Amandine Bourgeois revient avec un deuxième album, « Sans Amour Mon Amour », un album énergique, dans lequel elle se lâche vraiment. Nous avons donc été à la rencontre d’Amandine pour qu’elle nous parle de ce nouvel opus. Elle nous expliquera qu’elle a voulu travailler à l’ancienne, en réunissant tous les auteurs et compositeurs qui l’ont accompagnée dans ce projet dans une grande maison en Bretagne pendant une semaine. Nous ne manquerons pas non plus d’évoquer son duo avec Klaus Meine du groupe Scorpions et ses amis Guillo et Papillon Paravel. Rencontre avec Amandine Bourgeois, une jeune femme avec qui on ne s’ennuie pas une minute et qui s’affirme de bien belle façon dans ce deuxième album. IdolesMag : J’ai envie de dire qu’on voit le vrai visage d’Amandine Bourgeois avec ce nouvel album, que tu t’y es plus lâchée, que tu y es plus en accord avec toi-même. Ressens-tu la même chose ? Amandine Bourgeois : En fait, il faut plus le voir dans le sens d’une évolution. C’est Amandine Bourgeois qui grandit et qui devient une femme. On va dire qu’effectivement il y a plus de maturité dans cet album. Il est plus assumé. Sur le premier album, je me cherchais, j’ai proposé ce que j’étais à ce moment-là. Et là, sur le deuxième, c’est un peu plus affirmé, un peu plus assumé. C’est plus femme en définitive…
Ah… Ouais ! Je sortais de la « Nouvelle Star » en état de choc parce que ça chamboule d’être aussi médiatisée en trois mois, de devenir reconnue auprès d’un public… Tout d’un coup, les gens me reconnaissaient dans la rue. Je sortais tout de même de ma province, hein ?!... (rires) Ça a été psychologiquement assez incroyable comme expérience. Et du coup, derrière, il a fallu sortir un album très rapidement. Et je n’avais jamais fait ça. Ici, le deuxième album bénéficie de toute l’expérience du premier. Ça aide… La préparation de l’album s’est faite à l’ancienne. Vous vous êtes tous retrouvés, auteurs et compositeurs, dans une grande maison en Bretagne. Pourquoi as-tu voulu fonctionner de cette manière ? Tu sais, les années 70, ça me fait juste triper. Ils vivaient tous en communauté, ils faisaient tous de la musique ensemble… Il se passait plein de choses au niveau de la création à ce moment-là. Alors qu’aujourd’hui, à notre époque, avec internet et tout ça, la communication entre les uns et les autres est très différente. On s’envoie des mails, on ne se parle plus vraiment. Et c’est la même chose dans la musique, on s’envoie les chansons par internet. Et pour moi, la création, à la base, c’est du partage d’énergie et d’émotion, ce sont des rapports humains. J’avais vraiment envie d’être en contact avec les gens avec qui j’allais travailler et qu’on crée un lien. Qu’on s’amuse ensemble avant toute chose. On est donc partis en Bretagne dans la maison de mon manager avec tous les auteurs et compositeurs. On s’est fait de bonnes bouffes avec de bonnes bouteilles de vin. On a travaillé jour et nuit. Et là, après une semaine, on avait déjà cinq ou six chansons. Et surtout, un véritable lien s’était tissé. On pouvait se revoir à Paris ou ailleurs et continuer le travail tous ensemble. C’était génial !
Le lien, c’est mon manager. Tu sais, avec juste un premier album, je ne connaissais pas grand monde. Il ne faut pas penser que parce qu’on sort de « Nouvelle Star », on connait plein de monde. Pas du tout ! On ne connait personne. J’étais un peu perdue, je n’avais pas de manager. Et sur un plateau télé, j’ai rencontré Thomas Dutronc et son manager, Vincent Carpentier. J’ai vraiment beaucoup apprécié le discours de Vincent Carpentier et je lui ai demandé s’il voulait bien s’occuper de moi. Il a refusé. Du moins, dans un premier temps. Il avait déjà pas mal de boulot avec Thomas, et ça ne l’intéressait pas de s’occuper d’une autre personne. J’ai tout de même demandé à le revoir, pour qu’il me donne des conseils et qu’il m’oriente vers d’autres gens. On s’est revus plusieurs fois et au bout d’un moment, il a craqué et m’a dit « Bon Ok, je vais m’occuper de toi ! » Tu vois, c’est genre « la pauvre fille, je ne vais pas lui faire de la peine ! » (éclats de rires) Non, en fait, je pense qu’il a dû se dire « cette nana, elle a quelque chose, elle en veut, elle a du talent, je vais m’occuper d’elle ». C’était super pour moi, parce que du coup, grâce à lui, j’ai pu avoir le contact avec Boris Bergman. Déjà sur le premier album, je rêvais de bosser avec lui, mais je n’avais pas son contact. Comme Vincent le connaissait bien, il a réussi à me le présenter. Ensuite, il m’a présenté une partie de l’équipe de Thomas Dutronc, dont Bertrand Papy, qui a composé la musique de « Sans Amour ». Arnaud Garoux, qui est l’ami d’enfance de Thomas, lui m’a écrit « En claquant des doigts », « Sans Amour », « Envie d’un manque de problèmes »… Du coup, les rencontres se sont faites un peu comme ça…
Toi qui est auteure et compositrice, n’est-ce pas trop difficile de travailler avec d’autres auteurs et compositeurs ? Au départ, je l’avoue, ça m’a inquiétée. Je me suis demandé comment j’allais faire pour me retrouver face à Bergman qui est un monstre de l’écriture. Je me suis dit que jamais je n’oserais lui montrer ce que je faisais. Je me sentais tellement petite face à lui. Et en fait, non. Au final, tout s’est bien passé. Vu que moi aussi j’écris et je compose, on se comprend facilement les uns les autres. Et ça, c’est génial. Il y a un réel respect mutuel. Quand j’ai montré mes textes à Boris Bergman, il m’a encouragée en me disant que ce que j’écrivais était super. D’ailleurs, j’ai écrit le morceau « Cœur de Pierre » toute seule comme une grande. Je voulais t’en parler de ce titre, justement, « Cœur de Pierre »… Oh la la… Tu ne l’as pas aimé ?
Ça me touche ce que tu me dis… Dans quelles circonstances l’as-tu écrite cette chanson ? C’était vraiment sur le coup d’une émotion suite à une rupture avec mon ex-conjoint. J’avais l’impression de ne plus rien ressentir, que mon cœur était comme de la pierre. Je pensais que je ne pourrais plus jamais rien ressentir. Même par rapport à lui, je ne ressentais plus rien, en fait. Ça me rendait triste. C’était un mec super, j’aurais aimé pouvoir l’aimer passionnément. Et je n’y arrivais pas… Oh la la… Je me livre un peu trop, là ! Je ne vais pas te raconter toute ma vie sentimentale !! (rires) En tout cas, ce qu’il faut retenir, c’est que cette chanson, je l’ai écrite dans un état très particulier, un peu instinctivement, presque comme une thérapie. À ce moment-là, j’avais besoin de retranscrire cette émotion. Et j’ai composé cette chanson sur mon IPhone. Il y a un petit clavier sur lequel je compose et je chante par-dessus. Le texte est venu presque automatiquement derrière sur cette mélodie.
Tu as travaillé également avec Guillaume Soulan sur l’album, avec qui tu as l’habitude de travailler. Dirais-tu que c’est plus facile de travailler avec une nouvelle équipe, avec laquelle il faut se lancer dans l’inconnu, ou avec une équipe qu’on connaît bien et se lancer de nouveaux défis ? C’est délicat de répondre à ta question, parce qu’avec Guillaume ça doit faire bien huit ans qu’on bosse ensemble. On travaillait déjà ensemble sur des comédies musicales à Toulouse bien avant « Nouvelle Star ». On se connait par cœur. Et du coup, il y a une certaine évidence. C’est vraiment pratique dans le travail, le fait qu’on se connaisse très bien. Ça va vite. Après, c’est vrai, qu’il faut faire gaffe à nous renouveler. Et du coup, c’est pour cette raison, que j’aime bien faire rentrer dans le projet des gens qui viennent de l’extérieur. Ça apporte une réelle richesse, et même nous, ça nous aide à nous ouvrir et à nous renouveler. Donc, pour te répondre, je dirais que c’est important d’avoir un noyau dur, des gens qui se connaissent par cœur, et à côté, avoir de nouvelles personnes qui apportent de nouvelles idées. Tu sais, je vais te donner l’exemple de Boris Bergman et Bashung. Ils ont travaillé sur quatre ou cinq albums ensemble. Et ça n’a été qu’à partir du quatrième album qu’ils ont trouvés leur alchimie, avec la chanson « Oh Gaby ». Travailler avec un auteur, c’est un peu comme un couple, ça se construit dans le temps. Tu peux avoir une attirance, un feeling, mais pour atteindre le nirvana, il faut pratiquer ensemble, il faut attendre parfois un peu… [Amandine réfléchit à ce qu’elle vient de dire…] La métaphore que je viens de faire est bizarre tout de même ! (éclats de rires)
Oh oui, carrément, j’adorerais ça monter une équipe spéciale, comme pour ce projet-ci. Mais tu sais, nous sommes allés enregistrer l’album en Angleterre. Ça m’a permis de rencontrer de super musiciens. John McKenzie, par exemple, a été le bassiste d’Annie Lennox, des Pretenders… John Tonks, à la batterie, il travaille avec Neneh Cherry, Tricky, le chanteur de Massive Attack. John Tonks, est également auteur compositeur et on a travaillé ensemble sur « Blackout ». J’ai fait un yaourt et il a essayé de rendre mon yaourt compréhensible. Donc, oui, ça me brancherait bien de tenter une expérience en anglais dans le futur, parce que j’ai plein de chansons en yaourt ou de textes en anglais, mais il me faudrait une équipe anglaise autour de moi qui me permette d’aller au bout de ça. C’était une envie de ta part d’aller enregistrer en Angleterre ? Oui, vraiment. Parce que j’ai réussi à avoir le son british, vintage, soul et rock que je recherchais. Je voulais vraiment ce son-là. Pour la réalisation, là aussi, j’ai choisi Ian Caple pour cette recherche de son particulier. Lui ne m’a pas choisi… il a fallu une fois encore que je le convainque ! (rires) Je lui ai envoyé une vingtaine de titres que j’avais faits. On a correspondu pas mal par mail. Et au bout d’un moment, il m’a dit « OK. C’est parti. Je vais t’aider à donner le son que tu veux sur ton album. » Je savais que Ian Caple trouverait vraiment le son que je voulais. Les cordes ont été enregistrées à « Abbey Road ». Est-ce quelque chose qui t’impressionne ? Ou bien auraient-elles pu être superbement enregistrées ailleurs ? Oh Oh ! Carrément pas ! (rires) Au début, je me suis dit que c’était peut-être un studio comme les autres. Mais non en fait. Je te jure que quand on est là-bas, il y a un truc qui se passe. J’ai été émue. J’ai été dans le studio des Beatles et du coup, il avait une émotion particulière. Tu te rends compte que c’est unique de vivre ce que tu es en train de vivre. C’est super. C’est un studio incroyable. Il y a une énergie qui transpire des murs… C’est génial.
Peut-on dire que « Sans Amour », c’est un peu la clé de voûte du projet ? Parce que, c’est cette chanson qui ouvre l’album, qui lui donne son titre, et qui a été choisie en premier extrait… Oui. Cette chanson est arrivée tout au début. Elle est née de cette semaine passée en Bretagne tous ensembles. Elle est née là. À part « Cœur de Pierre » dont on a parlé tout à l’heure, y a-t-il une chanson pour laquelle tu as un peu plus de tendresse que pour les autres ? Oui. J’ai beaucoup de tendresse pour « Oulalala » que j’ai écrite avec un ami à moi, Guillo (Guillaume Galiana), un ami toulousain, qui n’est pas très connu du grand public. Mais il a un réel univers. Il mériterait d’être un peu plus dans la lumière. Il travaille avec l’équipe d’Astaffort de Francis Cabrel. Il est vraiment doué en écriture et en composition. On a écrit le texte de cette chanson ensemble. Il a une chanson qui s’appelle « Si j’étais Marty McFly », qui est très très belle. Et donc, j’ai une affection particulière pour ce morceau, parce que Guillo est un ami qui m’a connue dans mes galères à l’époque quand je faisais du bal. On a même travaillé dans un groupe de rock ensemble. On jouait des reprises. Il m’a connue aussi quand j’ai eu des problèmes de voix. Pendant longtemps, je suis restée aphone. C’était une période très très difficile. Et il était là. Guillo, c’est un mec avec qui j’ai un lien particulier et j’ai eu envie qu’il participe à mon album. J’ai donc une affection particulière pour ce titre.
Oh oui. Carrément. On a déjà essayé de composer et d’écrire ensemble. On aimerait beaucoup faire un duo, en fait. Mais pour l’instant, on n’a pas encore trouvé la chanson qui nous porterait tous les deux et qui justifierait l’existence de ce duo. Tu me parles de duo. Je ne peux pas ne pas évoquer ton duo avec Klaus Meine de Scorpions, « Still Loving You – Je t’aime encore ». Comment s’est passée cette histoire ? Klaus Meine a maté les vidéos des primes de la « Nouvelle Star » sur internet et il m’a trouvée géniale sur scène. Ça m’a touchée. La maison de disques m’a dit que Klaus Meine voulait m’inviter chez lui en Allemagne dans sa baraque pour faire un duo sur sa chanson « Still Loving You ». Il voulait que je chante en duo avec lui et en français. C’était le concept de l’album : faire une reprise de ses gold avec un chanteur différent dans chaque pays. En France, c’est donc moi qu’il avait choisie. Franchement, je n’en revenais pas. C’était génial. En plus, Scorpions, c’est un groupe que j’écoutais quand j’avais 13/14 ans. C’est un truc d’ado. Et le fait que Klaus Meine m’invite chez lui, je n’allais pas refuser. J’y suis donc allée. J’ai passé une super journée, le mec est super sympa. Après, le duo est ce qu’il est, mais ce qui est important, c’est que j’ai passé du temps avec lui. Il m’a raconté un peu sa vie, son expérience, ses galères… C’est un super mec qui chante vraiment bien. Je me sentais toute petite à côté de lui. Il m’a fait faire un tour dans sa Mercedes décapotable, il m’a invitée dans un super resto. Enfin, je n’étais pas seule, on était plusieurs. Il n’a pas fait de plan drague !! (rires) Sa femme est adorable, sa famille est super. Je me suis vraiment retrouvée comme une ado face au chanteur du groupe mythique que j’écoutais quand j’étais jeune.
Et qui étaient tes idoles quand tu étais ado ? Ado, j’admirais beaucoup la beauté de Brigitte Bardot. Je me rappelle que j’avais plein de photos d’elle en noir et blanc. Je voulais lui ressembler. (rires) Et puis après, j’adorais Michael Jackson, Axel Bauer à l’époque. En chanteuse, j’aimais beaucoup Whitney Houston, Rickie Lee Jones… Et plein d’autres ! Mes parents, eux, ils écoutaient Queen, Pink Floyd, Led Zep, les Beatles, du coup, j’ai grandi un peu avec cette musique-là. C’est pas mal tout de même quand on y pense… C’est clair ! Avant de te quitter, j’aimerais évoquer la scène un instant. Tu seras sur la scène du New Morning à Paris les 21 et 23 mai prochains. Une tournée est-elle prévue ? Je vais faire quelques premières parties de Thomas Dutronc, dont le 30 mars à l’Olympia. Là, je serai avec Guillaume Soulan. Nous serons tous les deux. À la rentrée, on partira en tournée. Et là, je serai avec un groupe complet, des cuivres et tout ça… et ça, c’est génial ! Ce seront des concerts un peu comme on a pu voir avec James Brown ou Sharon Jones. Tu vois, le côté super live, avec des cuivres qui vont donner une super couleur. Et surtout, beaucoup d’énergie, d’amusement, d’émotions… Plein de partage en perspective ! La scène, c’est vraiment mon truc, j’adore ça. J’adore partager ces moment-là avec le public. Le gros de la tournée va commencer en septembre. Il y aura quelques dates cet été. Mais ce n’est pas encore tout à fait bouclé. Propos recueillis par IdolesMag le 16 mars 2012. -> Site officiel : http://amandinebourgeois-officiel.com/ Tweet |
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