Yarol Poupaud revient avec un projet commun avec ses frères Melvil et César : « Black Minou ». Leur premier EP (sortie le 16 avril) est disponible en vinyle et en digital. Au cours de notre entretien, Yarol nous expliquera que c’est son envie de scène qui a donné l’impulsion au projet. Nous ne manquerons pas d’évoquer le groupe FFF au sein duquel il a fait ses armes et la nouvelle tournée de Johnny Hallyday. En effet, Yarol sera sur scène à ses côtés cet été. IdolesMag : Peux-tu me raconter dans les grandes lignes quand et comment Black Minou a vu le jour ? Yarol Poupaud : Ça s’est fait tout simplement… C’est moi qui suis à la base du projet. J’ai passé beaucoup de temps en studio, je me suis plus concentré sur la production… Et tout ça, c’est un truc qui m’intéressait vachement. Je me suis mis à bosser pour d’autres groupes, pour d’autres gens, d’autres artistes. C’est quelque chose que j’avais envie de faire, passer de l’autre côté de la vitre comme on dit. Et en fait, au retour d’un voyage aux États-Unis, là-bas, les gens jouent dans tous les coins, tous les bars, je me suis dit que ça commençait à me démanger sérieusement de remonter sur scène moi aussi, de retrouver un groupe. Et donc, en rentrant, j’ai ramené mes frères et des copains en leur disant « Les gars, j’ai envie qu’on monte un groupe comme ça, juste pour prendre notre pied, juste pour le plaisir de la musique ». Je me suis mis à retourner ciel et terre dans mon quartier pour trouver un endroit où on allait pouvoir jouer. J’ai trouvé « Le Lautrec » à Pigalle. Et puis, on a formé le groupe juste pour l’envie de jouer, pour le plaisir de la musique. C’était une envie de scène à la base. Clairement. Qu’est-ce qui t’a donné envie de rebosser avec tes frères ? Tu avais déjà pas mal joué avec Melvil par le passé. C’était une évidence. On avait envie de refaire de la musique ensemble. On ne l’avait plus fait depuis longtemps. Ça s’est fait de manière très évidente. D’ailleurs il n’y a pas que Melvil et mon autre frère César, il y a plein de potes qui sont venus jouer avec nous. C’est un groupe à géométrie variable va-t-on dire. Ces potes qui sont venus vous rejoindre, étaient-ce des gens avec qui tu bossais depuis un petit moment ? Oui. Ce sont des gens avec qui j’avais l’habitude de jouer, des gens que j’apprécie et qui étaient motivés également par le projet. Ils avaient envie de jouer. Le groupe s’est formé un « peu comme c’est venu ». En fonction des disponibilités de chacun, le groupe évoluait. On s’est parfois retrouvés à faire des concerts avec des gens complètement différents d’une semaine à l’autre, et je dis tant mieux !
Ah Ah ! C’est une blague… enfin, une blague, façon de parler ! On cherchait un nom de groupe, un truc qui reflétait bien le côté soul, le côté rock’n’roll et le côté sexy de notre musique. On était allés jouer à Vannes, en Bretagne. Et après le concert, le mec qui organisait le truc nous a dit en nous ramenant à l’hôtel « Ah, c’est dommage, on est mercredi, sinon, je vous aurais amenés au Black Minou ! » Et là, on s’est dit qu’on avait le nom du groupe ! (rires) C’est tout con, en fait. Tu peux le dire ! On était vraiment en pleine recherche de nom de groupe, on essayait plein de trucs. Et là, d’un coup, on s’est dit que c’était trop fort. On s’est dit « hop, ce sera le nom du groupe ! » Toi qui as bossé avec pas mal de gens tout au long de ton parcours, dirais-tu que c’est plus facile ou moins facile de travailler avec ses frères ? Sur certains trucs c’est beaucoup plus facile, pour d’autres, ça l’est beaucoup moins. Je ne sais pas trop quoi te dire… Disons que… C’est autre chose. On se connait bien, donc, pour certains trucs, c’est beaucoup plus simple. Et puis il y a des trucs, où, vu qu’on se connait bien, on se prend la tête dessus. Entre frangins, on s’engueule facilement ! (rires) Ce n’est ni plus facile ni plus difficile, c’est juste un rapport différent d’avec un autre musicien qui fait moins partie de mon quotidien. Tu m’as dit tout à l’heure que l’élément déclencheur avait été l’envie de scène. Avez-vous tout de même rapidement pensé à enregistrer un EP ou un album ? Au départ, c’était vraiment uniquement de la scène. On a commencé par faire des reprises et petit à petit, on a commencé à avoir des idées, des envies de compos, de traficoter quelques trucs. Tout est venu comme ça. Et au bout d’un moment, on s’est dit tant qu’à faire, autant aller en studio et enregistrer. Voilà comment tout est arrivé. C’est le parcours assez classique de tous les groupes, en fait. C’est comme ça que des centaines de groupes ont démarré : installés dans une cave à faire des reprises, petit à petit, on s’approprie une direction et on la transforme en une compo originale. Qui amène quoi dans « Black Minou » ? Là, en l’occurrence, j’ai fait les textes tout seul et les compos, c’est beaucoup moi. Mais c’est aussi un peu les autres. C’est parfois sorti de jam ou de bœufs qu’on a faits ensemble. Tu leur amènes plutôt un texte ou bien tu repars avec une compo et tu écris un texte dessus ? On joue, on joue, on a des idées, puis on les traficote. Et j’écris après. Mais bon, sur le EP en question, beaucoup des compos sont de moi tout de même. Tu écris directement en anglais ou tu passes par le français avant ? Non, j’écris directement en anglais. Écrire en français, j’essaye, j’essaye, j’essaye, mais j’ai un peu de mal. Mais je continue à essayer ! Et comme je parle anglais, j’écris directement en anglais. Donc, ce n’est pas fermé, peut-être que tu écriras un jour en français. Ah non ! Ce n’est pas du tout fermé. Bien au contraire ! J’aimerais beaucoup le faire.
En répèt, quand la mayonnaise ne prend pas, est-ce que vous passez à autre chose ou bien est-ce que vous vous acharnez un peu dessus ? Là, tu vois, c’est un des aspects sur lesquels on n’est pas forcément d’accord. Moi, je suis du genre a essayer plein de trucs différents et puis quand je me rends compte que ça ne prend pas, je passe à autre chose. Il y en a d’autres qui ont plus envie de creuser, c’est un mélange des deux, ça dépend… Qui a le dernier mot généralement ? C’est la chanson, c’est le morceau. Parfois on se rend compte que ça vaut vraiment la peine. Et on se rend compte après coup qu’on a eu rudement raison de continuer ce morceau-là. En règle générale, on sent vite quand même s’il y a quelque chose qui va sortir. Si on passe beaucoup de temps sur un morceau, c’est pour l’améliorer. Mais c’est surtout qu’on sait à la base qu’on tient un truc super et qu’il y a matière à, comme on dit. On ne va pas passer des heures sur un truc nul qui, on le sait, au final, sera nul. À un moment donné, ça devient évident, j’imagine. Totalement. Le EP va sortir en vinyle. Oui ! C’était important à tes yeux ? C’était important qu’il ait un support physique. Moi, le CD, ce n’est pas un truc que j’ai adoré. Je n’ai jamais trouvé ça génial. Par contre, j’ai toujours adoré le vinyle. Un vinyle, c’est beau, c’est classe, le son est quand même mieux. Et puis, pour moi, la musique, c’est un peu le vinyle. J’écoute du vinyle, j’en achète, c’est grâce au vinyle que j’ai découvert la musique quand j’étais môme. Pour moi, la musique passe beaucoup par le microsillon. Êtes-vous déjà partis sur un album ? C’est trop tôt. Pour l’instant, on reste sur le format EP. Mais effectivement, l’album est en train de prendre forme dans nos têtes, mais on n’est pas en train de travailler dessus. Quand on aura les morceaux suffisants pour l’album, et bien, on le sortira. Chaque chose en son temps. J’aimerais maintenant te poser quelques questions sur ton parcours. Qui écoutait-on chez toi quand tu étais gamin ? Ouf… Chez moi, on écoutait beaucoup de choses qui font forcément partie de mon environnement musical maintenant. Du Bob Dylan, les Beatles, Van Morrison, des trucs comme ça. Avais-tu des idoles ? Grave ! Et qui était-ce ? J’aimais beaucoup Dylan et les autres, mais mes premiers émois musicaux sérieux et propres à moi, c’étaient les pionniers du Rock’n’Roll : Elvis, Chuck Berry, Eddie Cochran, etc… Et ils sont toujours mes idoles d’ailleurs ! As-tu fait de la musique rapidement ? Oui, assez rapidement. Vers 9/10 ans, j’ai eu envie de faire de la guitare. Jouais-tu déjà avec tes frères à l’époque ? Melvil a commencé à jouer avec moi assez vite, oui. Quand j’ai commencé la guitare, j’en ai reçu une pour Noël. Et très rapidement, il a eu envie de m’accompagner. Du coup, il s’est offert une batterie. Donc, quand on était mômes, dans notre chambre, on avait une guitare et une batterie. On jouait tous les deux. Et les premières compos, elles remontent à quel âge ? Ado. On passait des heures à jouer, à enregistrer des riffs et des petites chansons. Je devais avoir 13/14 ans. On ne va pas pouvoir parler de tous les projets auxquels tu as participés, ni tous les artistes avec lesquels tu as bossé, mais je ne peux pas ne pas évoquer FFF ? Quels souvenirs gardes-tu de cette aventure ? Oh ! Que des bons souvenirs, c’était vraiment formidable. Incroyable. Je suis tombé dedans très jeune, ça a duré 15 ans. J’ai commencé FFF quand je venais d’avoir mon bac. Ma carrière musicale aurait pu s’arrêter après, j’aurais déjà été comblé. FFF s’est reformé aux Solidays en 2007. Serait-ce encore envisageable aujourd’hui ? Oui, tout à fait. Ce que je pense qui serait inenvisageable, ce serait une reformation durable et avec un album à la clé. Quoiqu’on ne sait jamais ! On est toujours ouvert à ce genre d’apparition en public, en plus si c’est pour la bonne cause… Donc, une reformation pour un concert, c’est tout à fait envisageable. Ce n’est pas programmé, mais pourquoi pas ? On s’entend toujours bien, on s’éclate, on va manger ensemble, on se voit d’ailleurs régulièrement pour faire des bœufs. J’aimerais encore un peu évoquer la scène avec toi. Les morceaux qui figurent sur le EP ont, j’imagine, été joués de nombreuses fois sur scène, avant qu’ils ne se retrouvent gravés. N’est-ce pas trop difficile de les faire rentrer sur une bande quand ils ont explosé sur scène ? Tu sais, je pense que c’est très important de jouer les morceaux sur scène avant de les enregistrer. C’est comme ça que ça marche. D’ailleurs, si on a gardé ces quatre titres-là, c’est parce qu’ils fonctionnaient bien sur scène. On en avait vachement plus, mais on se rendait bien compte qu’ils fonctionnaient moins bien. Du coup, on ne les a pas enregistrés. C’est primordial de les jouer sur scène avant. Après, ça se passe comment le passage à l’étape de l’enregistrement ? C’est un moment un peu délicat. C’est pour ça qu’on essaye un maximum d’enregistrer dans des conditions live et de les jouer un peu comme si on était en concert.
Pour terminer cette interview, j’aimerais que l’on parle un peu de ton autre actualité… Tu vas accompagner Johnny pour sa nouvelle tournée cet été. Oui ! Quand vous êtes-vous rencontrés pour la toute première fois ? La toute première fois, c’était en 1998 au Stade de France. On avait fait sa première partie avec FFF. Vous ne vous connaissiez pas du tout avant ? Non pas du tout. Après, on a passé plus de temps ensemble sur le tournage du film « Jean-Philippe ». Là, on a pas mal discuté, on a pris le temps de faire des bœufs, etc… Et puis, nous nous sommes revus avec Mathieu Chédid, au moment de la promo de son dernier album. On a fait un Taratata ensemble. Et de fil en aiguille, j’en suis arrivé à travailler avec lui.
Une appréhension, évidemment… et heureusement ! Je suis très content de le faire. On ne peut pas dire que je sois angoissé, mais je suis excité à l’idée de faire ça, évidemment. Je suis très content. J’y réfléchis la nuit et je me dis « tiens, celle-ci on va la faire comme ci, celle-là comme ça »… Après, les chansons, pour la plupart, tiennent la route toutes seules. Je ne vais pas essayer non plus de les transformer complètement. Les versions originales sont déjà super. Même les plus anciennes, elles ont été enregistrées avec des pointures. Il n’y a pas grand-chose à faire… Disons que tout se fait de façon très naturelle. Je ne suis pas perdu. Et comment ça se passe le travail avec Johnny ? Il est exigent, j’imagine. Ça se passe très bien. Moi, je trouve ça très facile de travailler avec Johnny ! Je m’entends très bien avec ce garçon !! Tu sais, avec Johnny, rien n’est dans le calcul. Il a envie que les gens donnent, sourient, soient contents d’être là. Il veut qu’on ait tous la pêche et qu’on lui donne envie de monter sur scène et de faire le show. Il a envie qu’on s’amuse tous ensemble et qu’on prenne tous notre pied. Il ne veut surtout pas qu’on ne bouge pas et qu’on reste statiques. Il a envie qu’on aille devant, au contact du public… Je pense que c’est la raison pour laquelle il a eu envie de travailler avec moi, c’est parce que j’ai une belle habitude de la scène et que j’ai du mal à rester tranquille dans mon coin sans bouger. Il y a quelque chose d’assez animal et chez toi et chez Johnny quand vous êtes sur scène. Exactement. Que représente-t-il pour toi ? Johnny, c’est tellement… On ne sait même plus ce qu’il représente. Il représente plusieurs choses… Tu sais, je passe tellement de temps avec lui en ce moment que j’oublie un peu que c’est Johnny Hallyday. Je me retrouve juste avec un copain avec qui je m’entends bien et avec qui j’ai envie de faire de la musique. Propos recueillis par IdolesMag le 21 février 2012. Tweet |
| + d'interviews |
| Ne manque aucune actualité, inscris-toi à notre newsletter. |
![]() |
Nous t'offrons 3 exemplaires de la compilation "Pop France"! |
![]() |
Chico & les Gypsies t'offrent 3 exemplaires de leur nouvel album "Fiesta"! |
![]() |
Lisa Angell t'offre 2 exemplaires de son nouvel album "Des mots..."! |
![]() |
Anastasia t'offre 2 exemplaires de son premier album "Beau parleur"! |
|
Les dernières interviews réalisées: - October Sky (le 07/05/2013) - MeLL (le 07/05/2013) - Mac Guffin (le 12/04/2013) - Zoufris Maracas (le 02/05/2013) - Some Velvet Morning (le 13/05/2013) - Julien LOko (le 30/04/2013) - Mickaël Miro (le 06/05/2013) - Anouk Aïata (le 03/05/2013) - Aviva Paz (le 22/04/2013) - Anastasia (le 03/04/2013) |
|
Les dernières biographies ajoutées: - Jean-Jacques Lafon - Keny Arkana - Shaka Ponk - Vincent Niclo - Guizmo - Michel Delpech - La Caravane Passe - Jeane Manson - The Hives - Philippe Lavil |