Interview de Music is not fun

Propos recueillis par IdolesMag.com le 07/02/2012.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag et/ou Dehmar SARL.






Music is not Fun © Abdelwaheb Didi

« Music is not Fun » a, semble-t-il, trouvé sa voix. Après un premier album au nom prédestiné, « British Rendez-vous », et un succès, « Do you like my shoes ? », le trio lyonnais revient avec un nouvel album en français exclusivement, « Nuit & Jour ». Nous avons rencontré le leader du groupe, Guillaume Herrero (auteur et compositeur également), afin qu’il nous explique pourquoi le groupe a décidé de chanter en français et qu’il nous parle de ce nouvel album, générationnel et ambitieux, que nous avons trouvé excellent !

IdolesMag : Avant de parler plus précisément de ce nouvel album « Nuit & Jour », pourrais-tu me resituer le groupe dans les grandes lignes ?

Guillaume de « Music is not fun » : En fait, c’est un peu rigolo. On s’est rencontrés sur Lyon, on ne se connaissait pas du tout. J’étais dans un club pas terrible du vieux Lyon. Il y avait un concert que je trouvais super nul ! (rires) Je vais donc me chercher une bière au bar et je tombe par hasard sur Julien. Et là, on commence à… pas dire du mal du groupe (rires)… mais disons à parler du groupe ! On commence donc à parler musique et que ce serait bien de monter un groupe. J’avais envie d’en faire un depuis que je suis tout petit. Il m’a bien fait marrer, on s’est bien entendus. Il m’a présenté Valentin. Et trois jours après, on était déjà en train de répéter quelques compos. C’est parti comme ça.

Ça a été très très vite en fait.

Ah oui ! Et en même pas un mois, on a enregistré une première démo. On avait tous les trois tellement le désir de faire de la musique, qu’on n’a pas voulu perdre encore du temps. On avait déjà quelques chansons, quelques instruments. Et du coup, tout a été super vite. On avait tous les trois le même but : enregistrer une démo quatre titres pour démarcher. Après, il s’est passé quelques mois et on a été contactés par « Rock’n’Folk » pour faire les « Rock’n’Roll Fridays ». C’était fin 2006, on a eu de bons retours et là, c’était parti.

Music is not fun, Nuit et JourÇa a collé musicalement tout de suite entre vous.

Effectivement. Mais on avait tout de même tous des influences différentes. Parfois, on n’est pas du tout d’accord sur certains trucs. À l’époque, ce qui nous a unis, c’est toute cette vague rock qui nous a vraiment portés. Tout devenait possible, ou du moins accessible. Il y avait un vrai mouvement en France. Julien et Valentin sont plus Clash et Ramones. Personnellement, je suis plus Beatles, plus Blur, plus pop… Mais après, ce qui nous a unis, c’est tout ce qu’on pouvait faire autour de l’Angleterre, de la musique. C’est un peu romanesque, mais on a vraiment eu un déclic. Ça s’est passé comme ça.

D’où vient le nom du groupe ?

C’est un nom que j’avais en tête depuis longtemps. Ça vient d’une interview que j’avais lue. C’est Noel Gallagher à qui on avait parlé des bootlegs qu’on trouve à gauche à droite, qui avait dit qu’il s’en foutait parce que pour lui « music is not fun », il voulait seulement les albums, il ne voulait pas les concerts ou un truc chelou. Il peut se passer des choses marrantes en concert, mais lui disait que la musique n’était pas fun. J’avais bien aimé sa réponse à l’époque. J’avais un délire autour des Beatles, depuis que je suis tout petit je suis très porté par la culture anglaise. En France, pour être populaire, il faut faire de la variété ou de la chanson, alors qu’en Angleterre, ils ont une vraie culture pop. Là-bas, on peut monter un groupe à 40 ans. Il n’y a pas d’âge. Il y a une vraie culture de la musique pop, qui passe tous les jours. Ce côté qu’avaient les Beatles, Pink Floyd, etc… de faire de la musique sans se prendre la tête, ça me plaisait. C’est un peu la culture anglaise que je voulais défendre avec le nom du groupe. Même si le but n’est pas d’être prétentieux ou de défendre des concepts.

En France, on n’a pas la culture du groupe.

C’est limite ça qui nous a fait passer au Français. Ça me démangeait vraiment de montrer qu’il pouvait y avoir en France autre chose que le groupe que tu montes à 15 ans. En France, il y a quoi ? Louise Attaque, Noir Désir, Téléphone. Maintenant, il y a BB Brunes. Bien entendu, il y en a plein d’autres que j’oublie, mais en fait il y a assez peu de groupes connus. En France, on est très « chanteur », très centré sur la personne. Et nous, on voulait montrer qu’à plusieurs on était plus forts et qu’on avait aussi des propositions à faire. On n’a pas fait un groupe entre copains pour aller boire des bières. Ce n’est pas du tout ça. Un groupe, c’est comme un artiste seul, c’est juste qu’on a envie de le faire à trois. On veut proposer une énergie qu’on n’a pas quand on est seul. Du coup, on a une proposition qui est plus inspirée par la musique anglaise et la culture anglo-saxonne. On voulait le proposer avec un texte français. Parce que nous, ça nous manque dans le paysage musical français.

Music is not Fun © Abdelwaheb Didi

Passer au français, est-ce que ça a été un cap facile à franchir ?

Non. Tu sais, naturellement, les premiers textes que j’ai écrits, je les ai écrits en français. J’ai commencé à écrire très jeune, donc, je ne connaissais pas vraiment l’anglais. Après, effectivement, vers 16/17 ans, j’ai eu toute une période ou écrire en anglais devenait super fort. Mais bon, j’ai toujours beaucoup écouté de musique française. J’écoute Miossec. Elli & Jacno, ça me parle aussi. Quand on s’est rencontrés tous les trois, on était tellement portés par l’Angleterre que ça ne nous est pas venu à l’idée de chanter autrement qu’en anglais. On n’a même pas pensé à écrire en français. Après la sortie de ce premier album, « British Rendez-vous », on a tourné, et on s’est vraiment rendu compte qu’il y avait comme une frustration. On avait l’impression que parfois les gens avaient du mal à rentrer dans la musique. On était un peu rentrés dans un cercle vicieux qui nous obligeait à faire des choses de plus en plus efficaces. On s’est dit qu’on était tout de même en France, et que même si l’album était un gros clin d’œil à l’Angleterre, c’était dommage que les gens ne rentrent pas tout de suite dans notre musique à cause de l’anglais. On devait simplifier tout pour être compris, en fait. Donc, pour aller plus loin dans les sentiments et l’émotion, il fallait qu’on chante en français. Passer au français, ça a été une belle opportunité et surtout une belle bouffée d’air frais. On en avait besoin, ça donnait du sens à notre musique. Et en allant plus loin, je te dirais que chanter en anglais devenait un non-sens quelque part. Et même en étant extrémiste, je dirais que les groupes français qui chantent en anglais n’intéressent pas beaucoup… Je prêche un peu pour ma paroisse, et c’est vrai que comme c’est nouveau, j’ai tendance à être plus royaliste que le roi. Mais je n’en pouvais plus de chanter en anglais. J’avais vraiment besoin de chanter en français pour faire ressortir dans notre musique toutes nos influences. C’est vrai que je suis hyper fan des Beatles, mais j’écoute tellement d’autres choses qu’on devenait prisonnier de quelque chose de très pop anglaise. Passer au français nous a permis d’expérimenter d’autres machines, d’aller vers d’autres horizons.

Ça a été libérateur.

Vraiment oui. C’est le mot. Et même pour le chant, pour le live, pour plein de trucs en fait. D’un coup, tout devenait simple.

Au niveau des compos, comment ça se passe ? Chacun bosse de son côté et puis on met en commun, ou bien vous travaillez en groupe ?

C’est moi qui compose en fait.

Music is not Fun © Abdelwaheb Didi

Donc, tu écris et tu composes.

Oui. Je fais les deux. Sur le précédent album, on était un peu frustrés. Je n’étais pas super content. Je n’avais pas une maîtrise totale du truc. Et donc, pour ce nouvel album, j’ai composé et écrit les textes et je suis arrivé avec des bouts de chansons. Et là, les autres me disaient « ça, c’est cool » ou « ça, c’est non ». Il n’y a jamais de « Ah oui, peut-être, ça, machin… » Non. Par contre, on ne peut pas négocier un texte ! Passer au français, c’était au départ vraiment mon délire. Les autres étaient pour, bien évidemment. J’ai tout fait chez moi, et après, il y a eu un dialogue. Par exemple sur certaines lignes de basse, etc… Il y a eu un gros travail d’arrangement avec le groupe. J’avais en tout cas besoin pour cet album de quelque chose de plus personnel et plus maîtrisé. On pourrait penser qu’on s’éloigne du côté groupe, pour le coup… mais ce n’est pas la démarche !

T’es-tu remis rapidement à l’écriture et la compo après la sortie du premier album ?

Dès que l’album est sorti, je m’y suis remis. En fait, dès que l’album est sorti, je trouvais ça bien et cool mais sur le moment, j’ai tout de suite pensé qu’on aurait dû le faire en français. J’avais peur que les français ne comprennent pas tout l’humour qu’on avait mis dedans, etc… on avait fait pas mal de trucs rigolos dedans. Du coup, on a adapté certains titres en français. Tout de suite, on a pensé à chanter en français, je ne me suis pas arrêté de composer et d’écrire. C’est vraiment ce que j’aime faire. Après le premier album, on a bien senti qu’il fallait qu’on trouve notre style. Ce n’était pas évident non plus de savoir ce que ça allait donner en français. J’ai écrit beaucoup de titres. Des titres qu’on a gardés, d’autres sont partis ailleurs. J’avais besoin de trouver un style. Pour les adaptations, j’avais une sorte de garde-fou parce que je savais que les titres tournaient et qu’on ne jugerait que le texte, vu que la musique existait déjà et plaisait.

Music is not Fun © Abdelwaheb Didi

« Nuit & Jour » est donc votre deuxième album. Dans quel état d’esprit êtes-vous ? Parce qu’on a tendance à dire qu’un deuxième album, ça passe ou ça casse… La pression est encore plus grande, je pense…

C’est clair ! Tu sais, la pression pour le premier album était déjà très grande parce que ça faisait longtemps qu’on voulait le sortir et qu’on avait eu pas mal de soucis en amont. Mais pour « Nuit & Jour »… on est encore plus stressés ! On regarde toutes les critiques, on est vraiment à fond dessus. Parce qu’en fait il est beaucoup plus personnel que le premier, et donc, ça nous tient encore beaucoup plus à cœur. Nous, ce qu’on aimerait, c’est qu’on nous encourage dans notre démarche. Bien entendu, il y aura des critiques négatives, mais ce qu’on voudrait c’est que ce soit constructif pour le futur. Même si on nous dit que tel ou tel truc, c’est moyen, qu’on nous dise qu’il ressort tout de même quelque chose de l’album, qu’on nous dise « Les mecs, ça vaut le coup, continuez ! » On attend vraiment des encouragements, parce qu’on a tout de même pris une nouvelle direction.

Vous êtes tous Lyonnais, je pense…

Disons qu’on s’est tous rencontrés à Lyon !

Music is not Fun © Abdelwaheb Didi

Qu’est-ce qui t’a donné envie d’écrire une chanson sur Paris ?

Ah… (rires) En fait, pendant nos tournées, on a tout de même senti qu’il y avait une différence entre la province et Paris. C’est fou qu’on soit en 2012 et qu’il y ait toujours ce côté de « monter à la capitale ». Paris a tout de même un réel pouvoir. C’est très réel et présent. Et c’est vrai que je ne connaissais pas du tout Paris avant de devoir y venir pour faire la promo, etc… Et du coup, Paris, c’est devenu un peu la cible de cet album. C’est un peu comme une fille. Paris représente quelque part un peu le fait que le public aime notre musique. Cette chanson, c’est presque une déclaration d’amour à Paris et à la chanson française. On ne va pas se le cacher, Paris représente beaucoup pour nous. Ça représente les maisons de disques, le succès, les gens… C’est une sorte de métaphore, mais Paris représente un peu pour nous ce qu’il y a de mieux… Depuis que j’ai découvert Paris, autant j’aime cette ville, autant je la déteste. Mais il fallait que j’en parle.

Comment la chanson « Nuit & Jour » s’est-elle retrouvée en titre de l’album ?

« Nuit & Jour », déjà, c’est un titre que je trouvais assez cool. À la base, c’est un blues, c’est un peu plaintif. Il y a un côté un peu triste. Et au contraire, on lui a collé un refrain hyper pop, hyper lumineux musicalement. Donc, ça s’ouvre vachement. Quand j’ai écouté l’instru du titre, il y avait pour moi quelque chose d’antagoniste. Ça passait du noir au blanc très vite, d’où le titre « Nuit & Jour ». Après, c’est vrai que cette chanson est un peu anglaise dans son idée, les paroles sont un peu du non-sens. Ça ne veut rien dire et à la fois, ça veut dire quelque chose. Je trouve ça très anglo-saxon. Je trouvais ça rigolo de mettre « Nuit & Jour » en titre d’album. Je trouvais ça hyper classe comme nom. Il y a quelque chose où à la fois tu comprends et à la fois tu ne comprends pas trop. Tu passes au-dessus du nom, et les mots, tu ne les lis pas forcément. Vu qu’on voulait faire une sorte de pop rock anglais en français, et ne pas renier nos origines anglaises, je trouvais que ce titre collait bien. Le but n’était pas de mettre un titre qui faisait trop « chanson française ». Après, j’ai trouvé que ça donnait un petit côté rock qu’on n’avait pas du tout avant. Et puis, cette chanson, musicalement, je ne pense pas que j’aurais pu la faire en anglais, parce que je trouvais l’instru trop complexe et j’avais peur que les gens qui ne comprenaient pas l’anglais ne rentrent pas dedans. Donc, sachant que c’était le titre qu’on n’aurait pas pu faire en anglais, le titre le plus libérateur, et puis la symbolique passer de la nuit au jour… tout ça a fait que c’est devenu le titre de l’album.

Music is not Fun © Abdelwaheb Didi

Le titre bénéficie d’un clip, dans une ambiance très « Top Gun »…

(éclats de rires)

Qui a voulu cette ambiance-là ?

Je ne sais même plus. Nous, on voulait un clip très figuratif, comme la chanson. On voulait un clip qui n’ait pas forcément de sens, qu’on ne soit pas acteurs. On voulait que ce soit un peu contemplatif et un décor fort qui nous mange un peu. On voulait juste faire de la musique au milieu d’autre chose. On nous a proposé plein de trucs. Et je crois que c’est Julien, qui aime beaucoup les avions, qui a eu le dernier mot. C’est vrai que c’est notre premier clip, qu’on voulait quelque chose de joli. Quand on a rencontré l’équipe, on leur a dit qu’on voulait jouer au milieu de quelque chose qui nous mange, quelque chose de fort et c’est vrai qu’on leur a parlé d’avion. Ce devait être l’époque des « Journées du Patrimoine ». J’avais été visiter une base aérienne à Lyon avec de vieux avion et quand on en a parlé avec les autres, ils ont trouvé ça pas mal. On a creusé l’idée. On a tourné au Bourget. Mais l’idée principale était d’avoir un clip figuratif et d’avoir quelque chose d’un peu joli.

Music is not Fun © Abdelwaheb Didi

Comme nous sommes en train de parler d’image, je ne peux pas ne pas te demander comment est venue l’idée de ce chien sur la pochette…

C’est Yann Orhan qui a fait la pochette. Il a travaillé notamment avec Thomas Dutronc, Gaëtan Roussel et Mathieu Chédid. Au début, à la maison de disques, tout le monde partait sur une idée de pochette avec nous tous en photo. Et nous, on ne voulait pas du tout. On trouvait que ça faisait trop « chanson française ». On voulait quelque chose de plus figuratif et plus complexe. Quand on a expliqué à Yann tout ce qu’on voulait, dans quel état d’esprit on était, pourquoi on était passé au français, etc… il nous a dit « laissez-moi une semaine, j’ai ma petite idée ». Et une semaine après, il nous a envoyé cette photo. Elle nous a parlé tout de suite. On l’a adorée. Déjà, c’est super joli. C’est très graphique. Et d’un coup, tout est devenu évident. Ce berger allemand figurait qu’on était entre chiens et loups, entre nuit et jour, ce chien nous parlait. Il attendait une récompense aussi. C’est un peu notre cas. On vient de terminer notre album et on attend une caresse… Et puis, on adore les chiens ! En fait, cette pochette nous a tout de suite parlé, après, on peut chercher à lui donner du sens. Et elle est belle. Là, on est en pleine promo, on rencontre plein de journalistes et chacun y trouve quelque chose de différent. Nous, en tout cas, on la trouve belle et digne. Yann Orhan est tout de même quelqu’un d’assez fort… Quand tu vois la photo de Thiéfaine en noir et blanc pour son dernier album, tu te dis qu’il a une façon de capter ce que tu ressens qui est assez exceptionnelle. Il a réussi à poser une image qui ressemblait à notre musique.

Vous avez pas mal tourné depuis vos débuts. Là, il y a une date à La Boule Noir fin mars, allez-vous partir en tournée ?

Il y a pas mal de dates prévues. En fait, on est partis sur une idée de petites salles et de clubs. On voulait revenir sur nos bases rock. On a expliqué au tourneur qu’on voulait, à la limite, faire une tournée en deux parties. Une première partie un peu rock et un peu club pour justement roder notre live, nous remettre bien ensemble, faire un truc bien rock qui fasse bien revivre l’équipe…. Avant de passer sur des salles plus classiques où le public parfois ne connaît pas le groupe.

Music is not Fun © Abdelwaheb Didi

Vous vous éclatez sur scène. Est-ce un peu la cerise sur le gâteau après l’enregistrement ?

Avec cet album en français, ce n’est même pas la cerise sur le gâteau, c’est la moitié du gâteau ! Ce qu’on va faire sur scène, c’est plus rock, plus libéré. En plus, la scène, c’est essentiel pour nous. Là, ça fait six mois qu’on n’a pas fait de dates, et c’est hyper dur, on n’en peut plus. C’est un peu la déprime… Tu sais, être sur scène, ce sont des émotions très très fortes. Tu peux faire des choses en live que tu ne peux pas faire pendant l’enregistrement de l’album. C’est limite un deuxième album qu’on fait sur scène. On essaye plein de choses, on va plus loin dans certaines directions. Il se passe plein de trucs, parfois, il y a des accidents. En fait, on recompose les titres, c’est une approche complètement différente. Il y a plein de choses qui changent. Et puis… surtout… il y a le contact avec le public ! Et ça, c’est vraiment essentiel. Au départ, tu sais, on a tellement tourné, que c’est la scène qui nous a permis de bien nous connaître tous les trois. C’est aussi important que de sortir un album.

Est-ce que vous aimez bien aller rapidement avec de nouvelles chansons sur scène, avant de les enregistrer ?

Oui. Et pourtant, pour cet album, on l’a un peu fait, mais pas trop. Du coup, on a trop hâte d’aller jouer nos nouveaux titres. Mais parfois, on a un nouveau titre qu’on joue dès qu’on l’a à peine répété, et le fait de le lancer dans l’arène le révèle. Il se passe quelque chose. Et surtout, quand un titre est nouveau, on a une joie particulière à le jouer sur scène.  Et ça, c’est très très fort. On adore ça. Quand on prend l’exemple de « Do you love my Shoes ? » sur le premier album, c’est un titre qui est vraiment né du contact avec le public. « Do you love my shoes ? », à la base, ne ressemblait pas du tout à ça. Et du coup, voir que le public répondait autant à ce truc, nous a fait vraiment créer la chanson autour du live.

Music is not Fun © Abdelwaheb Didi

Je ne peux pas te quitter sans te demander si tu avais des idoles quand tu étais ado. Et si oui, qui étaient-elles ?

Bien sûr, j’en ai eu. Et j’en ai toujours d’ailleurs. Quand j’étais petit, mon idole, c’était Freddie Mercury. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Et puis, il y a eu The Beatles, Macaulay Culkin et André Agassi. Ce sont vraiment eux qui étaient mes idoles jusqu’à très tard. J’ai découvert plein de choses très tard, en fait. Freddie Mercury et The Beatles me suffisaient ! Quand j’étais tout petit, j’étais fasciné par Freddie Mercury, par ses clips. C’était l’archétype de la star à qui tout était permis juste parce qu’elle était star. Quand je te parle de Queen et The Beatles, on peut faire un parallèle avec notre album, qui est entre deux extrêmes : c’est à la fois quelque chose de très conventionnel et très classieux comme on retrouve chez The Beatles et Queen qui vieillira peut-être moins bien, mais qui a une énergie épatante. « Music is not fun », c’est un mélange de tout ça. L’album peut être considéré comme posé, ou même peut-être raisonnable dans un sens, et d’un autre côté, peut-être plus à notre image sur scène, un peu plus foufou et résolument rock’n’roll. « Music is not fun », c’est un peu la réunion de ces deux extrêmes, c’est la réunion de deux manières de faire de la musique différentes.

Vous vous êtes retrouvés en couv’ de Metro il n’y a pas très longtemps… Qu’est-ce que ça vous a fait ?

Beaucoup rire ! On a beaucoup rigolé !! Mais on était super contents. Quand on est arrivés à la répet’, on avait chacun notre Metro à la main et on était pliés. On n’était pas au courant. Notre attachée de presse nous a expliqué qu’une couverture, ce n’était jamais acquis. Elle, elle était bien évidemment un peu au courant. Mais s’il y avait quoi que ce soit dans l’actualité qui justifiait une couv’, on ne l’aurait pas eue, donc, elle ne nous avait rien dit. Tu sais, on est tellement contents de tout ce qui se passe autour de l’album, on en est tellement fiers… ça nous a fait vraiment plaisir cette couv’ !

Propos recueillis par IdolesMag le 7 février 2012.









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