Interview de Hélène Ségara  

Propos recueillis par IdolesMag.com le 15/02/2012.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag et/ou Dehmar SARL.

Hélène Ségara - DR

Hélène Ségara part en tournée jusqu’à la fin de l’année ! Elle se produira notamment les 16, 17 et 18 mars sur la scène de l’Alhambra. Nous avons donc été à la rencontre d’Hélène afin qu’elle nous parle de ce tout nouveau spectacle dans lequel elle revisitera certains titres qu’elle n’a plus chantés depuis des années… Un spectacle qui fera également la part belle aux chansons de son dernier album, « Parmi la Foule », sorti il y a un peu moins d’un an. Au cours de notre entretien, elle nous expliquera pourquoi l’album n’a pas cartonné comme il aurait dû. Elle évoquera également son duo avec son fils Raf, « Le Monde à l’Envers » et son rapport avec Facebook et Twitter. Rencontre avec une artiste pétillante qui ne pratique pas la langue de bois et qui fait son métier par amour et pas pour la gloire.

IdolesMag : Vous revenez du Liban. J’ai l’impression que c’est une belle histoire qui vous lie à ce pays…

Hélène Ségara : C’est vrai. C’est la huitième fois que je vais y chanter, je crois. Et c’est une histoire d’amour qui dure… Comme dans beaucoup d’autres pays orientaux d’ailleurs. Je pense que les choses sont un peu amplifiées dans les interviews qu’on peut lire… [NDLR : Lara Fabian et Gad Elmaleh y ont annulé leurs représentations suite à la réception de menaces]

Certains sites annoncent une collaboration avec une artiste libanaise, Carole Samaha, dans les prochains mois. Est-ce vrai ?

Je vais être très franche avec vous. Carole Samaha est très sympathique. Mais quand je suis entrée dans le restaurant, elle m’a fait prendre en photo par un ami. Je n’étais ni maquillée ni très bien coiffée. Elle a immédiatement publié la photo sur son site en disant qu’une collaboration allait peut-être arriver. Voilà les faits. Mais ça ne faisait pas du tout partie de notre discussion. J’étais un peu triste de voir qu’elle avait raconté ça. On n’a même pas abordé le sujet ensemble. Mais elle a tout de suite balancé cette photo sur le net en disant que nous avions des projets communs… Après, c’est une fille qui chante très très bien et que j’ai trouvée vraiment charmante. Mais à aucun moment on n’a abordé l’éventualité d’une collaboration. C’est pour ça que j’ai été un peu surprise… En général, chaque fois que je vais à l’étranger, je collabore avec des artistes du pays. Donc, ce n’est pas une chose qui aurait été impossible, sauf que là, ça n’a pas été abordé !

Hélène Ségara - DR

Ça a le mérite d’être clair et de remettre les choses à leur place.
Vous serez donc à l’Alhambra les 16, 17 et 18 mars prochains. Avez-vous déjà débuté les répétitions ?

Je les commence là. Aujourd’hui, j’ai un shooting pour le magazine Gala. Demain, j’ai pas mal de radios et encore deux/trois shootings pour des magazines. Puis je les commence dans trois/quatre jours.

Que va-t-il se passer dans ce nouveau spectacle ?

Ah ah ! (rires) Écoutez, ce qui est intéressant dans ce nouveau spectacle, c’est que je vais revisiter mes grands succès d’une manière assez surprenante. Il y avait des chansons que je ne chantais plus sur scène depuis longtemps parce que les arrangements avaient vieillis, etc… Et là, on leur a donné un petit lifting.

Vous aimez bien ça, donner un petit coup de peinture fraîche sur vos anciennes chansons.

Vous savez, « La vie avec toi », enfin l’album « Parmi la foule », a des sonorités pop et plus légères. Il fallait avoir une unité entre les chansons et une couleur commune. On a beaucoup travaillé sur ce nouveau spectacle qui sera je pense vraiment bien ficelé. Et la grande surprise à l’Alhambra, c’est que mon fils, Raf, qui jusqu’ici n’assumait pas du tout le duo que nous avions fait sur l’album, a décidé de venir chanter avec moi sur scène ! Il va également venir me rejoindre sur quelques dates de la tournée.

Hélène Ségara - DR

Ça va être une histoire de famille cette affaire…

(rires) Oui, il y aura mon mari et mon fils sur scène.

Votre rapport n’est forcément pas le même avec votre fils ou votre mari [Mathieu Lecat] qu’avec les autres musiciens. Y a-t-il une grosse différence ?

Vous savez, les musiciens avec qui je joue m’accompagnent sur scène depuis 10 ans, donc… Eux aussi font partie de ma famille ! C’est ma deuxième famille, ma famille de tournée, de route. En dehors des tournées, ils sont d’ailleurs devenus des amis. Ça fait tellement longtemps qu’ils sont avec moi qu’ils sont devenus comme des frangins pour moi. Ils s’adorent avec mon mari, il n’y a vraiment aucun malaise. Au contraire ! Il y a quelques dates que mon mari ne pouvait pas faire, les musiciens étaient tous malheureux ! Ça rigole beaucoup sur nos tournées, croyez-moi ! Si un jour vous venez dans le bus avec nous, vous allez bien vous marrer ! (rires)

Comment avez-vous choisi l’Alhambra ? Une date avait d’abord été annoncée au Bataclan en novembre dernier.

Oui. Au Bataclan, la date avait été annoncée sans contrat ! (rires) J’ai été un peu surprise qu’on annonce une date au Bataclan, alors qu’il n’y avait pas encore de nouveau spectacle de préparé… C’était impossible ! Même moi qui attends avec impatience ce rendez-vous avec les fans, je ne voulais pas leur proposer du réchauffé. Je voulais avoir le temps de monter ce nouveau spectacle, j’étais en pleine promo pour cet album « Parmi la Foule »… On a préféré décaler et faire trois Alhambra plutôt qu’un Bataclan. La date prévue pour le Bataclan tombait trop tôt. Ici, en mars à l’Alhambra, ça m’a donné le temps de peaufiner ce nouveau spectacle, en amenant plein d’idées nouvelles. Et puis l’Alhambra, c’est une très jolie salle avec une âme. C’est un petit Olympia tout de même… En plus, j’ai plein de copines qui l’ont fait, comme Maurane. C’est une salle qui est très en vogue et qui envoie de très bonnes ondes.

Hélène Ségara - DR

Qui va vous habiller cette année ?

C’est un jeune créateur qui s’appelle Rani Zakhem. C’est un jeune créateur libanais qui est vraiment en train de monter en ce moment. Il m’a dessiné des tenues superbes. Vous verrez !

Une captation pour un futur DVD est-elle envisagée ? Parce que quand on regarde votre discographie, seul l’Olympia 2000 a fait l’objet d’une captation. Ça date un peu…

Il n’y en a eu qu’un. Et il me tarde vraiment qu’il y en ait un nouveau. Je suis tout à fait d’accord avec vous. Vous savez les gens filment tellement eux-mêmes les spectacles aujourd’hui avec leurs caméras et leurs portables que ça rend les maisons de disques frileuses à faire un DVD. Les gens filment à tout va, et donc, on ne prend plus la peine de filmer les concerts.

Ce n’est tout de même pas la même qualité !

Je suis complètement d’accord avec vous. Mais c’est l’argument des maisons de disques.

Hélène Ségara - DR

Une tournée va suivre également jusqu’à la fin de l’année. Depuis le début de votre carrière, vous êtes presque tout le temps sur les routes…

… c’est vrai …

… est-ce un rendez-vous que vous attendez toujours avec autant d’impatience ?

Oh oui ! C’est un moment que j’attends avec beaucoup d’impatience mais qu’il faut que j’organise parce que j’ai des enfants etc… La scène, je dirais que c’est la récompense ultime. Vous êtes en studio, vous êtes seule, vous enregistrez un album, vous y mettez toutes vos tripes, tout votre amour pour partager vos sentiments. Après, vous démarrez la promo où vous parlez de votre travail, vous expliquez pourquoi vous avez fait telle ou telle chose. Ça aussi, ce sont des moments agréables. Ça nous permet de découvrir des gens parfois plus en profondeur. Mais après, il y a le moment de vérité : la rencontre avec le public. Quand quelqu’un fait la démarche de payer une place de concert pour venir vous voir, c’est parce qu’il a envie de savoir qui est l’artiste dont il a acheté l’album. Et quand on pense à cette démarche, j’estime qu’on n’a pas le droit de décevoir les gens, que ce soit d’un point de vue vocal ou d’un point de vue humain. Il se trouve que ça me tient à cœur depuis des années de faire des places de spectacle à des prix abordables parce que j’ai des familles complètes qui viennent me voir : des enfants, leurs parents et parfois même les grands-parents. Et j’estime qu’une place à 70 ou 100 euros, quand on vient en famille, ça fait trop. Donc, j’essaye toujours d’être très très raisonnable dans mes demandes.

Vous allez parfois jouer dans de toutes petites salles. Était-ce une envie de revenir plus vers quelque chose du domaine de l’intime ?

J’en ai toujours fait des salles intimes. J’ai toujours préféré jouer dans des salles plus petites. Même à l’époque quand je vendais plus d’un million de disques, je faisais des petites salles, tout simplement parce que j’ai un public qui veut ça. J’ai toujours préféré faire plusieurs Olympia plutôt qu’un Bercy. On a remarqué quand on a fait des grandes salles, c’est arrivé quelques fois comme au Palais des Sports ou des choses comme ça, qu’une fois que le parterre était vendu, tout ce qui était balcon ou plus éloigné, les gens n’achetaient pas. Parce que j’ai un public qui veut être près de moi, qui veut me voir, qui veut pouvoir me parler, qui veut partager le plus possible de choses intimes. Et je le comprends parce que moi, ma démarche en tant que spectatrice, est la même. Quand je vais voir un spectacle, ce n’est pas pour voir quelqu’un sur un tout petit écran sans pouvoir partager quelque chose avec lui. Donc effectivement, les gens qui viennent à mes concerts peuvent m’approcher vraiment. Ils peuvent voir qui je suis réellement. C’est très important pour moi qu’après deux heures de spectacle ils aient passé un vrai moment de vie, qu’ils aient pleuré, qu’ils aient rigolé… qu’ils se soient évadés de leur quotidien tout simplement. C’est mon but. Je veux qu’ils repartent avec le sourire et que je les emmène un peu dans ma bulle, dans mon rêve.

Aimez-vous la vie de tournée ? En étant maman, il faut tout gérer… ça ne doit pas être super facile.

C’est moins facile au niveau de l’organisation depuis que les enfants sont scolarisés. Parce qu’avant, les enfants étaient à la maternelle. On pouvait décemment les faire rater un jour ou deux. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Il y a tout de même des dates où je les emmène avec moi, parce qu’ils aiment ça aussi maintenant. C’est eux qui demandent de venir. Mais je ne les quitte jamais très longtemps parce que ça m’éteint complètement quand je suis loin d’eux. Et vous savez, mon bonheur privé, c’est ce qui nourrit le bonheur que je vais donner aux gens sur scène. Et vice versa d’ailleurs, parce que la joie que le public me donne, je la ramène à la maison et j’en fais profiter ma petite famille…

Hélène Ségara - DR

En parlant de la petite famille, le prochain single est « Le Monde à l’envers » en duo avec votre fils Raf, alors que c’est « Quoi ? Rien » qui avait été annoncé quelques jours avant. Pourquoi ce revirement de situation ?

On hésitait entre « Quoi ? Rien » et « Le Monde à l’envers ». Mais jusqu’à maintenant, pour vous dire la vérité, mon fiston avait fait le duo pour me faire plaisir mais il n’était pas du tout prêt à assumer toute une promo ou du moins une exposition médiatique. Il ne se sentait pas prêt. Et du coup, on s’est dit qu’on allait sortir « Quoi ? Rien ». Et quand il a été question de faire l’Alhambra, mon fils m’a dit « Ce serait dommage que je ne vienne pas chanter la chanson avec toi, maman. Ça nous ferait un super souvenir à tous les deux. Allez hop, je vais venir… » Et donc, l’Alhambra a découlé sur le single. Comme il assumait le titre, on s’est dit qu’on allait le sortir en single.

C’est la scène qui a un peu déclenché la sortie du single.

À partir du moment où il allait venir chanter sur scène avec moi, ça paraissait évident. Vous savez, j’ai toujours protégé mes enfants. Je n’ai jamais montré aucune photo de mes petits derniers parce que j’estime que quand un enfant est petit, il ne peut pas faire le choix d’être exposé ou non. Il n’a pas le recul nécessaire pour savoir s’il a envie d’être exposé médiatiquement ou non. Aujourd’hui, mon fils Raphaël a 22 ans, c’est un choix qui lui appartient. Si aujourd’hui il accepte de se montrer, je ne peux pas lui dire non. Et puis c’est tout de même une super aventure de partager ça tous les deux…

Hélène Ségara - DRJ’aimerais un tout petit peu parler de votre album, « Parmi la Foule ». Qu’est-ce qui vous a incitée à travailler avec Manu da Silva ? Est-ce que vous le connaissiez avant ou bien l’avez-vous rencontré pour le projet ?

J’ai rencontré des proches à lui qui m’ont dit que je devrais travailler avec lui. J’aimais beaucoup sa plume évidemment. Son univers musical est tout de même assez éloigné du mien, ce que j’appréciais le plus, c’étaient ses textes. Et puis, il y a eu une rencontre humaine. On a bien accroché. Je crois qu’il a eu envie de montrer une autre facette de moi. Et moi, j’avais envie de dire les choses différemment. C’est ça qui est intéressant dans de nouvelles collaborations, c’est que tout d’un coup, on va s’imbiber d’un autre lexique, d’un autre vocabulaire. On a commencé à travailler ensemble et nous étions sur la même longueur d’ondes. Nous étions assez compatibles dans le fond ! C’est vrai que quand Manu écrit, il écrit parfois des choses assez sombres. J’adore ça, ce côté mélancolique et cette tristesse mélancolique profonde. Mais je pense que j’étais à un stade de ma vie ou j’avais envie de sortir de ce côté victime. Et du coup, on se complétait parfaitement. Manu pouvait dire « J’entends déjà les vautours autour de moi » et moi, je répondais « je suis venue te dire qu’entre nous deux rien n’est fini ». Dès qu’il plombait l’ambiance avec une phrase, hop, je relevais avec une autre. Humainement c’est quelqu’un de vraiment très gentil avec qui j’ai énormément aimé travailler.

Hélène Ségara - DR

La critique autour de l’album a été assez bonne, il était plutôt très bon. Comment expliquez-vous qu’il n’ait pas cartonné comme il aurait dû ?

Écoutez, franchement, c’est difficile à expliquer en tant qu’artiste. Je crois sincèrement que… J’avais une chef de projet chez Mercury qui vient de partir et il se trouve, là en ce moment, que j’ai une nouvelle équipe qui travaille autour de moi. On a décroché là, rien que pour cette semaine plus de presse et de radios que ce qu’on en avait décroché pour la sortie de l’album. Je pense qu’il y a plein de choses qui n’ont pas été faites au niveau promo. J’ai une personne qui s’occupe de toutes mes promos télé depuis 15 ans qui s’appelle Annie Markhan. Et grâce à elle, des télés, je n’en ai pas manqué. Elle fait toujours le travail à fond pour moi. Mais il se trouve qu’en radio et en presse, il y avait beaucoup de choses qu’on n’avait pas faites. Or depuis que la nouvelle équipe a pris les choses en mains, j’ai toutes mes journées bookées pour de la promo. On est en train de faire tout ce travail de promo à retardement, hélas. Peut-être que les changements dans la maison de disques ont joué. Je ne sais pas. Je ne veux surtout pas juger parce que les équipes sont parfois en sous-effectif, mais le travail n’a pas été fait correctement. Parce qu’effectivement, j’en suis certaine, cet album avait un potentiel très fort.

Il y avait des titres très fédérateurs.

Et je le vois sur scène… il fonctionne parfaitement. La critique a été super belle, j’ai été très touchée par les critiques de cet album. Dès que je mets le pied sur une télé ou que je chante sur scène « La vie avec toi », tout le monde la reprend avec moi. C’est un titre hyper fédérateur. On ne peut pas plus populaire. Il m’a fait renouer avec des radios sur lesquelles je ne passais plus, il m’a fait renouer avec un public d’enfants. Après, le travail auprès des radios et de la presse, l’artiste ne peut pas le faire directement. Il y a des gens qui travaillent pour ça.

Hélène Ségara - DRJ’ai l’impression que parfois le public a aussi une image un peu figée de vous.

Je ne sais pas… Honnêtement, bien que ce ne soit pas facile d’avoir le recul nécessaire sur soi-même, je ne crois pas. Pendant longtemps j’ai eu l’image d’une jeune fille romantique pleureuse avec une grande robe. Je ne crois pas que ce soit encore mon image aujourd’hui. J’ai participé à des tas de shows télévisés parce qu’on connait mon esprit de répartie et mon humour. En plus, j’ai plein d’autres passions à côté. On m’a proposé de présenter des émissions télé, on m’a proposé de faire du théâtre… On m’a proposé plein de projets différents parce qu’on savait que j’étais autre chose que cette jeune fille romantique. Je pense que cette image un peu figée dont vous parlez m’a suivie pendant longtemps, mais ça a été rectifié les deux / trois dernières années où j’ai montré autre chose de moi, où j’ai montré que j’étais quelqu’un d’autre. Les gens ont enfin découvert que j’étais quelqu’un de rigolo. Les gens qui viennent me voir en concert le savent. J’ai des chansons très émotives où les gens pleurent parfois, mais il y a d’autres moments où je les fais marrer, parce que c’est important pour moi de les faire rire.

Vous revenez des restos… Comment était l’ambiance cette année ? Il y a eu beaucoup d’absents…

Effectivement ! Il y a eu malheureusement beaucoup d’absents. Des gens n’ont pas pu venir. Ça m’a fait tout bizarre de ne pas retrouver toutes mes copines, Julie Zenatti, Maurane, Patricia Kaas et mon grand copain Francis Cabrel. Ça fait bizarre quand il manque autant de gens. Beaucoup étaient pris par d’autres engagements. Mais par contre les deux petits nouveaux de cette année, Shy’m et M Pokora étaient vraiment des petits amours. On a eu beaucoup de plaisir à les découvrir !

Je ne peux pas ne pas vous demander qui étaient vos idoles.

Michael Jackson. En France, j’adorais Balavoine, je connaissais toutes ses chansons par cœur. J’étais très sensible à ses textes. Quand il est mort, j’avais 13 ans, ça m’a fait un vrai choc. Mais la mort de Michael Jackson, même en tant qu’adulte a été un choc aussi. C’est très générationnel. Comme beaucoup de gens ont été très touchés par la mort de Whitney Houston dernièrement. J’ai eu aussi d’autres idoles comme des groupes de rock… Il y a pas mal d’artistes pour lesquels j’ai eu de l’admiration aussi. C’est assez drôle parce que quand j’ai de l’admiration pour quelqu’un, même si je suis connue aussi aujourd’hui, quand je le rencontre, je redeviens une petite fille et je lui dis combien je l’admire. Je trouve ça important quand on a adoré ou idolâtré un artiste d’avoir le bonheur de le rencontrer. Il faut savourer cet instant… dans l’espoir de ne pas être déçu humainement parce que ça peut être terrible ça par contre…

Vous qui êtes une idole également, quel rapport entretenez-vous avec vos fans ?

Je suis très proche d’eux. Tout le monde vous le dira. Je tiens à dire que le facebook officiel, je le tiens moi-même. Là, je l’alimente tous les jours. Par exemple, aux « Restos du Cœur », je postais tous les jours des photos inédites que je prenais moi-même. Des gens me posaient des questions à travers facebook, du genre « comment font-ils pour payer d’aussi beaux costumes ? » Alors j’expliquais que les costumes nous étaient prêtés, etc…  Je suis très attentive envers mes fans parce que j’ai un public qui le mérite. J’ai un public et des fans tellement tendres que j’estime que je suis là aussi pour leur apporter quelque chose. Je ne suis pas là seulement pour prendre, j’aime beaucoup leur donner. Je prends toujours le temps de parler avec les fans. Je les connais. Il y en a qui me suivent depuis le début. Je connais leurs noms, leurs prénoms et ce qu’ils sont devenus. En dix ans, il y en a qui se sont mariés, d’autres qui sont devenus infirmières, d’autres qui ont eu des bébés… Et je trouve ça formidable une telle fidélité.

Hélène Ségara - DR

Facebook et Twitter sont-ils des moyens de communications que vous aimez bien ou dont vous vous accommodez tant bien que mal ?

Twitter, je ne sais pas bien m’en servir. Très honnêtement, ça ne me plait pas trop parce qu’il y a des choses qui sont tweetées et qui sont totalement fausses. Je n’aime pas le principe de lâcher une info qui n’a pas été vérifiée comme ça sur le net. À la base, j’ai créé un compte facebook parce qu’il y avait plein de comptes facebook qui étaient faux. Les fans allaient y pêcher des infos et parfois, ils se déplaçaient pour des dates ou des promos qui n’étaient pas vraies. Après, quand ils me rencontraient, ils étaient déçus parce qu’ils me disaient qu’ils avaient vu l’info sur facebook… À un moment donné, je me suis dit qu’il fallait absolument que je crée une page officielle. Au moins, là, je sais que les infos sont vraies. Alors, bien entendu c’est un outil de communication formidable, mais c’est surtout un lien que j’ai avec les fans. Et ça me permet de ne pas les balader à cause de fakes ou de faux profils. Une fois qu’ils sont sur la page officielle, ils n’ont que des infos vraies et vérifiées. Là, je suis en répet’ pour la tournée, je vais poster des infos et des photos. Ils vont voir comment ça se passe. Ils seront informés et en même temps, c’est un lien de tendresse. Par exemple, une fan m’a annoncé qu’elle venait d’avoir son diplôme de médecin. Ça me fait toujours drôle de voir qu’une petite fille que j’ai connue il y a quelques années est devenue médecin aujourd’hui…

C’est donc un lien qui vous plait.

Oui. Vous savez, ce métier, je l’ai fait par amour. Je ne l’ai pas fait pour les paillettes… sinon, je ne l’aurais pas fait longtemps. (rires) Il y a deux manières de faire ce métier : pour la gloire et pour l’amour. Il faut choisir. Le problème dans une carrière ; c’est qu’il y a toujours des hauts et des bas. On le sait tous. Et quand on ne fait ce métier que pour la gloire, je pense qu’on finit aigri… C’est toute la différence entre les artistes. Moi, par exemple, j’ai le même plaisir de chanter dans une grande salle que dans une petite. Et j’ai même plus de plaisir dans une petite salle parce que je me dis que si quelqu’un veut me dire un mot doux, je vais l’entendre.

En parlant des hauts et des bas dans une carrière… Que représentait pour vous Whitney Houston ?

Écoutez, quand elle est morte, je lui ai dédiée une phrase qui disait « À ces étoiles qu’on encense pour mieux les détruire et qu’on pleure un matin »… Et c’est la même chose pour Jackson. Ce mec, on l’a adulé puis on l’a bafoué et sali. Et après, on l’a pleuré. Ce qui est fou c’est que quand Jackson est mort, quelques jours après, le petit Chandler qui l’avait accusé d’ignominies a avoué que c’était son père qui avait télécommandé cette opération, et que c’était complètement faux. À un moment donné, que Michael était asexué ou je ne sais quoi, je n’y crois pas. Mais il est évident qu’un type qui atteint de telles sphères et qui brasse autant d’argent peut attiser la convoitise de quelqu’un de machiavélique. C’est une évidence. Mais on a voulu le salir. C’est horrible. Et pour en revenir à Whitney Houston, je n’ai pas trop eu le temps de me renseigner parce que je revenais du Liban, mais apparemment, elle préparait un retour sur scène, comme Jackson d’ailleurs. Et je crois qu’elle avait une telle pression qu’elle devait prendre pas mal de cachetons et je pense que c’est ce qui l’a tuée aussi… On ne se rend pas compte de la pression qu’un artiste peut avoir quand il est à un tel niveau. Moi, en tant qu’artiste française, je suis heureuse de pouvoir aller dans des pays où on ne me connait pas et me fondre dans la masse et l’anonymat avec mes enfants. Mais je pense que quand on en arrive à un niveau mondial, quand il n’y a plus un seul pays où on peut aller sans être reconnu, ce doit être l’enfer. Il y a des gens qui aiment ça par contre ! Je sais que moi j’adore passer incognito, mais d’autres ne le supportent pas. Ils veulent être reconnus partout. Mais je crois qu’il y a toujours un prix à payer pour ça. Je pense à des filles comme Britney Spears ou même Lady Gaga aujourd’hui, je pense qu’elle pètera un plomb elle aussi. Elle a basé la comm’ de sa carrière sur l’image alors que c’est une fille qui a un talent énormissime en tant que chanteuse. Je pense qu’à un moment donné, elle se retrouvera elle-même victime de sa propre image. On ne peut pas tout maitriser, c’est impossible. Si à 23 ans, elle pense qu’elle peut maîtriser son image de A à Z, moi, je n’y crois pas…

Hélène Ségara - DR

Votre album est sorti il y a un peu moins d’un an maintenant, vous allez partir sur les routes, pensez-vous déjà à de nouvelles chansons ? Ou bien chaque chose en son temps ?

Chaque chose en son temps ! (rires) D’une part parce que la tournée va durer pendant un an. Je vais aller à l’étranger aussi. Ensuite parce qu’il se peut qu’au court de cette tournée je fasse encore un ou deux concerts avec « Notre Dame de Paris ».

Ah bon ? Je pensais que c’était terminé ce retour de « Notre Dame de Paris » ?

Non, ce n’est pas fini pour l’étranger. Pour la France, ça a été tellement compliqué que je pense que malheureusement, il n’y aura plus de spectacle. Mais pour l’étranger, ce n’est pas fini. Si nos plannings respectifs nous permettent de nous retrouver encore quelques fois, on le fera pour le bonheur d’être ensemble. Et puis parallèlement, on m’a proposé un autre projet que je vais peut-être accepter aussi. Donc, tout ça fait que je vais être très occupée sur scène, et je ne suis pas dans l’optique de penser à de nouvelles chansons. Alors, bien évidemment, j’ai des rêves et des projets. J’ai envie de faire certaines choses, mais je n’en suis pas encore là ! (rires) En plus, j’aime beaucoup cet album « Parmi la Foule » et j’ai envie de le défendre un maximum…

Peut-on en savoir un tout petit peu plus sur ce projet que vous avez envie d’accepter ?

C’est un projet scénique, c’est tout ce que je peux vous dire pour l’instant, surtout que je ne sais pas si je vais avoir le temps de l’accepter !

Propos recueillis par IdolesMag le 15 février 2012.

-> Site officiel : http://helene-segara.fr/








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