Après avoir participé aux plus grandes comédies musicales françaises (« Le Roi Soleil », « Mozart Opéra Rock », « Les 10 commandements »…), Merwan Rim sort enfin son premier album solo, « L’échappée ». Nous avons donc été à sa rencontre afin qu’il nous parle de ce premier album qu’il prépare depuis six ans et qu’il a quasiment intégralement enregistré chez lui, dans son salon et sa chambre ! Il ne manquera pas d’évoquer son parcours, son rapport à la scène (il sera le 11 juin prochain sur la scène de l’Alhambra de Paris et en tournée après) et sa participation au « Tour des Restos du Cœur Belges »… IdolesMag : Pendant dix ans tu as joué différents rôles dans les comédies musicales à succès, « Le Roi Soleil », « Mozart Opéra Rock », « Les 10 commandements »… Aujourd’hui tu sors ton premier album solo. Avais-tu un peu peur de te mettre « à nu », entre guillemets ? Merwan Rim : J’avais extrêmement peur de présenter mon travail enfin. Comme tu dis, ça fait dix ans que je fais du spectacle musical et pendant dix ans, j’ai eu une vie de moine ! (rires) J’ai joué en moyenne 230 représentations par an, ça fait presque 2 000 représentations en 10 ans, c’est beaucoup ! Ça m’a tout de même permis de jouer pendant dix ans sur scène, devant des millions de spectateurs puisqu’à chaque spectacle, on jouait devant 5000 personnes… Donc, ouais, c’était extraordinaire à vivre mais l’envie qui existait chez moi depuis des années, c’est-à-dire de sortir un vrai projet personnel me tenait vraiment à cœur. Je l’ai espéré pendant longtemps, et maintenant il arrive. Ça fait six ans maintenant que je suis dessus, que je fais les chansons, que je les écris, que je les enregistre, que je les arrange, que je reviens dessus, que je les mixe, que je les remixe… Donc, oui, j’avais extrêmement peur de le dévoiler au public.
Je me suis rendu compte effectivement que je repoussais l’échéance un peu malgré moi !… J’ai mis le temps qu’il a fallu mais aujourd’hui je suis fier et heureux de présenter cet album-là. En même temps, j’avais un peu peur. Je suis quelqu’un qui doute beaucoup. Et c’est vrai que je me demandais si les gens allaient m’accepter avec ma musique, s’ils n’allaient pas dire que j’étais le ixième chanteur de comédies musicales à sortir un album… Et en même temps, je me suis dit qu’il fallait que je prenne le risque. Cet album, il fallait d’abord que je le fasse pour moi. Après, si le public a envie de s’approprier les chansons et les faire vivre, ce sera mon plus beau cadeau. Donc, je me suis dit « Fonce et n’aie aucun remord et aucun regret »… Aujourd’hui, je vois l’accueil de l’album et je me dis que c’est énorme. Je suis tellement heureux et agréablement surpris par tout ça… Que les gens me fassent un aussi beau cadeau en acceptant cet album et en le faisant vivre, c’est un vrai bonheur. Redoutais-tu l’accueil du public ? As-tu pensé une seule seconde qu’il aurait cet impact auprès du public ? J’étais très loin de m’imaginer tout ça. Je l’espérais secrètement, bien entendu. Tu sais, en dix ans, j’ai fait tellement de spectacles musicaux différents et j’ai vu tellement de gens sortir des albums après, et connaître soit un petit succès d’estime ou même pas du tout, et puis pour d’autres, qui ont explosé, comme Christophe Maé, que tu te compares forcément à tous ces gens-là. Tu te demandes si tu vas vivre quelque chose, si ça ne va pas être un coup d’épée dans l’eau, si les gens vont accrocher à ta musique ou pas… Moi, j’ai pris mon courage à deux mains, j’ai foncé et j’ai enregistré cet album. Je pense que tu as bossé pas mal chez toi… Oui, je l’ai concocté dans mon appartement, dans mon salon, et même dans ma chambre. J’ai enregistré là-bas la plupart des titres aussi. J’avais besoin de faire vivre ces chansons. Je me suis dit que je ne devais pas avoir peur. Et voir comment ça se passe aujourd’hui, c’est un vrai bonheur.
J’avais envie de le faire à la maison. Tu sais, mon travail est très artisanal. Je travaille beaucoup avec mes amis proches, des gens dont j’estime le travail et avec qui je me sens bien. J’aime travailler dans une ambiance de cocon, avec des gens et du matériel que je connais. Et puis, c’est aussi un vrai confort de pouvoir travailler chez soi. Tu écris des chansons et tu peux les arranger chez toi et obtenir le son que tu veux avoir. Quand tu es dans un studio, tu es avec la personne qui tient le studio et un ingé son, ce sont des gens extérieur. Là, chez moi, j’étais vraiment le seul maître à bord. Donc, je faisais les choses à mon rythme, comme j’en avais envie. J’ai tout de même pris six ans ! (rires) Ça a été aussi six ans d’apprentissage de toutes les machines, apprendre à les contrôler pour produire le son que j’avais dans mon cœur, dans ma tête et dans mes tripes. Mon tour de force, il a été là. C’est une de mes plus grandes fiertés d’avoir réussi à faire ça… L’album était prêt avant que tu n’intègres la troupe de « Mozart, Opéra Rock », en 2008. As-tu rebossé dessus ces quatre dernières années ? Je l’ai beaucoup travaillé, du moins sur certaines chansons. Et notamment des chansons qui sont nées un peu avant « Mozart ». Les autres, je ne les ai pas retravaillées, ou très peu. Elles sont vraiment restées dans leur état d’origine. J’ai fait quelques petites modifications dans les arrangements, mais très peu mine de rien. Par exemple, « Vous », ça a été la toute première chanson que j’ai enregistrée dans l’optique de cet album-là. Et c’était il y a six ans. La voix qu’on entend sur cette chanson ne date pas d’il y a six ans, évidemment. Je l’ai refaite il n’y a pas si longtemps… Enfin, il y a tout de même deux ans ! (rires) Mais tu sais, comme j’avais le luxe d’avoir le studio d’enregistrement chez moi, je pouvais faire les choses à ma manière et à ma sauce. Je pouvais revenir dessus autant de fois que j’en avais envie. C’est tout l’intérêt d’avoir son studio à disposition… Pouvoir revenir sur les choses quand tu en as envie. Quand tu loues un studio pendant quinze jours, tu enregistres, et une fois que c’est terminé, c’est gravé. Point final. Là, j’ai pu revenir sur mes chansons au gré de mes envies, faire des petites modifications… c’était un vrai luxe !
Ça n’était absolument pas voulu ! Mais effectivement, tu as raison dans ce que tu dis, et je ne m’en suis rendu compte que très récemment. Ça a été totalement inconscient de splitter mon album en deux. Il y a treize chansons sur l’album. Six chansons, un interlude et six autres chansons. Les six premières chansons sont vraiment dans la veine de ce que j’aime profondément dans la musique pop, c’est-à-dire le côté radiophonique, le côté direct où on va chercher des mélodies assez fortes que les gens vont retenir facilement. Les dernières sont plus éthérées. J’ai fait ça sans m’en rendre compte. Quand j’ai reçu l’album gravé et pressé chez moi, je l’ai retourné et j’ai regardé le track-listing. C’est là que je me suis rendu compte que je l’avais divisé en deux, avec un interlude au milieu. Et c’est assez drôle, parce que même cet interlude a un nom étrange, « Interlude… Année Lumière ». Un interlude, c’est une petite phrase musicale assez rapide en fait, et je lui ai donné un nom à l’opposé, « Année Lumière », qui est d’une durée folle. Je me suis rendu compte que ce titre, « Interlude… Année Lumière » était vraiment à mon image, c’est-à-dire ambivalent, très yin et yang quelque part. Au tout début de l’album, il y a quelque chose de très direct, très pop, qui va chercher l’auditeur très rapidement. Et la seconde partie est complètement éthérée, aérienne… C’est vraiment atypique et c’est vraiment ambivalent. Et ça, dans le fond, ça me ressemble. Je suis comme ça. J’écoute de la musique pop et à côté des choses vraiment très très pointues et très exigeantes quelque part, pas tout de suite automatiques comme peuvent l’être les chansons pop. Je peux écouter des choses très différentes les unes des autres. Je peux écouter des musiques du bout du monde avec des musiques de films dont certains morceaux durent plus de 10 minutes. Ça fait partie de mon monde, et de ma manière d’écouter de la musique. Je me suis rendu compte qu’inconsciemment, j’avais reproduit le même schéma avec ma musique. Et quelque part, j’en suis très heureux, parce que c’est vraiment à mon image, c’est vraiment moi.
Tu as un peu l’impression de te retrouver avec un 33 tours, une face A et une face B. C’est pour cette raison que je pensais que ça avait été réfléchi. Non, rien n’a été calculé. Mais je crois que mon inconscient a dû parler à ma place et me dire de le faire. Tu sais, j’ai moi aussi vécu l’époque des vinyles que tu retournais. C’était un vrai objet culte. J’avais un vrai sentiment pour ce très bel objet. Tu faisais attention à lui, tu le nettoyais avant de le retourner et le poser sur la platine… Mine de rien, j’ai un peu reproduit ça sur mon album… mais c’était totalement inconscient.
Lionel Florence et Patrice Guirao sont des gens que j’ai rencontrés il y a plus de dix ans, quand j’ai passé les auditions pour « Les 10 commandements » et que je me suis retrouvé sur ce spectacle-là. Lydia de Jugnac, c’est une fille que j’ai aussi connue il y a dix ans. Elle était danseuse sur « Les 10 commandements ». Je l’ai retrouvée sur « Le Roi Soleil » aussi. En fait, elle n’est pas du tout auteure. Elle est danseuse et comédienne. Un jour, elle m’a proposé un texte, je suis tombé complètement amoureux de sa façon d’écrire et j’en ai fait une chanson. J’ai eu l’occasion de rencontrer Skye aussi, qui est une chanteuse et auteure que j’adore. Je lui ai carrément demandé de travailler avec elle. Pour ce qui est de Miossec et Daran, j’ai d’abord rencontré Daran, via mon manager qui connaissait très bien son éditrice. On s’est rencontrés, on a parlé musique, je lui ai fait écouter mes musiques et quelques mois après, j’ai eu des nouvelles de lui. Il m’a dit qu’il avait pris le temps d’écouter toutes mes musiques, qu’il trouvait ça très intéressant et qu’il avait bien envie de travailler pour moi. Il m’a proposé deux chansons, et finalement, j’en ai pris une, qui était le titre sur lequel il avait travaillé avec Miossec. Et c’est comme ça que j’ai rencontré Miossec et son travail. Après, lui m’a proposé d’autres artistes canadiens. Comme tu vois, ça s’est vraiment fait de fil en aiguille. Il y a également un duo avec Jamie Hartman, « Un nouveau Jour ». Oui ! C’est mon manager qui m’a parlé de lui. Je connaissais déjà Jamie Hartman et j’adorais ce qu’il avait fait avec son groupe. J’étais très loin de m’imaginer travailler un jour avec lui. Et quand mon manager m’a parlé de lui, je lui ai dit que bien évidemment je connaissais son travail et que j’adorais ce qu’il faisait. Il m’a dit qu’on avait la possibilité de le rencontrer et éventuellement collaborer avec lui sur un titre… je me suis dit pourquoi pas travailler sur des titres ensemble. On l’a fait, lui a Los Angeles et moi à Paris. On s’est envoyé pas mal de mails. On s’est parlé par webcam. On a parlé musique pendant des heures. Il m’a proposé deux/trois chansons que j’ai adorées. Et je lui ai proposé de chanter avec moi sur l’une d’entre elles que j’avais adaptée en français. Il a accepté et ça s’est fait tout naturellement. Je travaille vraiment de manière très artisanale. Je suis très fidèle en amitié. J’aime être proche des gens quand je travaille avec eux. Je suis dans l’instant. Que ce soit quelqu’un de très connu ou pas du tout, peu m’importe. Si le titre me parle, je fonce. C’est vraiment comme ça que j’ai travaillé sur cet album, à l’instinct. Je me suis fait confiance en me disant qu’il fallait que je choisisse les chansons avec le cœur et pas autrement.
Exactement. Il n’y a pas un titre que je n’ai pas envie de défendre sur scène et dont je ne suis pas fier. Là, je suis vraiment très heureux de porter cet album. Et je sais que dans dix, vingt ou trente ans, j’aurais toujours autant de plaisir à chanter ces titres sur scène parce que ce sont des titres que j’aime et que j’ai rêvé de chanter. Avais-tu des idoles quand tu étais ado ? Ah oui, bien sûr. Et j’en ai toujours d’ailleurs ! Je les ai gardées. Qui étaient-ce ? Jeff Buckley, U2 et RadioHead.
Était-ce un rêve de gosse de devenir chanteur ? Oui, c’était vraiment un rêve de gosse, mais que je pensais inaccessible. Parce que je n’étais pas d’une famille de musiciens, je n’avais pas trop la possibilité de jouer des instruments facilement. On n’était pas très très riche chez moi. On n’avait pas beaucoup d’argent pour pouvoir se payer des cours de musique en plus des études. C’était donc un peu un rêve inaccessible. Ça me semblait beaucoup trop compliqué en fait. Je pensais qu’il fallait connaître des gens, être d’une famille de musiciens pour être introduit dans le métier. Et finalement, un beau jour, je me suis dit qu’il fallait que je me lance, ou du moins que j’essaye, pour ne pas le regretter plus tard. C’est comme ça que ça s’est fait, très doucement, très progressivement. Sans faire trop de bruit et sans crier gare, les choses se sont faites tout doucement et finalement, c’est devenu mon métier. Et quand j’ai décidé d’en faire réellement mon métier, il s’est passé un an et demi avant que je ne monte sur scène. Avant que tu n’intègres la classe d’Alice Donna, tu n’avais jamais vraiment beaucoup chanté, en fait… Si je faisais deux concerts par an, c’était beaucoup ! (rires) Et si j’arrivais à chanter devant une dizaine ou une douzaine de personnes, c’était déjà grandiose. Et puis, du jour au lendemain, tout a changé dans ma vie. Je suis rentré au « Studio Alice Dona » et un an après, j’intégrais la troupe des « 10 commandements » et j’ai commencé à jouer devant cinq mille personnes tous les soirs. C’est pas mal pour une première expérience… C’est même assez choquant ! (rires) On a été jouer dans toute la France, en Suisse, en Belgique, au Canada, en Corée du Sud, au Japon… C’était un rêve de gosse qui se réalisait. Je pouvais voyager et chanter dans le monde entier…
J’étais tellement heureux de le faire. C’était tellement un rêve de gosse qui se réalisait… Je viens d’une famille de sept enfants, et nous sommes tous assez terre à terre. Faire de ma passion un métier, c’était pour moi le cadeau ultime. Et c’est vrai que quand c’est arrivé, j’ai tout de suite pris conscience de la chance que j’avais de pouvoir vivre de ma passion. J’ai toujours gardé les pieds sur terre. Je me suis très vite rendu compte aussi que c’était un métier qu’il fallait prendre au sérieux, sans se prendre soi-même au sérieux. Il faut être tous les soirs prêt pour s’intégrer au spectacle et aux autres. Je n’ai pas l’impression d’avoir inventé le vaccin contre le sida ou le cancer, je fais juste du divertissement. Je fais de la musique pour moi d’abord, parce que c’est mon mode de vie, parce que c’est ma façon de vibrer. Et si en plus, je peux être payé pour faire ça et en vivre, c’est juste un rêve. Aujourd’hui, ça fait plus de dix ans que c’est mon métier de chanter. Je me lève tous les matins pour faire de la musique. C’est une chance énorme… Participer à des spectacles musicaux de cette envergure t’a également appris la rigueur, je suppose… Tout à fait. C’est une vraie hygiène de vie de chanter tous les soirs du lundi au dimanche, de donner 7, 8, 9 ou 10 représentations par semaine pendant quelques mois d’affilée. Ça peut être assez usant, donc, il faut être prêt physiquement et mentalement pour pouvoir tenir le coup. Pendant deux heures et demie sur scène, il faut être là avec les autres, à son niveau le plus haut pour que le spectacle soit le meilleur possible. Donc, c’est ça qui est intéressant dans la discipline. Les comédies musicales, m’ont appris l’humilité, le travail et, surtout, le respect du public. Tous les soirs quand tu montes sur scène devant 5000 personnes et que dans tous ces gens qui sont venus, tu en as qui se sont privés de je ne sais quoi pour pouvoir venir voir le spectacle avec leur mari, leurs enfants et leurs parents, tu ne peux pas les décevoir. Donc, tu n’as pas le droit de ne pas être bien, d’être malade, ou de ne pas avoir envie de jouer… Il faut, tous les soirs, en mettre plein la vue et que le public ressorte de la salle avec des étoiles plein les yeux. C’est ça aussi le bonheur d’être sur scène.
Tu vas monter sur scène en solo cette fois-ci. Quelques dates sont déjà programmées, dont l’Alhambra le 11 juin, j’imagine que c’est quelque chose que tu attends avec impatience… Ah oui ! La scène, c’est tout pour moi. C’est mon métier. Je fais de la musique pour aller sur scène. Au départ, tu fais de la musique tout seul chez toi dans ton coin de manière très égoïste et égocentrique. Et puis après, le plus important, c’est de transposer ça sur scène. Quand tu es sur scène, tu ne joues plus pour toi. Tu joues pour un auditoire, pour des gens qui se sont déplacés pour venir te voir. C’est une grosse montée d’adrénaline, une grosse pression,… C’est une drôle de sensation ! C’est sur scène que la musique vit et qu’elle existe. J’aime montrer mon travail aux gens, ma manière de chanter. C’est un challenge aussi. C’est grisant et c’est en même temps très prenant et très déstabilisant. Mais c’est une sensation magnifique.
Oui, bien sûr ! On va aller voir les gens chez eux, dans toutes les villes de France, au Luxembourg, en Belgique, en Suisse… Peut-être qu’on ira même ailleurs, on ne sait jamais ! (rires) Tu vas participer cette année pour la première fois au « Tour des Restos du Cœur Belges ». Comment t’es-tu retrouvé dans l’aventure ? En fait, je connais très bien la personne qui s’occupe des chorégraphies et de la mise en scène, Desty. Il m’a appelé en me disant qu’il s’occupait du « Tour des Restos » en Belgique et que ça commençait à prendre beaucoup d’ampleur là-bas. Il m’a demandé de venir rejoindre la troupe. Il m’a donné les dates, j’étais libre, je lui ai dit « on fonce ! » Ça m’a fait très plaisir qu’il pense à moi. Je me réjouis vraiment d’y être ! Et puis, c’est toujours un réel plaisir d’aller chanter en Belgique, le public est tellement dingue !... (rires) Propos recueillis par IdolesMag le 10 avril 2012. Tweet |
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