Après avoir partagé pendant deux ans l’aventure « Il était une fois Joe Dassin », Julien Dassin et Florence Coste reviennent avec un nouveau projet, « Monsieur Montand », autour du répertoire d’Yves Montand et des chansons de l’après-guerre. Nous avons donc été à la rencontre de Florence et Julien pour qu’ils nous expliquent dans quelles circonstances est né ce nouveau projet. Ils nous parlerons également du spectacle, dans un esprit guinguette, qui verra le jour à la rentrée. Enfin, nous ne manquerons pas de poser quelques questions à Julien sur son papa, ni de découvrir un peu mieux qui est Florence… IdolesMag : Dans quelles circonstances est née cette aventure autour d’Yves Montand ? Florence Coste : En fait, avec Julien, on s’est rencontrés sur le spectacle « Il était une fois Joe Dassin ». On a fait une longue tournée. On a passé pas mal de temps sur les routes, donc forcément, nous nous sommes liés d’amitié. On a beaucoup échangé sur nos goûts musicaux et on s’est trouvé cette passion commune pour la grande chanson française : Montand évidemment, mais aussi Piaf, Brel… tous ces grands artistes et ces grandes chansons. Et donc, on a fait la liste des chansons qui nous plaisaient et nous nous sommes rendu compte qu’il y en avait énormément de Montand, ou qui avaient été interprétées par Montand. En plus de ça, nous sommes tous les deux admiratifs de l’homme qui était à la fois un chanteur incroyable, mais aussi un comédien, il dansait excessivement bien. Sur scène, il était un véritable showman. Donc voilà, Montand représente vraiment l’artiste complet. On a beaucoup d’admiration pour lui. En plus, on adore ses chansons, alors on a eu envie de lui rendre hommage sur cet album en duo.
Florence Coste : On a eu l’idée. Puis après avec le temps, on a vu si c’était réalisable ou pas et plus on avançait, plus on en avait envie. Et finalement, ça s’est fait assez vite. On a été super contents. Que représente Montand pour vous deux qui êtes assez jeunes tout de même ? Florence Coste : Montand, c’est un artiste complet. Il était également perfectionniste. Il avait un charisme fou et une présence incroyable. Et puis aussi, il représente la joie de vivre, la déconnade… C’était un charmeur. À mes yeux, il a énormément de qualités. Je l’adore. Je suis admirative. Julien Dassin : Montand, pour moi, c’est avant tout la joie de vivre. Là, je te parle de l’image physique de Montand, de ce que j’ai pu en voir à la télé. C’est vraiment la joie de vivre et le bonheur. C’était un grand perfectionniste dans son travail. Et pour moi, c’est presque quelqu’un à suivre. C’était un artiste incroyable.
Tu connaissais bien son répertoire ? Julien Dassin : Bien sûr ! Je le connaissais très très bien. Quand j’étais petit, je le regardais à la télé. Et même quand je n’étais plus si petit que ça... J’avais douze ans quand je le regardais à la télé. Comment avez-vous choisi les chansons qui figurent sur l’album ? Julien Dassin : Ça a été à la fois un choix facile et compliqué. Parce qu’il fallait prendre les grands standards, et nos petits coups de cœur à tous les deux aussi…
Julien Dassin : C’est « Sous le ciel de Paris ». J’adore cette chanson. Parce que… Paris… histoire d’amour… insouciance… C’est le titre le plus jovial de Montand à mon goût. Florence Coste : Moi, c’est « Les Feuilles Mortes ». Ce n’est pas la plus joyeuse mais le texte de Prévert est juste magnifique et tellement vrai. C’est une chanson que je suis toujours émue d’écouter. Et forcément la chanter a été un moment très émouvant. Montand est l’artiste que tout le monde connaît mais il avait également un discours politique. Cette facette du personnage vous intéresse-t-elle aussi ? Florence Coste : Non. Forcément, quand on a décidé de monter ce projet autour de Montand, on a tout regardé dans les moindres détails. Et on a bien évidemment pris connaissance de son engagement politique. Mais nous ce qui nous intéresse avant tout, c’est l’aspect artistique et humain du personnage. Le côté politique, on préfère le laisser de côté. Julien Dassin : C’est exactement pareil que Florence. Tu sais, avec Florence quand on a pensé faire un album hommage à Montand, on s’est dit qu’on s’attaquait à l’artiste uniquement. Ses opinions politiques sont ses propres opinions, on les lui laisse. Ce qui nous intéressait, c’était vraiment l’artiste.
Si je vous demandais à l’un et à l’autre de me décrire l’autre. Que me diriez-vous ? Florence Coste : euh… (rires) Avec Julien, c’est beaucoup de bonne humeur, beaucoup de joie de vivre et de déconnade. On s’éclate vraiment tous les deux. On se connait maintenant depuis deux ans et nous sommes très très amis. Je suis très perfectionniste comme lui. C’est un réel plaisir de travailler avec lui. Il correspond bien à l’image de Montand finalement, je trouve… Julien Dassin : Qu’est-ce que je peux dire… C’est compliqué ! (rires) C’est ma Floflo. Je ne sais pas quoi dire d’autre… C’est une vraie belle histoire d’amitié. On va dire ça comme ça. L’album a été enregistré en live, dans les mêmes conditions qu’à l’époque. Était-ce important ? Julien Dassin : Oui. On s’est prêtés au jeu des photos et des clips en sépia, très années 50. Donc, on s’est dit que ce serait bien que le disque soit fait dans le même esprit. Tous les musiciens ont donc enregistré ensemble et nous, nous sommes venus nous greffer dessus. Ton papa, Joe Dassin, était-il proche de Montand ? Julien Dassin : Mon père connaissait Montand. Mais on ne peut pas dire qu’ils étaient proches.
Julien Dassin : C’est ça, on ne peut pas dire qu’ils étaient potes avec Joe, mais avec Jules, oui. Quoique je n’en sais trop rien… Mais à ma connaissance, non, ils se connaissaient c’est tout. Il faudrait que je repose des questions… C’est plutôt Jules et Montand qui étaient amis. Comment expliques-tu, Julien, qu’aujourd’hui encore les jeunes connaissent et chantent les chansons de Montand, comme celles de ton père, d’ailleurs ? Julien Dassin : C’est exactement l’effet Montand. C’est pareil. Ils avaient tous les deux des chansons intemporelles. Il y avait évidemment le personnage qui a beaucoup marqué. Ce sont des artistes qui avaient une stature, qui étaient chics, toujours bien habillés, bien apprêtés. Ils avaient vraiment le respect du public. Et leurs chansons étaient complètement intemporelles. Une chanson d’amour d’il y a 50 ans ou 30 ans, reste une chanson d’amour d’aujourd’hui. Et dans 50 ans, elle sera toujours d’actualité. Quand on prend l’exemple des « Feuilles Mortes », « Oh ! Je voudrais tant que tu te souviennes des jours heureux où nous étions amis »… Qui n’a pas vécu ça un jour dans sa vie ? ou ne le vivra pas ? On a tous vécu ça. Donc, je pense que leurs chansons étaient intemporelles et les deux personnages, Dassin et Montand, respectueux de leur public. Le public, tu sais, on ne lui ment pas. On ne peut pas lui mentir. Il reconnait tout de suite l’honnêteté et la sincérité. Quand on fait les choses avec honnêteté et sincérité, le public le ressent. Et puis surtout, Dassin et Montand ont chanté des chansons qui parlaient au public. Souvent, après le spectacle « Il était une fois Joe Dassin », les gens venaient me trouver en me disant, « Vous savez, ça c’est MA chanson ! » Le public s’est approprié leurs chansons, ça leur rappelle leur mariage, leur premier baiser, une séparation… bref, un instant de vie.
À quel âge as-tu réellement compris ce que ton père représentait pour le public ? Julien Dassin : Je ne me suis pas réveillé un matin en me disant « Tiens, Joe Dassin, c’était mon père ! » On vit avec. Pour moi, ça a été naturel. Il n’y a pas eu franchement d’âge. J’ai eu une enfance tout à fait normale. Les parents de mes amis étaient avocats ou boulangers, moi, mon père était passé à la télé. C’était ça son job. Peut-être qu’à l’adolescence on me l’a un peu plus fait sentir. C’est l’époque où les enfants sont un peu plus durs les uns envers les autres… « Ah… T’as eu une bonne note, c’est normal, t’es le fils Dassin ! » Avais-tu une appréhension quand on t’a proposé le duo virtuel que tu as fait avec Joe sur « Il était une fois Joe Dassin » ? Julien Dassin : Une énorme ! Ça a été difficile au départ, à la fin et au milieu. Ça a toujours été difficile. Imagine quelqu’un qui a perdu son papa et à qui on dit un jour « Avec la magie et la technologie d’aujourd’hui, tu vas pouvoir jouer au foot avec lui… » Moi, on m’a dit « Tu peux échanger une passion que vous aviez en commun, la musique. Et on peut le faire grâce à la technologie… » J’ai dit que je voulais bien le faire, sans savoir si j’allais y parvenir, ni quelle émotion ça allait me procurer. Je me suis posé plein de questions avant de le faire…
Florence Coste : Oui. Bien sûr. Sur scène, on va interpréter toutes les chansons de l’album, mais aussi d’autres chansons de l’époque et des chansons qu’on aurait bien aimé mettre sur l’album, mais forcément, il a fallu faire un choix. Le spectacle va se situer dans les années 50. Le but est de ramener sur scène l’esprit guinguette, faire participer le public, les faire chanter, les faire danser. Il y aura une piste de danse. Nous serons nous deux, avec des musiciens et des danseurs. Où va se monter le spectacle ? Florence Coste : Je ne sais pas. On ne sait pas d’ailleurs si on va commencer par Paris ou la province. Pour l’instant, nous, on se centre sur l’album. On laisse les producteurs s’occuper de tout ça ! (rires)
Toute cette période d’après-guerre, que vous inspire-t-elle à l’un et l’autre ? Julien Dassin : On en parlait encore tout à l’heure. Aujourd’hui, tu allumes la télé, et tu entends qu’il y a eu des catastrophes ou des trucs terribles à tous les coins de la terre. On vit une époque terrible pour ça. L’après-guerre, c’est l’insouciance, c’est la joie de vivre. Les gens sortent d’une époque terrible et ils ont besoin de rêver, de rigoler, de danser, de chanter. Et c’est ça qu’on veut reproduire sur scène. Parce que c’est ce dont les gens ont besoin aujourd’hui aussi. On a envie quand ils viendront au spectacle, qu’ils rêvent, qu’ils dansent, qu’ils chantent… que pendant deux heures, ils oublient les petits tracas du quotidien. Florence Coste : Pour moi, c’est vraiment une période où les gens ont retrouvé l’insouciance, la joie de vivre et la bonne humeur. Ils sont passés par des moments extrêmement difficiles et enfin, ils respirent un peu. C’est pour ça qu’il y a toujours quelque chose de très positif dans toutes ces chansons, c’est quelque chose qui fait vraiment du bien. Florence, Quel est ton rapport à la scène ? Florence Coste : J’adore la scène. En tant que chanteuse, c’est là que je m’éclate et que je préfère être. J’adore être en studio et enregistrer des chansons. Mais là où j’ai vraiment envie d’être, c’est sur scène. Ces chansons d’ailleurs, je n’ai qu’une hâte, c’est d’aller les chanter sur scène. Avec le spectacle musical sur Joe Dassin, on a passé deux ans sur scène, et ça s’est arrêté en décembre dernier. Forcément, il fallait bien que ça s’arrête à un moment donné. Mais on était tous très tristes. C’était un spectacle qui nous tenait à cœur à tous. Là, on quitte la scène pour un petit moment, mais j’ai hâte d’y retourner. C’est sur scène qu’on s’exprime vraiment en tant qu’artiste. J’aimerais te poser quelques petites questions sur ton parcours, Florence, parce que le public ne te connait pas encore forcément très bien. Florence Coste : Bien sûr !
Florence Coste : Justement, quand j’étais petite, on écoutait pas mal Piaf chez moi. Mes parents avaient beaucoup de disques de Piaf. Ils m’ont transmis toute cette culture de la chanson française. Je pense que ça vient de là également mon amour pour les chansons de cette époque. Après, on écoutait d’autres artistes comme Goldman et autres… On écoutait plein de choses différentes. Mes parents m’ont également transmis leur amour pour les comédies musicales. Et toi, Julien ? Julien Dassin : J’ai évolué dans un univers très chanson française. J’ai baigné dans Brel, Brassens, Aznavour, Dassin, Claude François. Aviez-vous des idoles quand vous étiez ado ? Et qui étaient-elles ? Florence Coste : Je n’en avais pas vraiment. Il y avait des artistes que j’admirais, mais pas de façon démesurée. Il y avait des artistes et des chansons qui me touchaient mais je n’avais pas vraiment d’idole à proprement parler. Et toi, Julien ? Julien Dassin : Je suis des années 80. Je ne vais pas être très original, mais l’idole de tout le monde était Michael Jackson. J’ai été fan de toute cette chanson française des années 50 à 70. Et même les années 80 ! Goldman, etc… Je suis vraiment un fan de chanson française.
Florence, as-tu voulu rapidement faire de la musique ton métier ? Florence Coste : C’est devenu mon métier un peu comme ça. Mais avant tout, chanter était un plaisir. C’était assez naturel pour moi. Je chantais tout le temps. Je chantais tellement tout le temps que ça soulait mes parents à la fin. Ils voulaient que j’arrête parce qu’ils n’en pouvaient plus ! (rires) J’ai finalement pris des cours de chant. Mais je chantais vraiment pour le plaisir à la base, comme un enfant fait de la danse ou une autre activité… Au fur et à mesure, il se trouve que j’ai commencé à travailler là-dedans, que j’adore ça et qu’aujourd’hui je ne me vois plus vraiment faire autre… Tu as fait du karaté aussi ! Florence Coste : Ah mais tu es bien renseigné, toi… (rires) C’est vrai, j’ai fait du karaté… Tu es donc un peu casse-cou aussi alors ! Florence Coste : J’ai vraiment adoré le karaté. Mais quand j’ai commencé à travailler dans la chanson, j’ai dû arrêter, parce que je n’avais plus le temps nécessaire pour m’y consacrer. Mais je pense que c’est quelque chose qui m’a beaucoup apporté. Même dans le contrôle de soi, la gestion du stress, etc… C’est quelque chose qui m’a beaucoup aidé et je suis très contente de l’avoir fait. Tu as participé à quelques comédies musicales, comme « Aladin » ou « La Petite Sirène ». Mais quel est ton parcours avant ? Florence Coste : j’ai donc pris mes cours de chant et très rapidement, j’ai rencontré Bruno Berbéres qui est directeur de casting pour de nombreuses comédies musicales. J’adorais les comédies musicales, puisque depuis que je suis toute petite mes parents m’emmenaient voir toutes les comédies musicales qui se montaient. J’avais donc cette culture là, mais je ne m’étais pas dit que j’allais faire de la comédie musicale. J’avais envie de chanter, tout simplement. J’adore les comédies musicales, j’aime l’ambiance des troupes. On partage beaucoup d’émotion sur scène. Mais ça s’est fait un peu par hasard. Propos recueillis par IdolesMag le 9 février 2012. -> Site officiel : http://www.monsieurmontand.com/ Tweet |
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