dû te poser la question des centaines de fois… mais pourquoi avoir appelé le groupe les « Wankin’Noodles » ? La première réponse, c’est parce que ça sonne. Pour nous, c’est vraiment un nom de groupe de rock’n’roll au même titre que les « Rolling Stones » qui à la base, eux aussi, ont un nom un petit peu débile et qui définit dans le fond bien l’image du groupe. Et puis, c’est aussi un peu provocateur. Ça n’a pas vraiment de traduction. Nous, on trouvait juste ce nom bien au début et puis c’est resté. Et maintenant, on le cultive vraiment. On aime vraiment beaucoup ce nom. On y est très attachés parce qu’il n’est pas courant et il n’est pas dans la veine de tout ce qui se fait actuellement. C’est également un clin d’œil à la drôlerie et au décalage aussi. Vous qui faites partie de la nouvelle scène rennaise, au même titre que des Daho, des Niagara et des Marquis de Sade il y a quelques années. Sont-ce des artistes et des musiques qui te parlent ? Nous, en ce qui concerne les Wankin’Noodles, on n’est pas extraordinairement influencés par les années 80. On est vraiment plus dans les années 60/70 et dans les 90/2000. Nous ne sommes pas natifs de Rennes et donc après, quand on est arrivés à Rennes, on a appris qu’il y avait eu une énorme période pour Rennes qui donnait un peu des leçons de rock à la France entière, avec notamment la naissance des « Transmusicales », Daho, Marquis de Sade... En tout cas, il y a des gens de cette époque-là qui sont toujours à Rennes et qu’on côtoie. Eux ont vécu toute cette période, ils ont eu vraiment beaucoup de chance. Et nous, avec d’autres groupes, on a vraiment envie de s’inscrire dans cette scène rennaise. On n’est pas un groupe isolé. Il y a de nombreux groupes à Rennes qui ont plein de choses à dire…
C’est assez actif, effectivement. Il y a une vraie émulation entre les groupes. Le groupe a sorti deux EP, « Their Lovely Countryside » et « Virgins at their feet ». Vous sortez aujourd’hui un album. Qu’est-ce qui a donné son impulsion à ce travail de beaucoup plus longue haleine? Déjà, l’album en soi était assez attendu par notre public. Il y a eu les Transmusicales, une année 2010 assez chargée en dates et pendant laquelle on a beaucoup composé. Mais on a mis beaucoup de temps à le sortir. On nous a demandé « pourquoi tout ce temps ? » Déjà, parce que ça nous a pris beaucoup de temps pour composer. Je le dis de façon très modeste, mais on a été très exigeants sur nos compositions. On voulait une ligne directrice très forte, très rock. Le déclic, ça a été de trouver les moyens techniques et le bon endroit. Et ça, on l’a trouvé en l’Ubu, qui est un lieu mythique à Rennes. C’est un lieu qu’on a investi deux semaines pendant lesquelles on a tout enregistré à l’ancienne, avec du vieux matériel et de l’énergie. On n’avait pas envie de se poser tranquillement dans un studio. Et ça, ça a été le déclic. C’est ce qui a fait que l’album est assez brut de décoffrage et même dans le mix derrière, on a travaillé avec un anglais, Tom Peters qui a vraiment réussi à appuyer cette couleur-là, très sauvage. L’album a donc presque entièrement été enregistré dans les conditions du live. Quasiment. On a vraiment investi le lieu, il y avait des amplis partout, du bazar partout… on a vraiment travaillé comme les groupes qu’on adore travaillaient à l’époque. Ce n’était pas toujours de façon très propre et très posée. On jouait tous ensemble. On était tous dans un lieu différent de l’Ubu et c’est ce qui nous a permis de capter l’énergie. C’était le défi : retrouver l’énergie qu’on pouvait avoir en live, mais sur un disque. On ne voulait surtout rien lisser. Jusque ici, nos enregistrements nous décevaient à cause de ça, on n’y retrouvait pas l’énergie de la scène. On n’arrivait pas à retrouver ce son. En réécoutant certains groupes qu’on adore, on s’est demandé comment ils faisaient. On a vraiment beaucoup beaucoup cherché. C’est une réflexion qu’on a faite aussi avec le « cinquième Noodles », à savoir notre ingé son, qui a vraiment fait corps avec nous dans cet enregistrement d’album. On a cherché cette énergie de toutes les manières possibles. On a voulu un maximum d’intention dans les voix, du punch, on a lâché les tempos, on a lâché la puissance sonore des amplis. On a vraiment pris des risques et c’est ça qui a permis de faire transpirer l’énergie qu’on retrouve dans le disque.
C’était un défi au départ, qui est devenu une évidence par la suite. En fait, on nous a plus ou moins mis au pied du mur. C’est un confrère musicien qui nous a dit qu’on n’était pas chiche de faire un morceau en français. Ce à quoi on a répondu qu’on était chiche. On lui a présenté très peu de temps après notre premier morceau en français. Et en fait, l’exercice nous a vachement plu et on a voulu continuer dans cette voie. On a fait exactement le même travail qu’en anglais, toujours très efficace. On n’a pas voulu commencer à faire de la littérature justement. Ce n’était pas l’idée. On a vraiment une autre démarche dans l’écriture que beaucoup d’autres gens qui écrivent en français. Certains essayent de tourner, de raconter des choses, de partir sur des détails. Nous, on est resté sur l’art de la formule. Tous nos textes sont des formules. Ce sont des mots français, avec une démarche anglaise. Oui, on peut dire ça ! (rires) En fait, c’est la même démarche pour nous en anglais ou en français. Là où ça devient une évidence, c’est que c’est notre langue natale, le français. Mais à côté on a toute une culture british et américaine.
Comment bossez-vous ? C’est à la fois très collectif, on travaille souvent tous ensemble, et à la fois des petits apports personnels. Mais des apports personnels qui sont toujours remaniés par l’ensemble du groupe. Parce que c’est ça qui apporte vraiment une vraie couleur collective et une satisfaction à chaque membre, c’est d’avoir participé à toutes les étapes, que ce soit la compo, la mise en place, l’écriture… Tout le monde participe à tout. Pour te donner un exemple, un guitariste peut proposer des parties de batteries, comme un batteur des parties de voix. C’est vraiment le travail collectif qui vous intéresse. Voilà. Chez nous, il n’y aura jamais un compositeur attitré. Ce n’est pas du tout notre souhait. Vous avez monté votre propre label pour enregistrer cet album… Oui ! C’est une démarche impressionnante au début, parce que monter un label, c’est monter une société commerciale. Il faut structurer. Il y a beaucoup de choses qui paraissent surprenantes au début quand on est artiste… Mais avec du boulot, en y passant du temps, on y arrive. Quelque part, on est contents de l’avoir fait parce que pour l’instant cet album a été fait dans une indépendance artistique totale. Ce qui n’est pas forcément le cas de tout ce qui sort. Nous, on avait peur de se prendre le chou avec un label. Ce qui arrivera peut-être un jour… Peut-être que les labels recommenceront à vouloir travailler avec nous. Mais pour l’instant, on a fait le choix de lâcher très vite le premier album, avant d’avoir trop réfléchi et trop patienté. On pensait qu’on avait déjà la matière pour le sortir. Et c’était pour ça qu’on a eu besoin de monter une micro structure et tout faire nous-mêmes.
Oui, pour nous c’était un peu une évidence. Alors, bien entendu, c’est un morceau qui peut plaire à pas mal de monde, mais c’est aussi le morceau qu’on avait envie de mettre en avant. Après, il y a d’autres singles potentiels sur l’album, mais pour le premier, on avait envie de mettre ce morceau-là en avant. On pensait que c’était le plus à la croisée des chemins, le plus punchy sur l’ensemble. Même si tout le reste de l’album est extrêmement punchy. Le titre, gentiment macho et misogyne, est sorti le 14 février, jour de la Saint-Valentin. J’imagine que ce n’était pas innocent… (rires) C’était un petit pied de nez de sortir « Tu dormiras seule ce soir » pour la Saint-Valentin. C’est aussi un peu l’esprit du groupe, ça… Un vinyle de « Tu dormiras seule ce soir » a été édité à 500 exemplaires. Êtes-vous nostalgiques du vinyle ? Pas vraiment nostalgiques, on a plus une ambition pour le vinyle. Il suffit de regarder les ventes de vinyles et les ventes de CD… Là, c’est le producteur qui te parle ! (rires) Les gens n’achètent quand même presque plus de disques. Mais le marché du vinyle est en pleine explosion. Nous, on a envie d’offrir de beaux objets dans notre merchandising, on a envie de mettre notre musique sur de beaux supports. Et je pense que le vinyle, c’est ce que tous les artistes ont envie de sortir, maintenant. Et là, avec un single, il fallait tenter le coup. Et ça plait vraiment aux gens.
C’était dans le but de matérialiser votre musique sur un support classieux. Oui. Même si on est de la génération MP3, on a envie de matérialiser notre musique. On va sortir des CDs aussi, bien évidemment. Mais on est conscients que dans les années qui viennent le vent va tourner en faveur du vinyle. En tout cas, les jeunes achètent du vinyle. Il y a une vraie tendance. Il y a un retour sur ce support-là en tout cas. Pourquoi avez-vous voulu une pochette graphique et non une photo de vous ? On l’avait déjà fait sur nos deux EP. Et là, on avait décidé de prendre un petit peu un parti pris différent. On voulait se risquer à quelque chose d’un peu différent de tout ce qu’on avait déjà pu faire jusque-là. On a rencontré Miguel, un illustrateur bordelais, qui travaille sur ce genre de dessin, très expressif, très « comics », très fun et au final, qui nous collait assez bien. Donc, on a fait des essais. Cette image caractérisait bien aussi le single « Tu dormiras seule ce soir », cette main avec ce doigt très injonctif. Ça nous plaisait vraiment donc on est parti à fond là-dessus. Vous avez toujours fait beaucoup de scène depuis vos débuts. Est-ce très carré ou pas du tout ? C’est très réfléchi au moment des répétitions parce qu’on construit toujours un set très précis. Il y a toujours un seul set, il n’y en pas un deuxième. Un seul fonctionne et on fait les modifications au fur et à mesure dedans. En revanche, après, une fois qu’on est sur scène, le fait d’avoir préparé ce set au maximum, ça nous permet de vivre la scène de façon très instinctive sur le moment. On se laisse complètement vivre dans le set. Nous on considère qu’en musique ce n’est pas grave d’avoir des petites erreurs, des petites approximations, parce que ce qui compte vraiment, c’est l’énergie. Et puis, il faut qu’on profite aussi… parce que la scène, c’est vraiment le moment qu’on préfère dans le métier. Il y a donc un gros travail en amont, puis le plaisir d’être sur scène le moment venu. C’est sûr que sans préparation, ça ne pourrait pas atteindre ce niveau-là ! Évidemment, on se prépare, on travaille et puis le moment venu, on se laisse vivre.
Ouh la la… On n’écoutait pas forcément ce qu’on écoute nous maintenant ! Même s’il y avait déjà du rock. Mais chez moi, c’était plus Pink Floyd et de la variété comme Jacques Higelin. Il y avait aussi Souchon, mais là, je suis beaucoup moins fan ! Au final, c’est une musique que je n’écoute plus du tout. Et toi, vers quelle musique t’es-tu dirigé ? Je me suis dirigé à l’adolescence vers des groupes comme Nirvana. Et puis, j’ai découvert les groupes de rock des années 60, un peu comme les autres membres du groupe, je pense. Avais-tu des idoles quand tu étais ado ? En tout cas, au niveau du rock, le premier a été clairement Mick Jagger. Je pense qu’il est d’ailleurs toujours un peu mon idole aujourd’hui, mais pour ce qu’il a fait avant, moins pour ce qu’il fait actuellement. La fin des années 60 et le début des années 70. Après, je décroche un petit peu. Tes premières chansons, ça date de quand ? Avant les « Wankin’Noodles », j’ai eu un vrai groupe et deux ou trois essais de groupes. J’ai toujours été dans un délire un peu collectif, je n’ai jamais vraiment travaillé tout seul. J’ai toujours eu un peu la hantise de travailler tout seul. C’est motivant de travailler en groupe, c’est à plusieurs qu’il se passe quelque chose… Quand on résume, quels sont vos projets ? Après l’album, le live. Notre démarche, c’est clairement de remplir un maximum de dates en France. Et puis, on commence déjà à réfléchir à la couleur du deuxième album. C’est tôt, mais on a envie de commencer à composer sur la route, entre les concerts. Pour pouvoir commencer peut-être aussi à jouer certains de ces morceaux en live, pour annoncer un peu la couleur du deuxième album. On souhaiterait en tout cas qu’il sorte assez rapidement après le premier. On ne voudrait pas que ça prenne trop longtemps. On sait qu’on a mis beaucoup de temps à faire le premier, maintenant, on a la réflexion et l’énergie d’aller vers un deuxième album. Après, tout est fonction de moyens, bien sûr… Aimez-vous aller rapidement sur scène avec de nouveaux morceaux ? Là, on sort l’album et on commence réellement le live lié à l’album. À l’époque où on sortait nos EP, les morceaux étaient sitôt composés, sitôt joués sur scène, sitôt modifiés. Ça c’est vraiment intéressant, de donner une vie live avant l’enregistrement. Ce n’est pas le courant dominant aujourd’hui. Enfin, on m’en voudrait de ne pas te demander avec le nom du groupe si vous vous considérez plutôt comme des nouilles ou plutôt comme des branleurs ? Comme des branleurs ! Clairement ! (rires) Propos recueillis par IdolesMag le 11 avril 2012. Tweet |
| + d'interviews |
| Ne manque aucune actualité, inscris-toi à notre newsletter. |
![]() |
Á gagner : 5 best of de David Christie! |
![]() |
Tropical Family t'offre 5 gift bags comprenant un sac en toile, un ventilateur de plage et un sticker! |
![]() |
Nous t'offrons 3 packs "Stars 80" comprenant une coque IPhone, un briquet et un programme! |
![]() |
Daan t'offre 3 exemplaires de son nouvel album "Le Franc Belge"! |
|
Les dernières interviews réalisées: - Mayor (le 12/06/2013) - You and You (le 22/04/2013) - Twin Twin (le 31/05/2013) - Daran (le 28/05/2013) - OK Bonnie (le 16/05/2013) - Tancrède (le 21/05/2013) - Chico (le 22/05/2013) - ODyL (le 14/05/2013) - Daan (le 22/05/2013) - Aleyssa (le 17/05/2013) |
|
Les dernières biographies ajoutées: - Jean-Jacques Lafon - Keny Arkana - Shaka Ponk - Vincent Niclo - Guizmo - Michel Delpech - La Caravane Passe - Jeane Manson - The Hives - Philippe Lavil |