Interview de Elias

Propos recueillis par IdolesMag.com le 06/02/2012.
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Elias © groogbag.com

Toc toc toc… Élias sort son premier album, « Des Roses en Hiver », un album produit par les internautes par l’intermédiaire d’un label participatif. Ce premier album assez positif et gai dans son ensemble nous a séduits par son côté variété/pop. Nous avons donc été à la rencontre d’Élias afin qu’il nous parle de ce premier opus. Il reviendra également sur son parcours, lui qui a écrit des chansons pour Michal, Julien Laurence ou encore Julian Cély dans la série « Sous le Soleil ». Rencontre avec Élias, un artiste romantique.

IdolesMag : Ton premier album sort le 20 février, dans quel état d’esprit es-tu?

Elias : Partagé. Il y a eu beaucoup de travail fourni sur ce disque, puisque je l’ai à 70% composé et écrit. J’ai même participé aux arrangements. Donc, je n’ai pas vraiment d’inquiétude, je suis quelqu’un de plutôt positif. Mais j’ai hâte quand même !

L’album est-il à l’image de ce que tu espérais ?

Il est exactement comme je l’ai voulu. Je n’ai aucun regret, que ce soit au niveau du son ou des chansons. Ce sont des choses qui mûrissaient déjà depuis un petit moment maintenant, que ce soit au niveau des compos ou des textes que j’écrivais. Ça fait 10 ans maintenant que je compose. Après, j’ai tout suivi. Je me suis entouré de gens que je connaissais déjà dans le passé. Ce sont des gens qui ont un talent énorme. Je pense notamment à Christophe Balency, Yorgos Bernardos, Yann Macé et Luc Leroy. Ils ont tous la particularité d’avoir déjà travaillé avec des gens installés comme Roch Voisine ou Sheryfa Luna par exemple. Et en plus, ils sont tous créateurs et compositeurs également. Donc, c’est vraiment tous ensemble qu’on a amené le son de l’album. Je n’ai vraiment aucun regret sur tout ce qu’on a pu faire.

Était-ce important pour toi de te retrouver avec une équipe que tu connaissais déjà pour enregistrer cet album ? Je pense à Christophe Balency, notamment avec qui tu as déjà composé quelques chansons dans le passé.

Oui. Tout à fait. C’était même primordial pour moi. Déjà parce que je suis quelqu’un d’assez fidèle et que je viens du sud. On a certaines valeurs en commun. On travaille en confiance. Quand on faisait une modification, on n’avait pas besoin d’en parler des dizaines de fois pour arriver à un résultat. Et en plus, comme je connaissais déjà la qualité de leur travail… c’était primordial de travailler avec cette équipe !

Elias, Des roses en hiverTu écris des chansons depuis une dizaine d’années maintenant. Les dix qui figurent sur cet album sont-elle assez récentes ou bien as-tu été pêcher des chansons dans les tiroirs ?

Les chansons un peu plus sombres, comme « Peut-on s’aimer ? » et « Rue des souffrances » sont des anciennes chansons que j’avais composées vers  2005. Et ensuite, toutes les autres, je les ai composées entre 2009 et 2011, spécialement pour l’album. C’est vraiment à cette époque que j’ai pu compiler toutes mes influences et arriver à quelque chose avec lequel je suis totalement en accord aujourd’hui.

Dans ta bio, tu dis que tu as fait une pause créative entre 2006 et 2008… Que s’est-il passé ?

J’avais déjà à l’époque fait pas mal de choses. J’avais déjà pas mal démarché les maisons de disques, etc… Au bout d’un moment, je me suis dit que j’allais laisser un peu tout ça au repos, pour ne pas perdre justement l’envie et la passion, qui sont le principal moteur. Je me suis dit que je reprendrais quand l’envie reviendrait. Et c’est vers 2008 que j’ai commencé un peu à surfer sur le web et que je suis tombé sur AkaMusic…

Qu’est-ce qui t’a incité à t’inscrire sur un label participatif ? Avoir les internautes derrière toi ? Pouvoir leur demander leur avis ?...

C’est un peu tout ça en fait… C’est un peu le contrepied actuel par rapport aux majors. Aujourd’hui, on ne passe plus par le directeur artistique, qui écoute ou pas les maquettes qu’on envoie. C’est déjà difficile de faire écouter sa maquette, ça l’est encore beaucoup plus pour décrocher un contrat. Et là, en fait, le principe de ce genre de site, c’est qu’on peut proposer nos chansons directement au public. C’est le public qui est seul juge en fait… La sauce a pris, pour mon plus grand plaisir. En plus, on a un contact privilégié avec nos producteurs. C’est vraiment une aventure extraordinaire.

Elias © groogbag.com

Tu as écrit la quasi-totalité des compos et des textes de l’album. Quel est ton processus créatif ?

Le mécanisme, c’est à peu près toujours le même. Pour ce qui est des chansons plus positives dirons-nous, je pense notamment à « La vie est belle » ou « Citoyens du monde », je prends ma guitare et là, c’est souvent une mélodie qui vient et puis une accroche de texte démarre. Ensuite, pour les chansons un peu plus sombres, il y en a tout de même assez peu dans le disque, elles ont été faites au piano. Et pareil, c’est presque toujours la mélodie qui amène les mots.

Es-tu prolifique ?

Oh oui ! Je compose beaucoup… une chanson tous les deux jours à peu près… Dès lors que la journée se termine, je n’ai qu’une hâte, retrouver mes instruments et m’enfermer dans mon studio chez moi.

Que fais-tu de toutes ces chansons ?

Justement, je cherche aussi à me relancer dans le placement de chansons à des artistes. Si on prend une projection sur deux ans, je pense que je vais me remettre un peu à démarcher les éditeurs. Peut-être aussi que si la chance me sourit, il y aura un deuxième disque…

Tu as co-écrit trois titres sur l’album (deux avec Sabine Cardinal et un avec David Zana). Comment ça se passe la co-écriture ? Est-ce quelque chose que tu aimes ?

On l’a fait vraiment ensemble, dans la mesure où les deux auteurs avec lesquels j’ai travaillé étaient des gens que je connaissais déjà avant. Maurice Vallet, lui, par contre m’a écrit un texte. Pour le coup, je n’ai pas co-écrit avec lui, mais il l’a co-écrit avec Laura Bismuth. Maurice, il a beaucoup écrit pour Julien Clerc entre autres, je le connais depuis 2003. On s’est rencontrés quand je commençais un petit peu à démarcher sur Paris. Sabine Cardinal, avec qui j’ai co-écrit deux titres, je l’ai rencontrée par l’intermédiaire d’AkaMusic. Elle a un talent énorme et elle est très réactive. Elle arrive très bien à se caler sur des univers. Il n’y a pas eu de grosses revendications ou de choc entre nous deux, tout s’est vraiment fait d’une manière très fluide.

Quand on est auteur comme tu l’es, n’est-ce pas trop difficile de travailler avec un autre auteur ?

Ça peut l’être. J’ai déjà eu il y a quelques années des expériences moins heureuses. Mais pour cet album, « Des roses en hiver », ça a été vraiment facile. D’ailleurs, je continue toujours à travailler avec Maurice [Vallet] et Sabine [Cardinal] sur de nouvelles chansons…

« Des Roses en Hiver », c’est donc le titre de l’album, c’est également le titre de la chanson qui ouvre l’album, peut-on dire que c’est la clé de voûte de l’album ?

C’est exactement ça… Je n’ai pas voulu faire un album triste. Et j’aimais bien le symbole de la chaleur de la rose en parallèle du froid de l’hiver. Je trouve que ce titre annonce bien les autres titres du disque. Ce sont toutes des chansons qui sont finalement basées sur l’amour. Par exemple, « C’est par elle » est une chanson sur l’amour de l’autre, « Citoyens du monde », sur l’amour de notre planète et « Changer les mots », sur l’amour des mots. Je voulais que ce disque soit le plus positif possible, un peu comme quand on offre une rose en hiver et qu’il fait froid comme aujourd’hui ! (rires)

Il y a une chanson que j’aime beaucoup, c’est « La Valse à trois temps »…

C’est vrai, elle est sympa cette chanson. Je l’ai composée en m’inspirant des vieux couples que je peux connaître autour de moi, des couples qui sont ensemble depuis 30 ou 40 ans. Je pense notamment à mes parents. Cette chanson, c’est un peu l’histoire de l’amour éternel, l’amour qui dure jusqu’à la fin… On a passé sa vie à s’aimer, on a eu des enfants, on les a vu grandir… Après, on prend du bon temps et on part ensemble…

C’est quelque chose qui te travaille, toi, ce temps qui passe dans le couple ?

Tu sais, toutes ces valeurs de fidélité que mes parents ont pu me transmettre à travers mon éducation, ce sont des valeurs auxquelles je crois. C’est quelque chose de beau. Je voulais écrire une chanson là-dessus…

Si je te dis que ton album est un très bel album de variété. Le prends-tu comme un compliment ou non ?

Je le prends comme un superbe compliment. Car finalement, c’est vrai, « Des Roses en Hiver » est un album de variété française. Il y a tout de même quelques consonances pop qu’on retrouve un peu, mais ça reste un disque de variété. Pour moi, tu sais, ce n’est absolument pas péjoratif. Quand on prend l’exemple d’artistes comme Jean-Jacques Goldman, Pascal Obispo ou Calogero, ce sont eux-aussi des artistes de variété. Ils font une super carrière. Ils sont populaires et c’est le principal. Une chanson, il faut qu’elle véhicule une émotion et qu’elle arrive à toucher quelqu’un…

On en sait assez peu sur toi finalement… Qui écoutait-on chez toi quand tu étais gamin ?

On écoutait du Goldman, du Brel, du Cabrel… Beaucoup de variété française. Vers l’âge de 15 ans, et jusqu’à mes 20 ans, j’ai écouté pas mal de pop, des gens comme Oasis, Muse, RadioHead… et des trucs un peu moins connus. Comme tu vois, ça va du rock à des trucs un peu plus soft…

Ça, ce sont tes influences musicales. Mais avais-tu des idoles ? Et qui étaient-elles ?

Mon idole restera John Lennon, essentiellement pour son côté musical. Il reste quelqu’un qui avait une manière de composer très avant-gardiste. Ses arrangements étaient purement géniaux. Et ma deuxième idole, peut-être pour son tempérament un peu volcanique, c’est Daniel Balavoine. J’ai aimé sa façon de s’engager. Je ne partage pas tout ce qu’il a dit, mais au moins, il a défendu ses convictions.

Est-ce important pour toi qu’un artiste défende ses opinions avec conviction ?

Ah oui. Un artiste est là pour chanter, mais il est également là pour dire ce qu’il pense. C’est important à mes yeux.

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T’es-tu mis rapidement à écrire et composer des chansons ?

C’est à l’âge de 17 ans que j’ai commencé à faire de la musique. C’est assez tard tout de même… J’étais allé chez un pote que je n’avais pas vu depuis longtemps, et il s’est mis à jouer de la guitare devant moi. J’ai trouvé ça extrêmement beau et je me suis dit « Pourquoi pas moi ? » Donc, très rapidement après, je me suis offert une guitare et un piano et j’ai appris tout seul dans ma chambre. J’ai d’abord appris quelques accords, puis quelques règles d’harmonie. Et petit à petit la voix s’est développée et avec elle l’envie de créer des chansons. Je me dis souvent d’ailleurs que c’est peut-être bien ainsi, que ce soit venu sur le tard…

Et pour ce qui est des textes, as-tu commencé à écrire avant de composer, en même temps ou après ?

Les textes sont venus encore plus tard. Au début, j’avais tendance à m’entourer d’auteurs pour faire chanter leurs mots. C’est vers l’âge de 23 ans, où je me suis senti un tout petit peu plus à l’aise pour dire ce que je pensais et ce que je ressentais, que j’ai commencé à écrire mes propres mots. J’ai couché sur papier ce que je ressentais.

Quels sont tes premiers pas dans la musique ? Je pense que tu as fait partie d’un groupe local, « Babylon ».

Exactement. J’ai fait partie d’un groupe entre mes 19 et mes 21 ans si ma mémoire est bonne. C’était le groupe « Babylon », un groupe local. On avait monté ce groupe avec des amis avec lesquels je suis toujours en contact d’ailleurs. On a fait une centaine de dates dans la région. Et ça a été une super école dans le fond, parce que ça m’a appris un peu les mécanismes de la scène. Comment se tenir sur scène, etc… tout ça, je ne le savais pas. Finalement, je me suis rendu compte que tout ça s’apprenait. Ça a été une super école.

Et Maurice Vallet, dans quelles circonstances l’as-tu rencontré?

À l’époque, je démarchais les maisons d’édition. Et je traînais dans l’une d’elles qui s’appelait « Free Demo ». Je l’ai rencontré comme ça, tout simplement.

Tu as placé quelques chansons à Michal de la Star Academy (« L’air et le feu » sur son premier album « De l’or et des poussières »), à Julien Laurence de la Nouvelle Star (« Tout nous rappelle ») et à Julian Cély pour la série « Sous le Soleil » (« Une seconde chance »). Les connaissais-tu avant ou étaient-ce des commandes ?

C’est par l’intermédiaire de mon compagnon de route, Christophe, qui était signé chez Universal Music Publishing. On faisait pas mal de chansons ensemble à l’époque. C’est lui qui me faisait des commandes quand il avait un peu besoin de ma patte sur l’une ou l’autre chanson.

À l’époque, tu n’écrivais pas les textes, tu étais juste sur la compo.

Non, pas de texte à l’époque, uniquement les parties mélodiques et les ¾ du temps sur les refrains.

Et toi, tu n’as jamais été attiré par ces télé-crochets comme StarAc ou Nouvelle Star ?

(rires) Absolument pas ! Pour ceux qui avaient envie de le faire, je trouvais ça très bien. Mais moi, me faire filmer tout le temps… je n’aurais pas supporté ! Ça ne m’aurait pas convenu. Ce que j’aurais bien aimé par contre, c’est de suivre les cours avec de vrais professionnels et apprendre à perfectionner le métier. Mais tout le côté intrusion dans la vie de tous les jours, ça ne m’aurait pas convenu du tout.

Quand tu as composé cette mélodie pour « Sous le Soleil », as-tu composé pour un scénario précis ou bien était-ce une compo libre sans image imposée ?

C’est une chanson qui a été prise comme ça. Il y avait régulièrement des commandes de chansons d’amour up-tempo ou mid-tempo pour certaines séquences, mais on ne voyait pas ces séquences en amont. Donc, j’avais fait une chanson d’amour qui est passée à quelques reprises dans la série.

Ça te plairait d’écrire pour le cinéma ou la télé sur un thème imposé justement ?

Ah oui. Ça m’intéresserait pas mal. C’est quelque chose qui pourrait me convenir dans le futur. C’est un autre exercice, mais ça me plairait d’écrire un thème ou une chanson sur des images imposées.

Élias est un pseudo. Comment l’as-tu choisi ?

Je vais te répondre que c’est tout simplement comme pour la musique, parce que ça sonne bien. (rires) J’ai trouvé ce prénom de manière tout à fait spontanée et j’ai trouvé que ça sonnait bien. C’est facile à retenir en plus !

Elias © groogbag.com

J’aimerais avant de te quitter aborder encore quelques instants la scène. Tu as une date prévue fin février à Bruxelles. D’autres dates sont-elles prévues ?

Pour l’instant, on est en train de voir ça avec le label. Il n’y a encore rien de précis, ça se met en route.

Est-ce quelque chose que tu attends avec impatience ?

Oh oui ! Avec grande impatience. Parce que finalement, c’est le moment où on va pouvoir enfin jouer devant les gens et devant mes producteurs ! On va pouvoir montrer ce qu’on a dans le ventre. En plus, je n’ai pas de musiciens puisqu’on est amené à jouer dans de toutes petites salles en début de carrière. Ce seront donc des concerts très acoustiques, guitare-voix et piano-voix. On jouera sur la proximité.

Quel est ton rapport à la scène ?

C’est un tout petit peu effrayant trois minutes avant… Mais c’est justement cette petite part de stress qui fait que quand on arrive devant le public, on est prêt à leur donner le meilleur. Les rares fois où avec mon groupe on était plus détendus, je n’ai pas souvenir que c’étaient nos meilleurs concerts. Donc, je pense que le fait d’avoir un tout petit peu de trac avant, c’est très bénéfique !

Propos recueillis par IdolesMag le 6 février 2012.









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